Le renard apprivoisé par les chasseurs-cueilleurs ?

 

Le renard est une espèce sauvage classée parmi les nuisibles, et pourtant…
Andamanec et Ksenia Raykova/Shutterstock , CC BY-NC-ND

Colline Brassard, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

[…]

Apprivoisés ou domestiqués ?

Rappelons-nous les paroles du Petit Prince de Saint-Exupéry : apprivoiser, c’est « créer des liens ». Il y a environ 15 000 ans, des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur se sont rapprochés de loups peu farouches, les apprivoisant sans doute pour en tirer une protection face aux prédateurs, tandis que les loups bénéficiaient, eux, d’un accès facilité à la nourriture.

Opérant progressivement une sélection artificielle sur ces animaux plus dociles que leurs congénères, les humains ont alors initié un processus de domestication, certainement en plusieurs points du globe. Ainsi, à partir du loup sauvage, l’humain a créé son ami le plus fidèle, selon l’image qu’il s’en faisait.

S’il te plaît… apprivoise-moi !
Ivan Protsiuk/Shutterstock, CC BY-NC-ND

Le renard n’a pas eu le même destin. Il est resté sauvage, peut-être parce qu’une cohabitation aurait été moins bénéfique pour nous, étant donné qu’il ne vit pas en meute et a une carrure moins imposante. Pour autant, l’humain ne peut s’empêcher de tenter de « créer un lien » avec le petit rusé, et cela ne date pas d’aujourd’hui. Bien avant que Le Petit Prince n’en fasse l’expérience, il semblerait que les hommes préhistoriques tentaient déjà d’en faire leur compagnon.

En effet, de rares trouvailles archéologiques suggèrent que nos ancêtres ont pu développer une relation privilégiée avec le renard, lui attribuant un statut particulier. Ainsi, si l’on en croit les chercheurs Lisa Maher et Edward Banning des universités de Cambridge et de Toronto, la première association homme-renard en contexte funéraire daterait d’il y a 16 500 ans.

À Uyun al-Hammam, en Jordanie, un renard et un homme ont été retrouvés dans deux tombes adjacentes avec des offrandes. Selon les auteurs de l’étude, il pourrait s’agir d’un renard tué pour être enterré avec son « propriétaire » – les deux corps ayant été par la suite partiellement déplacés ensemble pour maintenir le lien qui les unissait de leur vivant –, et ce, avant même que le chien domestique ne soit présent dans la région.

D’autres cas plus récents sont rapportés, datant notamment de l’âge du Bronze, soit il y a environ 4 000 ans. Ainsi, en Alsace un renard aurait été mis en terre avec des offrandes, tandis que plusieurs renards auraient été enterrés aux côtés d’humains et de chiens dans différents sites ibériques.

Ces cas exceptionnels évoquent selon les spécialistes une tentative de rapprochement, voire de domestication, même si l’hypothèse de pratiques rituelles n’est pas à exclure. En effet, notre conception actuelle de l’animal familier peut fausser le débat. Il est possible qu’elle ne soit pas transposable à l’éventail des relations entretenues par les chasseurs-cueilleurs avec la faune sauvage qui les entourait.

[…]

Colline Brassard, Docteur vétérinaire, doctorante en anatomie fonctionnelle et en archéozoologie, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

La grande rétrospective de Dora Maar au Centre Pompidou

Du 5 juin au 29 juillet, la plus grande rétrospective jamais consacrée à Dora Maar est exposée au Centre Pompidou à Paris. Ce doit être aussi une opportunité pour développer à l’école une histoire non genrée de l’art dans l’histoire.

Du 5 juin au 29 juillet, le Centre Pompidou accueille la plus grande rétrospective jamais consacrée en France à Dora Maar, photographe surréaliste emblématique du XXe siècle. Née Henriette Theodora Markovic, le 22 novembre 1907 à Tours, elle étudia à l’Académie Julian à Paris. C’est ici qu’elle fit la rencontre des artistes du mouvements surréaliste et en épousa l’esthétique.

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Le succès de Dora Maar fut posthume, l’époque ne laissant pas la place aux femmes de s’exprimer artistiquement et sa relation avec Picasso l’ayant menée à quitter la photographie. Une relation complexe et controversée dont elle sortit détruite.

Après sa mort en 1997, ses travaux ont été redécouverts et exposés dans plusieurs lieux, sans pour autant qu’une rétrospective de grande ampleur lui soit consacrée.

