La rentrée des classes | La Vie des idées

L’ouvrage de Paul Willis, paru il y a trente ans et récemment traduit, analyse à partir d’un travail ethnographique minutieux la résistance des enfants d’ouvriers à la scolarisation, contribuant ainsi à la reproduction des inégalités sociales. L’enquête n’a rien perdu de son actualité.

L’ouvrage : Paul Willis, L’École des ouvriers. Comment les enfants d’ouvriers obtiennent des boulots d’ouvriers. Traduction de l’anglais par Bernard Hœpffner. Préface, postface et entretien avec l’auteur par Sylvain Laurens & Julian Mischi. Agone, 2011. 456 p., 25 €.

Son compte-rendu : La rentrée des classes – La Vie des idées.

Des dérangeants secrets de l’Empire britannique publiés | Socialist Worker

Alors que l’establishment britannique souhaiterait favoriser, à propos de l’Empire colonial britannique l’image d’un colonialisme doux, l’ouverture d’archives jusqu’à présent «perdues» vient mettre à mal ce mythe et cette absurdité.

C’est ainsi que ces archives montrent que, dans les années 1940, le gouvernement britannique a sérieusement envisagé de tester des armes chimiques dans l’actuel Botswana.

De même, dans les années 1950, ce même gouvernement punit brutalement et collectivement les Kenyans, soupçonnés de soutenir le mouvement Mau-Mau. Comme il élimine les ennemis de l’autorité coloniale en Malaisie.

A lire : Guilty secrets of British Empire exposed in newly released documents|28Apr12|Socialist Worker.

Comment Luther est devenu viral | InternetActu.net

La lecture de la semaine d’InternetActu.net est un article de l’hebdomadaire britannique The Economist, intitulé “Comment Luther est devenu viral”. Ou comment Luther rejoint dans l’espace et le temps le printemps arabe. Et nous avec.

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Illustration de Matin Luther via Wikimedia Commons [Domaine Public]

En effet, pour le journal britannique ce qui s’est produit pendant le printemps arabe

«C’est aussi ce qui s’est passé pendant la Réforme, il y a près de 500 ans, quand Martin Luther et ses alliés se sont emparés des nouveaux médias de leur temps – les pamphlets, les balades, et les gravures sur bois – et les ont fait circuler dans les réseaux sociaux pour promouvoir le message de la réforme religieuse.»

Concrètement

L’environnement médiatique que Luther s’est montré particulièrement habile à maîtriser avait beaucoup en commun avec l’écosystème numérique d’aujourd’hui, ses blogs, ses réseaux sociaux et ses discussions. C’était un système décentralisé dans lequel les participants s’occupaient de la distribution, décidaient collectivement des messages à diffuser en priorité grâce au partage et à la recommandation. Les théoriciens des médias modernes parleraient d’un public connecté, qui ne fait pas que consommer l’information. Luther a donné le texte de son nouveau pamphlet à un ami éditeur (sans aucun échange d’argent), puis a attendu qu’il se répande dans le réseau des lieux où on l’imprimait en Allemagne.

The Economist met même visuellement en parallèle Hosni Moubarak et Léon X

Moubarak leoX

La comparaison est notamment faite avec Facebook

Comme avec les like de Facebook et les retweet de Tweeter, le nombre de réimpressions [des 95 thèses de Luther] sert d’indicateur de popularité d’un sujet.

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Les 95 thèses de Luther via Wikimedia Commons [Domaine Public]

En définitive :

La société contemporaine a tendance à se considérer comme meilleure que les précédentes, et les avancées de la technologie renforcent ce sentiment de supériorité. Mais l’Histoire nous enseigne qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

Source : Comment Luther est devenu viral « InternetActu.net.

The New Deal : A Modern History | Michael Hiltzik

Tout d’abord laissez-moi affirmer ma ferme conviction que la seule chose que nous devons craindre est la crainte elle-même… une terreur sans nom, irraisonnée, injustifiée qui paralyse les efforts nécessaires pour la convertir et nous permettre d’avancer.

