La Berneuse depuis la piste de ski de la Tour d’Aï @ Leysin le 26 janvier 2013
Revue de presse : Les méthodes dictatoriales du cabinet Hitler | Gazette Lausanne 1933
Il y a 80 ans, #Hitler arrivait au pouvoir: l’article du correspondant de la #GazetteDeLausanne en 1933.
Les méthodes dictatoriales du cabinet Hitler | Gazette Lausanne 1933 (via http://www.letempsarchives.ch)
Filmer la guerre et l’Holocauste : une exigence politique et esthétique
Quel rôle les images filmées de la Deuxième Guerre mondiale ont-elles joué, et continuent-elles de le faire, dans notre mémoire collective et celle du Génocide ? Que valent ces images, souvent colorisées aujourd’hui, sorties de leur contexte et défilant à un rythme trépidant ? Dans son nouveau livre, l’historienne Sylvie Lindeperg travaille ces questions et nous interroge. Cet ouvrage est une lecture indispensable pour tout enseignant souhaitant utiliser des images filmées dans son cours d’histoire.
En 2013, l’historienne prend fermement parti contre quelques films récents évoquant cette période, notamment une fiction cinématographique (La Rafle, de Roselyne Bosch, 2010), une série documentaire/docu-fiction (Apocalypse, 2009) et une docu-fiction (La Résistance, 2007). Comme moi concernant Apocalypse ou La Rafle, elle en dresse un portrait peu flatteur. Sous les auspices d’une «uniformisation croissante des formes d’écriture de l’histoire», son cahier de doléances est particulièrement lourd :
«esthétique du trop-plein et de l’hypervisibilité ; chevauchement et hybridation des âges et des régimes du visible ; immersion dans l’image et le son au prix d’une nouvelle approche des concepts de vérité et de réalité ; pulvérisation des durées et nivellement des temporalités».
En basant leurs propos sur des images trafiquées, destinées à donner au spectateur l’impression de vivre l’événement en direct, et par leur constant chantage à l’émotion, ces films ne font que trahir la mémoire et l’histoire qu’ils prétendent servir. Sylvie Lindeperg rejoint également des constats que j’ai déjà eu l’occasion de formuler et travailler en formation avec mes étudiants de la HEP-Vaud. Mes constats et ce travail ont également donné lieu à deux chroniques pour le Café pédagogique en 2009 et 2011. ((2009 : Apocalypse : au delà des prouesse techniques est-ce de l’histoire ? Le Café pédagogique, No 105, septembre et 2011 : L’enquête historique à l’âge d’Apocalypse Le Café pédagogique))
A ces films, Sylvie Lindeperg y oppose deux films de résistance (Au coeur de l’orage, de Jean-Paul Le Chanois, 1948, et La Libération de Paris, collectif, 1944) et deux autres tournés sur injonction nazie dans les camps de Theresienstadt (Tchécoslovaquie) et de Westerbork (Pays-Bas). Pour Jacques Mandelbaum ((Le Monde des Livres, réservés aux abonnés : http://www.lemonde.fr/livres/article/2013/02/01/filmer-la-guerre-exigences-intactes_1825448_3260.html)), de ces images filmées par la résistance durant les combats à celles prises par les détenus d’un camp de concentration sur ordre des nazis,
le point commun est évidemment celui des contraintes, des obstacles, des impossibilités, du hasard et du double jeu incessant de la prise de vue cinématographique. Soit exactement le contraire de ce que nous fait accroire aujourd’hui le discours de la maîtrise totale des images, reconstituant l’intégrité d’un passé dont on sait pourtant la dimension tragiquement fantomatique.
Comme l’indique le résumé de l’ouvrage, on trouve à chaque fois, au coeur de ces situations dramatiques, des hommes qui filment, des hommes (et des femmes) filmés, des hommes qui attendent quelque chose de ces images et le moment singulier de la prise de vue permet d’entrevoir l’univers mental de ceux qui filmèrent, d’interroger leurs gestes et leurs choix. Ces images interrogent aussi la place de l’art au coeur de la barbarie et la capacité du cinéma à devenir un instrument de libération ou de résistance.
Par ailleurs, il existe des films de fiction qui ont, eux, une véritable exigence politique et esthétique du Didacteur (Chaplin, 1940) à La vie est belle (Roberto Begnini, 1998) en passant par To Be or Not to Be (Ernest Lubitsch, 1942) ou La Liste de Schindler (Steven Spielberg, 1993), et même Inglourious Basterds (Quentin Tarantino, 2009). Comme l’indiquait en 2011 Matthias Steinle ((“Apocalypse Hitler”, une impression de déjà-vu, Télérama :
http://television.telerama.fr/television/apo[…])) :
« Ces films, au moins, n’entretiennent pas le mythe du Führer; ils cherchent à l’arrêter. En voyant Inglorious Basterds, les jeunes comprennent au moins que le nazisme, c’est mal ! Reste juste à leur expliquer qu’Hitler n’est pas mort dans un cinéma.»
