- Exposition Metropolis : le passé a de l’avenir | Il était une fois le cinéma – Jusqu’à ce jour, les cinéphiles ne connaissaient de Metropolis qu’une version incomplète, amputée de plus de 30 minutes. Aussi, en 2008, la découverte inespérée d’une copie intégrale du film fait vite figure d’événement. Dans la foulée, la Cinémathèque Française choisit aujourd’hui de rendre hommage à Fritz Lang et à son chef d’œuvre. Une grande exposition comme une jolie revanche sur l’Histoire, pour ce film dont le cinglant échec commercial lors de sa sortie ne laissait pas présager une telle postérité.
Archives pour la catégorie Cours et séminaires
Les notes à l’école sont un lourd facteur de démotivation | LeTemps.ch
Il semble convenu que l’évaluation chiffrée dès le plus jeune âge pousse l’écolier au défi et à la réussite scolaire. Eh bien, c’est tout le contraire, affirment trois chercheurs qui viennent de publier une étonnante étude: la perspective de la note incite l’élève à en faire le moins possible.
«En somme, l’introduction des notes en première ou en cinquième année est une importante question politique. Toutefois la recherche sur l’effet des notes pose inévitablement la question de leur utilité. Alors, sont-elles utiles, ces notes? Nous montrons ici que si on ne veut pas inciter les élèves à éviter les défis, à avoir peu de plaisir et d’intérêt pour les tâches scolaires, à remettre autant que possible le travail à plus tard, à voir les épreuves comme une menace, à avoir un niveau d’ambition faible, à ne pas se sentir capables, et à avoir de mauvais résultats… la réponse est non.»
Sources :
- LeTemps.ch | Les notes à l’école sont un lourd facteur de démotivation.
- L’article paru dans le Journal of Educational Psychology : http://my.unil.ch/serval/document/BIB_F48003927A2A.pdf
Images du Siècle des Lumières à la télévision | Bernard Papin
Bernard Papin est Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, université Paris Sud 11. Dans son activité scientifique, il s’intéresse à la sémiologie et à l’histoire de l’audiovisuel, plus particulièrement à la fiction télévisuelle
(les genres du fictif , l’adaptation des œuvres littéraires à la télévision ou la télévision et les politiques culturelles). Il est responsable au sein du CEISME (Centre d’Etude des Images et du Son Médiatique) de Paris Sud du groupe » Lumières et télévision » qui s’intéresse plus spécifiquement aux représentations du Siècle des Lumières à la télévision et au cinéma, de 1950 à nos jours : adaptations, téléfilms historiques, portraits d’écrivain, etc.
Sous sa direction vient d’être publié cet ouvrage sur les Images du Siècle des Lumières à la télévision. Construction d’une culture commune par la fiction aux Editions De Boeck et Ina.
Cet ouvrage intéressera les enseignant-e-s d’histoire qui utilisent du matériel audiovisuel lors de l’étude des Lumières. Passons maintenant à la présentation de l’ouvrage par l’éditeur:
Comme média de masse, la télévision est l’un des vecteurs privilégiés des imaginaires. Quand la fiction télévisuelle s’empare du Siècle des Lumières, quelles représentations des savoirs, croyances et valeurs de l’époque de Voltaire et de l’Encyclopédie nous propose-t-elle ?
Cet ouvrage s’interroge sur la médiation par l’image télévisuelle d’une période de notre histoire qui, plus que toute autre peut-être, s’inscrit fortement dans la conscience collective nationale. Depuis plus de 50 ans, les dramatiques, les téléfilms historiques, les docufictions, les feuilletons et les séries de la télévision française invitent le téléspectateur dans les salons et les alcôves du siècle de la philosophie et du plaisir. L’important n’est pas tant de vérifier si ces représentations sont historiquement justes que de s’interroger sur la manière singulière dont se met en place une culture commune.
Les auteurs de cet ouvrage mobilisent ici les ressources des sciences de l’information et de la communication, de l’histoire, de la sociologie et des études littéraires qu’ils mettent au service d’une commune volonté de décrypter ce qui, dans les images que nous nous forgeons du passé, nous permet de mieux vivre ensemble.
