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Lyonel Kaufmann blogue…

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Sur la route à moto avec un café

Lyonel Kaufmann

Crise de la natalité : où sont passés les bébés ?

8 février 2020 by Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Depuis plusieurs décennies, la natalité recule dans de nombreux pays. Cette journaliste spécialisée dans les questions de genre et de reproduction analyse ce phénomène pour le New York Times et souligne que, si la baisse de la natalité traduit d’abord un progrès, elle témoigne aussi d’une faillite du capitalisme moderne, avec ses inégalités croissantes, son individualisme et son incapacité à régler la crise climatique. Extraits traduits.

La version actuelle du capitalisme globalisé et la chute de la natalité

« Notre version actuelle du capitalisme globalisé – à laquelle peu de pays et d’individus peuvent se soustraire – a généré une richesse choquante pour certains, et la précarité pour beaucoup d’autres. Ces conditions économiques génèrent des conditions sociales défavorables à la création de familles : Nos semaines de travail sont plus longues et nos salaires plus bas, ce qui nous laisse moins de temps et d’argent pour nous rencontrer, faire la cour et tomber amoureux. Nos économies, de plus en plus gagnantes, exigent que les enfants reçoivent une éducation intensive et coûteuse, ce qui crée une anxiété croissante quant au type de vie qu’un futur parent pourrait leur offrir. Le message de toute une vie nous oriente plutôt vers d’autres activités : l’éducation, le travail, les voyages.

Ces dynamiques économiques et sociales se combinent avec la dégénérescence de notre environnement d’une manière qui n’encourage guère la procréation : Les produits chimiques et les polluants s’infiltrent dans notre corps, perturbant notre système endocrinien. Chaque jour, il semble qu’une partie du monde habité soit en feu ou sous l’eau.

S’inquiéter de la chute des taux de natalité parce qu’elle menace les systèmes de sécurité sociale ou la force de travail future, c’est passer à côté de l’essentiel ; c’est le symptôme de quelque chose de beaucoup plus envahissant.

Il semble évident que ce que nous en sommes venus à considérer comme le « capitalisme tardif » – c’est-à-dire non seulement le système économique, mais aussi toutes les inégalités, les indignités, les opportunités et les absurdités qui l’accompagnent – est devenu hostile à la reproduction. Dans le monde entier, les conditions économiques, sociales et environnementales fonctionnent comme un contraceptif diffus, à peine perceptible. Et oui, cela se produit même au Danemark. »

Chine et Danemark, le même constat devant la montée du « workisme » et le déclin de la religiosité

« Lyman Stone, un économiste qui étudie la population, souligne deux caractéristiques de la vie moderne qui sont en corrélation avec une faible fécondité : la montée du « workism » – un terme popularisé par l’écrivain atlantique Derek Thompson – et le déclin de la religiosité. « Il y a un désir de faire du sens chez les humains », m’a dit M. Stone. Sans religion, l’une des façons dont les gens cherchent une validation externe est par le travail qui, lorsqu’il devient une valeur culturelle dominante, est « intrinsèquement réducteur de fertilité ».

Le Danemark, note-t-il, n’est pas une culture de bourreau de travail, mais est très laïque. L’Asie de l’Est, où les taux de fécondité sont parmi les plus bas du monde, est souvent les deux. En Corée du Sud, par exemple, le gouvernement a introduit des incitations fiscales à la procréation et a élargi l’accès aux crèches. Mais le « travail excessif » et la persistance des rôles traditionnels des hommes et des femmes se sont combinés pour rendre l’éducation des enfants plus difficile, et surtout peu attrayante pour les femmes, qui assument un deuxième poste à la maison.

La différence entre la vie dans le petit Danemark, avec son généreux système d’aide sociale et ses notes élevées en matière d’égalité des sexes, et la vie en Chine, où l’aide sociale est irrégulière et où les femmes sont victimes d’une discrimination généralisée, est énorme. Pourtant, ces deux pays connaissent des taux de fécondité bien inférieurs aux taux de remplacement.»

