- Le Forum Retz-Sciences Humaines accueillait le 10 mars à l’ENSAM (Paris), des conférences sur l’impact du numérique en éducation. Les vidéos des conférences et du débat sont maintenant en ligne.
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Les liens du jour: Des dinosaures à un iPad par élève
- Suite de la décision de l’université de Seton HIll (Pensylvanie) de fournir un iPad et un MacBook à chaque élève, le site du manuel numérique s’interroge sur les chances de l’iPad à s’imposer sur les campus face à son principal concurrent en matière de livre électronique, le Kindle d’Amazon. D’autant plus que les premières expériences d’utilisation du Kindle en classe se sont révélées peu concluantes. Par rapport aux autres solutions actuelles, l’iPad présenterait des avantages importants liés aux nombreuses applications disponibles (lecture audio et vidéo, cartes interactives du campus, agendas électroniques, etc.) et à davantage de fonctions interactives. Avec l’iPad, le livre électronique devient une véritable « plateforme » scolaire pour l’étudiant. Mais le succès-même de l’initiative dépendra surtout de l’adaptabilité de l’iPad aux activités éducatives et des contrats passés avec les éditeurs scolaires.
- La pratique du copier-coller dans les activités de recherche d’information d’élèves du secondaire reste généralement étudiée à partir des thèmes de la prise de notes ou du plagiat. A partir d’observations directes et d’entretiens auprès de collégiens et de lycéens, l’article décrit les caractéristiques formelles et conceptuelles de cette collecte d’extraits de documents primaires ainsi que les fonctions attribuées aux copiés-collés par les élèves. Pour l’auteur, ce processus de recherche par copier/coller est nécessaire aux élèves pour définir leur besoin d’information et contrôler leur activité. Le contenu des documents produits est régulièrement consulté dans le cours de l’activité. Il conviendrait donc de ne pas les interdire lors des activités informationnelles. Par contre, l’auteur estime primordial de distinguer deux tâches, rechercher de l’information et produire un document de synthèse, afin de dissocier plus fortement les consignes données pour chacune d’entre elles.
- Si les technologies de l’information et de la communication utilisées en et hors contexte scolaire sont grosso modo les mêmes, il existe un hiatus entre les pratiques personnelles et les pratiques scolaires des élèves. Les premières sont marquées par une nécessité d’immédiateté et sont caractérisées par un rapport de consommation à la technologie. Les secondes, sauf quand elles cantonnent les technologies dans des rôles mineurs de production, conduisent à la prise de distance et impliquent souvent la gestion d’une certaine frustration (tout n’est pas censé marcher tout de suite). Dans les deux cas, le rapport au temps est très différent. Il y a ainsi une opposition forte, entre les pratiques personnelles adolescentes et les pratiques scolaires, même si les technologies utilisées sont presque les mêmes. En définitive, les transferts des connaissances techniques des univers personnels aux univers scolaires restent limités.
- Dans le contexte d’une évaluation de la qualité de l’enseignement à l’université de Bucknell (Pennsylvanie, USA) et suite à une forte incitation à renforcer la présence d’outils de pédagogie numériques dans les cours universitaires en général, le professeur David Del Testa et Mme Abby Clobridge ont développé en collaboration un module d’enseignement intégré dans un cours d’histoire de premier cycle. Cet enseignement propose une initiation aux méthodes de recherche de l’historien à travers l’exemple de la Deuxième Guerre Mondiale. Le travail des étudiants consistait à rechercher, analyser, décrire et disséquer des affiches originales de propagande de 39-45 et ensuite de créer une banque de données digitales de ces posters comprenant le résultat de leurs recherches. Le croisement des expertises entre un historien et une spécialiste en pédagogie numérique ont, pour les auteurs, été un facteur clé dans la réussite de ce séminaire.
- L’expérience menée par un professeur de Français québécois, David Martel, avec eClicker, une application sur iPhone, préfigure-t-elle ce qu’il pourrait advenir en classe dans un proche avenir avec un outil tel l’iPad? Dans sa classe de secondaire, via l’application eClicker, David Martel a ainsi pu concevoir un exercice de grammaire et demander à ses élèves de répondre aux différentes questions en temps réel via leur iPhone. Environ un tiers de ses élèves possédait un iPhone, il a pu consititué des équipes de trois et créer de l’émulation entre les élèves. L’outil eClicker lui a permis de suivre les performances des différentes équipes, de constater les pourcentages de bonnes et de mauvaises réponses, et d’adapter la difficulté de ses exercices en fonction. Les élèves avaient eux-mêmes accès au rang de leur équipe en temps réel.
