Philippe Delisle – Bande dessinée franco-belge et imaginaire colonial | Émulations – Revue des jeunes chercheurs en sciences sociales

Benoit Lucien Vaillot, de Sciences Po Lyon – Université Lumière Lyon 2, nous offre un compte-rendu de l’ouvrage de Philippe Delisle Bande dessinée franco-belge et imaginaire colonial. Des années 1930 aux années 1980.

Depuis une quinzaine d’années, des historiens : Nicolas Bancel, Pascal Blanchard ou encore Sandrine Lemaire en tête, développent le concept de « culture coloniale » qui dépasse la seule propagande coloniale. Ce concept permet d’appréhender la diffusion, l’imprégnation, l’acculturation de l’idée coloniale en France. L’étude historique de la « culture coloniale » n’a ainsi pas tant un rapport avec la colonisation en elle-même mais avec ses représentations. L’ouvrage Bande dessinée franco-belge et imaginaire colonial. Des années 1930 aux années 1980 s’inscrit dans cette historiographie, ce que son auteur Philippe Delisle revendique dès l’introduction.

Lire la suite : Philippe Delisle – Bande dessinée franco-belge et imaginaire colonial – Émulations – Revue des jeunes chercheurs en sciences sociales.

Cet ouvrage est à ajouter à nos Références « Bande dessinée et Histoire », publiées récemment.

Références « Bande dessinée et Histoire »

Émission « Bande dessinée et Histoire » – 16 mai 2013 | Fovéa

Le jeudi 16 mai 2013 sera diffusée, dans le cadre de « Radio Goliards », une émission intitulée « Bande dessinée et Histoire » sur Radio Libertaire (89.4) à 16h30. Adrien Genoudet nous présente l’émission, mais surtout son billet comporte une intéressante bibliographie en relation avec le question Bande dessinée et Histoire. Son billet : Émission « Bande dessinée et Histoire » – 16 mai 2013 | Fovéa.

Il nous invite également à consulter la bibliographie mise en ligne par Alain François sur son blog : Bibliographie BD à l’usage des études visuelles.

Je vous renvoie également à cet article qui faisait suite, en 2010, à un atelier de formation réalisé avec mes étudiant-e-s : MSHIS11 Bande Dessinée et Histoire (atelier 4.5.2010).

Pour d’autres articles sur ce site en relation avec Bande dessinée et Histoire, je vous laisse voir également sous «Rebonds» à la suite de ce billet.

In Memoriam Peter Haber (1964 – 2013)

Peter Haber (1964-2013)

Jan Hodel nous apprend aujourd’hui la triste nouvelle du décès, après une longue maladie, de notre estimé collègue bâlois Peter Haber.

Historien, Peter Haber a grandi et travaillé à Bâle. Histnet m’apprend également qu’il a travaillé comme journaliste, spécialistes de la communication. Concernant ses champs de compétence historiques, il est particulièrement connu concernant ses travaux sur l’impact des médias électroniques sur les sciences historiques. Vous trouverez sur ce blog une traduction française de ses Thèses sur les sciences historiques à l’ère digitale. et sur HistNet son C.V.

Avec Jan Hodel, il est pour moi un des précurseurs et principaux inspirateurs de ces Humanités Digitales (Digital Humanities) ou humanités numériques qui prennent aujourd’hui de l’ampleur. A ce titre, ses travaux sont comparables à ceux de Roy Rosenzweig (1950-2007), lui aussi trop tôt disparu et fondateur en 1994 du Center for History and New Media.

A son collègue Jan Hodel et à sa famille vont toute ma sympathie et mes pensées en ces moments difficiles.

Revue de presse : Révolution et redistribution | La Vie des idées

Et si l’économie était la grande oubliée des révolutions ? Depuis deux décennies, les questions politiques et culturelles ont relégué la justice sociale au rang de préoccupations secondaires. Selon l’historien Charles Walton, le problème de la redistribution, déjà posé lors des révolutions de la fin du XVIIIe siècle, se situe pourtant au cœur des motivations des révolutionnaires égyptiens.
Concernant préalablement les études sur la Révolution française et les questions de classe comme de justice sociale, Charles Walton note que

«Ce manque d’intérêt pour les questions de classe et de justice sociale au profit de celles de culture et de libéralisme se reflète dans les travaux sur la Révolution Française. On y a délaissé petit à petit les question socio-économiques, pourtant centrales dans les années 1950-70, au profit de la culture et d’idées politiques comme la souveraineté, la représentation et l’opinion publique ; des droits de l’homme (droits civils et politiques uniquement, une impasse étant faite sur les droits sociaux et économiques) ; de questions relevant de la subjectivité individuelle comme les sentiments et les émotions ; de la morale et de la religion à travers les thèmes de la régénération et de la contre-révolution ; et de la violence politique caractéristique des épisodes de guerre et de la Terreur. Rares ont été les universitaires qui ont cherché les causes de la Révolution Française ou de sa radicalisation dans des facteurs économiques, fussent-ils matériels ou culturels.»

