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Le génocide des Tziganes et la mémoire – Carnets de Terrain

A l’occasion du défilé annuel des Roms et des Sintis qui a lieu en République tchèque, Carnets de Terrain met en perspective l’actualité récente et notamment les propos tenu les propos tenus en juin par Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien et vice-président du Conseil avec le travail réalisé  par Michael Stewart, anthropologue à l’University College de Londres, dans le numéro 54 de Terrain qui indiquait en 2010 que le génocide des Tziganes était longtemps resté « une catastrophe invisible ».

Dans cet article, Michael Stewart analyse la persécution et le génocide particulièrement « désorganisés » et « désordonnés » des Tziganes durant la Seconde Guerre mondiale. Il rattache le caractère localisé de leur persécution à l’échec, après le conflit, de la reconnaissance de cette catastrophe. Il souligne ainsi le caractère problématique de la notion d’intention génocidaire:

« Vus de l’extérieur au moment où ils ont lieu, tous les génocides semblent par nature ambigus et non plausibles. Durant la Seconde Guerre mondiale, le monde regardait ailleurs, préférant ne pas savoir. En Bosnie, il se laissait représenter par un envoyé des Nations unies d’une incompétence criminelle, qui, à force d’atermoiements et de pleurnicheries, permit aux nettoyeurs ethniques de faire de sa présence l’une des armes les plus importantes de leur crime de masse. Au Rwanda, le monde fit mine de n’avoir pas le temps de remarquer ce qui se passait. À l’heure où j’écris, la communauté internationale rougit et regarde ses pieds, niant que la boucherie du Darfour constitue un génocide à proprement parler, et espérant que personne ne la forcera à agir contre le régime criminel de Khartoum.»

Avec ce constat qui, en raison de l’actualité récente et des dérives de gouvernements et de dirigeants actuels flirtant dangereusement, pour ne pas dire plus, avec l’extrême-droite, n’est guère rassurant que

« C’est toujours après coup qu’il est possible d’affirmer sans ambiguïté qu’un génocide a eu lieu.»

Référence : Michael Stewart, « Une catastrophe invisible. La Shoah des Tziganes », Terrain [En ligne], 54 | mars 2010. http://journals.openedition.org/terrain/13989.

Source : Le génocide des Tziganes et la mémoire – Carnets de Terrain

Crédit photo : Un groupe de Roms à Asperg, en Allemagne, rassemblés par les autorités du Reich pour être déportés, le 22 mai 1940. Par Bundesarchiv, R 165 Bild-244-48 / CC-BY-SA 3.0, CC BY-SA 3.0 de, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5441619

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