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Histoire Lyonel Kaufmann

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Nouvelles de l'histoire

Charleston : bouleversante oraison funèbre de Barack Obama

27 juin 2015 by Lyonel Kaufmann

Barack Obama a prononcé à Charleston, devant les 6000 personnes présentes dans l’église Emanuel, une bouleversante oraison funèbre au pasteur Clementa Pinckney. Il a parlé, il a scandé, il a même chanté, avec son coeur. Et avec une passion qui fait de son discours un moment puissant et absolument inédit de l’histoire américaine.

«Si nous pouvons trouver cette grâce, tout est possible. Si nous pouvons la toucher, tout peut changer. Une grâce étonnante. Une grâce étonnante.»

Après avoir, vendredi 26 juin, prononcé ces mots lors de l’éloge funèbre du pasteur Clementa Pinckney, assassiné dans son église le 17 juin avec huit autre personnes, Barack Obama a marqué une longue pause d’une dizaine de secondes. Puis il a commencé à chanter a cappella «Amazing Grace», un des hymnes chrétiens les plus connus au monde, composé en 1779.
L’image est très forte, et restera indéniablement comme une des plus marquantes de la présidence Obama.
L’entier de l’oraison funèbre de Barack Obama à Charleston :

L’article du Temps consacré à cette oraison : Charleston: Barack Obama prononce et chante une inouïe oraison funèbre.

Mes précédents articles sur les discours de Barack Obama :
Sur les discours d’Obama et ses références aux sermons dans les Eglises : Révérend Obama ?
Sur le recours à l’histoire dans les discours de Barack Obama : « An American Dream » : Obama et l’histoire.

Classé sous :Nouvelles de l'histoire, sur le web Balisé avec :BarackObama, discours

Le pédalo mémoriel. Les commémorations de 14-18 et les arts de la mémoire : une approche institutionnelle | ParenThèses

26 juin 2015 by Lyonel Kaufmann

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Profitant de l’organisation d’une semaine d’activités à l’Université Saint-Louis – Bruxelles (23-27 février 2015) orientées autour de la Grande Guerre, on a jugé bon sur ParenThèses de reprendre quelques éléments de réflexion présentés par N. Offenstadt lors de sa conférence du lundi 23 février. Celle-ci se voulait inaugurale à la semaine et devait proposer une réflexion critique sur la logique commémorative (A quoi sert le centenaire de la Grande Guerre ? Un premier retour réflexif.

Je note :

La majeure partie de la conférence prononcée par N. Offenstadt fut consacrée à expliciter une typologique des mémoires de la Grande Guerre. L’historien français a ainsi relevé quatre types distincts de rapport à la Première Guerre mondiale. Dans l’ordre, l’orateur a relevé des mémoires 1) sociales, 2) nationales, 3) silencieuses et 4) clivées.

Où il apparaît qu’à l’instar de la Belgique :

il y a des pays pour lesquels la mémoire de la Grande Guerre clive la société. C’est notamment le cas de la Belgique. En l’occurrence, il s’agit d’un clivage interne au pays. Dans le cas de la Hongrie, on observe plutôt un clivage par rapport à l’extérieur des frontières puisque ce pays rumine toujours le partage opéré en 1920 par le traité de Trianon, l’amputant d’une partie importante de son territoire historique.

La Suisse s’apparente à une mémoire quelque peu clivée en raison de la grève générale de 1918 et du Röstigraben tant au moment du conflit qu’actuellement avec la vision a-historique de la Suisse largement développée par l’UDC.

Par ailleurs, je note que le rythme des différentes commémorations autour de 1914-1918 ne diminue pas alors qu’il reste encore plus de trois ans avant la fin des commémorations du conflit. Pour s’en rendre compte, il suffit de suivre la veille « Autour du Centenaire 14-18 » sur Scoop.it (http://www.scoop.it/t/autour-du-centenaire-14-18).