Cette exposition ne fait que de lui rendre justice, à elle ainsi qu’à toutes les artistes largement et injustement minorées toutes époques confondues. Un important travail reste à faire pour que nos enseignements intègrent les questions de genre, y compris dans les aspects culturels. Ainsi, les commémorations des 500 ans de la mort de Léonard de Vinci devraient également être l’occasion de mettre en évidence le statut des femmes artistes de la Renaissance et de mettre en situation leurs réalisations.

Source et informations : La grande rétrospective de Dora Maar au Centre Pompidou | Lense. Crédit photo : @Dora Maar.

La voix de Frida Kahlo dévoilée dans un enregistrement inédit | Courrier international

La Phonothèque nationale du Mexique a rendu public un enregistrement de la voix de l’artiste, jamais entendue auparavant.

Dans l’enregistrement, l’artiste peintre morte en 1954 à l’âge de 47 ans récite des fragments d’un texte écrit en 1949 pour décrire son mari Diego Rivera, un célèbre peintre mexicain également.

Ses épaules enfantines, étroites et rondes, se terminent par des mains merveilleuses, petites et finement dessinées, sensibles et subtiles comme des antennes qui communiqueraient avec l’univers entier. Il est étonnant que ces mains aient tant peint et qu’elles travaillent encore infatigablement. »

L’enregistrement de la voix de Frida Kahlo a été découvert en janvier dernier par le directeur de la Phonothèque nationale, Pavel Granados, en voyage à Huamantla, dans le centre du Mexique. L’enregistrement provient d’une émission consacrée en 1956 à Diego Rivera par le conférencier Álvaro Gálvez y Fuentes, dit « El Bachiller ». La bande originale a été numérisée et sera conservée à la Phonothèque nationale du Mexique.

Source : La voix de Frida Kahlo dévoilée dans un enregistrement inédit | Courrier international. Crédit photo : Tomas Bravo / REUTERS

Archéologie de la vie quotidienne pendant la Grande Guerre : un camp allemand | Inrap

L’archéologie ne se limite, de loin pas, à améliorer notre connaissance du passé très ancien. En voici un exemple en lien avec l’étude de la Première Guerre mondiale.

Une équipe d’archéologues de l’Inrap exhume actuellement des vestiges de la Première Guerre mondiale, près de Reims. Sur 4,5 hectares, cette fouille de l’Inrap, prescrite par l’État (Drac Champagne-Ardenne), est réalisée en amont de la construction d’une zone d’activités par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Reims-Epernay.

Mises en oeuvre pour l’étude de vestiges de l’âge du Fer et de la période gallo-romaine, ces recherches ont aussi permis la découverte d’un camp de soldats allemands à l’arrière du front. Peu de camps de seconde ligne ont été fouillés à ce jour alors qu’ils documentent un quotidien différent de celui des premières lignes

Actualité | Archéologie de la vie quotidienne pendant la Gra… | Inrap

Crédit photo : Inrap

Gallica et Wikisource désormais liés | Le blog de Gallica

Désormais, Gallica a un bouton Wikisource, vous permettant d’accéder à l’édition améliorée par les Wikisourcien.ne.s.

En 2010, la BnF a soumis à Wikisource près de 1500 ouvrages numérisés, images de pages et textes issus de la reconnaissance optique de caractères (OCR), comme évoqué dans ce précédent billet. Ce partenariat a donné lieu à de nombreuses actions de correction de la part des Wikisourciens et la mise en ligne des textes corrigés.

Aujourd’hui, Gallica valorise ce travail contributif en signalant, sur la page des documents Gallica concernés, la présence dans Wikisource de l’édition corrigée (ou en cours de correction).

Source : Gallica et Wikisource désormais liés | Le blog de Gallica

Source image en-tête : Alphabet des jeux, Capendu, Paris, 1890.

Maison Blanche (1912) – Le Corbusier – La Chaux-de-Fonds

Après l’AG statutaire du Groupe d’étude de la Didactique de l’Histoire de la Suisse romande et italienne (GDH) et avant la partie « remplir des estomacs affamés« , Nicolas Guillaume-Gentil, notre collègue de la HEP Bejune, avait organisé ce samedi 18 mai une visite de la Maison Blanche, réalisée par Le Corbusier.