Référence : Papin B. dir. (2010). Images du Siècle des Lumières à la télévision. Construction d’une culture commune. De Boeck & Ina
Madame Sapiens a fait crac-crac avec monsieur Néandertal
Traiter certains individus d’homme de Néandertal n’est peut-être pas qu’une injure, mais un fait désormais établi grâce aux travaux sur l’ADN d’une équipe internationale de chercheurs, dirigée par Svante Pääbo, un biologiste suédois.
Eloignée de la version romanesque, pourtant appuyée par des conseillers scientifiques, de la série l’Odyssée de l’Espèce de Jacques Malaterre, l’équipe internationale de chercheurs, dirigée par Svante Pääbo, est partie à l’assaut du génome de Néandertal et a séquencé l’ADN issu d’os fossiles de néandertaliens découverts dans la grotte de Vindjia, en Croatie. En ayant réussi à réunir 60% du total de leurs génomes, elle a levé le voile sur l’identité génétique de Néandertal à partir de minuscules particules d’os, détachées à la roulette de dentiste sur trois os sélectionnés (voir photo ci-dessous) parmi 21 candidats. L’un daté de 38 000 ans et découvert en 1980. Un second plus vieux mais non daté et un troisième plus ancien daté de 44 000 ans.
La comparaison avec cinq hommes actuels issus de continents différents (Europe, Aise, Océanie, Afrique et Amérique) a permis de déterminer des traces de métissage et une discrète, mais indiscutable, contribution néandertalienne à notre génome. Au petit jeu des similitudes, ce sont les eurasiatiques – Français, Chinois et Papou – qui emportent la palme de la proximité avec Néandertal, pratiquement à égalité entre eux.
Comment expliquer ce fait ?
Une seule solution, d’ailleurs suggérée par l’archéologie : les deux espèces cousines se sont «connues» au sens biblique… au Proche Orient, il y a environ 80 000. Et non après, par exemple en Europe il y a 35000 ans, ce qui se serait traduit par une part néandertalienne plus forte chez l’Européen que chez le Papou, puisque Sapiens est arrivé en Asie de l’est il y a 60 000 ans.
L’ADN de Néandertal révèle ses liens avec Sapiens (Libération)
Par ailleurs, la proximité génétique entre un Européen et un Papou avec un Néandertalien
implique qu’il n’y ait pas eu d’échanges de gènes lors de l’arrivée de Cro-Magnon en Europe, où il a cohabité avec Néandertal durant près de 10 000 ans.
L’ADN de Néandertal révèle ses liens avec Sapiens (Libération)
D’où peut-être un biais européano centrique inconscient dans les études antérieures qui n’avaient trouvé aucune contribution néandertalienne à notre génome (Neandertal – Enquête sur une disparition - Les dossiers de La Recherche) et qui prévalait lors de la réalisation de la série l’Odyssée de l’Espèce.
Sans parler de cette facilité à calquer sur Néandertal, depuis la découverte de son premier fossile, en 1856 près de Düsseldorf en Allemagne, certaines de nos préoccupations anciennes ou actuelles comme l’illustre la bande-annonce d’Ao le dernier neanderthal (2009):
Pour autant que ces derniers résultats sur l’ADN de Néandertal et d’Homo Sapiens mettent un point final sur la part de Néandertal qui serait en nous, nous ne manquerons pas de sujet de discussion à son propos. Ne serait-ce que concernant les hypothèses au sujet de sa disparition:
Ouf… nous voilà sauvés!
Gardons aussi à l’esprit que concernant les origines de l’homme et l’époque préhistorique, les recherches scientifiques ne sont pas exemptes de nos mythologies anciennes ou récentes. A ce titre la lecture de Wiktor Stoczkowski (1994), Anthropologie naïve, anthropologie savante : de l’origine de l’homme, de l’imagination et des idées reçues est d’un utile recours:
L’explication des origines de la culture par le passage d’une nature mère à une nature marâtre forme donc une véritable structure, dans la longue durée, de notre imaginaire anthropologique. Son schéma, caractéristique des mythes européens, a été repris par la spéculation philosophique, pour trouver enfin sa place dans la pensée scientifique. » (p. 70)
On lira aussi avec un certain plaisir un tel billet pour sortir d’une forme de politiquement correct: QUAND L’HOMO-SAPIENS ET L’HOMME DE NEANDERTAL COUCHAIENT ENSEMBLE…
Sur les origines de l’homme, je vous renvoie enfin à mon support de cours datant de 2004: Quelle préhistoire?
