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Histoire Lyonel Kaufmann

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Pourquoi certains profs sont-ils plus à l’aise que d’autres avec l’usage des TIC en appui à l’enseignement?

11 février 2021 by Lyonel Kaufmann

Dans un numéro de sa série publiée en ligne, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dévoilait cet automne une analyse de données consacrée à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’apprentissage des élèves. Ces données ont été extraites des réponses fournies par environ 260 000 enseignants répartis dans 48 pays ou territoires ayant participé à l’Enquête internationale sur l’enseignement et l’apprentissage (TALIS) de 2018.

L’étude partait d’un constat :

« En moyenne, dans les pays et économies de l’OCDE, seul un peu plus de la moitié des enseignants du premier cycle de l’enseignement secondaire (53 %) ont indiqué laisser « souvent » ou « toujours » les élèves utiliser les TIC pour des projets ou des travaux en classe. Comprendre pourquoi certains enseignants sont plus enclins que d’autres à intégrer les TIC dans leurs activités d’enseignement peut aider les systèmes d’éducation à réduire le risque que certains élèves ne soient pas suffisamment familiarisés avec ces nouveaux médias à l’école.»

Formation des enseignants et utilisation des technologies de l’information et de la communication face à la crise de la COVID-19. L’enseignement à la loupe #35, p. 3.

Ces données « fournissent de précieuses informations pour comprendre pourquoi certains enseignants sont plus enclins que d’autres à laisser leurs élèves utiliser les TIC pour des projets ou des travaux en classe, et pour explorer les facteurs sous-tendant la participation des enseignants aux activités de développement professionnel couvrant l’utilisation des TIC à l’appui de l’enseignement. »

Pourquoi certains enseignants sont plus enclins à laisser leurs élèves utiliser les TIC en classe

L’étude de l’OCDE répond à deux principales interrogations. Dans un premier temps, les chercheurs se sont demandé pourquoi certains enseignants sont plus enclins que d’autres à laisser leurs élèves utiliser les TIC pour des projets ou des travaux en classe. Avant la crise sanitaire, ceux qui étaient les plus susceptibles de laisser « souvent » ou « toujours » les élèves utiliser les TIC étaient ceux qui, pendant leur formation professionnelle ou leurs études récentes, avaient eux-mêmes utilisé les TIC.

Cependant, il y a aussi des considérations organisationnelles qui amènent les enseignants à encourager l’utilisation des technologies. Plus de la moitié des pays participants à l’enquête ont permis de confirmer la causalité entre l’utilisation des TIC et les encouragements soutenus par une direction d’école.

L’étude affirme également que l’utilisation des TIC est plus élevée chez :

  • les enseignants que chez les enseignantes (62 % contre 59 %) ;
  • les enseignants expérimentés que chez les enseignants débutants (61 % contre 58 %) ;
  • les professeurs de sciences, de technologie versus ceux qui enseignent d’autres matières (64 % contre 59 %);
  • les enseignants ayant un contrat de travail permanent plutôt qu’à durée déterminée (61 % contre 56 %).

Les chiffres divulgués par TALIS 2018 montrent ainsi que plus les futurs enseignants ont été conscientisés aux TIC durant leur formation initiale, plus ils sont susceptibles de les utiliser dans leur pratique. Et plus ils auront le soutien de leur direction, plus ils les utilisent directement en classe.

Peut-être également qu’il est important de reconnaître les enseignant•es comme des professionnels. D’autres éléments de l’étude TALIS 2018 présentés dans la vidéo ci-dessus le laissent à penser et notamment au niveau des établissements scolaires eux-mêmes. En effet, les établissements qui soutiennent leurs enseignant•es dans l’utilisation des technologies en classe sont ceux qui encouragent leur personnel à prendre de nouvelles initiatives. Ils offrent ainsi un cadre propice à l’intégration des TIC dans les pratiques pédagogiques.

Source : ecolebranchee.com

Classé sous :Humanités Digitales, Médias et technologies

Pologne : la liberté de la recherche sur la Shoah menacée ?

11 février 2021 by Lyonel Kaufmann

Jan Grabowski et Barbara Engelking, deux universitaires spécialistes de l’Holocauste, ont dû récemment faire face à un procès en diffamation après la publication de leur dernier ouvrage. Celui-ci portait sur le comportement des Polonais durant la Seconde Guerre mondiale et n’a pas plu à la descendante d’un des citoyens cités. Une affaire considérée par certains comme une menace pour les futures recherches sur la Shoah dans le pays.