Le devenir de la planète : reproduction et durabilité de l’environnement

« La crise de la reproduction se cache dans l’ombre, mais elle est visible si on la cherche. Elle se manifeste chaque année par un nouveau creux dans les taux de natalité. (…)

Les conversations sur la reproduction et la durabilité de l’environnement se sont longtemps chevauchées. Thomas Malthus craignait que la croissance démographique ne dépasse l’offre alimentaire. Les années 1970 ont vu l’émergence de l’écoféminisme. Depuis les années 1990, les groupes de défense de la justice en matière de reproduction cherchent à obtenir une meilleure planète pour tous les enfants. Aujourd’hui, les BirthStrikers désavouent la procréation « en raison de la gravité de la crise écologique ».

Si la catastrophe climatique a ravivé des éléments du discours insidieux sur le contrôle de la population, elle a également suscité une nouvelle vague d’activisme, née de la compréhension de la profondeur des liens entre ces composantes fondamentales de la vie – la reproduction et la santé de la planète – et de l’action collective nécessaire pour les maintenir.

(…)

Ces relations, entre nous et le monde naturel, et entre nous et les autres, témoignent de l’interdépendance que la logique capitaliste voudrait nous faire renier.

La reproduction est le signe ultime de l’interdépendance. Nous dépendons d’au moins deux personnes pour nous rendre possibles. Nous gestons à l’intérieur d’un autre humain, et nous émergeons avec l’aide de médecins ou de doulas ou de parents. Nous grandissons dans des environnements et des communautés qui façonnent notre santé, notre sécurité et nos valeurs. Nous devons trouver des moyens concrets de reconnaître cette interdépendance et nous résoudre à la renforcer. 

(,,,)

En réfléchissant aux dons immatériels que j’aime à penser que j’ai hérités de (mon père), il est devenu évident que j’avais besoin d’une continuité génétique, aussi fictive et ténue soit-elle. J’ai alors reconnu quelque chose de précieux et d’inexplicable dans cette aspiration, et j’ai entrevu combien il pouvait être dévastateur de ne pas pouvoir la réaliser. Pour la première fois, je me suis sentie justifiée dans mon impulsion de préserver un petit morceau de moi qui, d’une certaine manière, contenait un petit morceau de lui, qui pourrait un jour revivre.»

Anna Louie Sussman est une journaliste qui écrit sur le genre, la reproduction et l’économie.

-À lire : Something is stopping us from creating the families we claim to desire. But what?

Classé sous :politis

Roadtrip : Balade interactive Harry Potter | Londres 1er février 2020

8 février 2020 by Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

En ce samedi matin post-Brexit, notre première partie de journée débute par une balade interactive dans le Londres d’Harry Potter.

Nous avons rendez-vous à 10 heures pour un parcours pédestre de 2 heures trente1. La visite est en français. Le lieu de rendez-vous est au Palace Theatre. Le théâtre est situé à l’intersection entre Charing Cross Road et Shaftesbury Avenue.

Ce lieu de rendez-vous ne doit rien au hasard, car c’est dans ce théâtre que sont données les représentations de Harry Potter and the Cursed Child. Une pièce de théâtre en deux parties de deux fois trois heures (!) narrant les aventures du fils d’Harry Potter à Poudlard.

Palace Theatre : lieu de départ de la balade interactive Harry Potter

L’action de la pièce se déroule dix-neuf ans après les évènements du livre Harry Potter et les Reliques de la Mort et suit les aventures de Harry Potter, âgé de trente-sept ans et désormais employé au ministère de la Magie, et de son plus jeune fils, Albus Potter, l’année de son entrée à Poudlard où il sera le premier Potter à intégrer la maison Serpentard. A Poudlard, le meilleur ami d’Albus Potter n’est autre que Scorpius Malefoy, le fils de Drago Malefoy ! Voilà qui ne manque pas de piquant et réserve très certainement quelques belles surprise. La pièce est jouée à Londres depuis juillet 2016.

La librairie ésotérique la plus ancienne et la plus grande de Londres, depuis 1893. Un must pour les fans d’Harry Potter

Nous partons donc ce lieu en compagnie de notre guide Florine qui se révèlera parfaite. Nous formons un groupe de 15 personnes. Nous commençons par tirer au sort une care qui nous réparti dans les quatre maisons de Poudlard. Durant le parcours, nous aurons répondre à des questions de quizz gagner des points et déterminer la maison gagnante. Ce jeu plaira tout particulièrement aux plus jeunes participants de cette balade.

Notre parcours comprend deux trajets à métro et se terminera à King Cross Station devant l’entrée présumée du quai 9 3/4.