Une partie des membres du GDH en file indienne accédant à la Maison Blanche

Âgé de 25 ans, Charles-Edouard Jeanneret (qui ne prendra le nom en 1920 de Le Corbusier), construit en 1912 la La Villa Jeanneret-Perret (dite Maison blanche) pour ses parents.

Vue sur la maison et principalement la salle à manger depuis le Jardin supérieur.

Nous avons pu bénéficier des très grandes connaissances de Edmond Charrière, président de l’Association Maison Blanche et architecte de formation, pour (re)découvrir une construction qui annonce très largement le programme de Le Corbusier.

La salle à manger. Sur la table un fax similé des carnets de notes de Le Corbusier, dont celles de son voyage en Orient.

En effet, cette réalisation à caractère néo-classique rompt avec l’Art nouveau régional et cristallise les expériences de Charles-Édouard Jeanneret faites à Paris auprès d’Auguste Perret, à Berlin auprès de Peter Behrens et lors de son voyage d’Orient, en 1911. Elle annonce, par ailleurs, certains points qui vont caractériser l’architecture puriste de Le Corbusier comme les fenêtres en bandeau, le toit-terrasse ou la promenade architecturale.

Vue depuis la pergola du Jardin supérieur

Un très bon moment comme l’ensemble de cette journée passée en excellente compagnie. Un grand merci aux organisateur.trice.s de la journée.

Dans tous les cas, si vous êtes de passage à La Chaux-de-Fonds, n’hésitez pas à faire la visite de cette maison, ouverte au public depuis 2006. Pour les heures d’ouverture : la maison est ouverte les vendredis, samedis et dimanches; des visites sur demande sont également possibles, dans la mesure de la disponibilité des guides bénévoles.

Le sable d’Hiroshima contient des traces de la bombe atomique

Les sables des plages situées à proximité d’Hiroshima contiennent des particules inhabituelles, comme des petites sphères vitreuses. D’après les analyses réalisées à l’université de Berkeley, il s’agit de résidus provenant de l’explosion de la bombe atomique en 1945.

Cette étude parue dans la revue Anthropocene est la première à décrire précisément les particules tombées sur le sol après l’explosion de la bombe atomique d’Hiroshima. Le 6 août 1945, l’explosion a causé le décès immédiat d’au moins 70.000 personnes ; en comptant les personnes décédées à cause des radiations, il y aurait eu au moins 145.000 morts. La bombe et les incendies qui ont suivi ont rasé une zone d’environ 10 km.

Le principal auteur de cet article est Mario Wannier, un géologue à la retraite, spécialiste des organismes marins microscopiques. Il étudiait des sables de plages de la péninsule de Motoujina au Japon, dans la baie d’Hiroshima, quand il a repéré des particules inhabituelles : des petites sphères vitreuses, des filaments, des particules composites fondues…

-Lire la suite : Le sable d’Hiroshima contient des traces de la bombe atomique

Photo en-tête : la gare d’Hiroshima après l’explosion de la bombe

L’utilisation des médias sociaux : un effet néfaste « minime » sur les jeunes

Une étude réalisée par deux chercheurs de l’Université d’Oxford en Angleterre conclut que l’utilisation des médias sociaux a peu d’impact sur le bien-être des jeunes, déboulonnant ainsi plusieurs mythes sur les effets néfastes des réseaux sociaux.

L’étude des professeurs Andrew Przybylski et Amy Orben de l’Oxford Internet Institute s’est échelonnées sur presque une décennie, soit de 2009 à 2017. Les deux chercheurs ont analysé les réponses de 12 672 jeunes âgés de 10 à 15 ans au sujet de leur temps passé quotidiennement sur les réseaux sociaux, afin d’évaluer leur indice de bonheur.

Dans un article publié dans la revue scientifique PNAS (Nouvelle fenêtre), ils concluent que les conséquences des réseaux sociaux sur la « satisfaction des jeunes face à la vie » sont minimes, voire absentes.

Dans une entrevue accordée à la BBC [en anglais] (Nouvelle fenêtre), Andrew Przybylski, directeur de la recherche à l’institut Oxford Internet, a affirmé que « 99,75 % du bonheur dans la vie d’une personne n’a rien à voir avec son utilisation des médias sociaux ».

Selon ses conclusions, les trois facteurs qui influencent vraiment le bonheur des jeunes sont ancrés dans leur vie réelle : le contexte familial à la maison, le cercle d’amis et la vie scolaire.