- Le fils d’un soldat allemand souhaite qu’une plaque commémorative soit installée dans un petit village du Poitou où 17 soldats allemands ont été fusillés en 1944. Une demande qui ne va pas de soi : plus de 65 ans après cet épisode qu’on taisait jusque-là, les blessures sont encore vives à Coussay-les-Bois. Fils d’un père qu’il a à peine connu, Rudolph Greuel (67 ans) a enquêté pour connaître les circonstances de la mort de ce sous-officier de la Wehrmacht en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Une histoire étonnante révélée par la Nouvelle République du Centre-Ouest et reprise par Rue89.
- En introduction à sa séance de séminaire, André Gunthert mentionne pour mémoire la part de l’analyse de Tom Mitchell qui décrit la dinomania comme un phénomène en grande partie américain. Cependant, le coeur de l’intervention d’A. Gunther consiste répondre à al question: pourquoi le dinosaure est-il un bon “produit” pour la culture visuelle? et d’interroger alors l’histoire de la vulgarisation scientifique? Au final pour A. Gunthert, le récit exemplaire que sous-tend la figure du dinosaure, c’est celui de la toute-puissance de la science qui vient se substituer à la religion. La foi chrétienne nous faisait assister à la résurrection d’un homme, la science est capable, par l’image, de faire revivre des espèces disparues de la surface de la terre depuis des millions d’années. Numérique ou non, ce qui fait la puissance de l’image, c’est la croyance que nous lui accordons.
Découverte d'un nouvel hominidé | Enquêtes sur les TICE
- Deux squelettes partiels fossilisés d’une nouvelle espèce d’hominidé, datant de près de 2 millions d’années, ont été découverts en Afrique du Sud et pourraient contribuer à expliquer la transition des primates anciens vers l’homme moderne, selon une étude internationale à paraître vendredi dans Science.
- Enquête française. Sur Internet à l’école: «Les entretiens nous apprennent que les jeunes préfèrent utiliser Internet dans un cadre privé et se plaignent d’être bridés dans leurs pratiques lorsqu’ils sont à l’école. Ils n’estiment pas beaucoup les activités que leur soumettent leurs professeurs.» «La recherche d’informations fait partie des pratiques courantes des jeunes sur Internet. Ce sont 74,4% des jeunes qui l’utilisent comme appui aux devoirs. En majorité, ils n’y ont recours qu’occasionnellement (52,3%). Ce sont les plus âgés qui se servent principalement du Net comme aide aux devoirs (51,2% des lycéens). Les plus jeunes sont les plus nombreux à ne jamais y avoir recours (57,8% des primaires).»
- Quinze ans après la démocratisation de l’accès à Internet, une vaste majorité d’enseignants s’interrogent encore sur la valeur ajoutée des nouvelles technologies de l’information (NTI). Des expériences intéressantes ont été menées un peu partout au Québec. Cependant, les expérimentations réalisées constituent des cas d’exception ou isolés, même si elles sont souvent très médiatisées. De plus, il manque de lieux où ces expérimentations sont rendues visibles et qui permettent à de nouveaux adeptes de participer au développement de ces projets pédagogiques. Chaque enseignant doit trop souvent réinventer la roue. Et, pour ceux qui les utilisent, une question se pose : les NTI constituent-elles une fin en soi ou un moyen parmi d’autres d’apprendre ? Du côté des élèves/étudiant québécois, un sur trois (35 %) croit qu’actuellement, «la plupart» de ses enseignants «disposent des connaissances adéquates pour l’accompagner dans son apprentissage des technologies». A lire: http://bit.ly/96Ny01
La guerre après la guerre | Enseigner l'histoire à l'âge du multimédia
- Claude Robinot nous offre un compte-rendu intéressant du livre publié sous la direction de Christian Delporte, Caroline Moine, Denis Maréchal et Isabelle Veyrat-Masson (2010). La guerre après la guerre. Images et construction des imaginaires de guerre dans l’Europe du XXe siècle. Nouveau Monde éditions.Dans son avant-propos, Christian Delporte indique les ambitions de l’ouvrage non pas d’analyser les « images de guerre » produite pendant ou après le conflit mais de voir comment elles continuent, après le conflit, à nourrir les imaginaires de guerre. Ces «premières images» sont ensuite enrichies par d’autres images, plus actuelles et plus présentes. L’ouvrage est en quatre parties:– Des images pour exprimer le traumatisme– Des images pour reconstruire et commémorer– Guerres passées conjuguées au présent– Restituer, reconstituer la guerre : entre mémoire et histoire.
