Berlin 1989, le week-end de la chute – Libération

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Le 11 novembre, du côté Ouest du Mur. Photo Jean-Claude Coutausse

Il y a trente ans, le photographe Jean-Claude Coutausse couvrait les événements à Berlin pour le journal «Libération». Arrivé sur place le 10 novembre au soir, il raconte qu’il a entendu le Mur avant de le voir : des centaines de Berlinois frappaient le béton. Il se souvient d’un week-end polaire et bouleversant durant lequel un flot ininterrompu de gens de l’Est s’échappait par les brèches ouvertes. A ce moment, il savait qu’il vivait la fin de la Seconde Guerre mondiale. 

Crédit image en-tête : Le 10 novembre. Un soldat est-allemand parle avec des habitants de Berlin-Ouest qui ont grimpé sur le Mur, près de la Porte de Brandebourg. Photo Jean-Claude Coutausse

Source : Berlin 1989, le week-end de la chute – Libération

Derrière le mur de Berlin : les clichés fantômes pris par les appareils photo cachés de la Stasi

Donna West Brett, University of Sydney

Quand le mur de Berlin a coupé l’Allemagne en deux, en 1961, le ministère de la Sécurité d’État de l’Allemagne de l’Est – plus connu sous le nom de Stasi – a mis en place une surveillance massive des citoyens de la République démocratique allemande.

Le Centre d’observation de la Stasi forma des agents à la photographie, à la filature des suspects et à l’art du déguisement.

Cette surveillance se traduisit par le recueil d’innombrables documents écrits, d’enregistrements audio et vidéo, d’odeurs individuelles… et de quelque deux millions de photographies qui se trouvent aujourd’hui rassemblées dans les archives de la Stasi.

Afin de prendre des photos en toute discrétion, des appareils photo ont été spécialement conçus pour être dissimulés dans des pots de fleurs, des stylos, des vestes et des sacs. Certains d’entre eux étaient d’une taille si réduite que leur objectif pouvait être cousu derrière une boutonnière, tandis que le déclencheur tenait dans une poche.

Trente ans après la chute du mur, les images de cette période de surveillance étatique de masse nous offrent un regard sans précédent à la fois sur les personnes qui ont tenté de fuir à l’ouest et sur les activités de la Stasi.

Les ombres sur les côtés apparaissent à présent comme des effets dus à la pellicule – il s’agit en fait du bord du tissu de la boutonnière. Photos prises vers 1975, bureau des enregistrements de la Stasi

 

Les clichés pris avec des appareils dissimulés dans des boutonnières ont une étrange ombre sombre autour du bord de l’image qui ressemble aux effets photographiques fantomatiques que produisent parfois les appareils photo en plastique bon marché. Ces images sont souvent floues, l’observateur cherchant avant tout à photographier les suspects sur le vif.

Une série de clichés effectuée en 1975 montre deux personnes échangeant un sac dans la rue.

Ces photos prises en secret capturent l’instant où un couple échange un sac. Photo prise vers 1975, bureau des enregistrements de la Stasi

 

L’agent de la Stasi a suivi le couple, prenant des photos qui montrent les suspects en train de marcher vers une voiture. Les images jettent un voile suspect sur ces actions qui semblent a priori tout à fait innocentes.

Mais il n’y a pas plus d’informations dans les archives de la Stasi sur ce couple ou sur cet événement. C’est probablement dû au fait que de nombreux enregistrements ont par la suite été endommagés ou détruits par le régime afin de dissimuler la surveillance de masse illégalement mise en œuvre.

Le comportement de ces personnes est peut-être anodin, mais le seul fait de les photographier suffit à les rendre suspectes. Photo prise vers 1975, Bureau des enregistrements de la Stasi

Les chemins de l’évasion

Le mur de Berlin a été construit principalement afin d’endiguer le flux de plus de quatre millions de citoyens qui avaient quitté l’Allemagne de l’Est pour un Occident plus prospère et démocratique. Entre 1961 et 1989, plus de 5 000 personnes se sont échappées d’Allemagne de l’Est.

Parmi les méthodes employées, citons le fait de sauter par des fenêtres situées au-dessus de la frontière ; l’emploi de ballons à air chaud ; la construction de tunnels ; la fuite dans des coffres de voiture ; on a même rapporté un cas de tentative d’évasion dans le ventre creux d’une fausse vache.