Source et reportage L’utilisation des médias sociaux aurait un effet néfaste « minime » sur les jeunes | Radio-Canada

Crédit photo : Photo de Benjamin Sow sur Unsplash

Créer archives communes pour Notre-Dame de Paris sur Wikimedia

A la suite de l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril dernier et suscité une grande émotion en France et à l’international, l’association des archivistes français appelle les centres d’archives et autres institutions patrimoniales à contribuer au rassemblement du patrimoine documentaire sur Notre-Dame.

Archives nationales (France) CC BY-SA 4.0 – Plan détaillé du quartier de la Cité, de l’isle du palais, de l’isle Notre-Dame et de l’isle Louviers… Pl. terrier. Début XVIIIe s.

« Cette émotion collective dont les médias se sont largement fait écho témoigne une fois de plus du lien affectif qu’entretiennent les Français vis-à-vis de leur patrimoine », indique l’AAF. Et de rappeler : « Quelques jours après cet incendie, l’association Wikimédia France lançait un appel au téléversement dans la base Wikimédia Commons de photographies pouvant illustrer Notre-Dame de Paris. »

Source : Créer archives communes pour Notre-Dame de Paris sur Wikimedia

Game of Thrones. Médiévistes, philosophes, climatologues… pourquoi les universitaires se sont-ils largement emparés de la série ?

A l’aube de la 8e et dernière saison de la série, Libération fait le point sur l’intérêt suscité par la série Game of Thrones, objet culturel de masse et aux différents niveaux de lecture, dans les milieux universitaires. Plus particulièrement concernant l’histoire c’est le podcast no 49 de Paroles d’histoire qui s’intéresse à la question. Dans The Conversation, c’est , Professeur d’histoire ancienne, Université de Lorraine, qui s’y colle.

Ainsi Game of Thrones apparaît dans plus de 15 000 travaux académiques, si on en croit Google Scholar, qui répertorie (de manière certes imparfaite) les articles scientifiques, les livres ou les thèses. Rien qu’en France, selon le site Theses.fr, la série serait citée dans 64 travaux. Vu la profusion du monde de Game of Thrones, il y en a pour tout le monde. En octobre, c’était les fameux Rendez-vous de l’histoire de Blois qui consacraient une table ronde à la série créée en 2011 par HBO.

-À lire : Libération

De son côté, André Loez a invité Aurélie Paci, doctorante à l’université Paris-I en histoire de la Mésopotamie antique, vice-présidente de l’association « La garde de nuit », en lui demandant pour quelles raisons il était sérieux de s’intéresse à Game of Thrones en histoire.

Le podcast no 49 : https://content.blubrry.com/parolesdhistoire/paci_thrones.mp3

Une très interessante bibliographie est également fournie :
– site de l’association La Garde de Nuit
– l’indispensable podcast Binge Mode
– Carolyne Larrington, Winter is coming : Les racines médiévales de Game of Thrones, Paris, Passés/composés, 2019
– Besson A., « Le Trône de fer, les routes sans fin d’un univers en expansion », Fabula / Les colloques, Voyages imaginaires et récits des autres mondes (XIXe-XXIe siècles), (disponible sur internet : )
– Besson A. (ed.), Dictionnaire de la fantasy, Vendémiaire, 2018.
– Besson F., Kikuchi C., Troadec C., « Les Moyen Âge de Game of Thrones », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, 28, 2014, p. 479-507.
– Blanc W., « Game of Thrones. Au-delà du réel. » dans Mathieu Potte-Bonneville (dir.) Game of Thrones, série noire, Paris, Les Prairies Ordinaires, 2015, p. 57-71.
– Breton J., « Game of Thrones comme réécriture ponctuelle de The Sword in the Stone : enjeux et limites d’une intertextualité latente », 2015.
– Rolet S., « L’Antiquité dans Game of Thrones (HBO, 2011-) : une présence polysémique », dans F. Bièvre-Perrin et É. Pampanay (eds.), Antiquipop La référence à l’Antiquité dans la culture populaire contemporaine, volume Hors-Série, 2018 (publication des actes du colloque 26-28 mai 2016).