Probablement la rue la plus étroite de Londres.

Outre le fait que nous découvrons des lieux de tournage des films d’Harry Potter, nous découvrons des rues de Londres et des anecdotes que nous aurions bien de la peine à trouver nous-mêmes.

Trafalgar Square

En réservant à l’avance (environ une semaine à l’avance, annulable), vous réaliserez cette visite pour moins de 10 francs par participant.e2, auquel il faut ajouter le prix des billets de métro et le pourboire plus que mérité à votre guide. C’est une manière des plus originales de parcourir Londres.

Je ne peux donc que vous recommander cette expérience.

Une belle, mais froide, journée.

Pour réserver votre parcours, vous pouvez passer par TripAdvisor ou par le site viator.

Sur le Millenium Bridge

Après ce parcours de près de trois heures, nous prendrons le temps de nous poser et de nous restaurer. Puis ce sera un après-midi schopping à Oxford Street et de début de soirée à Covent Garden avant de rentrer à notre hôtel.

NB : il n’y a pas de placement de produits et les billets ont été dûment payés de notre poche.

  1. Dans les faits, nous mettrons près de trois heures. Notamment en raison des arrivées tardives de certain.e.s participant.e.s, le temps de passage au métro (certains n’avaient pas de billets de métro), de l’affluence du samedi et de l’intérêt des participant.e.s aux intéressantes explications de Florine, notre guide. ↩
  2. Visiblement, le prix de la visite est fixé selon les jours de votre balade et à la manière d’EasyJet (plus vous réservez à l’avance, moins chers vous payez). ↩

Classé sous :Diary, Roadbook, roadtrip Balisé avec :Harry Potter, Londres

« Illuminated River » à Londres

2 février 2020 by Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

La Fondation Illuminated River inaugure à Londres un projet de grande ampleur qui prévoit la mise en lumière de 14 ponts qui enjambent la Tamise, entre Tower Bridge et Albert Bridge, et ce, pour les 10 années à venir. Les ponts sont illuminés grâce aux dernières technologies LED. Les illuminations présentent de subtils nuances de violet, de bleu et d’orangé. Sur près de 4 km, voici sans doute la plus grande, et la plus longue œuvre d’art de Londres !

Le projet se déploie en plusieurs phases. Dès l’été 2019, 4 ponts ont été mis en lumière : le London Bridge, le Millennium Bridge, Cannon Street Bridge et le Southwark Bridge.

Nous avons donc pu en profiter lors de notre séjour de fin janvier-début février. C’était un peu moins impressionnant que prévu plus particulièrement le Millenium Bridge, mais la balade nocturne le long de la Tamise vaut le détour.  

A partir de l’automne 2020, 5 autres ponts seront illuminés : Blackfriars Road Bridge, Waterloo Bridge, Golden Jubilee Footbridges Bridge, Westminster Bridge et Lambeth Bridge.

Le projet a été conçu par l’artiste new-yorkais Leo Villareal et le cabinet d’architectes Lifschutz Davidson Sandilands.
Dates indicatives.

Quand : du 17 juillet 2019 au 31 janvier 2021 
Site internet : Illuminated River https://illuminatedriver.london 

Classé sous :Diary, Photo du jour, Roadbook, roadtrip

Roadtrip Londres 31 janvier 2020

1 février 2020 by Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

En cette fin janvier et échéance du Brexit pour les Britanniques, nous voici en route pour un week-end à Londres.

Au-dessus de la mer de nuages

Nous arrivons tout en douceur à l’aéroport vers 13h30. Pas de stress. Et c’est pas la foule au passage des contrôles. Cela rend les choses agréables. Nous sommes déjà en week-end. De plus, notre avion décollera vers 16h00. Ça change de mon dernier vol vers Bruxelles. 

Contrairement à ce que laissait entendre les prévisions météos, le ciel a arraché les nuages et le ciel est bleu au moment du décollage. Nous volons dans le soleil. Éblouissant.

Dans l’avion, j’en profite pour débuter la lecture de « Je reste ici » de Marco Balzano. 

L’arrivée à Londres se déroule dans un climat différent. Le ciel est gris. Il pleut légèrement par intermittence. Et à 17h15, nous sommes plongés à la fois dans le métro et dans la nuit que nous ne quitterons pas.

