Il y a 102 ans, un autre Noël en pandémie

Il y a 102 ans, un autre Noël en pandémie, nous rappelle le journal La Presse concernant le Québec.

Ce Noël teinté par la pandémie n’est pas le premier que la planète aura connu. Il y a 102 ans, le monde devait composer avec des festivités assombries par la grippe espagnole. Les Fêtes de 1918 ont été endeuillées par les milliers de morts qu’a connus le Québec lors de la première vague de la maladie, de septembre à novembre.

PHOTO FOURNIE PAR LE CENTRE D’ARCHIVES DE LA RÉGION DE THETFORD, FONDS GALERIE DE NOS ANCÊTRES DE L’OR BLANC (DON : JULIETTE DALLAIRE). Enfants atteints de la grippe espagnole soignés dans un hôpital temporaire aménagé dans les locaux du collège La Salle, à Thetford Mines. À gauche, on aperçoit une institutrice, Marie-Ange Ouellet, qui, comme plusieurs de ses collègues, s’était improvisée aide-soignante pour s’occuper des enfants malades.

Noël en noir

PHOTO FOURNIE PAR LE CENTRE D’ARCHIVES DE LA RÉGION DE THETFORD, FONDS GALERIE DE NOS ANCÊTRES DE L’OR BLANC (DON : JULIETTE DALLAIRE). Patientes atteintes de la grippe espagnole soignées à l’hôpital temporaire de Thetford Mines.

La pandémie a beau avoir connu son pic en octobre 1918 au Québec, Noël n’en a pas moins été assombri cette année-là. « Beaucoup de gens étaient en deuil, les familles épargnées étaient rares », explique Monique T. Giroux, auteure et historienne du Centre-du-Québec qui a beaucoup publié sur la grippe espagnole dans la région de Victoriaville. « Ça voulait dire pas de musique, pas de festivités, pas de réveillon avec un festin. Le deuil devait être observé pendant un an. » Les enfants avaient-ils des cadeaux ? « En 1918, seuls les enfants de bourgeois avaient des cadeaux ; en campagne, ils avaient une orange et deux ou trois bonbons. » Les églises ont été fermées jusqu’au début de novembre. « Il n’y avait même pas de funérailles, les corbillards passaient devant l’église et le curé bénissait le cercueil de loin avec son goupillon. »

En 2004, dans la Revue d’histoire de l’Amérique française, l’historienne Magda Fahrni de l’UQAM notait d’ailleurs que la grippe espagnole avait donné lieu à une reconnaissance du travail des femmes et servi de révélateur des conditions de vie misérables dans les quartiers pauvres de Montréal, menant à la Loi de l’Assistance publique en 1921 et à la création de l’ancêtre du ministère de la Santé en 1922.

Espagnole… ou américaine ?

PHOTO TIRÉE DES ARCHIVES NATIONALES AMÉRICAINES   Patients alités au camp Funston, au Kansas, un lieu aménagé en 1918 pour soigner des patients infectés par la grippe espagnole.

La première vague, en 1918, est survenue au Kansas et au Texas, et la maladie a été introduite en Europe par des soldats américains qui s’entraînaient dans ces États. Pour cette raison, certains experts pensent qu’elle est apparue en premier aux États-Unis, malgré son nom d’« espagnole ». Certains avancent que ce nom est dû au fait que l’Espagne était le seul pays européen où les journaux n’étaient pas censurés et pouvaient donc évoquer la pandémie librement.

Les pandémies de grippe depuis 300 ans

PHOTO TIRÉE DES ARCHIVES DE LA VILLE DE TORONTO   Cours d’utilisation du mouchoir dans une école de Toronto en 1918
  • 1729-1730 : origine en Russie 
  • 1732-1733 : origine en Russie 
  • 1781-1782 : origine en Russie, Chine
  • 1830-1831 : origine en Russie 
  • 1833 : origine en Russie, Chine
  • 1836-1837 : origine en Russie 
  • 1857-1859 : origine en Europe 
  • 1874 : origine au Canada 
  • 1889-1890 : origine en Russie 
  • 1918 : origine en Europe et aux États-Unis
  • 1947-1948 : origine en Italie 
  • 1957 : origine en Chine 
  • 1968 : origine en Chine 
  • 1977 : origine en Chine 
  • 2009 : origine au Mexique

Sources : OMS, Alain Gagnon, Pandemic Influenza 1700-1900

A lire : Il y a 102 ans, un autre Noël en pandémie | La Presse

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