A lire  : Le pédalo mémoriel. Les commémorations de 14-18 et les arts de la mémoire : une approche institutionnelle | ParenThèses

Classé sous :Histoire savante, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

Faire aimer et apprendre l’histoire | Café pédagogique no 160

25 juin 2015 by Lyonel Kaufmann

Beau programme et noble ambition que de vouloir tout à la fois « faire aimer et apprendre l’histoire (et la géographie)» ! C’est l’ambition et le titre d’un ouvrage paru l’été dernier au Québec et dans lequel j’ai participé, et d’une certaine manière également le Café pédagogique. 

 

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Destiné en premier lieu aux futurs enseignants québécois d’histoire et géographie, le titre est à la fois une profession de foi (faire aimer) animant, on l’espère, tout enseignant d’histoire au service de l’apprendre l’histoire. Les deux n’étant pas antinomiques, mais complémentaires : l’un ne va pas sans l’autre. Marc-André Ethier pose dans son introduction (p. 1-11) les ambitions de l’ouvrage de la manière suivante :

«Un fil directeur rattache tous ces textes : la recherche empirique. Les auteurs de ce collectif s’adossent en effet à un riche corpus de recherches menées notamment en didactique des sciences sociales à travers le monde depuis plus de 30 ans. Il ressort de ces recherches que les techniques disciplinaires pertinentes peuvent être enseignées de façon explicite quand la situation leur donne du sens et que les élèves ressentent un besoin de les apprendre, que ce sentiment soit provoqué par l’enseignement ou, ce qui est plus rare, soit déjà là. Le caractère inductif d’un enseignement n’entre pas en contradiction avec un bon enseignement explicite, pour donner des exemples à la mode».

Cependant, «dans les deux cas [inductifs ou déductif], l’enseignement doit être adapté à ceux à qui l’on enseigne […] et à ce que l’on veut qu’ils apprennent […]». Il s’agit «qu’il y ait cohérence entre les moyens mis en oeuvre et les fins choisies».

 

Destiné en premier lieu aux futurs enseignants d’histoire et de géographie québécois, cet ouvrage didactique regroupe une brochette d’auteurs francophones (Québec, Belgique, France et Suisse) qui s’attachent à fournir des outils didactiques concernant l’ensemble des facettes du métier d’enseignants. Il permet à des enseignants plus confirmés de faire le point sur les différents aspects du métier ou de disposer d’une première approche concernant des aspects qui leur seraient moins familiers. Comme le précise Marc-André Ethier,

«Les auteurs ont en commun de considérer que les cadres cognitifs ne sont pas innés et que les connaissances ne se reçoivent ni ne s’enregistrent directement. […] Le sujet construit ses connaissances de façon active avec tous les outils dont il dispose. Par conséquent, ce qu’un élève apprend — et comment il l’apprend — découle autant de ses connaissances antérieures, de l’interaction avec ses pairs ou avec l’environnement physique, de ses expériences empiriques ou logiques que de la transmission sociale (famille, école, culture, rapports sociaux de production, etc.) ou des facteurs biologiques (la maturation de l’arbre dendritique, les conditions d’endocriniennes, etc.)».

L’ouvrage est organisé en quatre parties. La première partie replace la discipline historique dans son cadre épistémologique. La seconde s’attache aux programmes, à l’enseignement et à l’évaluation. La troisième s’intéresse aux techniques disciplinaires telles la lecture et l’interprétation des sources écrites ou l’histoire orale. La quatrième présente les ressources du milieu : les musées, l’intégration des jeux vidéos, du web ou des films dans la leçon d’histoire.

Si en rapport avec cette chronique, notre lecteur trouvera plus particulièrement son intérêt dans la quatrième partie avec l’intégration dans son enseignement du film, des jeux vidéos, des blogues ou wikipédia, d’autres chapitres ne manqueront pas de l’intéresser. 

