Enfermé, limité, mais utilisé…. | Veille et Analyse TICE

Bruno Devauchelle nous gratifie à nouveau d’un excellent article relativement à l’intégration des TICE à l’école.

Son point de départ est la lecture du rapport fait par l’inspection générale sur l’expérience de Corrèze ((http://www.ordicollege.cg19.fr/index.php?option=com_content&view=frontpage&Itemid=2))  et plus généralement des expériences des utilisateurs des TIC en classe.

Il en ressort que la question de la simplification technique semble essentielle pour la réussite du développement des usages pédagogiques des TIC.1 Ce constat de la simplification technique renjoint des constats déjà formulé ici.

Bruno Devauchelle pose ensuite un certain nombre de questions. Il relève notamment que c’est

dans l’écart entre des pratiques personnelles ordinaires et des pratiques professionnelles pionnières qu’il y aurait un frein au développement des usages.

Enfin concernant les tablettes numériques, le rapport et Bruno Devauchelle rejoignent un autre de mes constats à savoir que

L’arrivée des tablettes, comme le souligne le rapport de l’IGEN sur la Corrèze, pourrait bien être le vecteur clef pour l’usage dans la classe, car leur mode de fonctionnement semble correspondre avec ces contraintes à ces réalités humaines.

L’article Enfermé, limité, mais utilisé…. « Veille et Analyse TICE.

  1. La simplification technique s’applique ici aussi bien au matériel qu’au logiciel, que ce soit le logiciel système ou les applications. []

Piéger les élèves ou les former avec les médias sociaux? | Chronique no 132

Mis en avant

Pendant que certains préfèrent pourrir le web et piéger leurs élèves, il reste des allumeurs de réverbères qui cherchent heureusement à élever leur élèves à la culture et au savoir historique en se saisissant des médias sociaux.

L’affaire de l’enseignant pourrisseur du web1 et de ses élèves en fournissant, via le web, et en particulier Wikipedia, des fausses informations au nom de la défense de la culture, avec un grand C, et de la nécessité pour les élèves d’apprendre à penser avant d’aller sur le web en dit long sur la perception d’un grand nombre d’enseignants à vivre l’école comme une citadelle assiégée et leur peur d’enseigner avec les médias sociaux, voire d’enseigner tout court.2

Nul doute qu’enseignant au moment de l’arrivée de cette nouvelle technologie qu’a été en son temps le livre, cet enseignant et ses congénères prôneraient également que leurs élèves doivent apprendre à réfléchir par eux-mêmes avant de lire leur premier livre!

Ainsi, au lieu d’apprendre à bien de maîtriser leurs vies numériques et d’être leur propre maître, les utilisateurs-producteurs d’élèves seront livrés pieds et poings liés au marché numérique et parfois vendus sans crier gare, comme le montre le rachat récent d’Instagram par Facebook, avec leurs données et contenus à de nouveaux maîtres. Car si l’école ne s’occupe pas des médias sociaux et du numérique, le marché et principalement Facebook s’en chargeront.

Concernant la culture, l’exercice proposé était bien loin de ce qui aurait permis d’y élever les élèves en venant à leur rencontre et la démarche choisie lors de cette mascarade a, comme l’indique fort bien Emmanuel Jaffelin,3

moins prouvé la tricherie des élèves que mis en évidence la date de péremption des exercices demandés.

Sans parler que, de tout temps, ces exercices ont plus favorisé la recopie et le couper/coller que le développement de la réflexion autonome des élèves…

Heureusement, dans le même temps, d’autres initiatives vont à la rencontre des élèves, s’approprient les outils de la culture numérique pour véritablement les élever à la culture, au savoir et les former avec les médias sociaux.

C’est ainsi que Laurence Juin a remis le couvert et recourt avec ses élèves à Twitter pour préparer le bac. Il s’agit ainsi en histoire d’«inciter les élèves à réviser, à chercher en posant des questions, en donnant des réponses.»4

Le principe est simple. L’enseignant pose une question d’histoire, de géographie ou d’éducation civique en rapport avec le programme et les élèves y répondent en reformulant la question et donnant leur réponse. En cas d’erreur, d’imprécision ou de faute d’orthographe, l’enseignant demande à l’élève de reformuler. De plus, tout «tweeteur» peut participer en rédigeant des questions.