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World politics explainer: The fall of the Berlin Wall


L’une des fuites les plus fameuses fut celle de Heinz Holzapfel, le 29 juillet 1965. Vivant à Leipzig, il avait d’abord rejoint Berlin-Est avec sa femme et son fils.

La famille s’est cachée dans un bâtiment appartenant à un ministère situé à proximité du mur, avant de monter sur le toit et de signaler sa présence avec une lampe torche à des amis de Berlin-Ouest, qui jetèrent aux Holzapfel une corde en nylon attachée à un marteau. La nuit était froide et venteuse et le passage par-dessus le mur, dans une poulie formée d’une roue de vélo et d’un baudrier, était extrêmement dangereux.

Une photo de presse montre Heinz Holzapfel et son fils en sécurité à Berlin-Ouest, exhibant leur baudrier. On les voit souriants, heureux d’avoir survécu à cette évasion si risquée dont la planification avait duré plus d’un an.

Le harnais que la famille Holzapfel a utilisé pour passer le mur. Photographie d’illustration d’un article consacré à leur fuite. Anonyme : Réfugiés, RDA, fuite de la famille Holzapfel à l’ouest, 1965

Surveiller le mur

Les personnes soupçonnées de vouloir faire défection étaient surveillées par des officiers de la Stasi dont la mission était d’empêcher la fuite des suspects et de procéder à leur arrestation en les prenant sur le fait. Entre juillet et août 1962, des agents ont observé en permanence un restaurant abandonné situé dans le quartier de Kreuzberg, à Berlin. Des informateurs avaient signalé le creusement d’un tunnel passant sous le mur depuis l’intérieur du restaurant.

Les agents ont rédigé des rapports détaillés sur chaque personne entrant et sortant du bâtiment : couleur des cheveux, sexe, taille, vêtements, heure d’arrivée et de départ, venue en voiture ou à pied. En plus de ces très nombreuses notes, ils ont pris des photographies. Certaines ressemblent à des images de film. D’autres sont de piètre qualité, comme si le photographe était pressé de saisir l’instant.

Des personnes suspectées de vouloir faire défection sont photographiées en train de retrouver des amis venus en voiture. Observation d’une possible tentative de fuite à proximité d’un checkpoint à Berlin, 26 août 1962, Bureau des enregistrements de la Stasi, Berlin

 

Un jour en août, les agents de la Stasi prirent une série de photos, soupçonnant que la tentative d’évasion était imminente. Un certain nombre de personnes – jugés suspects du fait qu’ils se trouvaient à proximité d’un checkpoint – rencontraient des amis dans une voiture (de nombreuses tentatives d’évasion ont été tentées en voiture, soit en percutant les barrières de contrôle, soit en passant en dessous), tandis que d’autres regardent depuis le toit voisin.

Il s’agissait en fait peut-être d’une diversion. Le tunnel et la tentative d’évasion furent abandonnés pour des raisons inconnues, et la Stasi fut incapable de procéder à la moindre arrestation.

Des souvenirs douloureux enfermés dans les archives

Fin 1989, des citoyens prirent d’assaut les bureaux de la Stasi après une série de révolutions qui bouleversèrent l’Europe de l’Est. La chute du mur de Berlin, le 9 novembre, marquerait la fin de l’après-guerre et la division de l’Allemagne.

Les personnes ayant été surveillées ou emprisonnées peuvent désormais accéder à leur dossier de la Stasi. Ces dossiers peuvent contenir des photographies et des preuves que des membres de leur famille, leurs épouses, maris ou amants, avaient été des informateurs des services de sécurité.

Des dossiers semblables à celui-ci, qui documente la fuite de la famille Tomas par un tunnel le 7 mai 1962, sont désormais accessibles au public, y compris aux personnes ayant fait l’objet d’une surveillance de la part de la Stasi. Bureau des enregistrements de la Stasi

 

Vera Iburg, qui travaille dans les archives, a déclaré au Spiegel :

« C’est terrible. Les mensonges que les gens racontent et la faiblesse de la nature humaine vous plongent dans le désespoir. »

Nous voyons aujourd’hui dans ces photographies des objets esthétiques et des preuves factuelles de la surveillance de masse mise en œuvre par le régime de surveillance de masse ; mais n’oublions pas qu’elles restent à ce jour porteuses d’une profonde douleur pour les victimes.