Ainsi, la découverte des spécificités des programmes d’histoire du Québec ne manquera pas de dépasser le simple exotisme de la situation pour faire prendre conscience, si nécessaire, au lecteur du fort caractère d’ancrage local de tout programme d’histoire. Déplacé de France au Québec ou de la Belgique en Suisse, le lecteur se trouve vite dépourvu de repères historiques pour les appréhender. Autrement dit, les programmes d’histoire restent encore très fortement liés à des thématiques nationales et identitaires. Comment construire alors le futur citoyen d’un monde mondialisé?

Par contre, ce même lecteur constatera qu’aujourd’hui, dans toutes les régions du monde, l’histoire et son enseignement restent instrumentalisés à des fins politiques. Il adhérera sans problème à l’affirmation de Micheline Dumont — présentant les interventions du Parti conservateur à Ottawa (niveau fédéral) et du Parti québécois alors au pouvoir (niveau régional) dans l’élaboration ou la modification des programmes d’histoire — que «l’histoire est mobilisée par tous les États et leurs adversaires». 

Si les questions de l’évaluation vous intéressent, je ne saurais trop vous recommander de lire le chapitre rédigé par Mathieu Bouhon (p. 127-153), professeur en didactique de l’histoire à l’Université catholique de Louvain (Belgique). Il replace notamment et historiquement les modèles pédagogiques et les modes d’évaluation qui en découlent. 

Jusqu’en 1970, c’est le modèle pédagogique de l’empreinte qui domine auquel correspondent des évaluations basées sur des questions de restitution. Entre 1970 et 1980, le modèle de l’enseignement est celui de la découverte, de la pédagogie par objectifs et des méthodes actives. L’évaluation formative fait son apparition en complément de l’évaluation sommative, de même que les cours dialogués s’agrémentent d’exercices morcelés. Aux questions de restitution, les évaluations ajoutent des procédures d’analyse et des évaluations de savoir-faire méthodologiques, propres ou non, aux sciences sociales. Enfin, dans les années 1990-2000, on assiste à la remise en cause de ces types d’évaluation sous l’influence du socio-constructivisme et des avancées de la psychologie cognitive. On s’intéresse alors au mode de pensée historique ou géographique des élèves et on intègre les savoirs en situations. Au niveau de l’évaluation, il s’agit désormais d’évaluer des compétences qui est un savoir agir en situation. 

L’évaluation par compétence se fonde sur la mobilisation et l’utilisation efficace d’un ensemble de ressources dans un ensemble de situations déterminées. L’élève doit mener à bien une tâche. On ne saurait évaluer des compétences si cette évaluation n’est pas critériée. Mathieu Bouhon s’attache ensuite à la question et des exemples d’évaluation de productions d’élèves et à leurs démarches menant à ces production ainsi qu’aux difficultés inhérentes à ce type de démarche et à leurs évaluations, nécessairement basées sur une évaluation critériée. Cette dernière distinguera soigneusement des critères que l’on retrouvera d’une évaluation à l’autre et des indicateurs propres à une situation d’évaluation. 

Pour sa part, le lecteur régulier de cette chronique ne sera pas dépaysé en lisant mon chapitre (p. 337-351), rédigé en collaboration avec Alexandre Lanoix, consacré au Web 2.0 et à l’histoire. Nous y parlons d’apprendre avec le Web 2.0, de construire l’histoire avec Wikipedia ou un wiki, de construire l’histoire multimédia à l’aide de youtube et de la culture du remix et, enfin, de faire écrire l’histoire aux élèves (à l’aide d’un blogue ou de twitter) et d’en débattre en ligne. Ce lecteur ne sera donc pas étonné de retrouver en bibliographie des renvois à différentes chroniques publiées ici même. Ce chapitre illustre les va-et-vient constants que j’effectue entre mon activité professionnelle de didacticien de l’histoire, ma veille technologique, la rédaction de chroniques pour le Café pédagogique et le développement de ma réflexion sur l’usage des médias et des technologies. 

