Alors que les études sur la Shoah se renouvellent, le génocide cambodgien reste un angle mort de la recherche, et les massacres du Rwanda sont peu enseignés dans les écoles. Sous la direction de l’historien Vincent Duclert, 65 chercheurs ont fait le bilan des connaissances sur ces tueries de masse et sur la motivation de leurs auteurs, qui s’inspirent les uns des autres.
— À lire sur www.liberation.fr/debats/2019/01/27/vincent-duclert-la-recherche-permet-de-fermer-la-porte-au-negationnisme-en-revelant-l-entreprise-de-_1705742
Nouvelles de l'histoire
Construire l’enfer | La vie des idées
Nikolaus Wachsmann pose les fondations d’une histoire totale des camps de concentration, aussi attentive à leur rôle au sein du régime nazi qu’aux logiques de leur fonctionnement quotidien. Il y retrace la trajectoire qui les a conduits de la violence à la torture, de la torture à la mort et finalement de la mort à l’extermination.
« Les KL n’étaient pas des goulags allemands – 90% des détenus soviétiques survécurent au système concentrationnaire stalinien, là où plus de 50% des détenus des KL périrent entre 1933 et 1945. Ce n’était pas plus des camps réservés à la population juive, qu’Auschwitz viendrait symboliser dans leur entièreté, car les populations juives ne représentèrent qu’un tiers de la totalité des détenus des KL. »
Nikolaus Wachsmann, professeur à Londres (Birkbeck) s’est essayé, à travers une somme monumentale, à décortiquer la réalité derrière le mot, derrière l’acronyme « KL » – Konzentrationslager. D’abord publié en anglais en 2015, le livre a été traduit en allemand l’année suivante, puis en français en 2017. Il atteint 1200 pages dans l’édition Gallimard et se présente, que ce soit par son ampleur ou sa qualité, comme la somme incontournable sur cette question, comme la première « histoire globale » des camps de concentration nazis.
Livre recensé : Nikolaus Wachsmann, KL. Une histoire des camps de concentration nazis, traduit de l’anglais par Jean-François Sené, NRF Essais, Gallimard, Paris, 2017 [2015], 1159 p. La présentation de l’ouvrage par l’éditeur : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/NRF-Essais/KL
— Lire la suite : Nicolas Patin, « Construire l’enfer », La Vie des idées , 28 janvier 2019. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Construire-l-enfer.html
Décadrages : Jeu vidéo et cinéma, n° 39, automne 2018
Décadrages est une revue de cinéma à parution semestrielle qui comprend un dossier consacré à une problématique, un cinéaste ou un film, ainsi qu’une rubrique dévolue aux films suisses et au cinéma en Suisse.
Le numéro 39 de la revue Décadrages se propose d’étudier les échanges et les hybridations entre le cinéma et les jeux vidéo, tels qu’ils se sont développés dès le début des années 1970, aux niveaux économique, culturel et esthétique. Le numéro comporte des articles de plusieurs chercheurs de renom dans le domaine de l’étude du jeu vidéo (Bernard Perron, Alexis Blanchet, Sébastien Genvo). Chaque article propose une étude détaillée de ces contaminations réciproques à partir d’un corpus spécifique de films (comme les westerns) ou de jeux (comme les jeux de Lucasfilm Games).
Le sommaire du numéro :
- Les régimes effrayants de la vision vidéoludique (Bernard Perron)
- Du voice-over au game over : le narrateur second dans Bastion, Dear Esther, The Stanley Parable et The Beginner’s Guide (Alexis Blanchet – Matthieu Hue)
- Lorsque l’industrie cinématographique sert de milieu au développement du jeu d’aventure : le cas de Maniac Mansion (Sébastien Genvo)
- Les codes du western à l’ère du codage informatique : le jeu vidéo sur la piste du gunfighter cinématographique (Red Dead Redemption) (Alain Boillat)
- Pour une analyse des discours sur le jeu vidéo : l’exemple des
« cinématiques » (Selim Krichane – Yannick Rochat) - La légitimation politique, médiatique et scienti que du jeu vidéo : retour sur le colloque « Penser (avec) la culture vidéoludique » (Esteban Giner)
- Floppy D!sk (Joël Lauener, 2017) : l’histoire du jeu vidéo en Suisse dans une disquette (David Javet)
Revue de presse:
- 19 novembre. Selim Krichane. « Le jeu vidéo Red Dead Redemption 2, entre succès et controverses », sujet de Julie Conti, JT – 19h30 et article en ligne
- 21 novembre. Selim Krichane. « Les relations cinéma-jeu vidéo décortiquées dans une revue académique », Vertigo, capsule d’Antoine Droux
- 4 décembre. « Et si on arrêtait de mépriser le jeu vidéo? », Nectar, podcast
Pour commander le numéro (chf 15.- pour la Suisse) : https://www.decadrages.ch/jeu-video-et-cinema-n-39-automne-2018
La rare autobiographie d’un esclave du XIXe siècle disponible en ligne
Le département Afrique et Moyen-Orient de la Bibliothèque du Congrès avait fait l’acquisition à l’été 2017 d’une collection de documents uniques au cœur de laquelle se trouvait l’autobiographie d’Omar Ibn Saïd, un esclave musulman originaire de l’Afrique de l’Ouest, capturé en 1807 et amené en Caroline du Nord. Un document exceptionnel que l’établissement a décidé de numériser, mais pas seulement, puisqu’une collection autour des écrits d’Omar Ibn Saïd a aussi été créée en ligne.

