Séance de rattrapage : mes chroniques no 149, 150 et 151 du Café pédagogique

A la veille de Pâques, petite séance de rattrapage concernant mes chroniques mensuelles publiées sur le Café pédagogique. Il s’agit de mes chroniques des mois de janvier, février et mars. La dernière est déjà en boîte et vous pourrez bientôt la lire sur le site du Café pédagogique. Ma chronique du mois d’avril s’intitulera : Jacques Le Goff et le Moyen Âge renvoyés dans les ténèbres par Games of Thrones ?

Kaufmann, L. (2014). Dieudonné et nousLe Café pédagogique, No 149, janvier.

Difficile, en tant que professeur d’histoire, de ne pas être interpellé en classe ou dans son enseignement par les derniers aspects médiatiques, politiques et judiciaire de l’«affaire Dieudonné». Lire la suite

Kaufmann, L. (2014). La Suisse, entre ouverture au monde et syndrome de l’enfermementLe Café pédagogique, No 150, février.

Le dimanche 9 février 2014, la population suisse se prononçait à 50.34% en faveur d’une initiative populaire de l’Union Démocratique du Centre (UDC) intitulée “contre l’immigration de masse”.  A la suite de ce résultat, il m’est impossible de ne pas replacer ce vote dans son contexte historique. Lire la suite

Kaufmann, L. (2014). Pourquoi enseigner la Première Guerre Mondiale en Suisse ? Le Café pédagogique, No 151, mars.

Si la Suisse a été épargnée militairement par la Première Guerre mondiale, elle n’en a pas moins été partie prenante ou touchée indirectement par le conflit mondial. Les soubresauts du conflit en Suisse déboucheront même en 1918 sur une Grève générale qui fondera la politique et les relations sociales en Suisse durant toute l’Entre-deux-guerres et même après. Au niveau économique, avec et après la guerre, le système bancaire helvétique prend définitivement son envol et la Suisse s’impose comme place financière internationale. Par ailleurs, les bases de son économie s’en trouveront radicalement transformées. Enfin, la Suisse développera le sentiment d’être un pays au destin privilégié, soit un pays neutre et épargné de toute pression extérieure (« Sonderfall Schweiz ») qui modèle, aujourd’hui encore, son rapport au monde extérieur. Lire la suite

Il me reste à vous souhaiter de bonnes fêtes pascales.

Utilisation de l’iPad en éducation collégiale

Dans le but d’effectuer une recherche sur l’intégration d’un outil technologique en enseignement collégial, Isabelle Gignac, enseignante en devenir au niveau collégial, et Anne Pelletier s’intéressent à l’appropriation des tablettes numériques.

Elles ont relevé les avantages de celle-ci, plus particulièrement l’iPad. Elles ont aussi recherché des applications qui pourraient avoir leur place dans un cours d’enseignement collégial en sciences humaines. Pour dévoiler le travail à tous, Isabelle Gignac a décidé de mettre en oeuvre le site web qui pourrait servir lors d’un travail étudiant: Thinglink. En voici un premier résultat, n’hésitez pas à commenter leur travail pour les aider dans leur travail et leur réflexion.

Par ailleurs, Isabelle Gignac a également créé un blog sur tumblr. : http://isabelle-historytic.tumblr.com. Une enseignante 2.0 à suivre.

Apocalypse 14-18 : le remake d’un film de 1965 ?

Après le visionnement de cette nouvelle saison d’Apocalypse, Claude Robinot (aggiornamento hist-geo) met en évidence son fort sentiment de déjà vu :

Non, parce que je connaissais une bonne partie des images montées et remontées dans une bonne dizaine de documentaires. Non, parce que je savais qu’après le 28 juin 1914 à Sarajevo, succèderait inévitablement le 31 juillet au café du Croissant et le début août à la gare de l’Est. L’impression de déjà vu venait de la ressemblance avec un autre documentaire de 1965, qui m’avait laissé un agréable souvenir : le “14-18” du réalisateur Jean Aurel sur un texte de Jacques Laurent, écrivain connu sous le nom de Cecil de Saint Laurent.