- Article de 2005 (qui mériterait d’être complété/actualisé par rapport à 2010).Résumé: Les technologies nouvelles permettant de mettre en ligne à la disposition des étudiants des connaissances, des sources, des cours entiers sont appelées à renouveler profondément l’enseignement de l’histoire. Gregory Brown explique que ces évolutions, pour avoir été plus lentes dans le domaine des études sur l’histoire de France que dans d’autres, n’en sont pas moins rapides et à même de favoriser de nouvelles formes d’apprentissage. Il esquisse ici un état des lieux, côté américain, de ces innovations qui bousculent les habitudes des enseignants dans leur rapport au savoir et à sa diffusion, présentant le contexte juridique, des exemples de ressources existantes (des sites) ainsi que des éléments de sa propre pratique d’enseignant.
J'ai vécu la Révolution… | Les péplums | Mondialisation | Europe du Goulag
- «J’ai vécu la Révolution française et l’Empire» est un jeu de rôle réalisé par le réseau Ludus (http://histgeo.discip.ac-caen.fr/ludus/fichjeu/fjrev.html) et basé sur un logiciel créé en son temps par D. Natanson (« J’ai vécu au XVIII°s »). Sur ce principe, depuis deux ans, Sébastien Peigné à l’heureuse idée de réaliser un blog avec ses élèves sur la base de ce jeu. Ses élèves ont notamment un statut d’auteur, responsables de leurs publications. Ils y trouvent également des questions à commenter pour davantage d’interactivité. Un exemple : Louis XVI, lâche ou courageux en 1789?). Un excellent moyen en endossant le rôle d’un personnage et en répondant à de telles questions de favoriser la compréhension historique chez les élèves.
- Nicolas Samghue nous propose un fort précieux article de synthèse sur le péplum au cinéma et à la télévision. Une belle entrée en matière pour celles et ceux qui choisiraient d’utiliser un tel film dans le cadre de leur enseignement de l’Antiquité. L’article propose également quelques pistes (ébauches) pour une utilisation en classe, une bibliographie utile et une courte sitographie. Un bon début!
La Vie des Idées nous propose un entretien avec Patrick Boucheron, éditeur d’un ouvrage collectif sur l’Histoire du Monde au XVe siècle, inspiré notamment des acquis de la world history. Plutôt que de raconter cette histoire du point de vue d’une Europe triomphante, cet ouvrage propose de décentrer notre regard, en suivant la piste d’autres mondialisations possibles. En même temps, c’est au cours du XVe siècle que les différentes parties du monde se sont connectées. L’entretien vidéo est articulé et subdivisé autour des questions suivantes: Peut-on parler de mondialisation au XVe siècle?; Quelles sont les régions du monde qui impulsent cette mondialisation ?; Une mondialisation européenne ?; Les acteurs du XVe siècle avaient-ils conscience de cette globalisation ?; Cette mondialisation est-elle avant tout économique ?; L’Europe est-elle partie à la découverte du monde pour surmonter ses fragilités ?; La mondialisation du XVe siècle a-t-elle renforcé les particularismes ?
Le CNRS et RFI s’associent pour créer les premières archives sonores et d’histoire orale de l’Europe du Goulag. Un projet mené par douze chercheurs européens (français, italien, allemand, roumain, hongrois, lituanien, polonais, russe) dans treize pays (Allemagne, Estonie, France, Hongrie, Italie, Kazakhstan, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Russie, République tchèque et Ukraine). Ce projet se propose de comprendre, à travers d’entretiens, le vécu concentrationnaire en relation avec les identités nationales, la genèse de certaines formes de nationalisme à travers la constitution de groupes nationaux au sein des camps ou à travers des parcours de retour marqués par de telles appartenances. Il présente l’intérêt d’associer étroitement l’ensemble des centres de recherches français de la zone concernée (Centre français de recherche en sciences sociales, Centre Marc-Bloch de Berlin, Centre franco-russe de recherche en sciences humaines et sociales de Moscou).
Wikipedia peut-il survivre au déclin du nombre de contributeurs? | Austin, Babel Web 2
- Andrew Lih, professeur de journalisme à Berkeley et auteur de The Wikipedia Revolution, explique qu’il avait l’habitude de commencer ses conférences sur le sujet en créant une erreur volontaire sur une page; à la fin de la conférence, l’erreur était corrigée –et la démonstration de l’efficacité du système était faite. Mais depuis quelque temps, ce petit jeu ne marche plus à tous les coups. Plus généralement, la communauté a constaté une diminution de la participation: le nombre de contributions est en baisse depuis fin 2007. Dans sa présentation, Andrew Lih s’est proposé d’expliquer ce déclin, et de deviner s’il menace réellement le futur de Wikipedia. Au final, Lih entrevoit deux scénarios possibles pour Wikipedia soit celui d’un déclin en qualité, soit celui de la constitution d’une élite de contributeurs-réviseurs. Il reste cependant optimiste sur la capacité auto-organisationnelle de Wikipedia.