Omar Ibn Saïd, vers 1850, auteur inconnu (domaine public)
-Lire la suite sur La rare autobiographie d’un esclave du XIXe siècle disponible en ligne
Un manuscrit indien renvoie l’origine du chiffre “0” au IVe siècle
Pour les habitués de mathématiques, et bien souvent des cancres, le chiffre « 0 » est un symbole familier. Cependant, malgré les idées reçues, ses origines restent encore incertaines de nos jours. Et, pour preuve, un récent manuscrit découvert au Pakistan relierait les origines du chiffre au IVe siècle apr. J.-C., soit 500 ans avant la date habituellement retenue par les historiens.

Temple de Gwalior (Jolle – CC BY 3.0)
Le manuscrit a été découvert pour la première fois par un agriculteur local en 1881 et a été nommé « manuscrit Bakhshali », en l’honneur du village dans lequel il a été trouvé, dans l’actuel Pakistan. Il est gardé à la bibliothèque Bodleian de l’université d’Oxford depuis 1902, mais n’a été déchiffré que récemment.
-À lire : Un manuscrit indien renvoie l’origine du chiffre “0” au IVe siècle
Internement de Canadiens d’origine japonaise : numérisation de 40 000 pages et de 180 photos par le Numéri-Lab
Si je connaissais un peu l’histoire des Américains d’origine japonaise internés dans des camps aux Etats-Aunis durant la deuxième guerre mondiale, je ne connaissais pas son équivalent canadien. La numérisation des documents par les Archives du Canada comble ce manque.

Par Karine Gélinas
Le Numéri-Lab a accueilli plus d’une quarantaine de projets depuis son lancement en 2017. Deux d’entre eux ont été réalisés par Landscapes of Injustice, un projet de sept ans en sciences humaines dirigé par l’Université de Victoria et axé sur la recherche et l’histoire de la dépossession et de la déportation des Canadiens d’origine japonaise en 1942.
Plus de 40 000 pages de textes et quelque 180 photos ont été numérisées par les deux chercheurs de Landscapes of Injustice. Certains des documents sont maintenant disponibles en ligne pour consultation, dont ceux décrits ci-dessous.
Pour voir toutes les photos numérisées, vous pouvez saisir les termes de recherche « internement » et « Canadiens d’origine japonaise » dans notre outil Recherche dans la collection(bêta).
Crédit photo : Maisons des personnes évacuées à Lemon Creek, en Colombie-Britannique (e999900291-u)
