Décès du documentariste Marcel Ophüls à 97 ans. Le maître français du documentaire historique est mort samedi dans sa maison du sud-ouest de la France, a-t-on appris lundi auprès de sa famille. Fils du grand cinéaste allemand Max Ophüls (“ La Ronde”, “Lola Montès”…), Marcel Ophüls avait fui l’Allemagne nazie enfant pour s’installer en France, avant de devoir fuir à nouveau vers les États-Unis en 1941. En 1969, son documentaire “Le Chagrin et la pitié” qui explore les réalités de la Collaboration et de la Résistance, bouleverse la représentation que les Français se faisaient de leur propre histoire, en rompant avec le mythe d’une France unanimement résistante face aux Allemands. Il remporte un succès international et sera nommé pour l’Oscar du meilleur documentaire. Ophüls “n’a cessé de revenir sur les conflits” dans son travail, remarque le Guardian qui cite notamment A Sense of Loss, sur les Troubles en Irlande du Nord ou The Troubles We’ve Seen, sur le journalisme de guerre, tourné à Sarajevo pendant le siège. Selon le quotidien britannique, le documentariste travaillait depuis plusieurs années sur un documentaire consacré à l’occupation des territoires palestiniens par Israël, intitulé provisoirement Unpleasant Truths (Des vérités qui dérangent).
Nouvelles de l'histoire
Ces familles néerlandaises qui découvrent un passé de collaboration – rts.ch
C’est avec stupeur que de nombreux Néerlandais et Néerlandaises ont récemment découvert sur internet qu’un membre de leur famille avait collaboré avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. En cause: la mise en ligne d’une liste de 425’000 noms par les archives nationales des Pays-Bas. Depuis janvier, les descendants affluent à La Haye, souvent bouleversés, pour consulter les dossiers d’enquête ouverts après la Libération en mai 1945.

« C’est une très bonne chose que tout cela soit rendu public », affirme Stephanie Biesheuvel, 43 ans, qui a écrit un livre sur le passé collaborationniste de sa famille. Elle déplore une mémoire souvent réduite aux seuls récits de la résistance. Avec l’expiration fin 2024 d’une loi restreignant l’accès aux 30 millions de pages d’archives, les autorités ont décidé de rendre progressivement ces documents disponibles en ligne d’ici 2027. Un moteur de recherche permet déjà d’identifier les personnes, désormais décédées, qui ont notamment été soupçonnées de trahison. Mais les dossiers restent consultables uniquement sur place, leur publication intégrale ayant été suspendue par l’Autorité néerlandaise de protection des données.
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Conférence de Caroline Muller (U de Rennes 2) « Des territoires de l’histoire ? A la recherche des pratiques numériques discrètes »
Dans le cadre de son séjour comme chercheuse invitée au Centre de recherche interuniversitaire sur les humanités numériques (CRIHN) de l’Université de Montréal, Caroline Muller (Université de Rennes 2) fera une conférence intitulée « Des territoires de l’histoire ? A la recherche des pratiques numériques discrètes » le vendredi 21 mars à 13h30 :
Depuis de bien longues années maintenant, le quotidien de la recherche en sciences humaines et sociales a été bouleversé par la numérisation de nos pratiques, en particulier dans le sillage du développement du micro-ordinateur. Cette numérisation a progressivement touché des pans de plus en plus larges de la recherche, jusqu’à permettre de fonder un champ entièrement dédié à ces possibles, les humanités numériques. Les réalisations très importantes de ces travaux ont cependant pu contribuer à masquer, en histoire, des transformations essentielles dans la manipulation de la documentation et des sources, transformations peu documentées : par exemple, nous en savons encore peu sur la place du moteur de recherche dans nos choix méthodologiques, ou encore sur l’impact de l’usage du smartphone, ou encore des choix logiciels pour gérer des données de recherche personnelles, sans même évoquer le « Control + F » faisant remonter des mots clefs des tréfonds de nos couches de données. On a peu posé la question de la puissance transformatrice de toutes ces pratiques discrètes et quotidiennes dans les sciences humaines et sociales. Adossé à une enquête de long terme menée avec Frédéric Clavert, mon propos explorera ces nouveaux gestes de la recherche, entre quête de sources, composition de corpus et écriture.
Cette conférence qui sera aussi diffusée en ligne (inscription obligatoire).
Guide des sources pour l’histoire des femmes* en Suisse romande | infoclio.ch
Les Archives contestataires, sur mandat du Gosteli-Archiv, publient un « Guide des sources pour l’histoire des femmes* en Suisse romande».

Rédigé par Géraldine Beck, le guide recense les sources disponibles pour l’histoire des femmes dans les institutions patrimoniales de Suisse romande. Organisé par canton, puis par lieu de conservation, le rapport répertorie uniquement les fonds privés. Il offre un tableau de la diversité des sources disponibles pour l’histoire des femmes en Suisse romande dans la période contemporaine.
Le « Guide des sources pour l’histoire des femmes* en Suisse romande » peut être librement téléchargé en ligne au format PDF.
Source : Guide des sources pour l’histoire des femmes* en Suisse romande | infoclio.ch
Piotr Cywinski, directeur du musée d’Auschwitz : “Il est temps de veiller nous-mêmes sur cette histoire”
Plus je passe du temps ici, plus je me dis : qui décrit Auschwitz comme quelque chose qui ne peut pas être expliqué cherche à fuir la réalité. Auschwitz est beaucoup plus proche de nous qu’il n’y paraît.
Songez à tout ce qui se passe dans le monde, les massacres absurdes, les guerres ou les génocides. Regardez le Moyen-Orient, l’Ukraine ou la Corée du Nord. Ou les Ouïgours en Chine. Ce n’est pas si différent d’Auschwitz. La différence, c’est qu’à Auschwitz, l’extermination était industrielle. Et Auschwitz le montre : c’est possible, on peut le faire, on peut anéantir à l’échelle industrielle, on peut mettre en place une telle machine.
— À lire sur www.courrierinternational.com/article/shoah-piotr-cywinski-directeur-du-musee-d-auschwitz-il-est-temps-de-veiller-nous-memes-sur-cette-histoire_226441
Vasco de Gama, le Portugais “qui a changé le monde”
À l’approche du 500ᵉ anniversaire de la mort de Vasco de Gama, décédé le 24 décembre 1524, l’hebdomadaire “Visão” lui consacre sa une du jeudi 12 décembre et un long dossier en hommage à l’homme qui, en montrant à l’Europe la route maritime vers l’Inde en 1498, “a ouvert une nouvelle ère dans le commerce mondial”.
L’hebdomadaire lui consacre sa une du jeudi 12 décembre et s’interroge : “Que faut-il célébrer à l’occasion du 500e anniversaire de sa mort ?”
Dans une tribune, José Neves, professeur d’histoire à l’université Nova de Lisbonne, n’est pas très emballé par le “folklore commémoratif” qui s’annonce autour du navigateur. D’autant plus dans le « monde postcolonial et multipolaire, annoncé et les innombrables mouvements de décolonisation de la mémoire » que nous connaissons désormais.
Source : Vasco de Gama, le Portugais “qui a changé le monde” | Courrier international