Sentiment de déjà vu qui était déjà présent lors de la première saison d’Apocalypse (2009). En effet, en 2009, le propos de Costelle et Clarke concernant la deuxième guerre mondiale reprenait intégralement le point de vue développée par Truman et les Américains dès 1945, via le documentaire « The True Glory ». Je l’avais ainsi souligné dans deux de mes chroniques du Café pédagogique, l’une en 2009 Apocalypse : au delà des prouesse techniques est-ce de l’histoire ? et une seconde en 2011 L’enquête historique à l’âge d’Apocalypse.

Finalement Apocalypse 14-18 n’est que le remake d’un film de 1965.

L’article de Claude Robinot : Hypotheses http://ift.tt/1g1XZI3

Compte-rendu : 1914-1918: l’écriture de la guerre, une affaire politique

AFP

Elle est la première guerre à avoir inspiré autant décrits: d’abord par les nationalistes dont les plaidoyers encouragent l’esprit belliciste, ensuite par les troupes elles-mêmes. Du poilu à l’écrivain, de la correspondance au récit, du témoignage au roman, la littérature s’est engagée.    

AFP

AFP

Jamais une guerre, la première dite mondiale, n’avait suscité une telle quantité de littérature ! Le premier à la recenser fut, concernant l’édition française et les récits publiés durant les années de guerre, Jean Norton Cru, professeur de lettres franco-américain, dans l’étude fameuse, et controversée, qu’il consacre au sujet (Témoins, 1929, réédition 1993) étudie plus de 300 textes.

Plus récemment, Nicolas Beaupré, qui travaille sur les Ecrits de guerre, 1914-1918 CNRS, Biblis, 2013, a rassemblé un échantillon de 291 ouvrages français et 242 ouvrages allemands. Les auteurs composant l’échantillon devaient répondre à au moins une des caractéristiques suivantes : « avoir écrit sur la guerre, avoir porté l’uniforme et avoir combattu, avoir été tué au combat, avoir été officier, avoir été engagé volontaire, avoir publié entre 1914 et 1920″.

Lire la suite 1914-1918: lécriture de la guerre, une affaire politique - Le Monde.

Vive l’ordinateur en classe : une concurrence terrible pour les profs

Une salle de classe miniature (Cliff/Flickr/CC)

Je partage très largement cet avis de Xavier de La Porte que je vous invite à méditer :

Il y aurait mille autres points à examiner mais il me semble que le principal obstacle à la présence de l’ordinateur en classe n’est pas d’ordre cognitif, mais le fait qu’il est un concurrent terrible pour l’enseignant.

Un concurrent terrible parce que l’écran est terriblement séduisant, mais qu’il est protéiforme, parce que d’une seconde à l’autre, il peut faire battre le cœur de l’élève, le faire rire, lui apprendre quelque chose, qu’il oblige donc l’enseignant à une excellence de tous les instants, ce qui est impossible. Un concurrent terrible parce que, si on n’en fait pas un partenaire, il matérialisera impitoyablement les défaillances inévitables d’un cours.

via Vive l’ordinateur en classe : une concurrence terrible pour les profs – Le nouvel Observateur.

« La Grande Guerre a nourri la littérature durant un siècle »

Pour Laurence Campa, maîtresse de conférences en lettres modernes à l’université Paris-XII Val-de-Marne, la Première Guerre mondiale continue d’inspirer les écrivains parce qu’elle est plus qu’un cadre historique. Auteure de la « Petite bibliothèque du centenaire », sélection commentée d’œuvres littéraires sur la Grande Guerre de 1914 à aujourd’hui, elle est à l’interview pour Le Monde : Laurence Campa : « La Grande Guerre a nourri la littérature durant un siècle ».

