S’informer : les nouveaux modes d’accès et les jeunes

Deux émissions radios et un livre pour en savoir un peu plus sur les nouveaux modes d’accès à l’information et la manière dont les jeunes s’informent aujourd’hui. Histoire de bien débuter l’année 2016.

1° A écouter : Les nouveaux modes d’accès à l’information. France Culture

Au moment où les manières de s’informer sont en pleine recomposition, devant l’explosion des réseaux sociaux, quelles conséquences cela a-t-il sur les pratiques de l’information en elles-mêmes ? Assiste-t-on à une multiplication des sources, ou ne risque-t-on pas au contraire les « effets de bulle » et l’enfermement dans des informations toujours similaires ? Et quelles conséquences sur la nature et le format de l’information en elle-même ?

Une émission présentée par Antoine Mercier

Invité(s) :
André Gunthert, titulaire de la chaire d’Histoire visuelle à l’EHESS
Aude Baron, journaliste à Eurosport, rédactrice du blog « Resto-de-Paris »
Thibault Henneton
Isabelle Veyrat-Masson, historienne et sociologue des médias, directrice de recherche au CNRS

A écouter : Les nouveaux modes d’accès à l’information – Information – France Culture Continue Reading ›

Noël 1915 : L’Image de la guerre : publication hebdomadaire illustrée

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A l’origine, « L’image de la guerre » est une revue hebdomadaire publiée à Bellegarde dans l’Ain près de la Suisse.
Elle paraît pour la première fois en novembre 1914 et disparaît avec la fin de la guerre. Cette revue contient de nombreuses et bonnes photographies dont un grand nombre est dû au célèbre photographe de l’époque Henri Manuel. A partir de mars 1917, elle propose une édition populaire à quinze centimes et une édition de luxe à vingt cinq centimes.
Comme son titre l’indique, cette revue ambitionne de refléter le déroulement de la guerre. Pour cela elle propose de nombreuses photographies accompagnées de textes explicitant le contenu des clichés. Toutefois, cette revue raconte la guerre dans une version épurée et parfois décalée plus qu’elle ne la montre réellement.

Source de l’information : GUIDE DES SOURCES ILLUSTRÉES SUR LA GUERRE 1914-1918 AUX ARCHIVES MUNICIPALES DE TOULOUSE. (1913 – 2008)
L’ensemble des numéro de L’image de la guerre sur Gallica.

Revue de Presse : « Star Wars raconte comment une nation démocratique peut évoluer vers le côté obscur »

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Capture d'écran du futur chancelier Palpatine face au Sénat galactique

“C’est un homme politique et Richard M. Nixon est son nom” (G. Lucas). Capture d’écran du futur chancelier Palpatine face au Sénat galactique.

Spécialiste des Etats-Unis et présentateur de l’émission « Histoires d’Info » sur France Info, l’historien Thomas Snégaroff vient de publier « Je suis ton père : La saga Star Wars, l’Amérique et ses démons », un essai dans lequel il montre à quel point l’oeuvre de George Lucas raconte l’histoire politique des Etats-Unis. Entretien.

J’ai essayé de redonner à La Guerre des étoiles cette dimension historique et la sortir de la science-fiction, qui à mon avis est un piège. Star Wars est bien une oeuvre de science-fiction, mais son propos est très politique et contemporain. Les deux trilogies correspondent à deux périodes différentes de l’Amérique. Les années 1970 pour la première, qui est une période de perte de repères, de la défaite au Vietnam, du déclin de l’autorité familiale. Le film propose de la retrouver, avec la quête d’un fils qui cherche son père et inversement. La prélogie, elle, correspond à une deuxième époque américaine avec la guerre en Irak, le Patriot Act, une nation qui bascule vers des mesures liberticides pour maintenir sa sécurité. C’est la sécurité contre la liberté. C’est en ça que cette saga raconte vraiment l’histoire des Etats-Unis et, plus largement, de nos démocraties.

Lire l’entretien : Les Inrocks – « Star Wars raconte comment une nation démocratique peut évoluer vers le côté obscur »

Histoire alternative : une classe de Troisième dessine les frontières de l’Europe de 1919.

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K-Classroom nous offre une intéressante séquence pédagogique consacrée au Traité de Versailles de 1918.

Afin de mieux comprendre les enjeux nationaux et territoriaux de l’Europe en 1919, lorsque les pays vainqueurs de la Première Guerre mondiale se rencontrent et discutent des frontières et de la paix continentales à la conférence de Versailles (France, Royaume-Uni, Italie, Etats-Unis), les élèves de 3e A se sont livrés à une petite expérience d’histoire alternative.

L’expérience :

Organisés en quatre ateliers de cinq ou six membres, les élèves se sont glissés dans la peau des vainqueurs de la Grande Guerre. Face à une carte politique de l’Europe de 1914, ils ont redessiné les frontières des différents états du continent en se fondant sur leurs réflexions collectives ou en se fiant à leur instinct. Sans références préalables ni documents d’appoint, munis de leurs seules connaissances de cours, ils ont été libres de prendre toutes les décisions jugées nécessaires à condition de suivre deux règles simples :

-montrer, à travers leur production cartographique, que l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie sont les grands états vaincus de la guerre ;

-donner un territoire à chaque peuple aspirant à « disposer de lui-même ».

Afin de ne pas embrouiller les esprits, les modifications territoriales à l’est de l’Europe, issues du traité de Brest-Litovsk de mars 1918, n’ont pas été prises en compte lors de cette expérience.

