
Nous sommes tombés amoureux au Marché de Noël à Montreux de ce modèle réduit de Fiat 500 vintage. Désormais il trône dans notre salon.
Pentax K-3 – Tamron 70-300mm 1:4-5.6

Trois textes relativement critiques concernant l’histoire à l’ère numérique ainsi qu’une réflexion : que signifie faire de l’histoire, l’écrire et la diffuser avec les outils du numériques?
Sur trois textes: épistémologie de l’histoire et Humanités numériques | Frédéric Clavert
- Guichard, Éric. « L’internet et les épistémologies des SHS ». Sciences/Lettres nᵒ 2 (Automne 2013) – pre-print.
- Wieviorka, Michel. L’impératif numérique ou La nouvelle ère des sciences humaines et sociales ? Paris: CNRS éd., 2013. Voir également la critique écrite par Jean-François Blanchard sur Liens Socio.
- Hitchcock, Tim. « Big Data for Dead People: Digital Readings and the Conundrums of Positivism». Historyonics, 9 décembre 2013.
En plein milieu du maelström qui vient de débuter concernant la Première Guerre mondiale, revenir aux commémorations de 1998 consacrées en ligne au 80 ans de la signature de l’Armistice permet de mesurer quelques chemins parcourus concernant les outils numériques et l’enseignement de l’histoire.
En 1998, pour le 80e anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918, l’exposition «La couleur des larmes. Les peintres devant la Première Guerre mondiale» regroupait 110 peintures provenant des plus grands musées d’histoire européens. Elle était placée sous le Haut patronage de l’UNESCO et permettait aux internautes de disposer du regard de 54 artistes peintres de camps adverses sur le conflit. Grâce à Philippe Dagen, historien de l’art et commissaire de l’exposition, artiste et œuvre étaient replacés dans leur contexte.
En 1998 comme en 2013, la qualité et l’originalité de cette exposition méritent le détour. Il s’agit d’une exposition entièrement et uniquement virtuelle mise sur pied par différents musées européens ayant mis en commun leurs fonds d’archives. L’exposition ne devait durer qu’une année, mais sa qualité a fait qu’elle est aujourd’hui encore présente sur la toile (http://www.memorial.fr/10event/expo1418/fr/visite.html). Elle est également devenue aujourd’hui un témoignage du web 1.0.
Avec son approche thématique et non chronologique du conflit, l’exposition offrait un cadre idéal pour une activité de synthèse et d’évaluation réalisée avec des élèves du collège à propos de la Première Guerre mondiale. Dans un premier temps, le conflit était traité de manière habituelle et les élèves ont établis une chronologie du conflit et de ses divers phases à l’aide de leur manuel d’histoire. Dans un deuxième temps, l’exposition fournissait la base d’un travail de recherche documentaire sur ces peintres et la Première Guerre mondiale. Par groupe, les élèves devaient réalisé un dossier commenté du site à l’aide d’un logiciel intégré (ClarisWorks). La tâche confiée aux élèves consistait à explorer l’exposition, à chercher des images, des faits, des citations qui, selon eux, illustraient le mieux des aspects importants du sujet «La Première Guerre mondiale» et du thème de l’exposition. Les textes et images considérés comme importants devaient ensuite être regroupés dans un fichier ClarisWorks. Texte et image devaient être légendés et référencés (adresse url, nom de l’auteur, titre de l’œuvre, lieu de conservation). Pour chaque document, les élèves devaient indiquer les raisons pour lesquelles, selon eux, celui-ci était important et intéressant.
Concernant mes objectifs d’enseignant, il s’agissait d’initier une démarche de recherche des élèves, de réinvestir et de compléter leurs connaissances acquises précédemment sur la première guerre mondiale dans un cadre nouveau et de leur faire justifier leurs choix. En cela, il s’agissait d’une activité de synthèse et d’évaluation complexe. Au niveau informatique, il s’agissait de leur première expérience consistant à exploiter un site internet dans un cadre didactique. Ils devaient également apprendre à récupérer des textes et des images (manipulations entre un navigateur et un logiciel intégré) et à mettre en forme les résultats obtenus. La simple manipulation simultanée d’un navigateur et d’un logiciel représentait un défi pour nombre d’élèves.
En 2013, l’exposition est encore en ligne. Elle est toujours utilisable pour l’enseignement même si certains aspects — comme la taille de reproduction des peintures adaptée pour des résolutions d’écran de 800 x 600, voire moins— lui donnent un air légèrement désuet. D’autres sites sont certainement exploitables, mais «La couleur des larmes» présente l’intérêt de ne pas éparpiller les élèves sur plusieurs sites et de les faire travailler en profondeur sur une archive historique.
Aujourd’hui, ClarisWorks n’existe plus et le web 2.0 a pris le dessus sur le web 1.0. Grâce aux outils du web 2.0, les élèves devraient gagner en interaction ainsi qu’une situation de communication véritable. A l’aide de leur navigateur, la même activité sera proposée à l’aide d’un blog ou d’un traitement de texte collaboratif en ligne (ex. : GoogleDrive, SkyDrive ou Evernote). Leur travail pourra être vu par leurs parents et éventuellement commenté par des tiers. Fondamentalement, l’activité restera la même et la manipulation d’un navigateur permet à l’élève de dépasser la simple consommation du web pour créer du contenu. Cela représente toujours un défi pour nombre d’élèves.