MSHIS11 Bande Dessinée et Histoire (atelier 4.5.2010)
A la suite de l’Atelier de ce dernier mardi consacré à l’utilisation de la Bande Dessinée en histoire, je fais ici l’inventaire des liens et références utilisées lors de cette séance. Au terme de ce parcours, je répertorie également les activités conçues par les étudiant-e-s lors de cet atelier.
En préambule, le billet Faudra-t-il réécrire les albums d’Astérix? et les commentaires qui s’en suivirent sur la question suivante: Peut-on utiliser une bande dessinée telle qu’Astérix pour enseigner l’histoire de l’Antiquité? avec deux positions fortement différenciées.
Le deux sites suivants peuvent servir de point de départ à une utilisation de la bande dessinée en histoire:
- Utiliser la BD en Histoire (Clionautes) offre un certains nombres de liens consacrés à la BD et à l’histoire ainsi qu’une sélection de bande dessinée utiles à l’enseignement de l’histoire;
- Art9 La BD au net regroupe, dans sa section histoire, des bandes dessinées regroupées par périodes historiques.
Pour celles et ceux qui souhaitent disposer d’un panorama relativement à l’histoire de la bande dessinée, l’ouvrage de Daniel Fondanèche (2005). Paralittératures. Paris: Vuibert aux pages 455 à 543 synthétise l’histoire de la BD de ces débuts jusqu’aux mangas.
Paru en 1993 aux Editions Syros, L’histoire… par la bande d’Odette Mitterand et Gilles Ciment traite plus particulièrement de la bande dessinée historique.
Dans le domaine des travaux universitaires, je signalerai plus particulièrement deux ouvrages:
- Sous la direction de Michel Porret (2009) Objectifs bulles. Bande Dessinée et Histoire. Genève: Georg et L’Equinoxe avec notamment l’introduction de Michel Porret La bande dessinée éprouve l’histoire et les articles Des chats, des souris et des cochons. La bande dessinée et le génocide juif, et D’Aplusbégalix à Alambix: les métaphores de la collaboration durant les années Astérix (1959-1977).
- Nicolas Rouvière (2006) Astérix ou les lumières de la civilisation. Paris: PUF. Dans son ouvrage, Nicolas Rivière montre que la série interroge sans cesse la frontière incertaine entre la civilisation et la barbarie. Goscinny et Uderzo confrontent une utopie villageoise démocratique à des régimes absolutistes, voire totalitaires. Créée en 1959, la série opère un retour critique sur les compromissions des années de guerre en France comme en Suisse (Astérix et les Helvètes).
Dans l’actualité récente, il nous faut noter les différentes actions concernant Tintin au Congo d’Hergé visant son interdiction ou l’inscription en son sein d’une mise en garde ainsi que les différents travaux centrés sur l’image de la colonisation européenne par les Européens dans les années 1930 au travers de cet album:
- Petit historique de la réception de l’album « Tintin au Congo » ou L’échec d’une aventure du petit reporter ? (fichier au format .pdf Petite Etude Hergéenne n°5) fait le point sur l’histoire de l’album et les différentes critiques formulées son l’égard (jusqu’en septembre 2009);
- Tintin au Congo… à interdire aux enfants, absolument! (fichier .pdf MRAX info du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie – Belgique);
- TINTIN AU CONGO ou LA NEGRERIE EN CLICHES de Marie-Rose Maurin Abomo (fichier .pdf);
- « Tintin au Congo » ou la mission civilisatrice de la colonisation. par Samarra qui inventorie les thèmes de cette mission civilisatrice présents dans Tintin au Congo;
- Images et enseignement de l’Afrique en classe de cinquième: entre réalité, imaginaire et représentations (fichier .pdf) par Nicolas Prévost.