L’ouvrage est distribué au Québec uniquement, mais il est possible de l’acheter au format numérique : Éthier, M. A., Lefrançois, D., & Demers, S. (2014). Faire aimer et apprendre l’histoire et la géographie au primaire. Éditions Multimondes inc. http://multim.com/titre/?ID=389

 

Lyonel Kaufmann, Professeur formateur, Didactique de l’Histoire, Haute école pédagogique du canton de Vaud, Lausanne (Suisse)

 

Référence : Kaufmann, L. (2015). Faire aimer et apprendre l’histoire-géo. Le Café pédagogique, No 160, février

 

Classé sous :Didactique, Médias et technologies, Nouvelles de l'histoire, Publications

Histoire du Québec : Quand Philippe Couillard joue à l’instituteur national

14 juin 2015 by Lyonel Kaufmann

Il est toujours particulièrement intéressant, voire fascinant, d’observer que la vision historique, développée par Philippe Couillard, chef du parti libéral québécois et actuel premier ministre de la Province du Québec, trouve sa source dans un ouvrage auprès du premier manuel connu d’histoire du Canada, rédigé par Joseph-François Perrault en 1831…

Dans son édition du 13 juin, Le journal Le Devoir, nous apprend que devant quelque 1600 militants réunis à Montréal pour le Congrès du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, premier ministre de la Province du Québec, a livré, samedi, un vibrant plaidoyer pour que les Québécois se réapproprient l’histoire de leur pays, le Canada.

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Philippe Couillard, à Québec, lors de la cérémonie du Jour du souvenir du 11 novembre 2014. Source : Wikipedia

« Nous ne renoncerons pas à notre histoire ou notre avenir, à un pays né de la collaboration et du désir d’unité. Une histoire qui a des moments si beaux qu’il faudrait mieux les enseigner à nos enfants. »

La collaboration entre Louis-Hypolyte La Fontaine et Robert Bladwin inspire le chef libéral. « Par exemple, cette histoire de Baldwin et de La Fontaine qui, ensemble, ont combattu pour le gouvernement responsable et démocratique, chacun de leur côté, mais ensemble également au point où un jour Baldwin a décidé qu’il allait être candidat à Rimouski et La Fontaine a décidé d’être candidat à Toronto parce qu’ils portaient la démocratie et le gouvernement responsable. Ils ont été élus comme ça. » 

« On voudrait nous faire oublier ces moments », a poursuivi Philippe Couillard en visant ses adversaires indépendantistes. Le chef libéral a aussi parlé des liens entre les Patriotes de Louis-Joseph Papineau et le mouvement de rébellion du Haut-Canada, dirigé par William Lyon Mackenzie, puis de l’alliance entre John A. Macdonald et George-Étienne Cartier, qui a mené à la création de la fédération canadienne en 1867. « On voudrait nous faire oublier cette histoire, renoncer à l’alliance entre Cartier et Macdonald qui a permis de jeter les bases de la fédération, mais également de mettre en place des mesures qui assurent la promotion et la protection du caractère français du Québec. »

(Source : Couillard: les enfants québécois devraient mieux connaître l’histoire de leur pays, le Canada | Le Devoir)

Cette déclaration de Philippe Couillard intervient alors que je lis l’ouvrage L’Histoire nationale à l’école québécoise. Regards sur deux siècle d’enseignement. ((Bouvier, F., Allard, M., Aubin, P., & Larouche, M.-C. (sous la direction de). (2012). L’Histoire nationale à l’école québécoise. Regards sur deux siècles d’enseignement. Québec: Septentrion.)) Je ne peux que rapprocher ces déclarations du premier manuel connu d’histoire du Canada, rédigé par Joseph-François Perrault en 1831 et observer que sa conception de l’histoire traverse toujours les débats politiques québécois.