L’expérience du métro londonien entre 17h00 et 18h10 pour se rendre au centre-ville est une expérience particulière. Elle le sera plus particulièrement durant le court trajet (trois arrêts) sur la ligne du Jubile. Le qualificatif de boîte de sardines est le terme approprié en l’occurrence. Comme on dit : « ça c’est fait! ».

Blackfriars Bridge et la Tamise

En soirée, nous sortons manger un très bon burger près de l’hôtel, puis nous rejoignons la Tamise au Blackfriars Bridge pour la longer en direction du London Bridge.

Tate Museum

Cette sortie nocturne me fournit une belle occasion de tester un nouveau bijou d’appareil photographique, un Sony Alpha 7, premier du nom, et son objectif fixe Zeiss FE 35mm 2,8.

Londres dans un arc-en-ciel-ciel de couleurs

Je fais des essais pour capter les couleurs nocturnes de cette ville. Je suis satisfais des résultats de ce Londres nocturne tout en couleur.

Red London

Dans tous les cas, le résultat correspond à mes intentions.

Palette de couleurs nocturne

Nous profitons ainsi du spectacle de cette ville la nuit. Splendide.

Une nouvelle belle palette de couleurs

Nous rentrons ensuite à l’hôtel. Fin de la diffusion.

Une petite dernière avant de rentrer à l’hôtel

Photos : Sony Alpha 7 + Zeiss FE 35mm 2,8 (sauf la première prise dans l’avion avec mon iPhone 8).

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Viktor Lazlo : la colère noire

29 janvier 2020 by Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Désormais écrivaine, la chanteuse d’origine antillaise revendique sa négritude, frottée aux aléas d’une vie de recommencements. Extrait de son portrait or Libération.

D’une voix claire, la chanteuse devenue auteure fulmine du peu d’évolution de notre société. Le soir précédent, elle était à Pleyel pour un spectacle de danse. «Evidemment, celle qui a enlevé le haut, c’est la Noire. On ne sort jamais des clichés !» lâche-t-elle, fumasse. Son courroux constitutif et son humour défaillant, on les comprend dans Trafiquants de colères, la saga qu’elle publie ces jours-ci.

«La moindre goutte de sang noir qui coule dans nos veines nous ampute de toute capacité à rire de nous-mêmes. … Nous vivotons depuis des générations avec, dans notre ADN, un pourcentage élevé de colère, une incontestable dose d’orgueil et un abîme de désarroi»

écrit la «misanthrope optimiste».

-Source : Viktor Lazlo : la colère noire | Libération

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Dans le rétroviseur : le 27 janvier 2010, Steve Job présente l’iPad

28 janvier 2020 by Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Il y a dix ans, Steve Jobs présentait à l’occasion d’un événement spécial le premier iPad. Flashback.

Dans son keynote, Steve Jobs présentait l’iPad comme le représentant d’une nouvelle catégorie de produit entre le téléphone portable et l’ordinateur portable. Comme un produit capable de faire beaucoup mieux que ces deux autres produits une série limitées de tâches spécifiques.

Dans son keynote, il listait ses tâches spécifiques :

  • naviguer sur internet
  • consulter et répondre à ses mails
  • gérer ses photos
  • regarder des vidéos
  • écouter sa bibliothèque musicale
  • jouer
  • lire des livres numériques

Anticipant la question des netbook, il indiquait en début de son speech que le problème des netbook était qu’ils n’étaient les meilleurs pour rien et déclenchait dans la foulée les rires spontanés de l’assemblée. Leur seul intérêt était d’être juste meilleur marché. Puis il introduisait l’iPad et commençait sa démonstration :

En regardant le keynote, certaines choses nous paraissent évidente aujourd’hui comme pouvoir véritablement rédiger du texte à l’aide d’un clavier virtuel.

Bien sûr, le système d’exploitation faisait avant tout de l’iPad un très gros iPhone. Il n’en demeure pas moins qu’effectivement depuis l’iPad (devenu synonyme de tablette) inaugurait une nouvelle catégorie d’outil numérique.

L’idée d’une troisième catégorie d’appareils, à savoir les tablettes, était difficile à traiter pour beaucoup à l’époque. L’iPad a été largement raillé pour son nom dans les jours qui ont suivi l’annonce, et certains analystes avaient déjà prédit son échec avant même qu’il ne soit annoncé.

