Les femmes fonctionnaires, boucs émissaires de la Grande Dépression | Le Temps

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Le service des abonnements de Ringier en 1930. (RDB)

Les femmes au foyer. Sur ce mot d’ordre de la droite catholique, tous les partis ou presque ont réclamé ou soutenu, dans les années 1930, des mesures visant à restreindre l’accès des femmes à la fonction publique

Il ne faut pas licencier en priorité les femmes: c’est Doris Leuthard qui l’a dit récemment dans une interview au Matin. Constatant que les travailleuses, plus présentes dans les emplois temporaires, à temps partiel et/ou précaires, sont particulièrement menacées, la conseillère fédérale a engagé les employeurs à ne pas se dire qu’«une jeune femme va peut-être vouloir fonder une famille». Les internautes qui ont réagi sur le site du quotidien ne sont pas tous d’accord. Mais la plupart s’en prennent à d’autres points soulevés par la ministre, et ils sont rares à rebondir sur une prise de position qui semble aller de soi.

Cela n’a pas toujours été le cas. La Grande Dépression des années 1930 avait été l’occasion d’une attaque en règle contre les femmes, accusées de causer le chômage en chassant les hommes du monde du travail et poussées à leur tour vers la sortie. Un déchaînement vite oublié, qui n’a pas épargné la Suisse et auquel l’historienne Céline Schoeni a consacré sa thèse. Retour sur un épisode peu glorieux de la marche vers l’égalité.

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Au quotidien d'Ada, Sue, Christelle, Caroline et toutes les autres…

Pour le 24 mars 2009, Journée de la femme, je me suis engagé avec plus de mille blogueurs et blogueuses à publier ce jour-là un article au sujet d’une femme que j’admire, dans le milieu de la technologie ou des sciences. C’est la Journée Ada Lovelace initiée par Suw Charman-Anderson (Lire l’appel).

Cela paraissait une échéance lointaine, mais voilà, ça y est! Je souscris totalement à cette démarche importante de donner des figures positives dans l’émancipation féminine (à ce sujet lire l’article de Stephanie Booth dans PresseCitron). Stephanie qui est une de ces femmes que j’admire particulièrement dans le milieu de la technologie. Mais pour aujourd’hui, je souhaite plus particulièrement associer deux enseignantes à cette journée.

Toutes deux, au quotidien de la classe, sans se monter le choux, pratiquent cette intégration des technologies dans le cadre de leur activités quotidiennes de classe. Je les trouve admirables dans leur façon de montrer sans chichi la réalité de leur travail de terrain. Tout paraît alors plus simple dans ce domaine où de nombreux collèges trouvent toutes les astuces pour freiner cette intégration. En plus, quelles plus belles figures pour les filles de leurs classes et quel meilleur moyen de changer également le regard des garçons sur les filles et les technologies que ce rapport au quotidien avec leur enseignante? Sans parler de leurs collègues qui peuvent guigner au travers de la porte ouverte de leur classe!

Avant de la rencontrer sur le net, puis récemment dans la vie réelle, je ne connaissais de Vesoul que la chanson de Jacques Brel. Pas très encourageant dans le fond. Elle même ne peut s’empêcher de s’étonner du chemin parcouru et du regard des autres sur son travail en classe à l’aide des technologies. Jusqu’à cette récompense obtenue l’année dernière lors du Forum de l’Innovation Pédagogique à laquelle s’ajoute une récompense obtenue lors du Festival de Romans, dit de l’Expression sur Internet.
Sa devise et celle de ses élèves est « On ne naît pas internaute , on le devient! » et ils le prouvent ensemble depuis 2005 au travers de la tenue d’un Club internet, blog pédagogique dédié à l’éducation au média internet.

Pour les initiés, auront-elles et ils déjà reconnu que je parle ici de Christelle Membrey? Depuis quelque temps, elle a élargi son champ de contagion aux adultes-enseignants en ouvrant un espace d’échange et de collaboration dédié à l’éducation aux médias sur la plate-forme Ning et qui reprend les deux axes de son action soit l’Education au Media Internet et sa conviction que l’on ne naît pas internaute, mais qu’on le devient. Enfin, depuis novembre 2008, elle s’assume aussi pleinement avec son blog bien et entièrement à elle: Christelle Membrey.

Ma deuxième niche en hauts des terrils de Raismes. Depuis ces hauteurs, elle gazouille régulièrement avec ces élèves. Elle a dissipé bien de mes doutes sur l’utilisation de twitter dans ses dimensions classes et pédagogiques. Une leçon de météo devient une leçon du monde pour ses élèves, via les indications de températures et de météo reçues en 140 caractères maximum. Et le Nord se retrouve au Sud en passant par les Alpes suisses. Les terrils raismsois se confondent avec l’urbanité nord-américaine de Québec en passant par Bruxelles ou Londres. Allo Caroline? trop tard elle est déjà repartie pour Marseille et les rencontres de l’Orme, à moins que cela ne soit Paris pour les Ateliers du CRAP ou une assemblée des Clionautes. Le gazouillis lui va si bien au même titre que la pédagogie coopérative. Dressée sur ses talons, ne laissant à personne d’autre le soin de martyriser 😉 sa valise à roulettes, elle trouve encore le temps de s’engager dans le nouvel espace collaboratif des Clionautes, lui aussi, mais il n’y a pas de coïncidence à ce niveau-là, hébergé sur la plate-forme ning: http://clionautes.ning.com/.
Rien ne la rebute ou ne l’arrête. C’est une touche à tout magnifique: blog (Usages pédagogiques des blogs), site internet, site collaboratif, Google Earth (Jouer au citoyen avec Google Earth), wiki (Un Wiki pour la solidarité), twitter. Un problème, ni une, ni deux une solution rapidement s’impose à elle; il y a du Luky Luke en elle:

J’avais un problème à résoudre : rendre un cours sur La Solidarité efficace et loin du blabla habituel des bonnes intentions vite oubliées. Les élèves de mes deux classes de cinquième voulaient trouver de l’argent pour une association, mais comment faire pour que les deux classes ne soient pas concurrentes ? Leurs idées d’actions étaient sensiblement les mêmes, mais il était indélicat de leur dire « l’autre classe y a déjà pensé », ou « dans l’autre classe ils ont fait mieux ». Et comment faire pour encadrer et mettre en oeuvre les actions proposées ? Peu de temps auparavant, j’avais testé le wiki d’un ami, la prise en main me paraissait très simple, et cet outil collaboratif m’a paru répondre à ces besoins…
(Un Wiki pour la solidarité)

Pouce! J’ai le tournis. Il faut que je m’asseye. J’avoue tout. De Caroline Jouneau-Sion, il s’agit donc.

A vous deux ainsi qu’à toutes les enseignantes qui au quotidien mènent leur double, triple vie et qui sans chichi empoignent dans leur classe les outils technologiques mis à leur disposition pour allier conception pédagogique, implication citoyenne et réduction de la fracture numérique, je vous dis infiniment M.E.R.C.I.. Si les technologies finiront bien un jour par être autant une évidence à l’école que la juste place des femmes dans la société, c’est bien à vous que nous le devrons.