La collection belge du secondaire « Construire l’histoire » des éditions Didier Hatier en quatre volumes propose dans chacun de ceux-ci un ou deux dossiers organisés partiellement ou totalement autour d’oeuvres en bande dessinée:
- Tome 1: Les racines de l’Occident (jusqu’au X siècle): L’image du gaulois dans la B.D. Astérix – Livre de l’élève p. 20-23 + p. 80-89, 124-127 et 200-201 – Livre du maître p. 37-49 + scénarios Celtes et Gréco-Romains : le choc des cultures (p. 311-313) et A la découverte du monde celte (p. 321-322)
- Tome 2 : L’affirmation de l’Occident (XI-XVIIIe siècle): La société médiévale au filtre de la B.D. – Livre de l’élève p 18-21 + p. 36-37, 54-78 et 224-225 – Livre du maître p. 34-37 + scénarios sur La société médiévale : des groupes distincts (p. 374-381) — Hermann (1984) Les Tours du Bois-Maury. Volume 1: Babette. Grenoble: Glénat. Découvrir les Incas avec Tintin – Livre de l’élève p. 28-31 + p. 262-265 – Livre du maître p. 50-52 + scénarios Les Grandes Découvertes (p. 425-427) et La colonisation du XVIe au XVIIIe siècle (p.428-429)
- Tome 3: L’Europe dans le monde : expansions et révolutions (de la fin du XVIIIe à 1918): Images de la «Grande Guerre»- Livre de l’élève p. 34-35 + p. 170-173- Livre du maître: p. 55-56 + scénario La Grande guerre, un conflit «désiré par tous» mais «sans raison sérieuse» ? (p.407-408) — Tardi (1993) C’était la guerre des tranchées.
- Tome 4: Un monde en mutation (de 1919 à nos jours). Au bord de l’aventure? L’entre-deux-guerres dans la B.D. – Livre de l’élève p. 30-33 + p. 66-71 et 80-91— Livre du maître p. 60-63 + scénario Croissance et crise des économies libérales dans l’entre-deux-guerres (p. 376-379). Frank Giroud et Jean-Paul Dethorey. Louis la Guigne. Volume I (1982), II (1984) III (1985), IV (1986), V (1987) et VIII (1997). Grenoble: Glénat; Jean Van Hamme et Francis Vallès (2005). Les Maîtres de l’Orge. Volume IV. Grenoble: Glénat; Didier Daenick et Jacques Tardi (1997), Le der des ders. Tournai: Casterman; Jacques Fernandez (1994). Le centenaire. Collection «Carnets d’Orient». Volume 4. Tournai: Casterman. La guerre froide dans la B.D. — Livre de l’élève p. 34-35 + p. 118-123 et 236-241— Livre du maître p. 63-65 + scénario Quarante ans de guerre froide (1945-1989) (p. 391-393) — Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon (1967). Alerte atomique. Collection «Les aventures de Buck Danny». Marcinelle: Dupuis; Stephen Desberg et Hugues Labiano (2005). Black op. Volume I. Paris: Dupuis; Marvano (2007). Berlin. Volume 2: Reinhard Le Goupil. Paris: Dargaud; Yves Sente et André Juillard (2000). La machination Voronov. Collection «Blake et Mortimer». Paris: Dupuis. Raconter la Shoah? — Livre de l’élève p. 36-37 + p. 46-47; 112-115 et 262-263. Livre du maître p. 65-69 et scénarios Les fascismes, d’aujourd’hui et d’hier (p. 384-386) et La Shoah et l’univers concentrationnaire (p. 388-389) — Art Spiegelman (1992). Maus. Volume II. Paris: Flammarion.
Au terme de ce premier parcours, les activités suivantes ont été confectionnées par les étudiant-e-s (fichiers au format .pdf):
- Le temple de Louxor hier et aujourd’hui. Travail à partir de « Les voyages d’Alix: L’Égypte (1) » (2000) Paris: Casterman (http://www.box.net/shared/4dx1bt8e0d)
- Jules César et la bande dessinée. A partir des albums d’Astérix (http://www.box.net/shared/tuz769g27l)
- Découvrir les Incas avec Tintin (http://www.box.net/shared/xbxi0zd530)
- La Grande Guerre. A partir de Tardi (http://www.box.net/shared/am6f1yf792)
- La colonisation dans les années 1930. A partir de Tintin au Congo (http://www.box.net/shared/5blyp3abae)
L'histoire au prisme de l'image (mardi 27 avril 2010)
Dans le cadre des deux modules destinés aux étudiant-e-s en histoire (Secondaire I et II) de la HEP Lausanne, nous organisons une demi-journée avec des intervenants extérieurs en relation avec la questions de l’utilisation des images en histoire dans une perspective académique et sous l’angle de la recherche. Chacune des interventions de 45 minutes à 1 heure sera suivie d’un échange avec les étudiant-e-s.