Sur les 1600 pages de l’ouvrage historique des deux chercheurs, un passage a particulièrement retenu l’attention. Intitulé Night Without End : The Fate of Jews in Selected Counties of Occupied Poland, le livre accuse le maire Edward Malinowski d’avoir livré des Juifs aux Allemands lorsque ces derniers occupaient le pays.
Âgée de 81 ans, la nièce de l’homme politique, Filomena Leszczyńska, a intenté un procès aux deux universitaires, estimant que leur ouvrage « violait l’honneur de Malinowski » en « fournissant des informations inexactes ».La plaignante aurait demandé 100.000 złotys (environ 22.000 €) de dommages et intérêts, ainsi que des excuses publiques. Les pages consacrées au village de Malinowo, dans le nord-est de la Pologne, font état des bonnes et mauvaises actions du maire. Il aurait ainsi permis à une femme juive d’échapper au soldat en la dissimulant, mais d’autres témoignages l’impliquent dans des massacres de Juifs locaux perpétrés par les nazis.

Leszczyńska souligne que son oncle a été acquitté de tout soupçon de collaboration en 1950. Pour elle, le livre contiendrait « des omissions et des erreurs méthodologiques ».

Finalement, le tribunal ne s’est pas attaqué aux portefeuilles des historiens, qui n’auront pas à verser de compensation financière. Cependant, les deux auteurs devront écrire une lettre d’excuse à la descendante du maire et publier un billet d’explication sur le site du Centre de recherche sur l’Holocauste. Enfin le passage ne devra plus apparaître au sein de l’ouvrage dans les éditions futures.

Les deux universitaires ont annoncé qu’ils feraient appel.

Crédit photo : Détail du Mur des Noms au Mémorial de la Shoah à Paris — Jblevee — CC BY-SA 4.0

Source :  ActuaLitté.com

Classé sous :Nouvelles de l'histoire, sur le web Balisé avec :Feedly, IFTTT

Reproduire des cartes et des graphiques à la manière de Jacques Bertin

9 février 2021 by Lyonel Kaufmann

Nicolas Kruchten propose de revisiter les cartes et graphiques de Jacques Bertin en utilisant l’outil Ploty Express. Pour cela, il a élaboré une 30e de figures inspirées de l’ouvrage La sémiologie graphique (1967).

Remaking Figures from Bertin’s Semiology of Graphics (december 2020) :
http://nicolas.kruchten.com/semiology_of_graphics/

Source de l’info : http://cartonumerique.blogspot.com/2021/02/semiologie-bertin.html

Classé sous :sur le web

« The Dig » : retour sur une découverte archéologique exceptionnelle

4 février 2021 by Lyonel Kaufmann

La sensationnelle découverte d’un bateau-tombe de 24 mètres de long sur le site de Sutton Hoo, retracée dans le film « The Dig », pourrait être le dernier exemple d’une extravagante tradition funéraire médiévale.

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Mis au jour sur le site de Sutton Hoo, ce casque extraordinaire était enterré avec son propriétaire, un guerrier d’élite voire un roi anglo-saxon, mort au début du 7e siècle apr. J.-C.
PHOTOGRAPHIE DE BRITISH MUSEUM

Réputés pour leur prudence, les archéologues remettent sans cesse en question les découvertes passées et tentent d’éviter tout sensationnalisme. Pourtant, même le plus circonspect d’entre eux ne tarira pas d’éloges au sujet des tertres funéraires de Sutton Hoo, situés dans le sud-est de l’Angleterre, employant des superlatifs comme « magnifique », « monumental », et « sans pareil ».

C’est dans la région, en 1939, que les archéologues ont mis au jour un site funéraire anglo-saxon vieux de 1 400 ans, qui incluait un bateau complet et une cachette d’objets funéraires somptueux. Cette découverte spectaculaire a changé la compréhension qu’avaient les historiens de la Grande-Bretagne du Haut Moyen-Âge, explique Sue Brunning, conservatrice au British Museum responsable des objets anciens désormais légendaires. « Elle a soudainement tout transformé », confie-t-elle.

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Cette photographie des premières fouilles menées à Sutton Hoo montre les vestiges du bateau en bois enterré dans le sud-est de l’Angleterre il y a environ 1 400 ans.

Lire la suite : https://www.nationalgeographic.fr/histoire/the-dig-retour-sur-une-decouverte-archeologique-exceptionnelle

Classé sous :Nouvelles de l'histoire

PAS DE POLICE SUR LE CAMPUS : Les universités grecques visées, la démocratie menacée

1 février 2021 by Lyonel Kaufmann

Vous trouverez ci-dessous un message traduit de mes collègues grecs, sollicitant notre soutien individuel pour une pétition contre la présence de la police dans leurs campus universitaires.
N’hésitez pas à diffuser largement cette demande de soutien. D’avance merci.

