Par Guillaume Henchoz
Dans son dernier ouvrage, Furor. Politiques de la folie à Rome, l’historien Pierre-Henri Ortiz rappelle une distinction que notre époque semble avoir oubliée. Il existe une folie que soigne le médecin et une autre qu’invente l’orateur. Entre les deux se joue peut-être encore aujourd’hui une part essentielle de notre manière de penser le pouvoir
Je retiens et je plussoie :
Donald Trump a été élu à deux reprises à la Maison-Blanche. Vladimir Poutine ne gouverne pas seul la Russie. Benjamin Netanyahu ne mène pas une guerre par la seule force de sa volonté. Même les dirigeants les plus autoritaires s’appuient sur des institutions, des administrations, des partis, des intérêts économiques, des appareils militaires… et une partie plus ou moins importante de l’opinion publique !
Réduire ces trajectoires politiques à une pathologie individuelle revient parfois à détourner le regard de ce qui les rend possibles : les fragilités démocratiques, les fractures sociales, les idéologies, les stratégies partisanes ou les rapports de force internationaux. En déclarant un homme fou, nous cessons parfois d’interroger le monde qui l’a rendu possible.
Ainsi lorsque l’on parle d’Hitler comme d’un fou qui a mis le monde à feu et à sang, comme dans la série Apocalypse, on dédouane la population allemande et tout ceux qui ont rendu cela possible et y ont participé. Cela réduit notre compréhension du monde tout en nous rassurant faussement.
Autrement, cet article est accompagné d’une illustration réalisée par IA qui est vraiment flippante et interrogeante :

Illustration élaborée avec Canva IA sur la base de la fresque de Cesare Maccari, “Cicéron dénonce Catilina”, 1882 – 1888.
L’article : La folie, arme de déstruction politique depuis 2000 ans par l’excellent Guillaume Henchoz


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