Mais mon coup de cœur du mois, l’illustration que, plutôt que rejeter les élèves et le lieu central de leur vie qu’est devenu l’Internet et le numérique,5 il faut aller à leur rencontre là où ils sont pour faire œuvre de culture et d'enseignement, vient de l'initiative de Boruch Szlezinger.

Boris Szlezinger est un rescapé de la Shoah, ancien déporté politique des camps de concentration nazis, survivant des marches de la mort. Bel exemple de collaboration et de savoir partagé et reconnu entre les générations, c'est son petit-fils qui lui a créé un compte sur Twitter et le gère dans le but de faciliter la transmission de la mémoire de la Shoah.6

Avec 140 caractères, l'économie de mots imposée à chaque message nous replonge dans l'effroi de cette abomination que fut l'expérience des camps de concentration et de l'entreprise d'extermination de l'Allemagne nazie:

Eythan Szlezinger, son petit-fils, explique l'intérêt de l'utilisation de Twitter dans leur démarche, alors qu'aujourd'hui en France, il reste à peine cinquante anciens déportés, un nombre qui ne cesse de diminuer au fil des jours7

Twitter est un outil de communication particulier. Il permet de s’adresser au grand public sans intermédiaire avec moins de 140 caractères. […] Grâce aux mentions et aux messages privés (DM pour les initiés), on peut discuter en direct avec les lecteurs. On peut approfondir le sujet que l’on traite, donner des détails, répondre à des questions. On y trouve des personnalités de la télévision, de la politique, du cinéma, de la musique. Grâce à eux et au relais qu’ils font, les internautes lambda, désireux d’apprendre ou de s’informer, savent que ce compte existe. À la différence de Facebook, Twitter est une plateforme dynamique sans cesse stimulée par l’actualité. Il est alors facile pour les lecteurs curieux de s’informer.

On perçoit ainsi et notamment le formidable effet multiplicateur, de diffusion et d’appropriation des médias sociaux. Il serait incompréhensible, voire criminel, que l’éducation nationale s’en détourne.

Pour notre part, nous préférons espérer, à la suite d’Olivier Ertzscheid, que l’activité de publication avec les média sociaux sera enseignée pour «en faire le pivot de l’apprentissage de l’ensemble des savoirs et des connaissances»,8 car

Cet enjeu est essentiel pour que chaque individu puisse trouver sa place dans le monde mouvant du numérique, mais il concerne également notre devenir collectif, car comme le rappelait Bernard Stiegler : « la démocratie est toujours liée à un processus de publication – c’est à dire de rendu public – qui rend possible un espace public : alphabet, imprimerie, audiovisuel, numérique. »

Les allumeurs de réverbères, parsemés sur la toîle, que je rencontre me donnent à penser qu’il reste de l’espoir et un avenir pour l’école.

Cet article est la reprise de ma chronique mensuelle du Café pédagogique. (No 132, Avril)

  1. on trouvera ici une série d’articles critiques concernant ce «pourrissage» : L’affaire du « pourrisseur du web ». Points de vue critiques []
  2. Je fais bien sûr allusion indirectement au livre de Serge Boimare]. Mais je vous renvoie aussi à cette conférence, donnée à mi-mars, par la sociologue Dana Boyd consacrée au “le pouvoir de la peur chez les publics en réseaux”, traduite par InternetActu, danah boyd : pourquoi avons-nous peur des médias sociaux ?. Elle s’appuie notamment sur l’ouvrage de Barry Glassner, la Culture de la peur. []
  3. Internet fait place nette dans la pédagogie []
  4. Réviser le bac avec Twitter? []
  5. «[Nous les enfants du Web] n’utilisons pas Internet, nous vivons sur Internet et à ses côtés. Nous nous sommes fait des amis et des ennemis en ligne, nous avons préparé des antisèches en ligne pour passer des examens. nous avons prévu des soirées et des sessions de travail en ligne, nous sommes tombés amoureux et avons rompu en ligne. Le Web n’est pas pour nous une technologie que nous avons dû apprendre et sur laquelle nous aurions mis la main. Le Web est un processus en constante évolution sous nos yeux ; avec nous et grâce à nous.»