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Jeudi 28 janvier. Grèce: des milliers d’étudiants manifestent contre l’instauration de patrouilles policières dans les universités. Source Yahoo (https://fr.news.yahoo.com/grèce-milliers-détudiants-manifestent-contre-222108830.html)

Initiative des universitaires PAS DE POLICE SUR LE CAMPUS

Courrier électronique : NoUniPolice@gmail.com
Les universités grecques visées, la démocratie menacée

Le nouveau projet de loi sur l’enseignement supérieur menace la liberté académique et fait régner l’ordre sur les campus
17.1.2021

Dans des conditions de pandémie et de strictes mesures de quarantaine, la société grecque a soudainement été informée que le gouvernement grec avait décidé de mettre en place une nouvelle force de sécurité pour les campus universitaires. Les médias pro-gouvernementaux ont orchestré au cours des mois précédents une campagne calomnieuse visant à diffamer les universités et à les présenter au public grec comme des « centres de l’anarchie » et de la délinquance, une allégation totalement infondée.

Selon le projet de loi, la nouvelle force de sécurité ne répondra pas aux autorités universitaires mais relèvera directement de la police grecque. Les agents de police, en uniforme et équipés de matraques, seront autorisés à patrouiller librement sur les campus, tandis que leurs missions seront décidées sans le consentement des autorités universitaires. En outre, selon le projet de loi, les universités seront obligées de mettre en place un système d’accès restreint sur les campus et les autorités universitaires devront faciliter les nouvelles « forces spéciales » de patrouille de « toutes les manières possibles » pour qu’elles puissent remplir leurs missions, qui comprennent la surveillance systématique du campus avec des équipements technologiques spéciaux et la conduite d’enquêtes préliminaires sur les « crimes » commis.

Les réactions sont nombreuses. La grande majorité des sénats universitaires, ainsi que les associations de professeurs et d’étudiants de l’université, se sont opposés publiquement au projet de loi. La Fédération des officiers de police grecs a également publié une déclaration de rejet. Le nouveau projet de loi est une violation évidente de la constitution grecque, car il enfreint le principe d’autonomie des universités et transforme les établissements d’enseignement supérieur grecs en forteresses de contrôle, de répression et de maintien de l’ordre. Le projet de loi menace et sape la démocratie et la entrave la libre circulation des idées entre les universités grecques et la société grecque. Dans le même temps, sa mise en œuvre entraînera inévitablement des troubles généralisés et des conflits violents.

L' »Initiative des universitaires : NO POLICE ON CAMPUS » a publié une pétition, signée par plus de 1.000 professeurs et enseignants universitaires dans toutes les universités grecques, invitant toutes les forces démocratiques à résister au vote et à la mise en œuvre de cette intervention anticonstitutionnelle dans la vie universitaire qui viole le principe de l’autonomie et de l’autogestion des universités. En même temps, elle dénonce les attaques coordonnées visant les membres de la communauté universitaire, alimentées, d’une part, par la rhétorique haineuse extrême à l’égard des universités publiques dans les journaux et les émissions de télévision et, d’autre part, par les messages violents et sexistes dans les médias sociaux et la page Facebook de l’Initiative NO POLICE ON CAMPUS [ΟΧΙ ΑΣΤΥΝΟΜΙΑ ΣΤΑ ΠΑΝΕΠΙΣΤΗΜΙΑ] [https://www.facebook.com/OxiAstynomiaStaPanepistimia
](Dans des conditions de pandémie et de strictes mesures de quarantaine, la société grecque a soudainement été informée que le gouvernement grec avait décidé de mettre en place une nouvelle force de sécurité pour les campus universitaires. Les médias pro-gouvernementaux ont orchestré au cours des mois précédents une campagne calomnieuse visant à diffamer les universités et à les présenter au public grec comme des « centres de l’anarchie » et de la délinquance, une allégation totalement infondée.

Selon le projet de loi, la nouvelle force de sécurité ne répondra pas aux autorités universitaires mais relèvera directement de la police grecque. Les agents de police, en uniforme et équipés de matraques, seront autorisés à patrouiller librement sur les campus, tandis que leurs missions seront décidées sans le consentement des autorités universitaires. En outre, selon le projet de loi, les universités seront obligées de mettre en place un système d’accès restreint sur les campus et les autorités universitaires devront faciliter les nouvelles « forces spéciales » de patrouille de « toutes les manières possibles » pour qu’elles puissent remplir leurs missions, qui comprennent la surveillance systématique du campus avec des équipements technologiques spéciaux et la conduite d’enquêtes préliminaires sur les « crimes » commis.