Concernant le printemps arabe, il indique que

«La question de la redistribution, le « double mouvement » de Polanyi et un discours sur les droits de l’Homme qui ne traite que d’une partie de la question peuvent tous trois venir éclairer l’analyse du printemps arabe.»

Le double mouvement de Polanyi (La Grande Transformation) réside dans l’observation suivante : «la libéralisation économique amène plus souvent – et paradoxalement – à un État plus lourd et plus répressif qu’à un Etat plus petit et plus démocratique.».

Dans la conclusion de son article, Charles Walton indique que

«La démocratie se retrouve […] de nos jours dénuée d’une véritable économie politique. À mesure que communisme et capitalisme finissent tous deux par dégénérer en une situation de clientélisme, les inégalités et les frustrations politiques se font plus intenses. Le passé récent pourrait peut-être nous aider à réfléchir à la direction à prendre pour l’avenir. S’il s’agit d’éviter de construire de nouvelles utopies, nous pouvons tenter de récupérer les éléments que la précédente, celle des droits de l’homme, avait oubliés ou rejetés à la marge : les droits économiques et sociaux. […] Même s’il existe des mouvements qui se battent pour la mise en place de droits économiques et sociaux, ils ont tendance à ne pas avoir droit de cité dans les médias occidentaux, qui préfèrent attribuer les problèmes de l’Egypte à la religion qu’à une crise de la redistribution.»

Finalement, en Egypte comme ailleurs, la lutte des classes n’a pas fini de parler d’elle. N’en déplaise à certains.

A lire : Révolution et redistribution | La Vie des idées

Revue de presse : Allier le récit et l’exigence scientifique | unetudianthistorien

Michel Deniau nous dit son intérêt devant le dock-fiction réalisé en 2012 par une maison de production autrichienne et diffusé sur Arte. Ce docu-fiction s’intéresse à la vie de Charlemagne, depuis sa jeunesse et sa rivalité avec son frère cadet Carloman à sa mort en 814.
Michel Deniau est plus particulièrement séduit par la présence, au sein de la fiction, de plusieurs séquences de recherche historique au sein du déroulement du récit. C’est le plus et l’intérêt de la série. Pour Deniau:

«Cet exemple démontre qu’un plutôt bon équilibre entre un récit et des démonstrations scientifiques est possible. En un temps où les historiens de garde sont de sortie et que l’indigence documentaire est plutôt récurrente voir des documentaires comme cette série redonnent foi en la capacité de mélange entre un récit, dans tout ce que cela a de ludique, et une approche historique, tout ce qu’elle de plus scientifique.»

La série sur Arte :
- http://videos.arte.tv/fr/videos/charlemagne-1-3–7454096.html
- http://videos.arte.tv/fr/videos/charlemagne-2-3–7454100.html
- http://videos.arte.tv/fr/videos/charlemagne-3-3–7454104.html

Le billet : Allier le récit et l’exigence scientifique | unetudianthistorien

L’origine médiévale de l’hyperlien, des pointeurs et des smileys | Frederic Kaplan

Présenté par Frederic Kaplan dans une vitrine holographique pour l’exposition « Le lecteur à l’oeuvre », le manuscrit est une copie du XIVe siècle produite à Bologne d’un texte juridique de l’empereur byzantin Justinien Ier.

L’empereur Justinien a opéré au VIe siècle un grand travail de réorganisation législative. Au fil des siècles, les différents régimes avaient complexifié le droit romain primitif. Les juristes du Justinien ont procédé à une simplification, une modernisation et une uniformisation du code juridique de l’empire. Ce nouveau code a subsisté pendant de nombreux siècles comme base du droit. La page, présentée par Frederic Kaplan, se présente sous la forme d’une mise en page complexe, comportant de multiples blocs de textes. Le texte juridique de Justinien est au centre de la page, présenté en deux colonnes. Le texte est accompagné de lettrines, mais surtout plusieurs signes qui, dans les marges, viennent aider la lecture.

Manucule

En marge de la première colonne, une petite main, ou manicule, a été dessinée pour souligner un passage important.

Sur cette page,

pointeurs, smileys et hyperliens sont déjà d’une certaine manière présents dans les manuscrits du XIVe siècle. Ils correspondent à des usages conventionnels que les technologie de l’impression d’abord, puis de l’informatique viendront mécaniser et standardiser. Ce processus de régularisation des représentations régulées que Pascal Robert décrit dans son livre Mnemotechnologies (Robert 2010) et dont j’ai discuté les principes dans un article récent, How books will become machines (Kaplan 2012) donne un cadre pour penser cette évolution. Des formes conventionnelles sont d’abord mécanisées dans leur production (caractère typographique remplaçant les manicules manuelles) puis dans leur usage (système d’hyperliens à la base du web plus puissant, mais aussi plus contraint).

Pointeurs mac

L’ancêtre des pointeurs utilisés dans les interfaces informatiques?

Une histoire fascinante à lire en entier : L’origine médiévale de l’hyperlien, des pointeurs et des smileys | Frederic Kaplan.