Cette demi-journée aura lieu dans les locaux de la HEP Lausanne, Av. de Cour 33, salle C33-720 de 8h15 à 11h45
8h15 : Accueil
8h20-9h45 : La place de l’archive dans le cinéma de fiction : étude de films sur le génocide juif par Rémy Besson de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) Paris
Rémy Besson intervient notamment dans le cadre du Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine (Lhivic ) de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris. Dans le cadre de cette matinée, sa conférence se rapporte à la question des enjeux de la narrativité dans le cinéma dit documentaire. Référence: le blog de l’atelier du Lhivic (http://culturevisuelle.org/cinemadoc/)
9h45-10h15 : Pause
10h15-11h45 : Photographie et histoire: Réalité et interprétations, les conflits de vérité par Daniel Girardin, Conservateur au Musée de l’Elysée à Lausanne
Daniel Girardin est Conservateur au Musée de l’Elysée à Lausanne. Il est le concepteur notamment de l’exposition et du livre Controverses, une histoire juridique et éthique de la photographie. Sa conférence se centrera sur l’utilisation de la photographie comme source historique.
Métamorphoses de l’évolution. Le récit d’une image | L'Atelier des icônes
Dessinée par Rudolph Zallinger (1919-1995) pour l’ouvrage de Francis Clark Howell (1925-2007), The Early Man, cette image prend place dans la plus ambitieuse collection de vulgarisation jamais publiée: celle des éditions Time-Life, qui s’étend sur 51 volumes entre 1961 et 1967 (collections « Young Readers Nature Library » et « Life Science Library »).
Traduite dans de nombreux pays, cette collection s’inscrit dans la longue tradition inaugurée par Les Merveilles de la Science de Louis Figuier (1867), qui fait reposer sur une illustration abondante le récit des « connaissances utiles » nécessaires à l’instruction de la jeunesse. Elle se caractérise par la qualité des textes, confiés à des spécialistes, mais aussi par le soin sans précédent apporté à l’iconographie.
André Gunthert en retrace l’histoire et ses sources d’inspiration de manière magistrale.
Métamorphoses de l’évolution. Le récit d’une image | L’Atelier des icônes
Préparez-vous! La Génération Y va grave vous secouer
La rentrée académique approche pour mes prochain-e-s étudiant-e-s et futur-e-s enseignant-e-s. Dans une semaine, ils débuteront leur formation et pour certains autres la poursuivront. Ils y entrent avec dans leur esprit tout un ensemble de représentations, d’attente, voire de certitude sur le métier qui les attend. Peut-être serait-il bon qu’ils perçoivent quelques incontournables de l’évolution en cours ou prochaine de leur métier? Peut-être également que pour les enseignant-e-s déjà en place est-ce également utile, voire encore plus nécessaire, d’appréhender ces nouvelles réalités?
Toujours est-il que les deux articles suivants méritent d’être lus. Ils illustrent bien, à mon avis, deux incontournables qui attendent nos institutions scolaires. De gré ou de force aurais-je envie d’ajouter.
Petite histoire d’une future agonie… « Veille et Analyse TICE
Malheureusement, l’agonie de l’Ecole telle que nous la connaissons risque d’être longue. A moins que le virus de la grippe ne vienne révéler que l’on peut faire autrement. A lire les récits d’établissements prêts à assurer la « continuité de service » même à distance, on peut faire l’hypothèse que cela va révolutionner la compréhension de l’ordre scolaire actuel, à défaut de sa forme (les choses rentreront vite dans l’ordre antérieur). Et pourtant ce qui risque d’être démontré, si cela se produit, c’est que la forme scolaire n’est pas aussi immuable que d’aucuns le pensaient. En instituant le CNED en chef de file, le ministère rassure, tout le monde sait ce que cela va produire sur le système. Par contre en voyant émerger les initiatives locales basées sur l’usage des TIC (mails, plateformes collaboratives etc…) il n’est pas impossible qu’une analyse fine de ces pratiques ne permette de faire émerger un modèle à partir duquel on pourrait tenter de reconstruire un système scolaire enfin «numérisé».