L'histoire nationale à l'école québécoise

Par ailleurs, il est fascinant d’observer que, pour une partie de son récit, Perrault prend modèle pour la période du Régime français (c. 1743-1763) sur un récit antérieur d’un jésuite, Pierre-François-Xavier Charlevoix, datant de 1744. Pour, le début du Régime anglais (1763-1791), son modèle est celui de l’historien d’origine britannique William Smith et de son History of Canada : from its first descovery to the year 1791 publié en 1815.

Dans la préface à sa deuxième partie de son Histoire du Canada, paru en 1832 ((Perrault, J-F. (1832). Abrégé de l’histoire du Canada. Deuxième partie : Depuis sa conquête par les Anglais en 1759 et 1760 jusqu’à l’établissement d’une Chambre d’assemblée en 1792. Québec : P. & W. Ruthven.)), il fournit son interprétation de son histoire du Canada. Aujourd’hui encore, on y trouve son écho dans les propos tenus par Philippe Couillard.

Perrault

«Il semble que la Providence m’a préservé presque seul, de toute la génération existante lors de la Conquête du Canada, pour rendre hommage aux Anglais de la conduite sage et judicieuse qu’ils ont tenue envers les Canadiens; des grâces et faveurs que leur Rois leur ont accordées, et des avantages qui sont résultés aux uns et autres.

Puisse ce petit ouvrage imprimer ces bienfaits dans le coeur de leurs Enfan[t]s, leur faire aimer et soutenir l’intérêt d’une Nation qui les a, en toutes occasions, bravement protégé, défendu, et n’a cessé d’accumuler des faveurs sur le Pays.»

(Perrault 1832 : préface)

Concernant l’enseignement de l’histoire au Québec, cet ouvrage de Perrault est capital, car il va servir de modèle à de nombreux auteurs de manuels. Il en forme le modèle dominant. Pour Michel Allard ((Allard, M. (2012). L’enseignement de l’histoire nationale (1831-1873). Du premier manuel au premier programme. In F. Bouvier, M. Allard, P. Aubin, & M.-C. Larouche (sous la direction de), L’Histoire nationale à l’école québécoise. Regards sur deux siècles d’enseignement (pp. 23-70). Québec: Septentrion, p. 32))

«En s’inspirant d’un historien britannique, il est à l’origine d’une interprétation de l’histoire nationale minimisant les conséquences négatives et maximisant les effets positifs de la Conquête britannique. Cette interprétation circule encore tant dans la société québécoise que dans les programmes d’études…»

Et j’ajouterai dans les discours de Philippe Couillard.

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A cette interprétation de la Conquête bonne-ententiste, l’historien François-Xavier Garneau opposera, au cours des années 1850, une interprétation plus nationaliste au sens canadien-français. Cette histoire offre la deuxième trame interprétative majeure de l’histoire du Canada français qui se développera du côté des Indépendantistes québécois. ((Garneau, F.-X. (1856). Abrégé de l’histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à 1840, à l’usage des maisons d’éducation. Québec: A. Côté.))

«Le premier grand nom à retenir de ce XIXe siècle tumultueux, après celui de Papineau en qui s’incarna l’espoir de libération politique, est celui de l’historien Garneau en qui s’incarna l’émerveillement du passé français. Son Histoire du Canada, publiée de 1845 à 1848, fut pour le Canada français l’équivalent de ce qu’a été le Génie du christianisme pour le catholicisme français du XIXe siècle. (…) L’Histoire de Garneau fut à la fois un plaidoyer et un acte de foi. L’insuccès de la révolte de 1837-38 et sa dure répression avaient laissé toutes les classes de la population dans un profond désenchantement. Les propositions du Rapport de Lord Durham visant à l’union des deux Canadas et à une assimilation progressive de la population française par une massive immigration britannique semblaient compromettre irrévocablement le destin de la nation canadienne-française. Pour contrecarrer l’esprit de défaitisme, Garneau entreprend de rappeler aux Canadiens français qu’ils ont un passé et que ce passé est glorieux.»