Les réactions sont nombreuses. La grande majorité des sénats universitaires, ainsi que les associations de professeurs et d’étudiants de l’université, se sont opposés publiquement au projet de loi. La Fédération des officiers de police grecs a également publié une déclaration de rejet. Le nouveau projet de loi est une violation évidente de la constitution grecque, car il enfreint le principe d’autonomie des universités et transforme les établissements d’enseignement supérieur grecs en forteresses de contrôle, de répression et de maintien de l’ordre. Le projet de loi menace et sape la démocratie et la entrave la libre circulation des idées entre les universités grecques et la société grecque. Dans le même temps, sa mise en œuvre entraînera inévitablement des troubles généralisés et des conflits violents.

L' »Initiative des universitaires : NO POLICE ON CAMPUS » a publié une pétition, signée par plus de 1.000 professeurs et enseignants universitaires dans toutes les universités grecques, invitant toutes les forces démocratiques à résister au vote et à la mise en œuvre de cette intervention anticonstitutionnelle dans la vie universitaire qui viole le principe de l’autonomie et de l’autogestion des universités. En même temps, elle dénonce les attaques coordonnées visant les membres de la communauté universitaire, alimentées, d’une part, par la rhétorique haineuse extrême à l’égard des universités publiques dans les journaux et les émissions de télévision et, d’autre part, par les messages violents et sexistes dans les médias sociaux et la page Facebook de l’Initiative NO POLICE ON CAMPUS ΟΧΙ ΑΣΤΥΝΟΜΙΑ ΣΤΑ ΠΑΝΕΠΙΣΤΗΜΙΑ

La doctrine de choc que le nouveau projet de loi sur la police tente d’imposer aux universités, ainsi que les infractions orchestrées contre l’initiative des universitaires « PAS DE POLICE SUR LES CAMPUS » soulèvent de graves questions de légalité et de constitutionnalité et menacent la démocratie. Pour tout cela, le gouvernement Mitsotakis porte seul la responsabilité.

La doctrine de choc que le nouveau projet de loi sur la police tente d’imposer aux universités, ainsi que les infractions orchestrées contre l’initiative des universitaires « PAS DE POLICE SUR LES CAMPUS » soulèvent de graves questions de légalité et de constitutionnalité et menacent la démocratie. Pour tout cela, le gouvernement Mitsotakis porte seul la responsabilité.

Classé sous :Nouvelles de l'histoire

Formation à distance : évitez de sombrer dans la « technofolie » !

28 janvier 2021 by Lyonel Kaufmann

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La tentation – mais aussi souvent la pression – d’utiliser une foule d’outils technologiques pour capter et maintenir l’attention des étudiants ou faciliter la collaboration est souvent très forte, mais elle a ses mauvais côtés.

Louis-Etienne Dubois, Ryerson University

Alors qu’un autre semestre universitaire virtuel se profile à l’horizon – le deuxième, voire le troisième pour certains depuis le début de la pandémie – la fatigue et la baisse de satisfaction envers ce format à distance semblent de plus en plus senties, de part et d’autre de l’écran.

D’un côté, il y a des étudiants inquiets de la qualité des cours reçus, mais surtout en manque de la vie de campus et associative. De l’autre, des enseignants à bout de souffle ou à court de moyens, poussés du jour au lendemain à changer leurs pratiques et à animer leurs classes depuis la maison.

Au-delà des impacts purement pédagogiques, c’est aussi la question de la santé mentale de tous qui inquiète aujourd’hui. Ayant personnellement dû donner cours en ligne à plus de 250 étudiants de premier cycle universitaire au cours des dernières semaines, j’ai été à même de vivre ces enjeux et de ressentir toutes les limites de ce nouveau mode d’enseignement.

Éviter la technofolie

La tentation – mais aussi souvent la pression – de dégainer une foule d’outils technologiques pour arriver à capter et maintenir l’attention des étudiants ou faciliter leur collaboration est souvent très forte. Certes, l’idée de donner un cours en direct sur Twitch ou dans un monde fictif sur Minecraft, et de poursuivre la discussion sur Discord ou sur Slack peut paraître stimulante. Mais, dans ce contexte particulier, l’enseignant fait parfois davantage figure d’influenceur web que d’expert académique.