In fine, la représentation de ces événements nous concerne tous et l’intervention d’une historienne sur ce terrain nous le rappelle fort à propos. Il s’agit de ne pas oublier. Véritablement.
Sylvie Lindeperg (2013). La Voie des images. Quatre histoires de tournage au printemps-été 1944. Paris : Verdier, » Histoire « , 280 p.
Restaurant La Berneuse | Photo du jour
Sur les pistes | Photo du jour
Revue de presse : Le point commun entre «Django Unchained» et «Lincoln», c’est leur problème avec les femmes
Mais une autre question est soulevée par ces films, de manière incidente: comment se fait-il qu’ils ignorent à ce point l’œuvre accomplie par les femmes noires américaines pour obtenir leur liberté?
Le point commun entre «Django Unchained» et «Lincoln», c’est leur problème avec les femmes
Revue de presse : Le point commun entre «Django Unchained» et «Lincoln», c’est leur problème avec les femmes
Mais une autre question est soulevée par ces films, de manière incidente: comment se fait-il qu’ils ignorent à ce point l’œuvre accomplie par les femmes noires américaines pour obtenir leur liberté?
Le point commun entre «Django Unchained» et «Lincoln», c’est leur problème avec les femmes
La mise en scène du passé | Sens Public
Compte-rendu par Rémy Besson de l’ouvrage de Stéphane Haffemayer, Benoît Marpeau et Julie Verlaine (dir.), Le spectacle de l’histoire, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2012.
Articulé autour d’une vingtaine d’études de cas et adoptant une approche résolument culturaliste, Le spectacle de l’histoire est un ouvrage collectif portant sur la manière dont le passé a été mis en scène entre le début du dix-neuvième et la fin du vingtième siècle. Plus précisément, les auteurs se sont intéressés au rôle des héros (partie 1), à la place des femmes (partie 2) et au spectaculaire (partie 3), principalement au théâtre (huit articles), aux films (six articles), aux commémorations et aux reconstitutions publiques (quatre articles).
Pour Rémy Besson, dans cet ouvrage, la perspective choisie est moins évaluative que compréhensive, l’objectif poursuivi par l’ensemble des chercheurs étant de déterminer selon quelles modalités un certain nombre de productions culturelles se sont approprié le passé.
Lire le compte-rendu : La mise en scène du passé – Sens Public.
Revue de presse : Internet : l’impossible archivage | InternetActu.net
“Dans les années 1850, les compagnies de télégraphe anglaises et américaines eurent l’idée, vite abandonnée, qu’elles pourraient (et devraient) archiver chaque message qui passait par leurs câbles. Des millions de télégrammes à l’abri du feu dans des coffres forts. Imaginez l’apport historique ! “Ne pourrait-on, au 21e siècle, tirer profit de la correspondance conservée de tout un peuple ?” demandait en 1854 Andrew Wynter, médecin et vulgarisateur scientifique célèbre.
Aujourd’hui, au 21e siècle, la Bibliothèque du Congrès compile la Twittosphère, un corpus constitué par tous les tweets publics. Et ça fait beaucoup. La Bibliothèque s’est lancée dans ce projet en avril 2010. En décembre 2012, la Bibliothèque a reçu 170 milliards tweets.
Lire l’article complet : Internet : l’impossible archivage | InternetActu.net
Revue de presse : Internet : l’impossible archivage | InternetActu.net
“Dans les années 1850, les compagnies de télégraphe anglaises et américaines eurent l’idée, vite abandonnée, qu’elles pourraient (et devraient) archiver chaque message qui passait par leurs câbles. Des millions de télégrammes à l’abri du feu dans des coffres forts. Imaginez l’apport historique ! “Ne pourrait-on, au 21e siècle, tirer profit de la correspondance conservée de tout un peuple ?” demandait en 1854 Andrew Wynter, médecin et vulgarisateur scientifique célèbre.
Aujourd’hui, au 21e siècle, la Bibliothèque du Congrès compile la Twittosphère, un corpus constitué par tous les tweets publics. Et ça fait beaucoup. La Bibliothèque s’est lancée dans ce projet en avril 2010. En décembre 2012, la Bibliothèque a reçu 170 milliards tweets.
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