Croulant la semaine dernière sous la neige, voici que la fourchette et les quais veveysans prennent des couleurs printanières ce mardi au coucher du soleil…
Elle est pas belle la vie…
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«Charlie Hebdo» s’installe à «Libé» : «Bon, on fait le journal ?» | #JeSuisCharlie
Depuis mercredi, 12 personnes sont mortes au champ d’honneur de la liberté de la presse. Les survivants sont debouts et s’attachent, avec l’aide notamment de leurs confrères, à poursuivre et à sortir le prochain numéro. Hébergés dans les locaux de «Libération», voici le compte-rendu de leur conférence de rédaction.
Exceptionnellement cet article de Libération est en Creative Commons CC BY-SA 3.0 (il faut citer l’auteur, et réutiliser la même licence), afin de permettre sa diffusion par les autres médias ou sur d’autres blogs.
En publiant cet article, c’est ma manière de dire aujourd’hui #JeSuisCharlie. En déplaise à certains pisse-froids qui ergotent sur le sens de cette action citoyenne et morale. En s’en prenant à des journalistes et à la liberté de la presse, les assassins s’en sont pris à chacun d’entre nous et par là-même à l’humanité. En le publiant, c’est affirmer que l’humanité est toujours debout et en vie. C’est le sens pour moi que je donne à #JeSuisCharlie. Ni plus, ni moins.
En tout, la conférence de rédaction de Charlie Hebdo aura duré plus de trois heures. C’est qu’en plus du chemin de fer, des sujets, des deadlines, il faut aussi ce vendredi matin parler des morts, des blessés, des hommages, des obsèques. La salle du hublot, où Libé tient habituellement sa réunion quotidienne, est occupée pour l’occasion par les rescapés de l’hebdo satirique. La pièce, éclairée d’un côté par une grande fenêtre ronde, est à la fois surchauffée et ouverte aux quatre vents pour laisser filer la fumée de cigarettes.
Posés sur la grande table ronde, des ordinateurs prêtés par le groupe Le Monde. Assis tout autour, Willem, Luz, Coco, Babouse, Sigolène Vinson, Antonio Fischetti, Zineb El Rhazoui, Laurent Léger… En tout, plus de 25 personnes, mines grises et yeux bouffis, noyau dur, proches ou collaborateurs occasionnels, sont là pour préparer le prochain numéro de Charlie Hebdo. Il doit sortir mercredi prochain, et sera tiré à un million d’exemplaires, soit vingt fois environ leur tirage habituel.
«J’ai pu voir tout le monde à l’hôpital». Gérard Biard, le rédacteur en chef de Charlie, commence par là. «Riss a été blessé à l’épaule droite mais le nerf n’est pas touché. Il a évidemment très mal. La première chose qu’il a dite, c’est qu’il n’est pas sûr qu’on va pouvoir continuer à faire le journal.» Fabrice Nicolino, touché à plusieurs reprises dans l’attentat, «va mieux», même s’il «souffre évidemment beaucoup». Patrick Pelloux, urgentiste et chroniqueur à Charlie, explique alors la blessure à la mâchoire d’une autre victime, Philippe Lançon, également journaliste à Libé. Simon Fieschi, leur webmaster, a quant à lui été «placé en coma artificiel». Une jeune femme s’effondre. «Tu n’as pas à te sentir coupable !», la réconforte Gérard Biard. Tout le monde hoche la tête en silence. Celle qui pleure, c’est la journaliste Sigolène Vinson, présente à la rédaction au moment du drame mercredi mais épargnée par les agresseurs.
Biard enchaîne sur les morts. Comment organiser les obsèques ? Et l’hommage national ? Avec quelle musique ? Quand même pas des drapeaux ? «Il ne faut pas une symbolique qu’eux-mêmes auraient détestée, note quelqu’un autour de la table. On a tué des gens qui dessinaient des petits bonhommes. Pas des étendards. Il faut qu’on rappelle la simplicité de ces gens, de leur travail. Nos amis sont morts, mais on ne va pas les exposer sur la place publique.» Tout le monde acquiesce.
Demandes d’abonnements en masse
Une journaliste explique qu’une cagnotte, créée spontanément sur internet par des inconnus, a déjà récolté 98 000 euros en moins de 24 heures. Les rescapés de Charlie sont submergés par les demandes d’abonnements, qu’ils n’arrivent pas à gérer pour l’instant. Mais très vite, ils devraient recevoir de l’aide du groupe Lagardère sur ce point. L’avocat de Charlie Hebdo, Richard Malka, prend la parole. «Il y a de l’argent qui arrive de partout. Des aides, des locaux, du personnel pour gérer les demandes…»«On a reçu du soutien de très nombreux médias, lui fait écho Christophe Thévenet, autre avocat du titre. Il y a les dons, déjà les 250 000 euros via l’association Presse et pluralisme, le million d’euros promis par Fleur Pellerin… Vous allez avoir des finances comme jamais à Charlie !» L’avocat en sait quelque chose : c’est lui qui a créé les statuts du journal, et qui fait les assemblées générales du titre. Ces derniers mois, l’hebdo avait fait un appel aux dons pour tenter de renflouer les caisses du titre, mal en point.
