Philippe Delisle – Bande dessinée franco-belge et imaginaire colonial | Émulations – Revue des jeunes chercheurs en sciences sociales

Benoit Lucien Vaillot, de Sciences Po Lyon – Université Lumière Lyon 2, nous offre un compte-rendu de l’ouvrage de Philippe Delisle Bande dessinée franco-belge et imaginaire colonial. Des années 1930 aux années 1980.

Depuis une quinzaine d’années, des historiens : Nicolas Bancel, Pascal Blanchard ou encore Sandrine Lemaire en tête, développent le concept de « culture coloniale » qui dépasse la seule propagande coloniale. Ce concept permet d’appréhender la diffusion, l’imprégnation, l’acculturation de l’idée coloniale en France. L’étude historique de la « culture coloniale » n’a ainsi pas tant un rapport avec la colonisation en elle-même mais avec ses représentations. L’ouvrage Bande dessinée franco-belge et imaginaire colonial. Des années 1930 aux années 1980 s’inscrit dans cette historiographie, ce que son auteur Philippe Delisle revendique dès l’introduction.

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Cet ouvrage est à ajouter à nos Références « Bande dessinée et Histoire », publiées récemment.

In Memoriam Peter Haber (1964 – 2013)

Peter Haber (1964-2013)

Jan Hodel nous apprend aujourd’hui la triste nouvelle du décès, après une longue maladie, de notre estimé collègue bâlois Peter Haber.

Historien, Peter Haber a grandi et travaillé à Bâle. Histnet m’apprend également qu’il a travaillé comme journaliste, spécialistes de la communication. Concernant ses champs de compétence historiques, il est particulièrement connu concernant ses travaux sur l’impact des médias électroniques sur les sciences historiques. Vous trouverez sur ce blog une traduction française de ses Thèses sur les sciences historiques à l’ère digitale. et sur HistNet son C.V.

Avec Jan Hodel, il est pour moi un des précurseurs et principaux inspirateurs de ces Humanités Digitales (Digital Humanities) ou humanités numériques qui prennent aujourd’hui de l’ampleur. A ce titre, ses travaux sont comparables à ceux de Roy Rosenzweig (1950-2007), lui aussi trop tôt disparu et fondateur en 1994 du Center for History and New Media.

A son collègue Jan Hodel et à sa famille vont toute ma sympathie et mes pensées en ces moments difficiles.

L’origine médiévale de l’hyperlien, des pointeurs et des smileys | Frederic Kaplan

Présenté par Frederic Kaplan dans une vitrine holographique pour l’exposition « Le lecteur à l’oeuvre », le manuscrit est une copie du XIVe siècle produite à Bologne d’un texte juridique de l’empereur byzantin Justinien Ier.

L’empereur Justinien a opéré au VIe siècle un grand travail de réorganisation législative. Au fil des siècles, les différents régimes avaient complexifié le droit romain primitif. Les juristes du Justinien ont procédé à une simplification, une modernisation et une uniformisation du code juridique de l’empire. Ce nouveau code a subsisté pendant de nombreux siècles comme base du droit. La page, présentée par Frederic Kaplan, se présente sous la forme d’une mise en page complexe, comportant de multiples blocs de textes. Le texte juridique de Justinien est au centre de la page, présenté en deux colonnes. Le texte est accompagné de lettrines, mais surtout plusieurs signes qui, dans les marges, viennent aider la lecture.

Manucule

En marge de la première colonne, une petite main, ou manicule, a été dessinée pour souligner un passage important.

Sur cette page,

pointeurs, smileys et hyperliens sont déjà d’une certaine manière présents dans les manuscrits du XIVe siècle. Ils correspondent à des usages conventionnels que les technologie de l’impression d’abord, puis de l’informatique viendront mécaniser et standardiser. Ce processus de régularisation des représentations régulées que Pascal Robert décrit dans son livre Mnemotechnologies (Robert 2010) et dont j’ai discuté les principes dans un article récent, How books will become machines (Kaplan 2012) donne un cadre pour penser cette évolution. Des formes conventionnelles sont d’abord mécanisées dans leur production (caractère typographique remplaçant les manicules manuelles) puis dans leur usage (système d’hyperliens à la base du web plus puissant, mais aussi plus contraint).

Pointeurs mac

L’ancêtre des pointeurs utilisés dans les interfaces informatiques?

Une histoire fascinante à lire en entier : L’origine médiévale de l’hyperlien, des pointeurs et des smileys | Frederic Kaplan.

Enjeux d’une écriture historienne du devoir de mémoire (1) par Sébastien Ledoux.