Discours d’inauguration de Franklin D. Roosevelt

Cb4fe The New Deal A Modern American History by Michael Hiltzik

1 million de kilomètres d’autoroutes, 8.000 parcs, le pont de Triborough : les conservateurs qui s’attaquent au New Deal ont-ils vraiment conscience de ce que le pays lui doit? La réponse est déjà dans la question posée par l’historien Michael Hiltzik lorsqu’il présente le New Deal dans un texte repris par Slate (« Ce que le New Deal a apporté aux Etats-Unis »).

Pour Hiltzik, une bonne partie de l’héritage de Franklin Roosevelt repose sur ces infrastructures nées du New Deal, mais

une autre partie, plus grande encore, est liée aux transformations qu’il opéra dans les structures sociales et économiques du pays.

Ensuite, «le New Deal a également concouru à instiller, dans l’esprit des Américains, la foi inébranlable dans la capacité du gouvernement à leur venir en aide en cas de crise. Pour le dire autrement, le New Deal a établi le concept de la sécurité économique par responsabilité collective.»

Enfin, «le New Deal a cessé de fait en 1939, alors que Roosevelt était contesté et que la menace de la guerre se précisait. A bien des égards, il demeure inachevé.»

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La construction d’une route en 1933 / Franklin D Roosevelt Library and Museum, via Wikimedia Commons

Cet inachèvement peut s’apprécier à la lumière de la situation économique actuelle et de l’extrait suivant tirés de The Modern Corporation and Private Property (1932) écrit parAdolf Berle et Gardiner Means :

When nearly seventy per cent of American industry is concentrated in the hands of six hundred corporations; when more than half of the population of the industrial east live or starve, depending on what this group does . . . the individual man or woman has, in cold statistics, less than no chance at all. The President’s stricture on “regimentation” . . . is merely ironic; there is regimentation in work, in savings, and even in unemployment and starvation. . . . What Mr. Hoover means by individualism is letting economic units do about what they please.

Le problème mis en avant par Berle et Means reste entier et s’est largement amplifié alors qu’aujourd’hui la santé économique d’un pays, voire mondiale, dépend de la santé financière d’un nombre limité d’instituts financiers.

Sur la Grande Dépression et le New Deal, nous avons déjà publié les articles suivants en lien avec leur enseignement:

Quelques jours avec Hitler et Mussolini

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En 1938, Ranuccio Bianchi Bandinelli, jeune professeur d’archéologie et d’art antique germanophone, est sollicité par le gouvernement pour accompagner la visite d’Hitler, du 3 au 9 mai, dans les musées de Rome et de Florence.

Pendant quelques jours, il va côtoyer les deux dictateurs qui se jaugent, écouter leurs commentaires, découvrir leurs paradoxes, le côté frustre et naïf, avec en toile de fond l’art de civilisations disparues qui éclaire cette rencontre.

Moment charnière pour Bandinelli qui, d’observateur critique mais un peu désinvolte du fascisme, deviendra par la suite communiste ; moment charnière pour l’Europe car Hitler cherche à faire de Mussolini un allié, et y réussira.

Source : Quelques jours avec Hitler et Mussolini » Le blog de l’histoire – Toute l’actualité de l’histoire par Passion-Histoire.net.

MetaMaus par Art Spiegelman

25 après la publication de cette oeuvre majeure qu’est Maus d’Art Spiegelman, ce dernier publie MetaMaus qui regroupe les deux albums publiés alors et répond aux questions qui lui ont régulièrement été posées sur ce travail.

Des questions comme

  • Pourquoi des souris pour raconter cette histoire?
  • Pourquoi l’holocauste?
  • Pourquoi en bande dessinée

La vidéo suivante extraite des deux DVD qui accompagne l’ouvrage donne un aperçu du matériel présent dans MetaMaus.

Les mises en scène de la guerre au XXè siècle, Théâtre et cinéma

Un ouvrage à lire pour les enseignants qui abordent les conflits charnières présentés en classe d’histoire à l’aide du film de fiction ou du film documentaire.

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La présentation de l’éditeur (c’est nous qui mettons en gras)

«Si le xxe siècle a été celui des guerres, il a été aussi celui de l’avènement de la mise en scène de théâtre et de cinéma. Cet ouvrage interroge le lien étroit et vivant entre guerre et mise en scène, tant théâtrale que cinématographique.

