Ebauche de sémantique historique : les mots de #Ludovia2013

Que sont devenus les mots de Ludovia entre 2010 et aujourd’hui? Que peuvent-ils nous dire sur l’avenir des mots et de l’école de 2013? Merci à Michel Guillou pour m’en avoir soufflé l’idée avec son billet (Chroniques axéennes, premier épisode #ludovia2013) ou l’illustration que l’imaginaire se crée à plusieurs.
En reprenant mes billets de 2010 et mes souvenirs, les mots suivants se détachent relativement à Ludovia 2010 : ENT – manuels numériques – TBI – classes mobiles – web 2.0 – twitter – blogues – influenceurs – innovations – réseaux sociaux – nomadisme/mobilité.
Aucun de ces mots n’a véritablement disparu du paysage, même si certains reviennent comme des spectres ou des mantras : ENT, manuels numériques, TBI ou classes mobiles. Cependant, ces derniers sont tous retraversés ou redéfinis par trois à quatre ans de vie (ou de non vie) éducative. Ils sont quasiment en échec définitif lorsqu’il s’agit d’observer leurs usages pédagogiques et leurs impacts sur l’apprentissage. Seuls les moyens investis et la persévérance de leurs producteurs les maintiennent en vie.
Depuis 2010, le web 2.0 et les réseaux sociaux ont tout renversé sur leur passage. Ils sont soit préconisés, soit honnis pour leur impact sur les élèves et les apprentissages scolaires. Désormais, certains de ces outils fêtent leur 10 ans ou plus et ont démontré de leur durabilité à l’exemple des blogues.
Pour leur part, les influenceurs sont rejoints par les demandes et les usages d’une part significative d’enseignants et surtout par le discours des autorités locales et nationales autour des mots de collaboration et de changements. L’innovation se sent soudain un peu moins seule dans le paysage. Il reste que les discours doivent se traduire en actes dans la durée, mais une étape paraît être franchie. On est loin cependant de la généralisation dans le quotidien des classes et le seuil à partir duquel l’école versera véritablement dans le numérique reste une comète.
En 2013, certains mots sont apparus qui ne sont que la remise au goût du jour de démarches plus anciennes. Il en est ainsi des MOOCs ou de la classe inversée. Passons…
En 2013, les TICE sont définitivement renvoyés au placard au profit du numérique. Désormais, il convient de parler d’éducation par/au/du numérique. Il serait intéressant d’analyser ce changement à l’aide de Reinhart Koselleck. Dans quelle mesure l’histoire langagière du concept d’«école numérique» et son évolution langière indiqueraient, par son changement de sens et sa dimension normative, un changement social majeur et annonceraient donc un basculement du monde scolaire (ou son dépassement ou sa fin) ?
Un dernier concept a fait, cette année une entrée remarquée, c’est celle du «bring you own device». Ce concept ne manquera pas de susciter des débats nourris et nécessaires autour de la fracture scolaire et des inégalités scolaires tout en bousculant les concept de classe, d’établissement et de temps scolaire. Pour le meilleur et pour le pire, ce concept concrétise l’effacement de la distinction entre vie privée et vie publique ou leur mixité. En ce sens, ce mot participe bien au basculement du monde hors et à l’école.

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