«Bon, on fait le journal ?, demande Gérard Biard, qui a visiblement envie d’en découdre. Qu’est-ce qu’on met dans les pages ?»«J’sais pas, y’a quoi comme actu ?», lance Patrick Pelloux. Fou rire nerveux. Biard reprend : «Moi je serais pour faire un numéro, entre guillemets, normal. Que les lecteurs reconnaissent Charlie. C’est même pas un numéro exceptionnel». «Même pas mal !» lance quelqu’un autour de la table. Certains évoquent l’idée de laisser des espaces blancs là où les morts de mercredi auraient dû écrire ou dessiner. Mais finalement, l’équipe est contre. «Je ne veux pas qu’il y ait matériellement un vide, argumente Gérard Biard. Il faut qu’ils soient tous là, dans les pages. Et Mustapha aussi.» Mustapha Ourrad, le correcteur, fait partie de la longue liste des tués de l’attentat de mercredi. «Alors laissez mes fautes !», rigolent Patrick Pelloux et les autres.
«Ah tiens ! Fidel Castro est mort !», tonne Luz en faisant des doigts d’honneur, découvrant l’info (qui sera vite démentie) sur son téléphone. Le reporter Laurent Léger tente de recentrer le débat sur le journal : «Je pense qu’il ne faut pas qu’on fasse des nécrologies, on va pas faire un numéro hommage.» La rédaction discute du contenu du journal. Gérard Biard : «J’espère qu’on va arrêter de nous traiter de laïcards intégristes, qu’on va arrêter de dire « oui, mais » à la liberté d’expression». Laurent Léger : «Je pense qu’on peut aussi dire qu’on a été très seuls ces dernières années». Luz : «Il faut aussi que ce numéro parle de l’après». Corinne Rey : «Qu’on fasse passer le message qu’on est vivants !» Richard Malka : «Et qu’on ne laisse pas de côté la critique des religions.»
Charlie Hebdo est un curieux journal : il ne compte pas vraiment de rubriques, mais des «espaces» attribués à tel auteur, à tel dessinateur. Pour ceux des défunts, l’équipe décide de dénicher des inédits à publier. Ainsi, dans le numéro qui sera en kiosque mercredi, il y aura du Charb, du Cabu, du Wolinski, du Honoré… Pendant les discussions, il y a des sanglots ici, ou là, comme des feux de brousse qui s’allument pour s’éteindre ensuite dans les bras du voisin. Il y a des mains saisies et des regards mouillés.
Richard Malka s’éclaircit la voix : «Manuel Valls vient d’arriver dans les locaux». L’équipe soupire, s’éparpille, bavarde. Accompagné de la ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin, qui arbore un autocollant « Je suis Charlie » sur la poitrine, et de toute une meute de journalistes extérieurs, assistants, et communicants, le Premier ministre vient serrer la main des présents, lâchant quelques infos sur l’intervention en cours à Dammartin-en-Goële – «Les deux assassins sont dans la souricière» – avant de leur souhaiter «plein de courage».
Biard hasarde : «C’est bon y a plus de journalistes ? Y a plus de ministres ? Pour la page 16 on fait quoi ?». Sa question se perd dans le bruit des canettes de Coca qu’on ouvre, des pains au chocolat qu’on grignote, des pleurs qu’on étouffe, des sirènes de police, dehors. Dans son coin, Patrick Pelloux se marre : «C’est donc une vraie conférence de rédaction, c’est le bordel, on est bien repartis !»
L’article original : «Charlie» s’installe à «Libé» : «Bon, on fait le journal ?» – Libération.
Bonne Année | Happy New Year
et sous forme de carte postale vidéo :
A bientôt pour de nouvelles aventures.
Réflexions sur la gauche, le travail et l’économie en mode digital
Au début des années 1990, de nombreux experts ont vu dans la création du Web l’acte de naissance d’une communauté virtuelle. Les ordinateurs en réseau rendaient possible le dépassement des frontières physiques et ouvraient une ère de communion électronique. Cette utopie à portée de main trouve son origine dans la contre-culture nord-américaine et plus particulièrement la culture hippie, mais elle se serait transformée pour finir par rallier les idées économiques les plus individualistes, les moins progressistes socialement. Reste à trouver notamment des réponses à ces nouvelles formes d’exploitation du travailleur-consommateur.
