
Ce billet peut paraître paradoxal au moment où sont diffusées des photos piratées de people nord-américaines ou qu’un politicien suisse, Geri Müller, se voit jeter en pâture, nu dans son bureau, par son ex (Le conseiller national Geri Müller aurait envoyé des selfies nus | Le Matin). Et pourtant, en lisant deux enquêtes récentes consacrées à l’étude des réseaux sociaux, c’est bien la conclusion à laquelle je parviens.
Sur son blog MediaSociaux.fr, Fred Cavazza s’interroge de savoir si nous assistons à la fin des conversations sur les médias sociaux (Est-ce la fin des conversations sur les médias sociaux ?). Il la met sur le compte de deux facteurs explicatifs :
- L’écrasante domination de Facebook (World map of top social networks shows Facebook now dominates 130 out of 137 countries) qui favorise très largement les interactions de surface comme les Like aux grandes conversations (plus complexes à monétiser) ;
- La très forte popularité des applications mobiles (cf. Les applications mobiles vont-elles tuer les conversations ?).
Il constate également l’évolution des usages et notamment la prédominance des contenus visuels au détriment des contenus textuels (Snapchat Is Exploding In Popularity — It’s Even Hotter Than Twitter). De plus, il note que les utilisateurs passent plus de temps à consulter et s’envoyer des messages privés plutôt qu’à discuter et publier. Enfin, les applications mobiles reposant sur l’anonymat des publications font un tabac, à l’image de Whisper ou de Secret.
Pour sa part, en juin dernier, le Pew Research Center, ce think tank américain “non partisan” dédié à l’étude “des faits et tendances qui transforment notre monde”, a livré une impressionnante étude sur la montée de la polarisation du débat public aux Etats-Unis (Les réseaux sociaux polarisent-ils ou élargissent-ils le débat public ? | InternetActu). Par rapport à notre sujet, l’étude met en évidence la “spirale du silence”, c’est-à- dire le fait que les gens ont tendance à moins exprimer leur point de vue s’ils pensent qu’il est différent de celles de leurs relations. C’est ainsi que, dans le sondage utilisé pour réaliser l’étude, les chercheurs ont posé des questions autour des révélations d’Edward Snowden, un sujet sur lequel les Américains sont également divisés. La plupart des personnes interrogées ont déclaré qu’elles seraient prêtes à discuter de ce sujet avec amis et famille, mais pas sur Facebook et Twitter.
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