D’une manière générale, la comparaison entre 1998 et 2013 met en évidence que le web et certains de ces outils sont arrivés à maturité.
Au niveau didactique, l’activité reste complexe et d’un niveau taxonomique élevé (analyse, synthèse, évaluation). Un pas supplémentaire pourrait être fait au niveau de la problématisation ((Kaufmann, L. (2013). Problématiser, mais vraiment, en classe d’histoire. Le Café pédagogique, No 145, septembre : http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/schumaines/histoire/Pages/2013/145_lachronique.aspx)). En reprenant les propos récents d’Antoine Prost dans l’Humanité ((Débat: peut-on célébrer la guerre de 14-18?, 11 octobre 2013 : http://www.humanite.fr/tribunes/550922)) :
«Antoine Prost. Je n’aime pas cette notion d’«enseignements à retenir». L’histoire ne repasse jamais les plats. Une solution qui a réussi autrefois peut s’avérer désastreuse dans un contexte nouveau. Mais on peut dégager les caractères qui donnent à cette guerre sa figure exceptionnelle. Premièrement, c’est une guerre mondiale. On ne peut la réduire à sa dimension franco-allemande, bien qu’elle soit essentielle. Elle n’est pas née d’un conflit entre la France et l’Allemagne. Elle s’est jouée aussi sur d’autres fronts. Elle a impliqué de multiples nations, au point que les deux tiers des 10 millions de militaires morts à, ou de, la guerre ne sont ni français ni allemands. Elle a bouleversé la carte et l’économie du monde. En outre, privilégier l’aspect franco-allemand conduit souvent à faire de la Seconde Guerre mondiale la conséquence inévitable du traité de Versailles : c’est oublier la crise économique et innocenter Hitler de la catastrophe qu’il a voulue.»
Chaque élève déterminera si l’exposition globalement se réduit à la dimension franco-allemande du conflit ou en donne bel et bien la vision d’une guerre mondiale. Il justifiera son choix à l’aide de trois reproductions de l’exposition.
Pour une problématique liant histoire à l’histoire de l’art, on prendra le constat suivant de l’article Les artistes d’avant-garde au combat de la Revue historiques des armées ((Carl Pépin, « Les artistes d’avant-garde au combat », Revue historique des armées [En ligne], 252 | 2008, mis en ligne le 01 octobre 2009 : http://rha.revues.org/3273)) sur la place de l’homme dans la bataille :
«L’importance accordée au thème de l’horreur sous-entend un autre thème qui n’a pas encore réussi à faire sa marque : à savoir celui de la place de l’homme au cœur de cette guerre. Les soldats sont souvent visibles sur les toiles, mais c’est surtout l’horreur et la machine qui dominent les compositions tout en dictant à l’homme sa place. En d’autres termes, il y a peu de marge de manœuvre pour les troupes. En principe, celles-ci devraient être des sujets, mais elles occupent le plus souvent le rôle d’éléments dans le décor, voire d’objets.»
Il sera demandé à l’élève, seul ou en groupe, de chercher trois œuvres illustrant cette domination de la machine et de l’horreur sur l’homme et de justifier son choix.
Ce texte est ma chronique du mois de novembre pour le mensuel du Café pédagogique : Kaufmann, L. (2013). 1998 – 2013 : le web et l’enseignement de l’histoire entre deux commémorations. Le Café pédagogique, No 147, novembre
Comme tous les 15 de chaque mois à 12:00 tapantes, c’est l’heure de la photo du mois. Ce mois-ci, le thème est «Bonheur». Le thème a été choisi par Les bonheurs d’Anne & Alex (http://www.lesbonheurs.fr/).
Dans le train entre La Tour-de-Peilz et Lausanne, tous les matins offrent une lucarne de bonheur en fonction du temps et de l’aspect que ne manqueront pas de prendre le lac et les montagnes. Et chaque soir, au retour, le paysage vous offrira d’autres couleurs et d’autres bonheurs. Et c’est la même chose lorsque ce n’est pas en train, mais en moto que j’effectue ce trajet.