    Propos de Piotr Czerski, né en 1981, un poète, auteur, musicien, informaticien et blogueur polonais.Celui-ci a publié début février 2012 dans le journal local de Poméranie Dziennik Baltycki, un article qui a des allures de manifeste pour la nouvelle génération.

    Nous les enfants du Web [ Framablog []

  6. https://twitter.com/#!/BSzlezinger []
  7. Ancien déporté, mon grand-père utilise Twitter pour témoigner | Le NouvelObs+ []
  8. Et si on enseignait vraiment le numérique ? []

La rentrée des classes | La Vie des idées

L’ouvrage de Paul Willis, paru il y a trente ans et récemment traduit, analyse à partir d’un travail ethnographique minutieux la résistance des enfants d’ouvriers à la scolarisation, contribuant ainsi à la reproduction des inégalités sociales. L’enquête n’a rien perdu de son actualité.

L’ouvrage : Paul Willis, L’École des ouvriers. Comment les enfants d’ouvriers obtiennent des boulots d’ouvriers. Traduction de l’anglais par Bernard Hœpffner. Préface, postface et entretien avec l’auteur par Sylvain Laurens & Julian Mischi. Agone, 2011. 456 p., 25 €.

Son compte-rendu : La rentrée des classes – La Vie des idées.

Des dérangeants secrets de l’Empire britannique publiés | Socialist Worker

Alors que l’establishment britannique souhaiterait favoriser, à propos de l’Empire colonial britannique l’image d’un colonialisme doux, l’ouverture d’archives jusqu’à présent «perdues» vient mettre à mal ce mythe et cette absurdité.

C’est ainsi que ces archives montrent que, dans les années 1940, le gouvernement britannique a sérieusement envisagé de tester des armes chimiques dans l’actuel Botswana.

De même, dans les années 1950, ce même gouvernement punit brutalement et collectivement les Kenyans, soupçonnés de soutenir le mouvement Mau-Mau. Comme il élimine les ennemis de l’autorité coloniale en Malaisie.

A lire : Guilty secrets of British Empire exposed in newly released documents|28Apr12|Socialist Worker.

16 avril 1862 : Lincoln signe la loi d’émancipation

Le 16 Avril 1862, le président Abraham Lincoln promulgue la loi du Congrès autorisant l’émancipation des personnes réduites en esclavage à Washington, DC, et la compensation monétaire de leurs propriétaires par le Trésor américain. 150 ans plus tard, les Archives nationales américaines marquent cet anniversaire en réalisant et diffusant la courte vidéo ci-dessous.

Ce premier acte précède de huit mois la proclamation d’émancipation de Lincoln qui a libéré les esclaves dans les États rebelles. L’émancipation de toutes les personnes asservies à travers les États-Unis n’a pas eu lieu avant l’adoption du 13e amendement à la Constitution en 1865.

Dans ce documentaire, l’archiviste Damani Davis examine les pétitions déposées par des propriétaires et des personnes asservies en vertu de la Loi et les détails qu’ils révèlent sur les esclaves communauté afro-américaine de l’époque. L’archiviste Robert Ellis explique comment le processus a fonctionné. Et Kenneth Winkle, professeur d’Histoire américaine à l’Université de Nebraska-Lincoln, explique comment le nouveau site de l’Université consacré à la guerre de Sécession de Washington (www.civilwardc.org) mettra les pétitions à la disposition des chercheurs.

Patrick Boucheron, un historien qui bouscule les siècles | La république des livres

Citation

Et si Denys le Petit, ce moine du VIème siècle à qui l’on doit l’invention de l’ère chrétienne, avait choisi d’adopter l’ère de la Passion et non celle de l’Incarnation pour faire débuter notre ère? Alors notre chronologie s’en trouverait décalée de 33 ans.