Le Mont Rushmore et la revanche des Sioux | À la Maison-Blanche

En 1927, émerge, du granite du mont Rushmore, les visages de quatre des présidents les plus implacables lors de ce qu’on a appelé les « Guerres Indiennes ». Pour les siècles à venir, au cœur même des terres sacrées du peuple sioux, les visages de George Washington, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln et Théodore Roosevelt rappelleront chaque jour aux Indiens le poids de leur déroute. L’injure faites aux Indiens est d’autant plus amère que le sculpteur du mont Rushmore, Gutzon Borglum, était un suprématiste blanc affilié au Ku Klux Klan.

Le visage de Crazy Horse, inauguré en 1998

Le visage de Crazy Horse, inauguré en 1998

Dès lors, les Indiens songent à une riposte : à un symbole ils répondront par un symbole. Si les célèbres visages présidentiels en imposent par leur stature – ils font 18 mètres de haut – le monument qu’ils allaient ériger surpasserait Rushmore au point de lui porter ombrage. C’est ainsi que les Sioux allaient inviter un sculpteur natif de Boston et d’origine polonaise, Korczak Ziolkowski, à tailler dans une autre montagne des Black Hills, à quelques kilomètres à peine de Rusmore, l’image du grand chef des Lakhotas – tribu du peuple sioux – célèbre et admiré pour son courage au combat contre les troupes américaines : Crazy Horse.

Le monument, une fois terminé

Le monument, une fois terminé

Les travaux ont débuté en 1948 et devraient se terminer… d’ici une cinquantaine d’années. Réalisée sans aide fédérale et une fois achevée, il s’agira de la sculpture la plus imposante du monde. Elle fera 195 mètres de long pour 172 mètres de haut et, à lui seul, le visage de Crazy Horse, inauguré en 1998, mesure 27 mètres de haut.

L’histoire complète : La guerre des symboles: Le Mont Rushmore et la revanche des Sioux | À la Maison-Blanche.

La Commune de Paris relance les débats mémoriels à l’Assemblée | Histoire, Mémoire et Société

Le lundi 8 avril 2013, la présidence de l’Assemblée nationale a enregistré  une proposition de résolution visant à rendre justice aux victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871.

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Pour Mickaël BERTRAND :

Cette tendance irrépressible du Parlement à se prononcer ponctuellement sur des sujets historiques est l’une des conséquences les plus évidentes de l’inflation mémorielle qui touche nos sociétés occidentales. En votant régulièrement de tels textes, le pouvoir législatif n’entraîne aucune action concrète (soutien à la recherche historique, éventuel dédommagement des victimes, lutte contre le négationnisme…). Il se contente seulement de répondre à une revendication mémorielle suffisamment cohérente pour faire entendre sa voix dans l’hémicycle. Du point de vue des groupes mémoriels qui portent ces demandes, le vote d’une résolution est d’ailleurs vu comme une étape importante d’une construction mémorielle parmi d’autres (constitution en association, organisation de commémorations locales, puis nationales, relais dans des discours politiques locaux et nationaux, construction d’un lieu de mémoire, etc.).

La Commune de Paris relance les débats mémoriels à lAssemblée – Histoire, Mémoire et Société.

Les nouvelles guerres de l’histoire scolaire | The History Education Network

A méditer :

«La reprise des hostilités entre les partisans d’un enseignement axé sur la construction d’une conscience identitaire nationale et les défenseurs d’une approche centrée sur le développement d’une pensée critique et rigoureuse met en lumière la faiblesse stratégique de ces derniers. Au Québec, le débat qui a pris la forme d’escarmouches médiatiques entre les deux antagonistes. La réaction du public montre clairement que, dans l’ensemble, les citoyens adhèrent à une conception de la discipline historique qui les pousse naturellement dans le camp de ceux qui souhaitent faire triompher l’enseignement d’un récit national unique. En effet, aux yeux de la majorité des gens, mais aussi d’un grand nombre d’enseignants, un récit historique est un calque du passé. Dans cette perspective, l’enseignement de la discipline se résume à la transmission d’un récit consensuel considéré comme avéré. L’idée que l’histoire possède une dimension interprétative fondamentale n’est comprise que par une petite minorité.»

A lire Les nouvelles guerres de l’histoire scolaire | The History Education Network.

La Révolution française en chansons | Révolution Française

Le site Révolution française.net a sélectionné quelques exemples de chansons révolutionnaire en ligne sur YouTube.

Les chansons ont joué un rôle important dans la circulation des idées et des stéréotypes politiques pendant la Révolution française. Certaines de ces chansons sont elles-mêmes des « événements » révolutionnaires : La « Marseillaise » bien sûr, mais aussi le « Chant du Départ » en l’an II ou « Le Réveil du Peuple » en 1795. Il existe peu d’enregistrements de chansons révolutionnaires disponibles sur le marché du CD. Une anthologie en un double CD était sortie au moment du Bicentenaire, mais elle n’est plus disponible à la vente. D’où l’idée de cette sélection.

La sélection de chansons révolutionnaires : La Révolution française en chansons – Révolution Française.

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