La page de l’épisode : https://parolesdhistoire.fr/index.php/2019/04/13/49-game-of-thrones-et-lhistoire-avec-aurelie-paci/

Dans The Conversation, Christian-Georges Schwentzel, Professeur d’histoire ancienne, Université de Lorraine, s’interroge : Pourquoi historiennes et historiens s’intéressent-ils à « Game of Thrones » ?

Pour lui, en premier lieu, si la série ne dit rien du Moyen Âge ni de l’Antiquité à proprement parler, elle nous révèle, en tout premier lieu, que les fantasmes humains n’ont guère changé depuis des siècles, voire des millénaires. Il y ajoute des thèmes en lien étroit avec les défis d’aujourd’hui :

« On y trouve des métaphores du dérèglement climatique et de la crise des migrants. Le long hiver menaçant l’humanité fait directement écho à des craintes liées aux changements du monde dans lequel nous vivons et à la peur de l’Autre. »

L’autre intérêt, pour Schwentzel, réside dans l’activité pédagogique et ludique consistant à chercher les ressemblances entre les personnages de George R.R. Martin et des figures historiques bien réelles. C’est aussi un prétexte pour abordrer certaines thématiques historiques :

« Game of Thrones est susceptible de servir de prétexte à l’étude de nombreux thèmes historiques. Missandei est une porte d’entrée qui permet d’aborder l’esclavage et l’affranchissement dans l’Antiquité. On pourra la comparer à la femme de Spartacus qui joua un rôle de conseillère auprès du célèbre chef des esclaves en révolte contre Rome, en 73-71 av. J.-C.
Les Fer-nés peuvent introduire un cours sur les Vikings ; d’autant plus que l’analyse, en 2017, d’un squelette retrouvé dans une nécropole à Birka, en Suède, vient de prouver que des femmes cheffes ont parfois commandé les peuples du Nord, il y a environ mille ans. A la lumière de cette découverte, Asha (ou Yara dans la série) Greyjoy en devient encore plus crédible. »

L’article : Pourquoi historiennes et historiens s’intéressent-ils à « Game of Thrones » ?

Ludovia#CH 2019 : Lyonel Kaufmann (HEP Vaud) – Jouer et apprendre l’histoire avec les jeux vidéos ?

Mardi 16 avril à 9h00, j’aurai le plaisir et le redoutable honneur d’ouvrir les feux de l’événement associé « Enseigner l’histoire à l’ère des Humanités digitales », mis sur pied en collaboration avec le Groupe d’étude de la Didactique de l’Histoire de la Suisse romande et italienne (GDH) et réalisé dans le cadre de la deuxième édition de Ludovia#CH à Yverdon-les-Bains. Petit teasing relativement à mon intervention.

Le plan de mon intervention :

  1. Introduction / Préambule
  2. Typologies des usages en classe d’histoire des jeux vidéo
  3. Quelques éléments sur des résultats de recherches concernant l’utilisation des jeux vidéos en classe (d’histoire)
  4. Questions / Discussion

Pour consulter le programme de Ludovia#CH : https://ludovia.ch/programme-general/

Crédit photo en-tête : Photo par Alexey Savchenko sur Unsplash

Cartographie numérique: Les nouvelles façons de « faire mentir les cartes » à l’ère numérique

La réédition de l’ouvrage de Mark Monmonier est l’occasion pour le blog Cartographie(s) numérique(s) de s’interroger sur les façons, anciennes ou nouvelles, de « faire mentir les cartes » comme nous invite à le faire le titre de son célèbre ouvrage. L’article est complété par une très précieuse bibliographie. Extrait.

« L’apport principal de Monmonier et Harley1 est de nous avoir montré qu’il fallait apprendre à se défaire du réalisme apparent de la carte, à prendre conscience des formes de pouvoir et de domination qu’elle peut exercer. S’il n’y a point d’objectivité de la carte, ce n’est pas pour autant qu’elle n’obéit pas à certaines règles. Mark Monmonier distinguait, parmi les formes de « mensonges », ceux liés aux choix sémiologiques et ceux correspondant davantage à la volonté de manipuler ou de convaincre. Parmi ces éléments, figurait notamment le choix :

– de la projection cartographique

– de l’échelle de représentation

– de la taille, de la forme ou de la couleur des figurés

– du message que le cartographe souhaite délivrer…

Maarten Lambrechts (@maartenzam), data journaliste et consultant en visualisation, s’est appuyé sur l’approche critique de Monmonier pour analyser les cartes que l’on peut trouver aujourd’hui sur Internet. Son constat est intéressant : ces cartes numériques « mentent » pour les mêmes raisons, mais aussi pour de nouvelles raisons non forcément mises en avant dans la première édition de l’ouvrage de Monmonier (d’où les compléments ajoutés dans la réédition de 2018 qui concernent les cartes numériques, les images satellitaires et la cartographie en ligne).