Il nous appartient de tirer les leçons de l’expérience de la Stasi et de la surveillance constante de la vie quotidienne.The Conversation

Photo en-tête : Photographie prise par des agents de la Stasi de transfuges présumés dans un restaurant abandonné dans le quartier de Kreuzberg, Berlin, en 1962. Stasi Records Agency Berlin/Bild

Donna West Brett, Lecturer in Art History, University of Sydney

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

A l’école des jeux de rôle: des gymnasiens dans le quotidien des Romains – Le Temps

L’atelier «Qvotidie» propose aux élèves romands de résoudre une enquête dans la Rome antique, un jeu de rôle pédagogique qui complète et rafraîchit les méthodes d’enseignement. Reportage du journal Le Temps au Gymnase Provence à Lausanne.

« D’un point de vue pédagogique, «le jeu touche aux compétences transversales du plan d’études romand: collaboration, communication, stratégie d’apprentissage, pensée créative et démarche réflexive», explique Grégory Thonney, chargé de projet au SCMS. Ce créateur de Qvotidie a aussi fondé l’association Ars Ludendi, qui organise des événements pour explorer les différents potentiels des jeux de rôle. Il s’avère que l’aspect ludique stimule l’élève, qui «maintient souvent sa concentration de façon plus soutenue et s’autorise à se tromper parce que c’est «pour de faux», détaille la professeure de la HEP Vaud Anne Clerc-Georgy. Sa collègue Florence Quinche confirme que l’aspect ludique intensifie la participation des élèves, «ce qui ouvre une façon différente d’apprendre, complémentaire aux cours classiques: en expérimentant». »

Le Service culture et médiation scientifique (SCMS) de l’Université de Lausanne animait, en septembre dernier, le jeu de rôle Qvotidie auprès d’une classe de culture antique. Les vacances d’automne terminées, il propose de nouveau cette animation aux établissements scolaires.

—A lire :  A l’école des jeux de rôle: des gymnasiens dans le quotidien des Romains – Le Temps

La reine Marie-Antoinette, nouvelle icône pop | Le Monde

La souveraine guillotinée connaît un regain de popularité auprès des artistes. Quelque 200 œuvres que la reine a inspirées sont exposées jusqu’en janvier 2020 à Paris, à la Conciergerie qui fut sa dernière demeure.

Il est peu de personnages historiques dont les légendes concurrentes, noire et dorée, accusent un contraste aussi fort que celles de Marie-Antoinette. Dernière reine de France, l’épouse de Louis XVI incarne à la fois la mère outragée lors d’une parodie de procès, devenue par sa mort sur l’échafaud une figure de martyr, et la princesse dépensière qui joue à la bergère au Trianon, creuse le déficit des finances publiques et méconnaît la situation réelle du pays jusqu’à être surnommée « Madame Veto ».

Deux siècles plus tard, la vision de la reine n’a plus guère de rapport avec celles livrées par la guerre, entre propagande monarchiste et stigmatisation révolutionnaire. C’est cette métamorphose que présente, à travers 200 œuvres, l’exposition proposée par la Conciergerie à Paris.

-A lire : La reine Marie-Antoinette, nouvelle icône pop | Le Monde

Crédit photo : « Queen Marie-Antoinette in a Court Dress by Elisabeth Vigée Le Brun. Self-portrait », de Kimiko Yoshida, 2010. KIMIKO YOSHIDA

La carte, objet éminemment politique : les interventions des Etats-Unis et de la Russie dans les élections à l’étranger (1946-2000)

L’ingérence de la Russie dans les élections présidentielles américaines de 2016 (affaire du Russiagate) a marqué l’actualité politique et constitué un précédent. Jusque-là les deux grandes puissances s’abstenaient en général d’intervenir dans les affaires intérieures de l’autre. Ce qui ne signifie pas qu’elles ne s’immisçaient pas dans les élections à l’étranger. De l’Europe à l’Amérique centrale ou à l’Asie, ces formes d’ingérences électorales ont constitué une des dimensions importantes de la Guerre froide jusqu’à nos jours. Will Geary a élaboré une carte animée qui recense les cas connus d’ingérence électorale américaine et soviétique entre 1946 et 2000.