Sa « Petite bibliothèque du centenaire » comporte 4 parties, chacune comportant une sélection d’écrits littéraires :

  1. Le temps de la guerre, 1914-1919
    Les récits publiés pendant la guerre et dans l’immédiate après-guerre portent le sceau de l’événement.
  2. D’une guerre à l’autre, 1920-1939
    Au sortir du conflit, le grand public se lasse de la littérature de guerre et aspire à tourner la page. En 1919, le Goncourt prime À l’ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel Proust, plutôt que Les Croix de bois de Roland Dorgelès.
    Cependant, la littérature de guerre n’a pas dit son dernier mot. Écrire sur la guerre demeure une préoccupation majeure. Les uns se penchent sur leur expérience combattante, les autres sur la douloureuse question du retour des hommes.
  3. Après 1945, 1945-1979
    Débâcle française, divisions nées de l’Occupation, génocide et bombe atomique, dévastations de l’Europe, la guerre qui s’achève a engendré tant de malheurs que la Grande Guerre s’en trouve éclipsée. De l’une à l’autre, le monde a changé et avec lui, la littérature. L’affrontement entre nations a laissé place aux conflits idéologiques ; la déshumanisation des tranchées à l’inhumanité des camps. Or, si elle reflue chez les jeunes esprits et dans les fictions, la Grande Guerre perdure dans les mémoires.
  4. Récits contemporains, 1980 à nos jours
    Depuis une trentaine d’années, la Grande Guerre fait retour en littérature. Avec la disparition des derniers témoins, les archives, toujours plus nombreuses, deviennent les vecteurs de la mémoire et le relais de la parole vive. La Grande Guerre procède aujourd’hui du partage, de la transmission et de la filiation. De même que jadis, carnets, journaux et lettres ont servi la mise en récit des écrivains et des témoins, de même l’histoire familiale et les papiers, privés ou publics, nourrissent-ils à présent de nombreuses narrations.

A lire aussi, notre précédent billet : La Première Guerre mondiale : une passion littéraire française ?

«La culture du passé» (Le Débat) et l’histoire en classe | Chronique no 148

Dans sa dernière livraison, la revue «Le Débat» [1] s’intéresse à «La culture du passé» et notamment aux usages médiatiques de l’histoire. Il ne manquera pas d’intéresser les enseignants concernant le savoir historique médiatisé auquel leurs élèves ont accès et plus largement l’enseignement de l’histoire qu’il convient de dispenser à nos élèves à l’ère numérique.

S’intéressant à nos rapports à l’histoire, Guy Zelis [2] fournit l’axe programmatique de ceux-ci qui obligent également l’enseignement de l’histoire à l’école :

«Le rapport à l’histoire ne se résume pas à l’histoire savante ou académique mais englobe tous les usages qui sont faits du passé historique, soit cette opération historiographique au sens large dont parle Michel de Certeau dans L’Écriture de l’histoire. Les historiens entretiennent avec la société où ils vivent des relations dans lesquelles l’intelligence du passé qu’ils proposent informe d’abord sur les préoccupations du présent. Car, si l’on fait sienne la formule de Benedetto Croce, selon lequel «toute histoire est histoire contemporaine», la pratique de l’histoire se doit d’être capable de faire vibrer ses analyses au rythme des débats d’aujourd’hui. Les conditions nouvelles du rapport au passé amènent en conséquence à s’interroger sur la transformation du statut de l’histoire et de l’historien.»

Concernant les liens entre «Public history» et culture numérique, il indique en préambule que«Dans le courant du XXe siècle, des vecteurs d’informations nouveaux – la radio, la télévision et l’Internet – [ont été] porteurs d’une redéfinition de la mémoire collective, de l’activité scientifique et des pratiques culturelles», puis il poursuit relativement aux blogs des chercheurs en indiquant que

«Ces pratiques de «conversation en ligne» rejoignent par certains aspects une ancienne tradition du débat scientifique, la disputatio médiévale, l’une des principales méthodes d’enseignement universitaire utilisant le recours au commentaire d’une quaestio

Différents articles [3] permettront ensuite à l’enseignant de disposer de synthèses utiles rédigées par des spécialistes reconnus des rapports de l’histoire à la télévision, au cinéma, dans les jeux vidéos ou dans la bande dessinée :

Enfin, Philippe Joutard [4] s’interroge sur la révolution numérique, vieille d’un quart de siècle et qui prend de l’ampleur : que change-t-elle notre rapport au passé ? est-elle une chance pour l’historien ?