Dans son ouvrage Aux sources de l’utopie numérique (C&F Editions, 2012), Fred Turner, professeur associé au département de Communication de l’Université de Stanford, revisite l’histoire des origines intellectuelles et sociales de l’internet en suivant le parcours de Stewart Brand, un « entrepreneur réticulaire » (p. 41). L’ouvrage s’ouvre sur une interrogation :
comment se fait-il que le mot révolution soit sur toutes les bouches à l’évocation des technologies numériques alors qu’elles étaient le symbole d’un système inhumain qui a mis le monde au bord de l’apocalypse nucléaire ?
Pour y répondre, l’auteur s’attache à retracer les origines de l’utopie numérique dans la trajectoire de Stewart Brand, au croisement des mondes sociaux, des idéologies et des objets technologiques. Si tous les éléments de l’utopie numérique remontent pour Turner à la contre-culture développée par les hippies de la côte Ouest dans les années 60,
Turner a finalement montré à quel point leur rêve s’était transformé pour finir par rallier les idées économiques les plus individualistes, les moins progressistes socialement, leur donnant dans les années 90 le vernis de coolitude New age qui leur manquait pour gagner les esprits.
« Uber prétend appartenir à ce qu’on appelle l’“ économie du partage ”, le fait que les gens donnent une partie de leur temps et de leur vie personnelle pour le bien être d’autres gens.
Mais, dans les faits, Uber emprunte un élément de l’idéologie de la contreculture – l’idée d’une communauté de partage – pour monétiser la vie quotidienne et il le fait avec une puissance extraordinaire.
Il ne s’agit ni plus moins que d’une forme de capitalisme rampant qui s’immisce dans les parties les plus intimes de notre vie, sous le masque d’une culture alternative. »
La même réponse aurait pu être formulée relativement au service Airbnb. Nous nous retrouvons en pleine utopie de la participation et qu’on ne jure que le « co » : économie collaborative, coworking, financement collaboratif ou participatif… et où les « utilisateurs » sont la nouvelle force de travail. Nous sommes désormais dans l’ère du « Digital labor » où nos moindre comportements sont exploités. Le consommateur et le travailleur ne font plus qu’un sans que le premier ne perçoive son aliénation :
Force est de reconnaître que les théoriciens de l’internet n’avaient pas anticipé ce processus de captation de valeur. Richard Barbrook, le théoricien de l’idéologie californienne dans son article The Hi-Tech Gift Economy (L’économie du don high-tech), en 1998, émettait l’hypothèse que l’internet relevait de l’économie du don et promettait de nous ramener aux sociétés prémodernes. Force est de constater qu’on en est revenu. Les situations d’exploitation algorithmique tout comme l’économie du partage nous en ont détournés. Désormais, comme l’explique le journaliste italien Carlo Formenti (Wikipédia, blog) dans Felici e sfruttati (Heureux et frustré), des entreprises captent cette valeur et mettent les utilisateurs dans la situation paradoxale d’être à la fois heureux et exploités. Car le paradoxe est bien là. Dans cette exploitation croissante du moindre comportement, l’utilisateur ne se sent ni aliéné, ni détaché de sa propre production, de sa communauté ou de sa sociabilité. Au contraire. Ces plateformes prédatrices sont la condition de son inscription.
C’est ainsi que
Chaque like que nous déposons sur Facebook mesure notre participation comme notre performance. Chaque like permet de construire une réputation, un capital social, mais aussi mesure notre parcipation sur ces plateformes. En fait, il suffit de saisir une recherche dans un moteur de recherche pour produire de la valeur pour lui, permettant d’améliorer son moteur et ses résultats. Le problème est que ce travail est un travail de « faible intensité » qui, pour cela, peine à être reconnu comme tel.
Un travail de faible intensité, mais générant des ressources financières et des profits non-négligeables. Ainsi en est-il pour Airbnb, société créée en 2008 :
En six ans, ce modèle économique a transformé une modeste start-up créée par des étudiants de San Francisco (lire les « Repères ») en une colossale machine à cash. Si Airbnb ne communique pas son chiffre d’affaires, des analystes l’ont estimé à plus de 700 millions d’euros en 2013. En avril dernier, le Wall Street Journal indiquait que le site avait réalisé une levée de fonds de plus de 330 millions d’euros, le valorisant ainsi à 7,3 milliards d’euros. Soit plus que certaines chaînes hôtelières internationales… alors même que les hôteliers dénoncent une concurrence déloyale.