Sébastien Ledoux termine actuellement une thèse sur « L’histoire du “devoir de mémoireˮˮ » à Paris 1 (Centre d’histoire sociale du XXe siècle). Il a déjà publié Le « devoir de mémoire » à l’école. Essai d’écriture d’un nouveau roman national, Sarrebruck, Études universitaires européennes, 2011, et de nombreux articles sur le sujet.
Dans ce texte, version modifiée de l’article « Écrire une histoire du devoir de mémoire », paru dans la revue Le Débat (170), mai-aout 2012, p. 175-185, Sébastien Ledoux présente son projet d’écrire aujourd’hui une histoire du devoir de mémoire.
Ce travail ne peut qu’intéresser les enseignants d’histoire puisque la demande du devoir de mémoire sature l’espace scolaire ou les attentes du politiques à l’égard de cet enseignement.
A ce stade, en vous incitant à lire en entier cet article ardu, mais important, je note que pour Sébastien Ledoux:

L’analyse de l’irruption du devoir de mémoire dans le discours social permet de comprendre comment les stratégies et négociations d’acteurs, imbriquées dans de nouveaux cadres sociaux, interviennent dans la désignation de différents faits historiques considérés comme mémorables pour la société, au détriment d’autres faits. De la même façon, cette articulation fonctionne dans l’évolution du regard jeté sur les mêmes faits historiques. La montée du primat compassionnel et des traumas de l’histoire dans notre société a, par exemple, donné lieu à une relecture de la Première Guerre mondiale dans l’espace public à partir du début des années 1990, centrée sur la souffrance des Poilus et les atrocités des combats.

L’article : cvuh: Enjeux d’une écriture historienne du devoir de mémoire (1) par Sébastien Ledoux..

Les Archives fédérales collaborent avec Wikimedia | Xavier Studer

Pendant que les milieux de l’école développent toujours un rapport ambigu avec Wikipedia — les profs l’utilisent pour leur préparation tout en l’interdisant en classe à leurs élèves — les Archives fédérales suisses (AFS) font un pas en direction de la société de l’information du XXIe siècle.

Elles vont ainsi collaborer avec Wikimedia Suisse pour mettre en valeur différents documents et les publier sur internet. Une collection de photographies de la Première Guerre mondiale sera bientôt mise en ligne.

Pour mener à bien cette opération, un poste de Wikipedian in Residence sera créé. Il sera mis au concours sur les sites internet de Wikimedia CH et des Archives fédérales. Il permettra de renforcer les relations entre l’institution fédérale et la communauté Wikipédia, selon un communiqué de presse.

Source de l’information : Les Archives fédérales collaborent avec Wikimedia « Le blog high-tech et telecom de Xavier Studer.

Wikipédia, indispensable outil de mise en réseau de la connaissance ? | Martin Grandjean

Pour Martin Grandjean, historien à l’Université de Lausanne, Wikipédia est un outil incontournable de sa vie professionnelle. Dans un entretien avec le très wikipédien Ludovic Péron, il explique que Wikipédia, bien que ne pouvant pas servir de caution scientifique à une recherche, permet de gagner un temps très précieux par la mise en commun de références bibliographiques (et numériques) sur des sujets particulièrement pointus.

Dans son long travail actuel d’édition, Wikipédia est une porte d’entrée qui lui permet de vérifier en quelques secondes l’existence (ou l’absence) d’une notice qui lui permettra par la suite d’approfondir ma recherche avec des outils traditionnels (encyclopédies biographiques, ouvrages de référence dans les disciplines concernées, dictionnaires historiques, etc.). En tant que modeste chercheur, il lui semble d’ailleurs important d’être lui-même un contributeur de cette grande encyclopédie participative.

Pour en savoir plus sur son utilisation et sa conception de Wikipedia : Wikipédia, indispensable outil de mise en réseau de la connaissance ? – Martin Grandjean.