Si Joutard est moins optimiste que certains promoteurs de la Digital History concernant la démocratisation de l’histoire grâce au web 2.0 et au développement de la Public History, il souligne que

«La révolution numérique donne un appui fort à l’historiographie et, plus largement, à l’histoire des représentations, par la mise à disposition des grandes bibliothèques virtuelles et des revues jusqu’à présent souvent inaccessibles, à plus forte raison étrangères. Une république des lettres à une échelle mondiale n’est plus une utopie, comme l’espère Robert Darnton.»

En conclusion, il rejoint des positions qui sont défendues dans nos chroniques depuis 2008. Ainsi, note-t-il que les historiens doivent s’emparer de l’univers des jeux vidéos pour en faire une analyse systématique de leur contenu historique et qu’

«À partir de là, les professeurs, dans les collèges et les lycées, pourraient mieux connaître les présupposés historiques du grand nombre de leurs élèves.»

Puis il poursuit

«Autant qu’aux possibilités pédagogiques offertes par le numérique, l’attention doit être portée à la culture historique implicite véhiculée par ces divers médias, dans les jeunes générations; ce serait une aide précieuse pour une pédagogie efficace de l’histoire. Ainsi, il ne sert à rien de nier Wikipedia, il faut savoir simplement l’utiliser.»

Enfin il conclut qu’il s’agit de développer l’esprit critique de nos élèves dès leur plus jeune âge et trouve «dangereux le maintien d’une histoire-mémoire sous la forme plus ou moins aménagée du roman national. Le passé ne peut en aucun cas se confondre avec le présent et l’approche mémorielle avec l’approche historique.»

Après de tels propos, je vous laisse aller prendre un morceau de bûche et vous adresse tous mes meilleurs vœux pédagogiques pour 2014.

Ce texte est ma chronique du mois de novembre pour le mensuel du Café pédagogique : Kaufmann, L. (2013). «La culture du passé» (Le Débat) et l’histoire en classeLe Café pédagogique, No 148, décembre

Notes :

[1] La culture du passé | Le Débat no 177, 2013/5 :
http://le-debat.gallimard.fr/articles/2013-5-presentation/

[2] Vers une histoire publique :
http://www.le-debat.gallimard.fr/articles/2013-5-ver[...]

[3] Différentes chroniques mensuelles rédigées pour le Café pédagogique seront susceptibles de compléter vos lectures, plus particulièrement en rapport avec le cinéma :

Kaufmann, L. (2009). Apocalypse : au-delà des prouesses techniques est-ce de l’histoire ? Le Café pédagogique, No 105, septembre

Kaufmann, L. (2009). Louis XVI au cinéma: une aubaine pour le travail en classe ? Le Café pédagogique, No 101, mars

Kaufmann, L. (2010). Avatar ou la force du récit à l’ère numériqueLe Café pédagogique, No 110, février

Kaufmann, L. (2010). La Seconde Guerre mondiale au prisme de l’histoire officielle? Le Café pédagogique, No 111, mars

Kaufmann, L. (2011).  Marie-Antoinette ? C’est hype ! Le Café pédagogique, No 119, janvier

Kaufmann, L. (2011).  Quelle est l’efficacité du film de fiction dans l’enseignement de l’histoire ? Le Café pédagogique, No 121, mars

Kaufmann, L. (2011). L’enquête historique à l’âge d’ApocalypseLe Café pédagogique, No 127, novembre

Kaufmann, L. (2013). Filmer la guerre et la Shoah : une exigence politique et esthétiqueLe Café pédagogique, No 140, février

[4] Révolution numérique et rapport au passé :
http://www.le-debat.gallimard.fr/articles/2013-5-re[...]

Les styles d’apprentissage, une vaste rigolade ? | Thot Cursus

Depuis 2010, les articles académiques et grand public se multiplient aux Etats-Unis pour dénoncer ce que certains appellent « l’imposture » ou « l’erreur » des styles d’apprentissage. Non que ce concept ne recouvre certaines réalités évidentes : les apprenants n’apprennent pas tous de la même façon, pas la peine d’être diplômé en psychologie ou en neurosciences pour le savoir; mais ce qui est fortement remis en cause aujourd’hui, c’est l’utilisation faite de cette théorie dans la conception et l’animation de formations, en présence ou en ligne. Les éducateurs sont donc les premiers touchés par la remise en cause de l’importance des styles d’apprentissage. Une synthèse élaborée sur la base d’articles essentiellement anglophones.

via Les styles d’apprentissage, une vaste rigolade ? | Thot Cursus.