Apple a vendu 300 000 iPads dès le premier jour de vente, et a dépassé les 2 millions de ventes moins de deux mois plus tard. Après avoir vendu 7,5 millions d’iPads en 2010, Apple a vendu 32,4 millions d’iPads en 2011, 58,3 millions en 2012 et 71 millions en 2013. Les opposants se sont presque immédiatement trompés, et Apple a vendu plus de 350 millions d’iPads à ce jour, même si les ventes ont atteint un pic en 2013.

L’iPad a longtemps été un appareil intermédiaire, comme Apple l’avait prévu, et il a largement atteint ses objectifs, à savoir être bon pour les tâches de consommation que Steve Jobs a exposées. Il n’a cependant jamais tué les netbooks, car ils se sont simplement adaptés et transformés en ordinateurs portables à écran tactile.

Pour The Verge, au cours des dix prochaines années, l’iPad va déterminer s’il reste une troisième catégorie d’appareil capable de combler occasionnellement le fossé entre la tablette et le PC ou s’il est prêt à devenir un ordinateur portable.

Je vous invite également à relire mon avis après la découverte de ce nouveau produit : iPad le chaînon manquant?

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A l’écoute: Easy – Single Version par Commodores

26 janvier 2020 by Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Bon matin ! Comme on dit au Québec, voilà de quoi bien commencer sa journée du dimanche avec les Commodores.

Easy – Single Version
Par Commodores
De l’album Motown 50

Listen on Spotify

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Vinyle : Elton John, “Live from Moscow” (Virgin/EMI)

25 janvier 2020 by Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Une vraie curiosité que ce double album (vinyle). En 1979, Elton John a accompli un cycle. Il en sort essoré et nous avec. Ses grands albums sont derrière lui, ses grandes frasques aussi et il s’est retiré du circuit en plein burn out. Sa virée à Moscou le remet en selle à l’écart. Devant un public poli mais qui brûle en secret, il se lâche entièrement. Récital au piano et grands airs de castafiore. À l’arrivée, un genre de best of en solitaire (ou en compagnie du percussionniste Ray Cooper) qui vaut le détour.

Faisant suite à la sortie de son album « Single Man », Elton John avec Ray Cooper a également écumé l’Europe la même année. Ils avaient donné deux concerts au Théâtre de Beaulieu à Lausanne. Cela a été mon premier concert « live » à 17 ans. A l’occasion de ces deux concerts, les fauteuils du théâtre n’avaient pas tous résistés à l’enthousiasme du public. Quels moments à jamais inoubliable, me concernant, au parterre juste devant la scène à proximité de l’artiste !

Le concert en vidéo (YouTube):

https://m.youtube.com/watch?v=oB5SlGhY2IA

Il s’agit en fait du dernier concert de la tournée, qui s’est tenu au Rossiya Concert Hall le 28 mai 1979 et a été diffusé en direct dans toute l’Europe par la BBC. Il s’agissait de la première liaison satellite stéréo entre l’URSS et l’Occident. Cet enregistrement de l’émission du 28 mai est devenu disponible sur plusieurs albums pirates, dont A Single Man in Moscow, et Elton John Live from Moscow 1979, un double LP limité de pressage de vinyle émis pour le Record Store Day 2019. Très rapidement, le pressage est épuisé.

Un nouveau pressage est sorti le 24 janvier 2020 sur le site d’Elton John : https://www.eltonjohn.com/stories/live-in-moscow-1979.

La playlist :

Disque 1

  1. Daniel
  2. Skyline Pigeon
  3. Take Me To The Pilot
  4. Rocket Man (I Think It’s Going To Be A Long, Long Time)
  5. Don’t Let The Sun Go Down On Me
  6. Goodbye Yellow Brick Road
  7. Candle In The Wind
  8. I Heard It Through The Grapevine

Disque 2

  1. Funeral For A Friend
  2. Tonight
  3. Better Off Dead
  4. Bennie And The Jets
  5. Sorry Seems To Be The Hardest Word
  6. Crazy Water
  7. Saturday Night’s Alright (For Fighting)/Pinball Wizard
  8. Crocodile Rock
  9. Get Back/Back In The U.S.S.R.