Bien évidemment, il ne s’agit pas d’en rester là. Les élèves auront ensuite à débattre du résultat et de leurs choix, puis à comparer leur travail au découpage réel issu du Traité de Versailles.

Finalement, un avis d’historien est fourni :

Dénoncé sur le moment comme un Diktat par l’Allemagne, le traité de Versailles a longtemps été critiqué pour son injustice. Il est parfois tenu pour responsable de la montée du nazisme et de la Seconde Guerre mondiale. L’historiographie [c’est à dire l’écriture de l’histoire] récente apporte des jugements plus nuancés. Elle montre que les solutions parfois bancales qui ont été trouvées reflètent une situation d’une incroyable complexité, et sont souvent les seules possibles dans ce contexte. Bien des points précis ont été revisités, comme le célèbre article 231 du traité de Versailles sur la responsabilité allemande. Celui-ci n’était pas conçu comme une condamnation morale mais comme un moyen de justifier juridiquement le paiement de réparations jugées légitimes au regard des dévastations en France et en Belgique, et dont l’étendue, en réalité, sera moins grave que ce qu’en disait [l’économiste anglais] Keynes. Mais le débat sur la question reste toutefois vif. 

 D’après André Loez, la Grande Guerre, Paris, La Découverte, 2010.

La séquence complète : Histoire alternative : une classe de Troisième dessine les frontières de l’Europe de 1919..

Revue de Presse : The Swiss frontier in the First World War

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Revue de Presse : The Swiss frontier in the First World War

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Since Switzerland was a neutral country, its frontiers had to be guarded to prevent the warring armies crossing them, deliberately or accidentally. However there were occasions when the border was crossed…Image: A Swiss soldier (foreground) talks to a German border guard through the frontier wire. The start of the war was one of the points at which there was the greatest fear amongst the Swiss of…

Lire la suite : http://ift.tt/1OVGsXq

La Suisse bombardée à La Chaux-de-Fonds | Il y a cent ans

La Suisse bombardée à La Chaux-de-Fonds | Il y a cent ans:

Une édition de la Chaux-de-Fonds, la Sentinelle du 18 octobre 1915, permet d’avoir des détails fiables.

Le 17 octobre, en milieu d’après-midi, un avion allemand (l’enquête le confirmera) lâcha 8 bombes ou grenades sur le territoire suisse à bonne distance de la frontière française. L’après-midi était ensoleillé et les promeneurs nombreux car on était dimanche,

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aussi les comptes-rendus de la presse helvétique insistent-ils sur la chance relative qu’eurent les habitants du lieu d’échapper à ces explosions. Ce ne fut tout de même pas le cas d’une famille occupée à préparer une « torée », les TRIPET, dont le père, un fils et une fille furent blessés.

[…]

Les jours suivants, la presse de toute la Confédération témoignait de cette émotion générale. Si elle admettait l’erreur du pilote allemand, elle estimait que c’était l’incident le plus grave depuis le début de la guerre et que tout devait être entrepris pour qu’il ne se répétât point. L’indignation était telle que l’on attendait des réparations et pas de simples excuses diplomatiques.

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Il y eut évidemment des protestations officielles dont voici la teneur extraite encore de la Sentinelle de La-Chaux-de-Fonds, dans son édition du 21 octobre. 

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Et l’on apprend, quelques jours après que l’Allemagne a reconnu les faits et promis des indemnités. (cf.  extrait du Petit Comtois du 26 octobre 1915).

(Via aetdebesancon.blog.lemonde.fr)

Compte-rendu : « Le Long Remords de la Conquête » | Le Monde des Livres

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UNE HISTOIRE. « Le Long Remords de la Conquête », de Romain Bertrand

Un jeune enfant possédé par les démons, deux servantes indiennes qui lui introduisent un petit canard d’étain dans le nez, un gouverneur espagnol qui frôle le sadisme, des conquistadors corrompus, des frères de l’ordre de Saint-Augustin prompts à tout pardonner et des populations philippines assujetties par les armes. Voilà les personnages du nouveau livre de Romain Bertrand, un portrait dense et captivant des Philippines dans les années 1570, où s’entrechoquent ces « mondes » si différents de la Conquête, l’expansion espagnole, au-delà du Pacifique. L’historien avait marqué les esprits avec son précédent essai, L’Histoire à parts égales (Seuil, 2011). A nouveau, dans ce livre, ce n’est pas la rencontre victorieuse entre Occident et Orient qui anime ses réflexions, mais le fonctionnement de ce monde nouveau, marqué par l’héritage des relations de pouvoir importées d’Espagne et les pratiques autochtones. L’ouvrage s’inscrit ainsi dans la perspective des histoires connectées qui élargissent leur propos à l’échelle du monde, mais revendiquent également une approche au ras du sol. Les « plantes, plumes, pelages, résines, racines » dont usent Inès et Beatriz, par exemple, sont-ils des substances de guérisseuse ou des poisons du diable, un élixir d’amour ou un breuvage du malin ? Sorcellerie ou médecine, possession ou folie, idolâtrie ou croyance, tout est affaire de catégories. L’enquête de Romain Bertrand se nourrit d’une prose personnelle et forte, qui donne vie à cette société hispanique des Philippines, laborieuse dans sa gestation et encore mal connue.

Le Long Remords de la Conquête. Manille-Mexico-Madrid. L’affaire Diego de Avila (1577-1580), de Romain Bertrand, Seuil, « L’univers historique », 576 p., 25 €.

Source : La sélection du « Monde des livres »