Maarten Lambrechts, The essential lies in news maps, 8 February 2019

https://datajournalism.com/read/longreads/the-essential-lies-in-news-maps »

-À lire : Cartographie numérique: Les nouvelles façons de « faire mentir les cartes » à l’ère numérique | Cartographie(s) numérique(s)

  1. Harley, J. B. (2002). The New Nature of Maps : Essays in the History of Cartography. The Johns Hopkings University Press, Baltimore and London.

L’« homme de Callao », une nouvelle espèce humaine découverte aux Philippinest

Des fossiles datés de 50 000 à plus de 67 000 ans ont été trouvés dans une grotte de l’île de Luçon. « Homo luzonensis » présente un mélange déroutant de caractères archaïques et modernes.

Un des enseignements principaux de la découverte de Callao, est souligné par Jean-Jacques Hublin comme par son collègue paléoanthropologue Antoine Balzeau (CNRS-MNHN) :

« On sort complètement du modèle d’évolution humaine linéaire, où une espèce succède à l’autre, avec la découverte d’humanités variées, originales, plus mobiles et aventureuses qu’on ne l’avait imaginé. »

Homo sapiens, dont le plus ancien représentant a été daté à 315 000 ans au Maroc, a pu compter jusqu’à six autres Homo parmi ses contemporains : Homo naledi en Afrique ; Néandertal au Levant ainsi qu’en Europe et Denisova en Eurasie, qui ont tous deux laissé des traces dans notre ADN à la suite de croisements ; Homo floresiensis et Homo luzonensis dans le Sud-Est asiatique et peut-être même des Homo erectus tardifs en Asie.

Source et crédit image : Le Monde
Source et crédit image : Le Monde

Comme le souligne Le Monde et Jean-Jacques Hublin (Institut Max-Planck, Leipzig, Collège de France):

L’histoire semble ensuite se répéter : dès lors que Homo sapiens arrive, « c’est terminé pour les autres, résume Jean-Jacques Hublin. Notre espèce les absorbe par croisement ou les remplace ». Aux Philippines, le discret homme de Callao n’a pas échappé à ce grand remplacement…

Source : L’« homme de Callao », une nouvelle espèce humaine découverte aux Philippines

A lire également l’entretien du journal du CNRS avec le paléoanthropologue Clément Zanolli, qui a contribué à cette découverte majeure. Extrait :

Qu’apporte, plus généralement, cette découverte à la recherche ?
C. Z. : Avec cette découverte, nous augmentons encore une fois nos connaissances de la diversité des hominidés. Si on regarde quelques décennies en arrière, on se rend compte qu’on ne connaissait pas plus d’une dizaine d’espèces humaines fossiles. Aujourd’hui, on a quasiment triplé ce panel. Dans nos recherches, c’est fascinant de se dire que l’on ne connaît pas toute la diversité et que quelque chose nous échappe encore. Car qu’est-ce que cent mille ans par rapport à l’ensemble de l’histoire de l’évolution humaine ?

Source : https://lejournal.cnrs.fr/articles/une-nouvelle-espece-humaine-decouverte-aux-philippines

Crédit photo en-tête : Fossiles de dents, fémur, os du pied et de la main découverts dans la grotte de Callao aux Philippines et attribués à une nouvelle espèces, « Homo luzonensis ». © Callao Cave Archeology project et © Nature

Migration vers Zotero – Le blog Zotero francophone

Dans l’optique de proposer et de mettre à disposition de mes étudiant.e.s des outils du monde libre et de les utiliser également dans le cadre de mes propres travaux, Zotero est l’outil indispensable pour gérer mes références. Le blog Zotero francophone propose un billet très concret pour celles et ceux qui voudraient migrer leurs bibliothèques d’EndNote vers Zotero. Il propose aussi un tutoriel pour migrer de Paper vers Zotero. A consommer sans modération !