A voir si vous en avez l’occasion, l’incroyable documentaire de la BBC « To Russia with Elton » avec cette scène incroyable lorsque les journalistes de la BBC offre un billet de concert à un fan absolu d’Elton John qui, ne faisant pas partie des apparatchiks, n’avait pas pu obtenir de billet pour assister à un concert.

A voir aussi, le moment où Elton John ne sachant plus comment dérider le public, encadré par la police, se met à jouer, sans transition, « Le Temps des cerises ». Avec succès.

Le séjour de John en URSS a été filmé par Dick Clement et Ian La Frenais. Le film a été monté pour un documentaire télévisé, intitulé To Russia with Elton. Le film comprend des images du dernier concert de John à Moscou et des scènes montrant le contexte politique de la tournée et ses réactions à la culture russe.

Concernant cette tournée, Elton John a publié en 2019 un texte revenant sur celle-ci : Elton’s 1979 Tour of the USSR – A Look Back

Sur la tournée et le documentaire : Elton John’s 1979 tour of the Soviet Union

Photo de couverture : Elton John et Ray Cooper sur scène en URSS – Mai 1979. Provenance : https://www.eltonjohn.com/stories/eltons-1979-tour-of-the-ussr-a-look-back

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Test du clavier Brydge 12”9-MkII et de son Slime Protective Case avec un iPad Pro 12”9 de 2015

23 janvier 2020 by Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

A fin décembre, j’ai reçu le clavier Brydge 12”9 pour l’iPad Pro 12”9 (2015), première génération auquel j’ai associé le Slime Protective Case également proposé par Brydge. Voici un test rapide de cette configuration après trois semaines d’utilisation.

Le clavier proposé par Brydge est probablement le clavier qui se rapproche le plus, voire dépasse en qualité, le clavier des anciens MacBook Air. Au niveau de la frappe, c’est vraiment bluffant. Même le Smart Keyboard (340 grammes) d’Apple est dépassé côté qualité de la frappe.

Il s’agit cependant d’un clavier US, mais pour qui connaît la disposition des touches des claviers suisses-allemand, il n’y a pas de problème. C’est l’avantage de la frappe à l’aveugle. Par ailleurs, le clavier dispose de touches rétroéclairées ce qui sera utile dans certaines situations.

L’autre avantage réside dans le fait que l’on peut incliner l’iPad dans plusieurs positions. C’est là que l’iPad se rapproche le plus d’un ordinateur portable en terme d’outil de productivité et de remplacement.

Pour sa part, le ”Slime Protective Case” offre une protection bienvenue du dos de l’iPad. Là, je suis paré. Et bien paré pour un travail en autonomie.

L’ensemble est vraiment d’un niveau premium est s’accorde à la perfection avec l’iPad.

Certes, côté du poids, l’ensemble n’est pas léger. L’ensemble Clavier (762 grammes) – Coque arrière (165 grammes)- iPad (723 grammes) porte le poids total à 1,650 kg ce qui situe le combo entre le MacBook Pro 13” (1,367 kg) et le nouveau MacBook Pro 16” (2kg). La protection en plus du dos.

Dans mon combo précédent, l’ajout du Smart Keyboard (340 grammes) et de la coque rigide transparent iGlaze de Moshi (112 grammes) amenait à un poids total de 1,175 kg.

L’augmentation de poids est rendue nécessaire pour assurer une certaine stabilité de mon iPad en fonction de l’angle de vue et pour éviter que l’iPad bascule tout simplement. C’est un choix. Cependant le poids de l’iPad seul (723 grammes) limitait déjà fortement les avantages d’une tablette pure en terme d’usage nomade par rapport à un portable.

Dans un usage productif intensif de rédaction, le poids reste globalement raisonnable.

Par ailleurs, le clavier est facilement détachable et vous pouvez également utiliser pleinement votre iPad comme tablette en le posant de manière protégée avec la coque protectrice sur une table ou n’importe quelle surface. Dans cette utilisation-là, le poids total (888 grammes) est de 40 grammes supérieurs à ma configuration précédente (iPad Pro + coque iGlaze soit 845 grammes au total).

Comparativement au Smart Keyboard d’Apple, le Brydge possède un certain nombre d’avantages spécifiques :

  • un meilleur confort de frappe
  • de multiples angles de vue jusqu’à 180 degrés
  • une rangée de fonction dans la rangée supérieure du clavier
  • la possibilité de rétroéclairer les touches sur trois intensités

Parmi les défauts, le principal réside dans son poids qui est plus du double de la tablette seule.