• A lire : https://cartonumerique.blogspot.com/2019/10/ingerences-electorales-EU-Russie.html

« J’ai longtemps détesté cette photo », confie celle qui a été la fille au napalm

Kim Phuc est l’iconique « petite fille brûlée au napalm ». Aujourd’hui quinquagénaire, celle dont la photo a fait le tour du monde et changé le cours de la guerre du Vietnam raconte à la RTS comment elle a surmonté la haine et la souffrance.

Kim Phuc Phan Thi a fait la Une des médias internationaux car elle a vécu l’enfer. Le 8 juin 1972, des bombes au napalm tombent sur son village du Sud-Vietnam, larguées par erreur par les forces de Saïgon. Âgée alors de 9 ans, elle prend la fuite sur une route, mais est happée de dos par les flammes. Les vêtements réduits en cendres, sévèrement brûlée et terrorisée, elle est photographiée par un reporter d’Associated Press. L’image devient un symbole de l’horreur de la guerre du Vietnam.

Le cliché de Nick Ut est lauréat du World Press Photo 1972 et du prix Pulitzer de la photographie d'actualité en 1973.
Le cliché de Nick Ut est lauréat du World Press Photo 1972 et du prix Pulitzer de la photographie d’actualité en 1973.

-À lire et à écouter : « J’ai longtemps détesté cette photo », confie celle qui a été la fille au napalm

Steinlen (1859-1923) «Guerre à la guerre!» | MCBA Lausanne

Ce week-end a eu lieu l’ouverture au public du MCBA à Lausanne. L’occasion de découvrir ou redécouvrir le musée et ses collections acquises par donation.

Théophile-Alexandre Steinlen (1859-1923) est l’une des figures majeures de l’art européen autour de 1900. D’origine veveysanne, naturalisé français, il fut tout à la fois dessinateur, graveur, caricaturiste, illustrateur, affichiste, peintre, sculpteur. Bien qu’autodidacte, il est l’héritier d’une riche tradition artistique dans le domaine de l’iconographie politique, de l’art religieux, dans le genre du nu, de la nature morte, du portrait et surtout dans la peinture de genre. D’un côté il fait revivre le souvenir des chefs-d’œuvre de Delacroix, Daumier, Doré ou Manet.


Près de dix millions de soldats morts: tel est le bilan de la Première Guerre mondiale. Les soldats se sont vus confrontés à l’inertie des tranchées, à cette zone intermédiaire appelée le no man’s land et, face à eux, à un ennemi invisible, une artillerie de pointe, des zeppelins, des avions. Si peu de peintures de batailles ont été produites, les gravures, les illustrations, les affiches, les photographies, les films sont légion. Steinlen a largement contribué à cette iconographie avec plus de deux cents gravures, une quinzaine d’affiches, une dizaine de peintures et des centaines de dessins. Dès la mi­août 1914, il se rapproche à plusieurs occasions du front. Il devra attendre avril 1917 pour se rendre sur le théâtre des hostilités, à Châlons­sur­Marne, dans le cadre des Missions artistiques aux armées (son compatriote Vallotton fait alors de même). Steinlen saisit l’humanité souffrante: vieillards et enfants, femmes faisant la queue pour s’alimenter, veuves et orphelins, familles dispersées, mais aussi soldats blessés, épuisés, esseulés. Au final s’impose l’image d’un artiste demeuré foncièrement humaniste et pacifiste. (Steinlen, l’œil de la rue)

Infos sur l’artiste : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Théophile_Alexandre_Steinlenhttps://fr.m.wikipedia.org/wiki/Théophile_Alexandre_Steinlen

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Où en sont les MOOC ? 6 recherches passionnantes sur le sujet | Thot Cursus

La presse souligne la mue des MOOC qui se transforment dans leurs modèles économiques et pédagogiques tout en s’installant tranquillement dans le paysage. Des recherches publiées en 2019 évaluent les usages, les avancées et les limites des MOOC. Entre déception et exploration, surprise et adaptation, le format continue de chercher ses marques et de creuser son sillon.

Cet article de cursus.edu fait le point sur ces différentes recherches. A la lecture de ces recherches, je fais le constat que les éléments relevés concernant les MOOC ne diffèrent guère des constats faits depuis longtemps relativement au e-learning.