Revue de presse : R. Gerwarth: Hitler’s Hangman. The Life of Heydrich | H-Net Reviews

Robert Gerwarth a écrit une biographie convaincante de Reinhard Heydrich en tissant ensemble les dimensions personnelles, professionnelles et institutionnelles dans un perspicace et définitive examen historique de la vie de Heydrich. Gerwarth ouvre le livre en identifiant deux défis à écrire une biographie nazie: la maîtrise de la littérature sur le nazisme, et sonder la mentalité et l’idéologie d’un engagement nazi. Il réussit admirablement à les surmonter en se tenant à son principe de «l’empathie froide», le détachement. Il ne cherche ni à diaboliser Heydrich, ni à moraliser, banaliser ou sacraliser sa violence. Le livre regorge est soutenu par 90 pages de sources. Au fil des chapitres, Gerwarth alterne entre l’histoire personnelle de Heydrich et histoire allemande politique et sociale. Gerwarth déboulonne le mythe d’Heydrich et ses ancêtres juifs, révise les hypothèses au sujet de son antisémite de fond et nuance les exagérations au sujet de ses motivations carriéristes. Mais ce faisant, il prend également une position claire dans l’historiographie de la violence de masse nazi, par exemple en identifiant comme le tournant majeur de la vie de Heydrich son licenciement du service militaire en raison d’une promesse de fiançailles rompues et en remontant son radicalisme à son manque d’informations des débuts nazis.

R. Gerwarth: Hitler’s Hangman. The Life of Heydrich | H-Net Reviews

Le contemporain à travers les âges | La Vie des idées

L’histoire du temps présent, aujourd’hui un champ d’études à part entière, n’est devenue que progressivement et tardivement légitime au sein des études historiques.

Son émergence au XXe siècle, en France comme en Europe, coïncide avec une importance nouvelle accordée aux questions de mémoire et le patrimoine dans l’espace public et scientifique après la deuxième guerre mondiale. C’est l’histoire de cette émergence et de cette légitimation progressive que retrace Henry Rousso dans La Dernière Catastrophe.

C’est avec la Grande Guerre que la notion de contemporanéité change de sens. Désormais c’est le temps présent qui commande, la nécessité de produire des récits sur ce qui vient de se clore, et le besoin de donner sens aux événements afin de sortir du traumatisme.

Après 1945, la création d’instituts et de comités d’histoire amorce une véritable institutionnalisation de l’histoire du temps présent, qui se développe un peu partout dans le monde occidental dans les années 1960 et 1970, souvent sous l’impulsion de l’État plutôt que du monde universitaire. Le terme de Zeitgeschichte prend ainsi une signification particulière avec la création en 1945 de l’Institutfür Zeitgeschichte destiné à prendre en charge l’histoire du national-socialisme ; en France, un Comité International d’Histoire de la Deuxième Guerre Mondiale est créé sur ce modèle en 1967.

Lire l’entier du compte-rendu : Le contemporain à travers les âges – La Vie des idées.

Recensé : Henry Rousso (2012). La Dernière Catastrophe. L’histoire, le présent, le contemporain. Paris: Gallimard, 36 p.

Favoriser la diffusion et la vulgarisation de l’histoire de Sherbrooke

Dans le cadre du cours HST 279, L’informatique appliquée à l’histoire, les étudiants s’initient à l’utilisation des médias numériques pour l’étude et la diffusion de l’histoire. Centrée sur l’histoire et le patrimoine de Sherbrooke, l’édition 2013 de ce cours permettra de créer des circuits de visite virtuels de la ville grâce à la plateforme HistoryPin.

Cette activité pédagogique liée à la communauté sera couronnée par un lancement officiel le 25 avril 2013.

viaFavoriser la diffusion et la vulgarisation de l’histoire de Sherbrooke – Faculté des lettres et sciences humaines – Université de Sherbrooke.

Analyse de réseau⎜Cartographier l’activité de la Société des Nations | Martin Grandjean

Comprendre le fonctionnement d’une institution internationale, c’est aussi comprendre les réseaux de personnes qu’elle structure et dans lesquels elle s’inscrit. Les très riches archives de la Société des Nations SDN, conservées au Palais des Nations à Genève qui abrite désormais l’ONU, qui a succédé à la SDN après la Seconde guerre mondiale, sont susceptibles d’être analysées sous la forme d’un réseau d’où émergent des relations personnelles et institutionnelles qui offrent à l’historien la possibilité d’un regard nouveau sur le contexte intellectuel de l’entre-deux-guerres !

Dans le cadre de ses recherches sur les réseaux de communication scientifique durant cette même période, voilà deux mois que Martin Grandjean explore avec un collègue le fonds d’archives de la CICI, la Commission Internationale de Coopération Intellectuelle, un organe de la SDN chargé du rétablissement des relations intellectuelles dans un monde radicalement marqué par le premier conflit mondial. Le temps est venu pour Martin Grandjean d’en dresser un premier bilan et d’évoquer les perspectives de recherche ouvertes par l’analyse de réseau.

Lire la suite Analyse de réseau⎜Cartographier lactivité de la Société des Nations – Martin Grandjean.

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