« A ce jeu, le XIXème siècle perd les guerres napoléoniennes, la Restauration, Stendhal, Hegel, Goethe, Keats, Byron, qui tous rejoignent un très convaincant siècle des Lumières. Celui-ci comprend enfin le romantisme : Rousseau, Chateaubriand et Musset se situent du même côté de la cassure, sans qu’il soit nécessaire aux exégètes de l’histoire littéraire d’ergoter interminablement. Evidemment, ce que le XIXème siècle perd d’un côté, il le récupère de l’autre : la Grande guerre bien entendu … et du côté culturel : Joyce, Proust, Kafka, Schoenberg, Freud, Einstein. Ainsi décalé d’un tiers, le XIXème siècle devient le grand siècle moderniste et révolutionnaire, englobant largement 1848 et 1917, faisant la part belle aux avant-gardes politiques et esthétiques »

Patrick Boucheron dans L’entretemps (135 pages, 13 euros, Verdier),

via Patrick Boucheron, un historien qui bouscule les siècles | La république des livres.

Plaidoyer pour une rencontre entre la culture populaire et la culture élitiste

Citation

Une fois pour toute, il est important de comprendre que ce ne sont ni les jeunes, ni les technologies qu’ils utilisent qui sont les ennemis de la culture; ce sont plutôt ceux qui ne savent pas comment leur apprendre à s’en servir au quotidien de façon adéquate.

via Plaidoyer pour une rencontre entre la culture populaire et la culture élitiste |.

Un an avec une tablette… | Veille et Analyse TICE

Citation

A l’issue d’une année d’usage personnel, je réfléchis à la transposition de cette expérience dans le monde de l’enseignement/apprentissage. Et là je suis forcé de constater que, malgré ses insuffisances, les choix des concepteurs, les promesses d’un véritable outil nomade à portée de la main se réalisent enfin.

via Un an avec une tablette… « Veille et Analyse TICE.

La pédagogie inversée | Infobourg.com

Lien

La ZoneTIC du Cégep Lévis-Lauzon décrit la « pédagogie inversée » (ou classe renversée, flipteaching, reverse instruction) comme ceci : une stratégie d’enseignement où la partie magistrale du cours est donnée à faire en devoir à la maison, alors que les traditionnels devoirs (travaux, problèmes et autres activités) sont réalisés en classe. Quel est l’intérêt? Lorsque les élèves appliquent ce qu’ils ont appris à l’école en faisant leurs devoirs à la maison, ils rencontrent parfois des difficultés et des questionnements qu’ils ne rapportent pas toujours à l’école le lendemain. De plus, la collaboration entre pairs n’est pas toujours facile à cause des horaires de chacun. Les adeptes de la pédagogie inversée préfèrent donc que les élèves utilisent le temps de classe pour construire, collaborer, lancer des défis, remettre en question leurs apprentissages plutôt que de s’asseoir et écouter.

via La pédagogie inversée | Infobourg.com – TIC, actualité, grands dossiers et ressources en éducation.

Nous les enfants du Web | Framablog

Quels seront les enseignants du Web en mesure de prendre en compte ces enfants du Web? Quel sera l’histoire du Web en phase avec cette nouvelle et durable réalité?

«Pour nous, le Web est une sorte de disque dur externe. Nous n’avons pas besoin de nous souvenir des détails qui ne sont pas indispensables : dates, sommes, formules, clauses, noms de rues, définitions détaillées. Il nous suffit d’avoir un résumé, le nécessaire pour traiter l’information et la transmettre aux autres.»

Via Scoop.itMédias sociaux et enseignement

«Nous avons appris à accepter qu’au lieu d’une réponse unique nous en trouvions beaucoup d’autres, et dégager de celles-ci la plus réponse la plus probable, en laissant de côté celles qui ne semblent pas crédibles.»

Né en 1981 Piotr Czerski est un poète, auteur, musicien, informaticien et blogueur polonais. Il a publié il y a deux semaines, dans le journal local de Poméranie Dziennik Ba? Désormais, après avoir été traduit en anglais et en allemand, le texte est traduit en français.
Via www.framablog.org