—A lire : Où en sont les MOOC ? 6 recherches passionnantes sur le sujet | Thot Cursus

L’original du statut des juifs accable le Maréchal Pétain

Le document d’octobre 1940 a été récemment découvert et authentifié, annonce Serge Klarsfeld. Les corrections du chef du régime du Vichy élargissent le nombre de juifs concernés et renforcent les interdictions les touchant.

«Il s’agit d’un document établissant le rôle déterminant de Pétain et son profond antisémitisme », estime le célèbre chasseur de nazis Serge Klarsfeld. L’avocat a annoncé dimanche que la version originale du statut des juifs d’octobre 1940 a été retrouvée et authentifiée. Le texte inédit a été annoté par le Maréchal Pétain. Ses commentaires suggèrent que le chef du régime de Vichy a considérablement durci le texte initial et élargi son impact à toute la population juive française de l’époque. «Les défenseurs de Pétain disaient qu’il avait protégé les Juifs français. Cet argument tombe», souligne Serge Klarsfeld.

-A lire : L’original du statut des juifs accable le Maréchal Pétain | Le Figaro

Photo : Alors que le projet initial prévoyait d’épargner «les descendants de Juifs nés français ou naturalisés avant 1860», le maréchal Pétain décide de rayer cette mention. -/AFP

Les bébés préhistoriques étaient déjà nourris au biberon

De petits récipients en céramique avec un bec verseur et pouvant tenir dans la main d’un bébé sont apparus pour la première fois en Europe au Néolithique (vers -5000 avant notre ère). Ils se sont généralisés à l’âge de Bronze, puis du Fer.

Les archéologues supposaient que cette vaisselle était utilisée pour faire boire les bébés, mais sans en avoir la preuve, car ces poteries auraient aussi bien pu servir à alimenter des malades ou des infirmes. Ils affirment dans une étude parue mercredi dans la revue Nature qu’ils peuvent désormais le prouver.

Source de l’info : https://ift.tt/2nHShMG

Réseaux, le jeu éducatif sur la Résistance

Réseaux est un jeu de plateau éducatif créé par les Archives départementales des Yvelines.

Inspiré de documents d’archives, Réseaux est un outil pédagogique pour découvrir comment fonctionnaient les réseaux clandestins, prendre conscience des risques encourus par les résistants et de leurs actes héroïques.

Dans Réseaux, vous incarnez les chefs de réseaux de Résistance de l’ancienne Seine-et-Oise (actuels départements des Yvelines, Hauts-de-Seine, Essonne et Val d’Oise) pendant la Seconde Guerre mondiale. Votre but : déstabiliser les troupes d’occupation allemandes en opérant des missions de sabotage, de propagande, d’espionnage et d’attaque.

Pour télécharger le jeu : Réseaux, le jeu éducatif sur la Résistance – Educ’Archives

«Technopoly. Comment la technologie détruit la culture» de Neil Postman enfin traduit en français

L’un des ouvrages majeurs du théoricien ­américain des médias Neil ­Postman (1931-2003) paraît aujourd’hui en français : il reste d’une actualité frappante.

Quand le théoricien ­américain des médias Neil ­Postman (1931-2003) publia Technopoly aux Etats-Unis, en 1992, Internet n’en était qu’à ses débuts. Seul le nom d’Arpanet, ancêtre du réseau des réseaux, apparaît d’ailleurs dans le livre.

Son propos n’en reste pas moins pertinent à l’heure où l’intelligence artificielle occupe tous les esprits et apparaît comme le dernier avatar ou une nouvelle étape de l’ère de la Technopoly caractérisée par la « soumission de toute forme de culture à la souveraineté des machines et de la technique ».

Postman remet lui une forme d’humanisme au cœur de la pensée de la technique.

Pour Postman, l’histoire des techniques est celle des relations entre technique et culture. Il identifie trois grandes périodes de cette histoire. Avant le temps de la technopoly, il y a eu

  • les « civilisations de l’outil », où les techniques étaient soumises à un ordre religieux et moral traditionnel;
  • puis vint, en Occident, le temps de la « technocratie » (Francis Bacon, Galilée), où la rationalité techno-scientifique entre en conflit ouvert avec l’idéologie religieuse.