Ces choix technologiques confrontent aussi les enseignants à des limites, tant logistiques qu’humaines. Que dire aux étudiants, nombreux, qui accèdent à ces contenus depuis leur téléphone portable et donc à même leurs données cellulaires, ou encore à ceux qui ne possèdent pas encore un ordinateur et une connexion Internet assez performante ? Que faire des étudiants qui doivent partager leur espace de travail avec le reste de la famille, qui ne maîtrisent pas d’emblée ces différents outils ou qui doivent apprendre à manipuler une panoplie d’applications différentes pour chacun de leurs cours ?

Ces questions illustrent aussi le risque très réel de créer de nouvelles barrières à l’inclusion en matière d’enseignement. Ainsi, avant de mobiliser pareille quincaillerie, il importe de s’attarder sur la capacité des étudiants à bien s’en saisir, mais aussi aux enseignants de s’y former suffisamment pour en tirer une expérience d’apprentissage positive. Plus important encore, c’est là aussi l’occasion d’appréhender d’autres modes d’enseignement à distance, et enfin s’extirper de cette vision qui passe par toujours plus d’outils et par la surstimulation.

Une approche plus humaine

Et si une des réponses aux enjeux de l’enseignement à distance passait surtout par un retour à l’essentiel et la mise en place de contextes moins « technos » et plus humains ?

Dans leurs travaux sur l’économie de l’expérience, dans laquelle la valeur créée est fondée sur l’expérience des « invités », les consultants Joseph Pine et Jim Gilmore expliquent que les expériences dites « esthétiques » proposent simplement un cadre dans lequel les participants sont invités à adopter une posture contemplative. L’expérience vise alors l’harmonie des sens et l’atteinte d’une sorte de plénitude individuelle. La visite d’un musée, une expérience dans laquelle les gens déambulent, s’assoient sur un banc et se perdent dans leurs pensées en est un exemple. Elle contraste fortement avec une expérience de divertissement comme un spectacle de musique ou un parc d’attractions. C’est l’éloge de la lenteur, d’une stimulation non technologique plus subtile, mais tout aussi prenante.

Ce genre d’appel en faveur d’une approche pédagogique plus lente et informelle n’est pas nouveau. D’ailleurs, l’idée de diminuer la cadence, ou d’élaguer un tant soit peu le contenu pour en faciliter la rétention sans pour autant en affecter la qualité gagnait lentement du terrain bien avant la pandémie.

Surveiller ses arrières !

Ainsi, au lieu d’employer un énième outil collaboratif durant un cours sur Zoom, pourquoi ne pas simplement instaurer une ambiance propice à la réflexion grâce à un décor chaleureux, un peu de nature, une œuvre à regarder ou une musique plaisante à écouter ?

De même, pourquoi ne pas ouvrir les salles virtuelles plus tôt, ou les fermer plus tard, afin de permettre à ceux et celles qui en ont envie d’échanger dans un cadre plus informel. Pourquoi ne pas envoyer le contenu à l’avance de manière à profiter de ces moments dits « synchrones » pour interagir et injecter un peu de chaleur humaine ?

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Offrir des cours en baladodiffusion ou transmettre les évaluations via un support audio permet non seulement de se reposer les yeux, mais offre aussi plus de flexibilité quant au moment et à l’endroit où consulter ce contenu.
Shutterstock

Enfin, il est possible de valoriser les stimulus autres que visuels afin de permettre aux étudiants de prendre congé de leurs écrans ne serait-ce qu’un bref instant. Le simple fait d’enregistrer des épisodes de baladodiffusion ou encore de transmettre les évaluations via un support audio permet non seulement de se reposer les yeux, mais offre aussi plus de flexibilité quant au moment et à l’endroit où consulter ce contenu. L’occasion est aussi venue de redécouvrir les charmes d’une simple conversation téléphonique, au lieu d’une autre vidéoconférence.

Puisque ce mode d’enseignement virtuel est appelé à perdurer à tout le moins jusqu’à l’automne ou l’hiver prochain et à jouer un plus grand rôle dans les cursus universitaires au sortir de la pandémie, il n’est pas trop tard pour imaginer des modes d’engagements plus soucieux des contraintes de chacun.

Selon Pine et Gilmore, toute bonne expérience se doit d’ailleurs d’être pensée en fonction du contexte plus large dans lequel elle s’inscrit. Ainsi, plutôt que de s’en remettre à nouveau à l’équivalent du cours magistral en ligne, gardons en tête les contraintes du moment et imaginons des cours qui permettent de varier les contextes dans lesquels on s’y plonge, que ce soit près du feu ou même sous la couette !The Conversation

Louis-Etienne Dubois, Assistant Professor, School of Creative Industries, Faculty of Communication and Design, Ryerson University

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

Classé sous :Enseignement à distance, Nouvelles de l'histoire

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