Une forme de concurrence considérée comme déloyale par les hôteliers et surtout une machine à contourner les lois fiscales nationales :
Selon les révélations de nos confrères de BFM Business, le site de location d’appartement Airbnb échapperait à l’impôt grâce à un « tour du monde » particulier de l’argent perçu. En effet, divers paradis fiscaux seraient mis à contribution pour que la startup américaine ne paye pas l’impôt dans le pays où la location s’est effectuée. Particulièrement en France.
Mais les conséquences de cette économie numérique ont également des conséquences non négligeables sur la vie de personnes bien réelles :
Pourtant, une enquête parue dans Le Temps du 14 novembre 2014 montrait – comme nous le subodorions – que le phénomène des locations d’appartements au travers de la plate-forme www.airbnb.com avait déjà atteint une ampleur non négligeable avec des conséquences directes sur le marché du logement. Ainsi, selon cette enquête sur la région de Genève il y a plus de 2000 offres de locations sur cette plate-forme. Chose particulière, près de 1000 logements étaient en mains d’opérateurs commerciaux. Ces 1000 logements sont donc sortis du marché local et inaccessibles à la population locale résidente. Ces logements représentent 0,44% du parc immobilier du canton de Genève. Leur remise sur le marché ferait plus que doubler les logements disponibles. En effet, au 1er juin 2014, le nombre de logements vacants était de 863 selon l’Office cantonal de la statistique.
Comment finalement répondre à l’exploitation constante et à la monétarisation souterraine de nos moindres comportements ? Concernant la rémunération des internautes deux grandes options sont discutées. La première repose sur le modèle du micropaiement et du principe des royalties. Elle consiste à rémunérer l’usager quand on utilise ses données. La seconde option discutée et celle d’un revenu inconditionnel universel des internautes.
Concernant le livre de Turner, vous pouvez en lire le compte-rendu suivant : Samuel Goëta, « Fred Turner, Aux sources de l’utopie numérique. De la contre-culture à la cyberculture, Stewart Brand un homme d’influence », Questions de communication [En ligne], 23 | 2013, mis en ligne le 31 août 2015, consulté le 21 décembre 2014. URL : http://questionsdecommunication.revues.org/8619.
Rouen – 16.10.2014
En ce jeudi 16 octobre, je redécouvre, l’appareil à la main, la vieille ville de Rouen.
De retour à la maison, je retravaille la photo et découvre Pixelmator pour iPad (http://www.pixelmator.com/ipad/#).
Cyrano !!! Supplémentaires les 17-18-19 octobre !!!
Superbe succès pour la Cie des Exilés et leur spectacle du 10e anniversaire, Cyrano de Bergerac, produit dans La Tour vagabonde à La Tour-de-Peilz. A voir absolument ou à revoir d’ici au 19 octobre à La Tour-de-Peilz.
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La Tour-de-Peilz : Cyrano de Bergerac et Tour vagabonde
Pour fêter ses dix ans, la Compagnie des Exilés s’est lancée dans une aventure peu commune. Elle a choisi de monter Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand dans une réplique du fameux theatre anglais The Globe. C’est à voir jusqu’au 12 octobre à La Tour-de-Peilz. Dépêchez-vous !

Le montage de La Tour vagabonde

Steve Riccard est Cyrano (ici avant de tailler sa barbe…)

19 comédiens et la Tour vagabonde nous replongent au 17ème siècle.
Pour en savoir plus sur la Tour vagabonde et le spectacle, un article de Migros Magazine : La Tour à remonter le temps.
Pour réserver vos places : http://cyrano-de-bergerac.ch
Aimez-vous la Norvège (timelapse) ?
Trois jours @ Milan
Nous avons profité du week-end du Jeûne Fédéral pour passer trois jours à Milan. Et voilà le travail…
RFK Funeral Train | Festival #Images @ Vevey
Leçon 2
Elargir (légèrement) le cadre et soudain des vélos deviennent spectateurs de l’image.
Merci à la biennale du Festival IMAGES’ de rendre ceci possible pendant trois semaines !
Paul Fusco (1968). RFK Funeral Train à la gare de Vevey.
Ces photos de Paul Fusco ont été prises durant le voyage emmenant la dépouille de Robert Kennedy de New York à Washington. Elles sont remises en perspective à la gare de Vevey permettant aux voyageurs d’expérimenter un point de vue proche de celui du reporter d’alors.
Mon portfolio IMAGES’ : http://lyonelk.smugmug.com/Portfolio/Festival-Images-2014/
To be continued…














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