L’iPad Pro 12”9 (2015) doit être entrevu comme une formidable machine à écrire et à rédiger des textes. Actuellement en raison des problèmes de clavier des MacBook, cet iPad avec le clavier Brydge est, à mon avis, indépassable en terme de confort, de qualité et de vitesse de frappe. La rédaction avec Ulysses en est clairement un must.

Après trois semaines d’utilisation, quelle place pour l’iPad 12”9 ?

Dans un usage nomade mobile, un iPad Pro 9”7 et un iPad mini 5e génération tiennent largement la corde pour figurer dans mon sac à dos en déplacement.

Inévitablement, cela pose la question de la place d’un iPad Pro 12”9 (1ère génération). Ce dernier est clairement moins pratique dans un usage mobile pur. Indépendamment de la qualité du clavier Brydge et de sa coque de protection, l’ensemble peine à séduire complètement dans une utilisation mi-ordinateur, mi-tablette. L’ensemble est souvent trop imposant pour y parvenir.

Il reste à l’iPad Pro 12“9 la qualité de son écran qui convient parfaitement dans certains travaux et pour la juxtaposition de deux écrans (multitâche). Comme indiqué précédemment, le clavier Brydge est lui excellent dans le cadre d’un travail productif. Après trois semaines, la qualité de la frappe offerte par le clavier Brydge ne se dément pas.

En usage nomade, l’iPad 12”9 est fortement concurrencé par l’iPad Pro 9”7 (ou aujourd’hui, l’iPad Air, 3e génération). Plus compact, doté d’un bon clavier externe avec le Brydge, l’iPad Pro 9”7 fait le job en productivité nomade tout en restant une tablette. Il sera mieux adapté pour travailler avec son iPad sur les genoux et dans un espace restreint.

Pour un travail de rédaction d’une journée, l’iPad Pro 12”9, muni de son clavier Brydge, garde, à mon avis, l’avantage surtout s’il s’agit de ne pas être distrait. Je peux ainsi et par exemple avoir mon traitement de texte avec mes notes manuscrites prises par Notability en vis-à-vis. Dans ce cadre-le, l’iPad 12”9 sera bien mieux adaptée que l’iPad Pro 9”7 et même le MacBook 12”.

Autre élément à souligner réside dans la qualité des hauts-parleur de l’iPad Pro 12”9, même si la qualité de ceux de l’iPad Pro 9”7 est également bonne. Plus large, l’iPad Pro 12”9 améliore, à mon avis, l’effet stéréo. Après, il est clair que suivant l’environnement vous utiliserez vos écouteurs quelque que soit votre iPad.

Si toutes les limitations en terme nomade ne sont pas entièrement gommées, le combo Brydge + iPad Pro 12”9 rebooste incontestablement cette première génération d’iPad Pro. En tout cas, le clavier Brydge remporte clairement mes suffrages. Pour moi, c’est le meilleur clavier externe relié à l’iPad à l’heure actuelle.

NB : cet article ne contient aucun article placé ou sponsorisé. Tous les produits testés ont été dûment achetés.

Classé sous :Blogcafé

Lecture : Vanessa Springora – Le Consentement

21 janvier 2020 by Lyonel Kaufmann 1 commentaire

Difficile en ce débute d’année 2020 de passer à côté de l’ouvrage de Vanessa Springora, celui-ci décortique la relation entre l’auteure âgée alors de 14 ans et Gabriel Matznef âgé lui de 50 ans. 

Au-delà du portrait d’un pédophile notoire, mais jamais véritablement inquiété, l’ouvrage met également en évidence la complaisance et la complicité d’une partie non négligeable du microcosme littéraire parisien. 

L’ouvrage permet aussi et surtout d’entendre la voix d’une victime d’un pédophile et le long chemin à parcourir après une telle relation au niveau de toxicité maximal. 

Merci à Vanessa Springora d’avoir eu ce courage. Son écriture chirurgicale permet au lecteur de saisir la mécanique culpabilisante et auto-destructrice dans laquelle les pédophiles plongent durablement, voire de manière indélébile, leurs victimes. 

Les mécanismes de la domination exercée par le prédateur (l’ogre chez Vanessa Springora) sont aussi clairement décrits et décortiqués.