Le bonheur des autres :
Dame Skarlette, La voyageuse comtoise, Fanfan Raccoon, Lavandine83, Agnès, Les bonheurs d’Anne & Alex, Caterine, KK-huète En Bretannie, La Messine, Giselle 43, Tuxana, Alban, Marmotte, Renepaulhenry, magda627, Cekoline, dreamtravelshoot, Sailortoshyo, SecretAiko, Chloé, AurélieM, MauriceMonAmour, Marie-Charlotte, CetO, Homeos-tasie, Eurydice, BiGBuGS, Josiane, Photo Tuto, Laurent Nicolas, Frédéric, Zaza, Pixeline, Djoul, Morgane Byloos Photography, Akaieric, scarolles-and-co, DelphineF, Violette, InGrenoble, El Padawan, Cécile – Une quadra, Nie, Nicky, The Parisienne, A’icha, hibiscus, Laulinea, La Dum, Lau* des montagnes, Alexinparis, Isa de fromSide2Side, Lavandine, Cricriyom from Paris, Gilsoub, Pilisi, Claire’s Blog, Marie, Cocosophie, Isa ToutSimplement, Woocares, Louisianne, Rythme Indigo, Ann, eSlovénie, Guillaume, Dr. CaSo, princesse Emalia, Xoliv’, Sephiraph, La Nantaise à Paris, Lyonelk, Crearine, Bestofava, Julie, Chat bleu, Christophe, Galinette, Calamonique, LisaDeParis, Joane, Un jour, une vie, Maria Graphia, Filamots, Hypeandcie, Pica Moye, Arwen, Wolverine, Les voyages de Lucy, Krn, Ava, FloRie, Thalie, Mimireliton, Mes ptits plats, Viviane, Mamysoren, Agathe, Piolo, Lucile et Rod, Anne Laure T, Angélique, Anne-Laure, François le Niçois, Champagne, Béa, Elodie, Alice Wonderland, MissCarole, Cara, Anne, Thib, Isaquarel, Gizeh, Ileana, Céline in Paris, Blogoth67, La Fille de l’Air, Oscara, J’adore j’adhère, The Singapore Miminews
Je souligne d’abord :
«L’ambition affichée des MOOC est d’instruire le plus grand nombre et surtout de rendre accessible l’éducation au monde entier. Telle était (et est toujours) la volonté de la plateforme Coursera. Mais une nouvelle étude, publiée par des chercheurs de Penn State University dans la revue Nature, montre que les élèves qui ont suivi les MOOC sur Coursera sont en réalité très instruits et disposent déjà d’une carrière en bonne voie. Ainsi, 83% des interrogés possédaient déjà d’un diplôme universitaire, un chiffre bien supérieur à la moyenne mondiale.»
J’ajoute ensuite que si les MOOC n’ont pas encore engendré une remise à plat de l’enseignement supérieur et selon une enquête du Babson Survey Research Group
«69% des leaders académiques outre-Atlantique estiment que les MOOC sont essentiels à leur stratégie de long terme. (Précisons tout de même que seuls 30% des professeurs d’université partagent cet avis. Un scepticisme qui s’explique en partie par la crainte de voir les fonds alloués aux universités publiques diminuer en raison de coûts supposés moindres des MOOC.)»
Et je conclus avec l’article :
«Sans doute avons-nous oublié que l’éducation n’est pas un bien consommable comme les autres. Il ne suffit pas de contempler une vidéo pour apprendre, il faut également travailler.»

Copieux et très intéressant compte-rendu de l’ouvrage de Patrick Verley, L’échelle du Monde – Essai sur l’industrialisation de l’occident, Paris, Tel Gallimard, réédition 2013.
Dont voici la conclusion :
«Au total, l’échelle du Monde est sans doute l’un des premiers livres sur la révolution industrielle à donner l’importance qu’il mérite au contexte global (aux côtés, il est vrai, du tome 3 du système-monde moderne de Wallerstein, paru en 1987). Et c’est sans doute à ce titre qu’il peut confirmer aujourd’hui son statut de référence incontournable.»
Un ouvrage de référence pour l’enseignant souhaitant aborder la révolution industrielle en classe d’histoire (ou au minimum lire ce compte-rendu)
Vers une histoire globale de l’aventure industrielle | Histoire Globale


« C’est cependant de toute évidence dans les médias que se formulent dans leur richesse et leur complexité les nouvelles formes de présence historique de ce passé anhistorique. Peut-être parce que, dans l’image, le cinéma ou les séries télévisées ne se pose même pas la question sous-jacente et lancinante qui habite l’histoire, l’enseignement et jusqu’à la littérature, laquelle ne se comprend que dans les conditions historiques de son déroulement : pourquoi transmettre le passé ? À quoi peut-il servir ? Les médias se contentent de l’utiliser, de le mettre en scène, en images fortes et en musique. Et même la tentative de reconstitution la plus scrupuleuse relève encore du jeu. C’est pourquoi ce jeu trouve son illustration concentrée dans l’extraordinaire expansion que lui ont donnée la bande dessinée, les jeux vidéo et les séries télévisées. Là, tout y est : les technologies numériques les plus nouvelles au service des clichés les plus répandus du patrimoine historique et mémoriel, le traitement le plus raffiné et le plus ludique de l’imaginaire collectif de base, la mondialisation possible des débouchés et des profits commerciaux et, pour tout dire, la tendance à l’infantilisation générale du monde contemporain.»
Pierre Nora
En rapport avec la citation ci-dessus, voici quelques articles du numéro, rédigés par des spécialistes de ces questions (Antoine de Baecque, Pascal Ory et Isabelle Veyrat-Masson).


“What counts in life is not the mere fact that we have lived. It is what difference we have made to the lives of others that will determine the significance of the life we lead.” — Nelson Mandela
Source de la citation : http://archives.nelsonmandela.org