Ce n’est qu’au XXe siècle, avec l’avènement de l’organisation scientifique du travail, la domination du scientisme bureaucratique et la naissance de l’informatique, que la technique serait parvenue, dans la « technopoly », à subordonner à ses propres fins toute forme de pensée.

La présentation de l’ouvrage par l’éditeur (https://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec/technopoly):

« Nous sommes entrés dans l’ère de la Technopoly. Soit une société dans laquelle la culture est entièrement soumise aux impératifs technologiques. Tout doit y être mesuré, évalué avec le plus haut degré de précision, converti sous forme de données quantifiables et objectives, pour permettre à des machines ou à des experts d’assurer, pour notre plus grand bonheur, la gestion de nos vies.

Bien que l’information n’ait jamais été aussi facile d’accès et présente en telle quantité, nous sommes désemparés, incapables d’appréhender un monde devenu d’une grande complexité. D’autant que les institutions sociales (l’école, la famille, les organisations politiques…) et les valeurs au fondement de la culture humaniste – qui structuraient jusqu’alors nos existences tout en favorisant le développement de notre autonomie et de notre faculté de jugement – ont rendu les armes face au monopole de la technique.

Les réflexions développées dans ce livre retentissant de Neil Postman, publié pour la première fois aux États-Unis en 1992, n’ont rien perdu de leur actualité. Bien au contraire, elles révèlent avec une rare lucidité les fondements des mutations profondes qui n’ont fait que s’accélérer depuis. En remontant aux origines de la science moderne et de l’idéologie du progrès, l’auteur dresse un constat sans appel : la soumission de la culture à la technique menace à terme de détruire les sources vitales de notre humanité. »

Référence : « Technopoly. Comment la technologie détruit la culture », de Neil Postman, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par le collectif Technologos, L’Echappée, 224 p., 18 €.

Source : « Technopoly » : Neil Postman, rebelle à l’idéologie technophile

La cathédrale « en sable » de Lausanne « coule sur le trottoir » quand il pleut

En charge de la rénovation de la cathédrale Notre-Dame de Lausanne, l’architecte Christophe Amsler a expliqué mardi dans La Matinale pourquoi il faut réparer sans cesse le bâtiment, et comment le moderniser sans trahir le patrimoine.

Il y avait les bâtisseurs de cathédrales, il y a désormais les « re »-bâtisseurs de cathédrales. Christophe Amsler est l’un de ceux qui, pour les générations futures, répare la pierre venue du passé. Il a notamment contribué à la restauration de la basilique fortifiée de Valère à Sion, à celle de la collégiale de Neuchâtel, ou encore à celle du château de l’Aile à Vevey.

Mandaté par le canton de Vaud, cet architecte est l’un des responsables de la prochaine étape de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Lausanne. Il a la lourde tâche de succéder, entre autres, au célèbre Viollet-le-Duc, l’un des précédents restaurateurs du bâtiment emblématique de la capitale vaudoise, connu notamment pour sa restauration de Notre-Dame de Paris au XIXème siècle.

Lire la suite :  https://www.rts.ch/info/regions/vaud/10698357-la-cathedrale-de-lausanne-perd-une-partie-de-sa-matiere-lorsqu-il-pleut.html

Crédit photo : La cathédrale Notre-Dame vers 1873 avec la flèche d’Henri Perregaux, remplacée bientôt par celle due à Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc. Wikipedia.

France : un buste d’Hitler caché dans les sous-sols du Sénat

Une enquête du Monde publiée mardi 3 août révèle la conservation d’un buste d’Hitler et d’un drapeau nazi de deux mètres sur trois dans les sous-sols du Sénat. Un secret bien gardé depuis 75 ans et connu de seulement quelques initiés au sein de l’institution.

Après les multiples sollicitations du journal, l’institution a fini par reconnaître l’existence du buste et de plusieurs objets nazis dissimulés en son sein. P

Le personnel du Sénat aurait même travaillé sur des bureaux ornés de l’aigle du IIIe Reich jusqu’à récemment. Le Palais les aurait vendu il y a une dizaine d’années…

Petite question pour les enseignants d’histoire romands du cycle 2 :

sous quelle dimension de la pensée historienne pourriez-vous faire enquêter vos élèves : Changements et permanence, Mythes et réalité ou Traces et mémoire?

Source : Un buste d’Hitler caché dans les sous-sols du Sénat | LesInrocks