Abordant les représentations de cinq périodes ou conflits charnières, la Première et la Seconde Guerre mondiale, les guerres postcoloniales, les guerres du Proche-Orient, le conflit en ex-Yougoslavie et l’après-11-Septembre, les études rassemblées ici sont l’oeuvre d’universitaires, de spécialistes, et ménagent une parole aux artistes eux-mêmes (cinéastes, metteurs en scène, auteurs, traducteurs). Elles abordent le traitement fictionnel aussi bien que la démarche documentaire, en faisant la part de leurs interpénétrations. Se dessinent de la sorte un panorama des événements les plus tragiques et destructeurs de notre histoire contemporaine, mais aussi un parcours des oeuvres qui, depuis cent ans jusqu’à notre plus récente actualité, se sont acharnées à construire une mémoire vivante de notre passé et de notre présent.»

Source : Les mises en scène de la guerre au XXè siècle, Théâtre et cinéma (description).

On pourra compléter cette lecture avec

  • La Part de fiction dans les images documentaires est un numéro commun au Bulletin de l’Institut d’Histoire du Temps Présent (IHTP – CNRS) et à la revue Conserveries Mémorielles (CELAT – Université Laval, Québec). Ce numéro propose de s’intéresser aux relations entre les images dites documentaires – films et photographies – et le réel qu’elles représentent et médiatisent, en interrogeant la part de fiction contenue dans ces images. Car l’un des ressorts fondamentaux de l’étude de leur médiatisation du réel passe par l’appréhension de la mise en récit qu’elles en font ; et du fait qu’elles sont elles-mêmes – par la suite – l’objet de récits (historiens, critiques etc.).
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Les notes à l’école sont un lourd facteur de démotivation | LeTemps.ch

Il semble convenu que l’évaluation chiffrée dès le plus jeune âge pousse l’écolier au défi et à la réussite scolaire. Eh bien, c’est tout le contraire, affirment trois chercheurs qui viennent de publier une étonnante étude: la perspective de la note incite l’élève à en faire le moins possible.

«En somme, l’introduction des notes en première ou en cinquième année est une importante question politique. Toutefois la recherche sur l’effet des notes pose inévitablement la question de leur utilité. Alors, sont-elles utiles, ces notes? Nous montrons ici que si on ne veut pas inciter les élèves à éviter les défis, à avoir peu de plaisir et d’intérêt pour les tâches scolaires, à remettre autant que possible le travail à plus tard, à voir les épreuves comme une menace, à avoir un niveau d’ambition faible, à ne pas se sentir capables, et à avoir de mauvais résultats… la réponse est non.»

Sources :

Le roman du remords colonial | Mediapart

En cette rentrée littéraire, certains écrivains, à leur manière, répliquent aux criailleries de Nicolas Sarkozy concernant l’identité nationale. Tel est ainsi le cas d’A. Magoudi dans Un sujet français (Albin Michel).

«Je décide de rendre public le récit de ma quête pour me forcer à ne pas faire l’impasse sur l’essentiel: la vie d’Abdelkader Magoudi a été marquée par la colonisation française, par son statut d’immigré nord-africain, par l’occupation allemande dans l’Hexagone, l’État français de Vichy, l’expansion nazie dans toute l’Europe et au-delà, le communisme en Pologne, les mouvements de décolonisation. Retrouver dans l’intime de la vie de mon géniteur les marques de la grande Histoire me paraît d’emblée nécessaire»

Source : Le roman du remords colonial | Mediapart.

Coco Chanel, « fashionista fasciste » et agent du IIIe Reich | Rue89

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Coco Chanel, « fashionista fasciste » et agent du IIIe Reich | Rue89

Elle a libéré les femmes de leurs corsets, dévoilé leurs mollets mais aussi collaboré avec le régime nazi : dans une nouvelle biographie titrée « Coucher avec l’ennemi, la guerre secrète de Coco Chanel », qui sort le 16 août aux Etats-Unis, le journaliste américain Hal Vaughan évoque une facette nettement moins brillante de la vie de l’icône française.
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