Falardeau, J.-C. (1964). Un annonciateur de grandeur: François-Xavier Garneau (1809-1866). In L’essor des sciences sociales au Canada français. Québec: Ministère des Affaires culturelles, p. 14-15. Cité par Encyclopédie de L’Agora (http://agora.qc.ca/Dossiers/Francois-Xavier_Garneau)

Pour Garneau, la Conquête ne produit pas que des bienfaits. Si la paix règne dans tout le pays après 1760 lorsque les armes sont déposées, ce calme est dû non à l’attitude des vainqueurs, mais, pour Garneau, au fait que «les habitants ruinés, décimés par le feu sur tant de champs de bataille, ne songèrent plus qu’à se renfermer dans leurs terres pour réparer leurs pertes» (Garneau 1856: 178).

L’ambition de Garneau est clairement affirmée dans son Discours préliminaire de son ouvrage Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à nos jours ((Garneau, F.-X. (1852). Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu’à nos jours. Québec: Imprimé par J. Lovell.)):

«Si l’on envisage l’histoire du Canada dans son ensemble, depuis Champlain jusqu’à nos jours, en voit qu’elle se partage en deux grandes phases que divise le passage de cette colonie de la domination française à la domination anglaise, et que signalent la première, les guerres avec les Sauvages et les provinces qui forment aujourd’hui les Etats-Unis; la seconde, la lutte politique et parlementaire des Canadiens ((dans le sens canadien-français)) pour leur conservation nationale. La différence des armes, entre ces deux époques, nous les montre sous deux points de vue distincts; mais c’est sous le dernier qu’ils m’intéressent davantage. Il y a quelque chose de touchant et de noble tout à la fois à défendre la nationalité de ses pères, cet héritage sacré qu’aucun peuple, quelque dégradé qu’il fût, n’a jamais ôsê répudier publiquement. Jamais cause plus grande et plus sainte n’a inspiré un cœur haut placé, et mérité la sympathie des hommes généreux.

[…]  le Canada a été soumis à de grandes vicissitudes, qui ne sont pas de son fait, mais qui tiennent à la nature de sa dépendance coloniale, les progrès n’y marchent qu’à travers les obstacles, les secousses sociales, et une complication qu’augmentent de nos jours la différence des races mises en regard par la métropole; les haines, les préjugés, l’ignorance et les écarts des gouvernans et quelquefois des gouvernés. Les auteurs de l’union des deux provinces du Canada, projetée en 1822 et exécutée en 1840, ont étayé cette mesure de diverses raisons spécieuses pour couvrir d’un voile légal une grande injustice. L’Angleterre, qui ne veut voir dans les Canadiens français que des colons turbulens, des étrangers mal affectionnés, feint de prendre pour des tentatives républicaines leur inquiétude, leur attachement à leurs institutions et à leurs usages menacés, artifice indigne d’un grand peuple. L’abolition de leur langue, et la restriction de leur franchise électorale pour les tenir, malgré leur nombre, dans la minorité et la sujétion, ne prouvent que trop qu’elle ne croit rien de ce qu’elle dit, et que ni les traités, ni les actes publics les plus solennels, n’ont pu l’empêcher de violer des droits d’autant plus sacrés qu’ils servaient d’égide au faible contre le fort.

Mais quoiqu’on fasse, la destruction d’un peuple n’est pas chose aussi facile qu’on pourrait se l’imaginer.

Nous sommes loin de croire que notre nationalité soit à l’abri de tout danger. Comme bien d’autres nous avons eu nos illusions à cet égard, illusions qui s’envolent chaque jour devant les intrigues, et la corruption qui rappellent certaines époques de l’histoire de l’Irlande.