Histoire et Numérique | Thot Cursus

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Un dossier de Thot Cursus de 20 articles en accès libres consacrés à l’histoire à l’ère numérique. La présentation du dossier.
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Il existe bel et bien une histoire « populaire », faite de chronologies, de grands hommes et de batailles, et quand les choses vont mal dans le monde, c’est celle-ci que nous voudrions que nos enfants apprennent. Elle rassure et a puissamment contribué à forger l’identité nationale, quitte parfois à s’arranger avec la vérité des faits.
Mais désormais, nos nations comptent bien moins que les mouvements mondiaux qui travaillent la planète. L’histoire est globale. 
Aussi la bataille des programmes fait-elle rage, des deux côtés de l’Atlantique. Au Québec comme en France, les tenants du « global » affrontent ceux qui estiment que le « national » a encore droit de cité.
Dans les classes comme dans les laboratoires de recherche, on expérimente les outils numériques pour accéder aux sources, les étudier, les organiser. Des historiens enthousiastes se familiarisent avec les pratiques collectives du web 2.0, sans ignorer le défi que cela pose à leur discipline. 
La divulgation de documents secrets subtilisés aux gouvernements par ceux que l’on appelle les lanceurs d’alertes pose justement un défi phénoménal aux historiens : que signifie cette exigence de transparence à tout prix ? 
Savoir analyser une information fait partie des compétences numériques essentielles. L’histoire nous apprend à le faire. Alors, tous historiens ? Sans doute pas. Mais tous inspirés par l’histoire, c’est souhaitable.  

Illustration : lolloj, Shutterstock.com

Source : Histoire et Numérique | Thot Cursus : http://cursus.edu/dossiers-articles/dossiers/128/histoire-numerique

12 years a slave : l’Histoire à coup de trique

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Compte-rendu sans complaisance du film «12 years a slave» de Steve McQueen par le site Zéro de conduite.

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Adapté au cinéma par Steve McQueen, le roman autobiographique de Solomon Northup, rédigé dans les années 1850 constitue assurément une invitation stimulante pour découvrir la situation complexe des Noirs dans l’Amérique du XIXe siècle. Stupéfiant au pire sens du terme, l’itinéraire de Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor) conduit le spectateur du Nord des Etats-Unis, là où les Noirs peuvent être libres et intégrés socialement, jusque dans les plantations sudistes où le coton et la canne à sucre se chargent de broyer l’âme et la chair de la servile main d’œuvre. Charpentier et musicien, marié et père de famille, reconnu et respecté par les blancs, Solomon Northup est soudainement kidnappé, en 1841, par deux contrebandiers pour être vendu dans un des sordides marchés d’esclaves de la Nouvelle Orléans.

La bande-annonce :

Pour Zéro de conduite :

«Descendu dans l’arène des légitimités raciales pour écrire l’histoire des Afro-américains, S. McQueen est bien décidé à lutter, pied à pied, contre les cinéastes blancs coupables désignés d’un vol de l’histoire. Tandis que Spike Lee contestait avec virulence à Q. Tarantino le droit de filmer l’esclavage dans Django unchained, Steve McQueen refuse à Steven Spielberg le monopole de la parole officielle sur l’histoire de ses ancêtres (Amistad, Lincoln). Serviteur autoproclamé d’une communauté qui peine à se remettre de décennies d’oppression et de stigmatisation, S. McQueen s’engouffre non sur le chemin d’une histoire objective et réflexive mais sur la voie d’une mémoire passionnée et combattante

L’article : 12 years a slave : l’Histoire à coup de trique : http://www.zerodeconduite.net/blog/index.php?itemid=19085

Sur trois textes: épistémologie de l’histoire et Humanités numériques | Frédéric Clavert

Trois textes relativement critiques concernant l’histoire à l’ère numérique ainsi qu’une réflexion : que signifie faire de l’histoire, l’écrire et la diffuser avec les outils du numériques?

Sur trois textes: épistémologie de l’histoire et Humanités numériques | Frédéric Clavert