Au-delà de l’actualité et des réactions enfin bienvenues des milieux littéraires et de l’édition parisienne, ce livre mérite de se faire une place durable dans nos consciences et sur les étagères de nos librairies et bibliothèques. Vanessa Springora fait œuvre de salubrité publique.

Quelques extraits

Le moment de la rencontre où l’on découvre le prédateur ayant immédiatement identifié sa proie dès la première rencontre dans un dîner mondain :   

« À table, il est assis à un angle de quarante-cinq degrés. Une prestance évidente. Bel homme, d’un âge indéterminé, malgré une calvitie complète, soigneusement entretenue et qui lui donne un air de bonze. Son regard ne cesse d’épier le moindre de mes gestes et quand j’ose enfin me tourner vers lui, il me sourit, de ce sourire que je confonds dès le premier instant avec un sourire paternel, parce que c’est un sourire d’homme et que de père, je n’en ai plus. À coups de belles reparties, de citations placées toujours à propos, l’homme qui, je le comprends rapidement, est écrivain, sait charmer son auditoire et connaît sur le bout des doigts les codes du dîner mondain. Chaque fois qu’il ouvre la bouche, les rires fusent de toutes parts, mais c’est toujours sur moi que s’attarde son regard, amusé, intrigant. Jamais aucun homme ne m’a regardée de cette façon. »

Le prédateur est déjà bien présent dès le premier soir lorsqu’il est raccompagné en voiture par la mère de V. :

« Dans la voiture, G. est assis à côté de moi, sur la banquette arrière. Quelque chose de magnétique circule entre nous. Son bras contre le mien, ses yeux posés sur moi, et ce sourire carnassier de grand fauve blond. Toute parole est superflue. »

A propos de la lettre ouverte publiée dans Le Monde en 1977 en faveur de la dépénalisation des relations sexuelles entre mineurs et adultes, intitulée « À propos d’un procès », et signée notamment par Barthes, Deleuze, Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, André Glucksmann, Louis Aragon… :

« La pétition est également signée G.M. Il faudra attendre 2013 pour qu’il révèle en avoir été l’initiateur (il en est même le rédacteur), et n’avoir essuyé à l’époque que très peu de refus lors de sa quête de signatures (dont celles, notables, de Marguerite Duras, Hélène Cixous et… Michel Foucault, qui n’était pourtant pas le dernier à dénoncer toutes les formes de répression). »

L’implacable et terrible constat :

« À quatorze ans, on n’est pas censée être attendue par un homme de cinquante ans à la sortie de son collège, on n’est pas supposée vivre à l’hôtel avec lui, ni se retrouver dans son lit, sa verge dans la bouche à l’heure du goûter. »

Le début de la déprise de V.  :

« G. est parti pour deux semaines faire sa cure de jouvence en Suisse. Il m’a laissé les clefs de la chambre d’hôtel et du studio du Luxembourg. Je pourrai y passer, si je le souhaite. Un soir, je finis par transgresser le tabou et décide de lire les livres interdits. D’une traite, comme une somnambule. Pendant deux jours, je ne mets pas le nez dehors. La pornographie de certains passages, à peine dissimulée sous le raffinement de la culture et la maîtrise du style, me donne des haut-le-cœur. »

Une relation placée sous l’angle du syndrome de Stockholm :

« le syndrome de Stockholm n’est pas qu’une rumeur. Pourquoi une adolescente de quatorze ans ne pourrait-elle aimer un monsieur de trente-six ans son aîné ? Cent fois, j’avais retourné cette question dans mon esprit. Sans voir qu’elle était mal posée, dès le départ. Ce n’est pas mon attirance à moi qu’il fallait interroger, mais la sienne. »

Un ogre et une violence sans nom :

« Chaque jour, grâce à moi, il assouvissait une passion réprouvée par la loi, et cette victoire, il la brandirait bientôt triomphalement dans un nouveau roman. »

Une emprise à vie, même après la déprise :

« Quand je crois être enfin libre, G. retrouve toujours ma trace, pour tenter de raviver son emprise. J’ai beau être adulte, dès qu’on prononce le nom de G. devant moi, je me fige et redeviens l’adolescente que j’étais au moment où je l’ai rencontré. J’aurai quatorze ans pour la vie. C’est écrit. »

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