Mais, dans le vrai, l’existence du peuple canadien n’est pas plus douteuse aujourd’hui, qu’elle ne l’était il y a un demi siècle. Notre destinée est de lutter sans cesse, tantôt contre les barbares qui couvrent l’Amérique, tantôt contre une autre race qui, jetée en plus grand nombre que nous dans ce continent, y a acquis depuis longtemps une prépondérance, qui n’a plus rien à craindre. Nous ne comptions que 60,000 âmes en 1760 et nous dépassons aujourd’hui 700,000.»

Les termes du débat sont ainsi posés dès le 19e siècle et il se poursuit aujourd’hui. Philippe Couillard a fait le choix de la Conquête bonne-ententiste alors que d’autres présentent la Conquête de 1760 «comme une défaite militaire fondamentale ayant entravé toute la suite de l’histoire du Québec par ses conséquences politiques, sociales et économiques. Seule l’indépendance du Québec pourrait pallier éventuellement cet état de fait» ((L’Histoire nationale à l’école québécoise : 12)). Dans les deux camps, l’histoire est instrumentalisé pour appuyer sa vision politique.

Classé sous :Didactique, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

Le « roman national » au collège serait une nouveauté « radicale »

3 juin 2015 by Lyonel Kaufmann

En Suisse comme en France, les tenants du roman national se réfère  à l’enseignement de l’histoire au primaire et non à l’enseignement de l’histoire collège qui était centré sur les humanités classiques et une histoire générale.

Extrait de l’article de Claude Lelièvre sur Mediapart :

Le « roman national » au collège serait une nouveauté, car il n’a jusqu’alors existé qu’à l’école communale (et c’est cet enjeu qui est fondamentalement au centre actuel des polémiques -politiques- sur l’enseignement de l’histoire, venant pour l’essentiel des « droites extrêmes »).

Pierre Nora sait très bien que ce serait une nouveauté puisque dans son article célèbre sur « Lavisse, instituteur national », il indique qu’Ernest Lavisse ( le promoteur fondamental de ce qui sera appelé plus tard le  »roman national ») «  ne donna tant de lui-même au primaire que parce que seule y est étudiée l’histoire de la France » ( ( « Lieux de mémoire », Gallimard, 1997, premier volume , page 254).

Tout le monde devrait en effet avoir en mémoire que les livres d’histoire de la communale commençaient certes (sous la troisième République, et au moins jusqu’à la quatrième République) par la Gaule, les Gaulois, puis les Gallo-romains ; mais que ceux de la classe de sixième traitaient – eux – de l’Antiquité (à savoir pour l’essentiel de l’Egypte, de la Grèce et de l’Asie mineure, puis de l’Empire romain).

Lire la suite : Le « roman national » au collège serait une nouveauté « radicale »

Pour la situation dans le canton de Vaud, lire ma thèse : Autorité du discours – Discours de l’autorité : les manuels d’histoire vaudois 1938-1998 : manuelshistoire.ch

Classé sous :Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

L’histoire de Caen en réalité augmentée (QR Codes et tags NFC)

30 mai 2015 by Lyonel Kaufmann

La ville de Caen a lancé en mai 2015 deux dispositifs permettant de découvrir son histoire au fil de ses rues à l’aide de QR Codes et de tags NFC.

Pionnière en matière de technologie sans contact depuis dix ans, l’agglomération Caen la Mer a reçu le label Territoire leader du mobile sans contact. Associé au musée de Normandie, Caen  souhaite maintenant appliquer ces innovations à la culture et au patrimoine.

Avec IStoryPath, application disponible sur tablette et smartphone, trois parcours sont consultables par les visiteurs de la ville: Caen été 44, le château de Caen et Parcs & jardins.

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L’application se décompose en trois parties : le contenu, une frise et une carte. Après avoir sélectionné l’un des trois thèmes proposés sur la table numérique à l’église Saint-Georges, l’utilisateur choisit ses points d’intérêts. Ainsi, pour le thème Château de Caen, quatorze lieux lui sont proposés.

Pour chaque point d’intérêt, un historique du lieu et des photos d’archives fournies par des historiens.

