Des étudiant-e-s «multi-tâches» ? | Pédagogie universitaire

Je viens de lire ce très intéressant article du Blog Pédagogie universitaire consacré à la présence, à l’université, de plus en plus d’étudiant-e-s venant au cours avec leur ordinateur portable. Récemment André Gunthert a fait état de sa réflexion concernant cet aspect-là des choses plus particulièrement concernant Facebook (Enseigner face à Facebook). J’avais également reporté l’attitude de deux enseignants à ce même propos (Facebook : oui ou non dans la relation prof-élèves?).

Cet article reformule dans un premier temps la nature du problème et présente une recherche récente menée par des chercheurs américains:

Il semble surtout que les représentations de certain-e-s enseignant-e-s ne sont pas compatibles avec celles de leurs étudiant-e-s. D’un côté, les premier-ère-s s’imaginent que pour étudier et travailler efficacement sur une tâche, il faut être concentré-e exclusivement sur cette tâche. De l’autre côté, les second-e-s considèrent qu’il est tout à fait possible d’être efficace quand on est sollicité-e par différentes informations en même temps. Qu’en est-il exactement? C’est à cette question qu’ont tenté de répondre par une étude expérimentale récente quatre chercheur-e-s américain-e-s Bowman, Levine, Waite & Gendron, 2010.

L’objet de l’étude de ces chercheurs américains a porté plus précisément sur l’utilisation des messageries instantanées par les étudiant-e-s. Dans un premier temps, leur revue de la littérature confirmerait l’aspect préjudiciable de la chose. Dans un deuxième temps, ils ont répartis 89 étudiant-e-s de première et deuxième année d’université en trois groupes:

  • le premier devait répondre à des messages instantanés avant de se lancer dans une tâche d’écriture d’un texte scientifique à l’écran;
  • le deuxième groupe recevaient et répondaient à des messages pendant la lecture;
  • le troisième groupe ne recevait aucun message instantané, mais était prévenu-e-s qu’il était possible qu’ils/elles en reçoivent.

Au terme de l’expérience, il apparaît que les résultats ne confirment qu’en partie les hypothèses des chercheurs. Il est à noter notamment qu’aucune différence significative entre les trois groupes n’a été observée en ce qui concerne les performances au test final concernant la lecture du texte.

via Des étudiant-e-s « multi-tâches ? « «Pédagogie universitaire – Enseigner et Apprendre en Enseignement Supérieur.

Facebook : oui ou non dans la relation prof-élèves?

Enseigner face à Facebook

Le hasard de mes lectures et de ma veille a fait se rencontrer deux articles présentant les relations profs-élèves avec Facebook. Deux extraits. Deux choix différents concernant l’un des élèves, l’autre des étudiants. Une réflexion à mener pour tout en chacun.

Pourquoi je suis « ami » avec mes étudiants – affordance.info

Parce que les/mes étudiants sont TOUS (ou presque) et TOUT LE TEMPS (ou presque) sur Facebook (y compris, hélas, pendant les cours). Parce que c’est sur Facebook qu’ils viennent me poser les questions qu’ils ne me posent plus en commentaires de mon « blog du cours ». Parce que c’est sur Facebook qu’ils sont aussi de plus en plus « disponibles », « ouverts » et « réceptifs », parfois bien davantage que dans l’espace-temps d’un cours, d’un cours dont la capacité de médiation est largement dépendante de la forme de l’acteur qui l’anime. Bref, que ça marche donc.

Facebook : la relation profs-élèves au pied du mur – La p@sserelle -Histoire Géographie-.

Du coup, je me laisse la liberté d’ouvrir une brèche concernant les anciens élèves. Pourquoi se priver d’un contact sympathique et enrichissant si le courant passait avec un(e) élève ? Ils trouveront sur mon Facebook ce qui fait ma pratique professionnelle et un espace d’échanges. Derrière, il y a ma conviction que la mission d’un enseignant ne s’arrête pas aux quatre murs d’une salle de classe. Si la parole du professeur trouve un écho auprès des élèves, pourquoi s’arrêter une fois que celui-ci a cessé de l’être ? Au pied du mur de Facebook, je laisse donc une ouverture. Par contre, ceux qui m’ont en cours trouveront toujours portes closes : pas de confusion des genres.

Pour prolonger la réflexion, je vous invite également à lire Enseigner face à Facebook par André Gunthert. Voir aussi mes articles précédents répertoriés avec le tag Facebook.

Image empruntée à l’article d’André Gunthert Enseigner face à Facebook. Sous licence CC BY-NC-ND 2.0 (http://www.flickr.com/photos/gunthert)

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