Bruno Devauchelle nous gâte en général et particulièrement ces deux derniers jours avec ces réflexions subtiles et stimulante. Hier, il nous entretenait de manuels numérisés (Faut-il numériser les manuels?). Aujourd’hui, il s’interroge sur le système éducatif dans son ensemble, ses rapports au numérique et à son basculement inéluctable (?) vers le numérique. Je me retrouve pleinement dans ces propos. Comme pour Bruno, le matériel mis en place par l’éducation nationale française pour la grippe A et son éventuelle utilisation à une échelle jusqu’alors jamais connue modifieraient, selon moi, instantanément les notions d’espace, de lieu, d’établissement et de classe. Plus particulièrement encore relativement à l’enseignement magistro-centré. Rarement, une instance a été aussi loin dans le replacement des enseignants en présentiel par des moyens et outils technologiques. Même si le cas de figure ne se réalise pas, l’ouverture est faite et les parents, les élèves comme leurs enseignant-e-s peuvent déjà s’y engouffrer…
L’accéléromètre du changement éducatif pourrait aussi venir par impact générationnel et les enseignant-e-s futurs, en formation ou actuels auront tout intérêt à lire l’article de ReadWriteWeb France consacré à la fameuse Génération Y.
La génération Y va tout changer « ReadWriteWeb
Une génération cauchemardesque probablement pour ceux qui ne manquent pas de cracher leur haine de Mai 68. Une génération comme Mai 68 la rêvait probablement si le portrait fait par ReadWriteWeb n’en est pas trop caricatural. Ainsi en reprenant les sous-titre de l’article, les caractéristiques de cette génération sont les suivantes:
- Ils sont branchés
- La télévision n’est plus le média roi
- Ils se foutent de la publicité et s’intéressent à ce que pensent leurs amis
- Le travail n’est pas leur vie
- Leur sens de la hiérarchie est différent
- Ils ont une conscience sociale
- L’actualité et la politique n’est plus la même
De ces caractéristiques et en se basant sur la deuxième partie de l’article dans le rapport de cette génération avec la technologie, le système éducatif devrait prendre les formes suivantes s’il ne veut pas disparaître à terme:
- ayant grandi avec internet, ils apprendront avec…
- ils n’apprendront pas de manière linéaire:
Leur façon de contrôler le déroulement du temps sur des programmes audiovisuels est aussi très particulière : ils ne cessent de naviguer – en avant ou en arrière – au sein d’un programme audiovisuel, la même chose est d’ailleurs valable pour la musique.
- La socialisation avec leur pair sera au dessus de tout, mais sous leur contrôle
Le partage est synonyme de pouvoir au sein de cette génération, quel que soit ce que l’on partage : connaissance, liens, compétences ou musique, au sein d’un cadre privé ou professionnel, le pouvoir s’acquière par le partage là où le fait de posséder sans partager était lié au pouvoir des anciennes générations, qui ont vécu dans une économie de la rareté et ne comprennent rien à l’économie de l’abondance propre au numérique.
- Les outils éducatifs devront s’inspirer des outils web
Pour ceux qui voudraient comprendre comment la génération Y voudrait voir son environnement d’apprentissage évoluer, le guide de Sacha Chaun sera une excellente introduction même si celle si est axée sur le monde professionnel:
The Gen Y Guide to Web 2.0 at Work
- Les scénarios pédagogiques devront faire avec une attention plus réduite
Ils passent d’un sujet à l’autre avec une facilité déconcertante, et non, ce n’est pas un drame ou la fin de l’intelligence, c’est juste différent.
- le mobile sera roi
En conclusion, comme le dit ReadWriteWeb:
Tenter de les forcer à adopter la culture de leurs ancêtres n’a pas plus de chances de réussir que de forcer les enfants des années 70 a adopter l’uniforme à l’école, ceux qui s’y sont essayé se sont cassé les dents. Il est encore temps de les accueillir plutôt que de les affronter […].
Reste la question suivante: êtes-vous entré-e dans la profession d’enseignant-e pour être confronté à cela? Si oui, je vous invite à lire les articles consacrés ici aux Elèves 2.0 et plus particulièrement cet article: Elèves 2.0 recherchent de toute urgence Professeurs 2.0.