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Avec «Caen, été 44», l’itinéraire entraîne les visiteurs en 12 étapes dans le quotidien des caennais lors de la Bataille de Normandie du 6 juin au 19 juillet 1944. Comment ont-ils assuré leur approvisionnement en vivres et biens de consommation courante ? Comment étaient organisés les secours, les soins médicaux ? Quels furent les moyens mis en place pour lutter contre les incendies après la destruction de la caserne des pompiers ?

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Le circuit peut être parcouru à pied en 1 h 30 environ.

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Source : L’histoire de Caen se revit dorénavant grâce aux QR codes et tags NFC

Classé sous :Médias et technologies, Nouvelles de l'histoire, sur le web

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Revue de presse : Pédagogie inversée avec Youtube : une vraie émulation en classe

13 février 2013 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Quel est l’intérêt pour les élèves ? Est-ce que la péda­go­gie inver­sée amé­liore leur réussite ? «J’enseigne en 7e année depuis 16 ans et je constate tous les jours que les élèves ont besoin de répé­ti­tion pour bien assi­mi­ler les notions. Avec la vidéo, ils n’hésitent plus à m’interrompre : dès qu’ils n’ont pas com­pris, […]

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Eduquer dans son temps : Nouveaux médias, nouveaux enseignements | La Fabrique de l’histoire

30 janvier 2019 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Comment le cinéma, la télévision puis aujourd’hui le jeu vidéo sont-ils intégrés en tant qu’auxiliaires pédagogiques par le système scolaire depuis les années 1950 ? Viviane Glikman, maîtresse de conférences à l’Institut National de Recherche Pédagogique (INRP), Frédéric Marty, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paul Valéry-Montpellier 3, et Laurent Tremel, chargé de mission […]

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M157 – Film & Histoire (7.11.2006)

7 novembre 2006 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Consignes Votre tâche consiste à réaliser une activité pour les élèves autour d’une séquence du film choisi. Cette activité s’attachera à travailler autour de l’image et du son (univers sonore) en priorité. Les consignes de l’activité sont à rédiger de telle manière à en faire des énoncés opérationnalisables permettant de développer des compétences c/o les […]

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L'évasion de Louis XVI suscite la polémique

23 février 2009 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Mardi 24 février , France 2 diffuse à 20h35 un téléfilm historique consacré à la fuite du roi Louis XVI à Varennes ; « L’évasion de Louis XVI » est le deuxième volet de la collection « Ce jour là, tout a changé » consacrée aux grandes journées de l’Histoire de France. “la famille des cochons ramenée à l’étable”, anonyme, […]

La Grande Guerre et le heavy metal par la BCU

11 juillet 2014 Par Lyonel Kaufmann 1 commentaire

Une entrée originale consacrée à la Première Guerre mondiale. La guerre est l’un des thèmes privilégiés dans le heavy metal et dans l’univers metal en général, et plus particulièrement les deux guerres mondiales qui ont influencé beaucoup de groupes dans le choix de leurs noms, dans l’écriture des textes, le choix des pochettes d’albums, du […]

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La BNF, son blog et ses futurs blogs

5 novembre 2008 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Buzzeum » La BNF, son blog et ses futurs blogs Buzzeum nous apprend que la BNF se met à l’internet social et participatif. D’abord en ouvrant une plate-forme de blog dont le premier est consacré aux expositions de l’institution. Ensuite, elle ouvre également sa page Facebook. (tags: Histoire MédiaTIC Musées BNF)

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Marie Antoinette en ado lassante (Zéro de conduite)

24 mai 2006 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

L’excellent site Zéro de conduite (L’actualité éducative au cinéma) propose son compte-rendu du film, attendu sur la Croisette, de Sofia Coppola consacré à Marie Antoinette. Le titre donne immédiatement le ton de l’article: Marie Antoinette en ado lassante Sur le plan historique, Zéro de conduite s’appuie justement sur l’analyse des films tournés par des Américains […]

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