Zotero est un logiciel de gestion de références gratuit, libre et open source qui s’inscrit dans la philosophie du Web 2.0. Il permet de gérer des données bibliographiques et des documents de recherche (tels que des fichiers PDF, imagesetc.). Ses principaux atouts techniques reposent sur l’intégration au navigateur web, la possibilité de synchronisation des données depuis plusieurs ordinateurs, la génération de citations (notes et bibliographies) dans un texte rédigé depuis les logiciels LibreOffice, Microsoft Word, NeoOffice, Zoho Books et OpenOffice.org Writer grâce à l’installation d’un plugin. Le développement du logiciel est à l’initiative du Center for History and New Media (CHNM) de l’université George Mason.

Que ce soit un/e collègue ou la lecture du billet Pourquoi Zotero ? qui vous a convaincu de passer à Zotero, encore faut-il migrer les références que vous avez déjà collectées dans le logiciel que vous utilisiez jusqu’à maintenant.

La documentation Zotero comporte des pages détaillées concernant la migration de données d’un autre logiciel de gestion bibliographiques à Zotero. Nous nous proposons aujourd’hui d’illustrer celle consacrée à EndNote, Comment puis-je importer des données depuis EndNote ?
Ce billet est ainsi fondé sur les expériences personnelles des auteurs, chacun de leur côté, dans l’accompagnement d’utilisateurs lors de la migration de leurs bibliothèques d’EndNote vers Zotero. Il sera illustré par 2 cas bien précis que les auteurs ont choisi parce qu’ils permettent de parler du cycle complet.

Sommaire

via Migration vers Zotero – Le blog Zotero francophone

Crédit photo : Photo by Patrick Tomasso on Unsplash

Ludovia#CH 2019 : ouverture des inscriptions en ligne

Après une première édition réussie avec 500 participant.e.s, Ludovia#CH remet le couvert du 16 au 18 avril 2019. Cette deuxième édition interrogera la place des ressources numériques dans le ressourcement des pratiques enseignantes. Désormais les inscriptions en ligne sont possibles.

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Ludovia#CH : l’affiche de la deuxième édition

Au programme

Au menu de cette deuxième édition, les ingrédients auront la même saveur : ateliers d’échanges de pratiques et d’expérience (ExplorCamps) ou de construction de ressources (FabCamps), conférences, tables rondes, séminaire pour les directions d’établissement et les collectivités locales, colloque scientifique pimentés de l’indispensable convivialité autour d’activités « off » telle celle de FabLabs ou encore vivre des expériences ludiques avec la Maison d’Ailleurs.

Plus d’une trentaine d’ateliers et pas moins de 15 communications scientifiques seront proposés à Ludovia#CH cette année.

La thématique de cette deuxième édition « Des ressources numériques pour ressourcer les pratiques » s’intéressera à la création de ressources numériques par les enseignants. Ces derniers, loin de n’être que consommateurs, sont les co-créateurs des ressources qu’ils utilisent.

Cette thématique fera l’objet de la conférence inaugurale proposée par Florence Devouard, de Wikimedia France, le mardi 16 avril à 19h : « Impliquer les jeunes dans des projets pédagogiques à l’aide de Wikipedia et des ressources libres ».

Pour sa part, le Séminaire « Établissements scolaires et gouvernance du numérique » abordera la question des plus actuelles du passage à l’établissement numérique et s’interrogera sur les éléments moteurs, les freins et les moyens de dépasser ses derniers.

Des nouveautés !

Pour rester dans « l’ambiance » Ludovia, quoi de mieux que de proposer des évènements associés !

Cette année, deux événements associés ont répondu présents : « #mus » et « Enseigner l’histoire à l’ère des Humanités digitales » qui auront lieu le mardi.

Dans les nouveautés, vous pourrez assister à la soirée off du mercredi à la Maison d’Ailleurs : « La soirée dont vous êtes le héros« et retrouvez, le jeudi,l’environnement des EdTech sur le sujet : « Les start-ups au service de l’éducation », au château d’Yverdon-les-Bains, de 13h30 à 15h30.

Plus d’infos : 
Dans le cadre du Château d’Yverdon-les-Bains et de la Maison d’Ailleurs, cette deuxième édition se déroulera du mardi 16 au jeudi 18 avril 2019.

Tout le programme, jour par jour, c’est ici : ludovia.ch/programme-general

Retrouvez tous les intervenants : ludovia.ch/category/intervenants-moderateurs

L’inscription, c’est ici => www.conftool.com/hepvd-ludovia