MSHIS11 Histoire & Internet (4) : Blogs enseignants et blogs élèves
Au printemps 2008, je me lançais avec un petit groupe d’étudiant-e-s dans l’analyse de 8 blogs consacrés à l’enseignement de l’histoire. Pour quatre d’entre eux, il s’agissait de blogs d’enseignants et pour quatre autres de blogs d’élèves.
Pour mes étudiant-e-s, un des enjeux consistait à se familiariser avec l’outil blog dans un contexte pédagogique. Au niveau du travail demandé, un des objectifs était pour eux de déterminer la conception pédagogique implicitement ou explicitement à l’oeuvre au sein de ces blogs. Par ailleurs un questionnaire avait également été conçu par les étudiant-e-s à l’adresse des auteurs/animateurs des blogs concernés qu’ils soient enseignants ou élèves.
Ce dispositif a déjà fait l’objet de deux articles spécifiques sur ce blog:
MSHIS11 Histoire & Internet (2) : Blogs enseignants et blogs élèves. Cet article présentait la tâche que devait réaliser les étudiant-e-s et les consignes de travail.
MSHIS11 Histoire & Internet (3) : Blogs enseignants et blogs élèves revenait sur le travail réalisé et surtout renvoyait aux réponses apportées aux questionnaires par les enseignant-e-s et leurs élèves. Vous trouverez ici les réponses des enseignants à ce questionnaire et ici> les réponses des élèves qui ont pu répondre.
Par contre, les résultats des analyses des blogs faites par les étudiant-e-s n’avaient pas encore été mises en ligne. Cet article comble ce vide:
Par ailleurs, en 2009, un groupe plus importants d’étudiant-e-s a analysé 21 blogs pédagogiques (niveau collège) de différentes disciplines. Les questions de recherche ont été les mêmes pour une exploitation des résultats qui donnera lieu à un article dans un prochain dossier des Cahiers pédagogiques, intitulé Blogs, wikis, forums, nouveaux réseaux sociaux : quel intérêt pédagogique ?
A suivre…
Le Néolithique : pourquoi et comment?
La révolution néolithique. Les origines de la culture. Jean-Paul Demoule (dir.), Le Pommier, 2008, 124 p.
Le Néolithique. Jacques Tarrête et Charles-Tanguy Le Roux (dir.), Picard, 2008, 423 p.
Aussi différents par la forme que par le fond, ces deux ouvrages traitent tous deux de la période du Néolithique qui commence au Proche-Orient il y a un peu plus de dix mille ans et s’achève avec l’apparition de la métallurgie et de l’écriture vers - 3300. L’Europe de l’Ouest et le pourtour de la Méditerranée sont progressivement gagnés par les nouvelles connaissances et les nouvelles pratiques caractérisant le Proche-Orient à partir de 6500 av. J.-C. Celles-ci suivent différentes voies et différents moyens de propagation, qu’il s’agisse de diffusion des pratiques ou de migrations de populations.
Le premier ouvrage, un petit livre tourné par la plume alerte de Jean-Paul Demoule, fait un survol rapide de l’état de nos connaissances sur la « révolution néolithique ». Pour expliquer les différences dans les conséquences sociales différentes du passage au Néolithique selon les espaces, la thèse de J.‑P. Demoule est que l’espace restreint (îles, presqu’îles ou culs-de-sac géographiques) entraînerait des contraintes démographiques débouchant sur une plus grande hiérarchisation sociale et sur l’émergence de sociétés étatiques et, qu’à l’inverse, les populations agricoles ayant suffisamment d’espace continueraient à mener une vie villageoise, sans hiérarchisation prononcée.
Le second ouvrage est un livre illustré qui réunit les contributions de trente auteurs et dresse le bilan de nos connaissances sur le Néolithique de la France. La précédente synthèse de ce type datait d’il y a plus de cinquante ans. L’aspect documentaire de l’ouvrage est renforcé par plusieurs textes consacrés aux méthodes dont disposent les préhistoriens pour analyser les documents extraits du sol.
Le compte-rendu complet de la Revue Sciences humaines.
Concernant la Suisse, on lira avec intérêt l’article en ligne «Néolithique» du Dictionnaire historique de la Suisse (DHS).
Concernant la diffusion du Néolithique en Europe, on consultera avec intérêt l’article de la revue M@ppemonde intitulé La diffusion du Néolithique en Europe (7000-5000 av. J.-C.) et sa représentation cartographique


