#Ludovia16 : journal du premier jour (20 août 2019)

Pour le début de Ludovia16, la pluie s’est invitée et occupe l’essentiel des discussions en ce mardi matin. De mémoire de Ludovien, en tout cas la mienne, elle est d’une intensité encore jamais rencontrée. C’est fou comme le cadre s’en trouve changé. L’arrivée du soleil au milieu de l’après-midi va immédiatement changer l’humeur et l’ambiance générale. Ouf !

En début d’après-midi, les premiers ateliers débuteront timidement à la salle des ExplorCamps du Casino ainsi que dans le parc. Pour sa part, le colloque scientifique occupe la halle du parc.

A partir de 15h00, les officiels lancent leur ouverture officielle de l’édition avec la traditionnelle visite des stands, mais intérieurs en raison du temps. A 17h00 tout ce joli monde se retrouve à la salle de conférence pour l’ouverture officielle. A cette occasion, l’assemblée écoutera de manière plus ou moins attentive la capsule vidéo du ministre de l’ėducation nationale.

Cette partie se termine par la traditionnelle table ronde institutionnelle dont la thématique est « Intelligences et représentations pour un développement du numérique en éducation sur les territoires », en lien avec la thématique générale de l’édition 2019 (Intelligences et représentations du numérique dans l’éducation). C’est l’occasion pour chacun des intervenants – dont une seule intervenante sur sept – de ce faire sa com’ sur les réalisations passées, présentes et futures.

A noter que la salle est relativement clairsemée. Le contraste est évidemment saisissant comparativement à l’année dernière et l’effervescence générée par la présence physique de Jean-Michel Blanquer.

Même absent ce dernier distille son mantra initié en 2018 « L’école de la confiance » via Jean-Marc Merriaux, directeur de la Direction du Numérique pour l’Education. A force de marteler ce slogan, ma voix intérieure traduit en « école de la méfiance, selon le bon vieux principe qu’une évidence n’a besoin d’être dite et redite que lorsque cette réalité n’existe plus ou pas.

Globalement et rapidement, le thème de la table ronde passe donc au second plan. Mais tous assurent que tout ira mieux demain. Nous sommes donc rassurés. Un certain effroi guette néanmoins tapi dans l’ombre : a-t-on suffisamment appris du passé pour ne pas reproduire les erreurs commises à répétition dans le domaine de l’éducation numérique, autrefois TIC ? Pas si sûr.

Changement de décor et d’atmosphère en début de soirée avec la conférence de Gérard Giraudon autour des représentations du numérique. Très à l’aise, drôle mais avec du contenu, Gérard Giraudon, directeur de recherche INRIA et président d’EducAzur, a joué le rôle de première partie à l’étonnant spectacle « Turing Test » par la compagnie Nokill. Une première réussie avec cette contribution culturelle de haut niveau. A l’issue du spectacle, Gérard Giraudon a rejoint les acteurs sur scène et d’ensemble ils ont répondu aux nombreuses questions de la salle. Une première réussie, elle aurait mérité cependant un public moins clairsemé.

Sur la route de Ludovia#16 : La Bastille | Grenoble

En ce samedi 17 août, c’est ma quatrième halte à Grenoble, la troisième dans le cadre d’un déplacement sur Ludovia, la première dans le sens de la descente. A cette occasion, je découvre le site de la Bastille à Grenoble. Chouette découverte.

Si la journée est consacrée au déplacement à moto, les fins de journées sont toujours l’occasion de découvertes dans les villes de passage. En plus, il est souvent très agréable et fascinant de découvrir une ville la nuit. Ce n’est pas Richard Bohringer qui me contredira…

Après avoir profité d’une bonne douche après une demi-journée finie plus chaudement (31 à 34 degrés) qu’au départ (24-27 degrés) et de l’apéro proposé par l’Okko Hôtel (un concept hôtelier fort intéressant et économique pour un prix de nuitée tout à fait abordable que je vous recommande si vous passez par Grenoble), je sors en début de soirée. Cette fois-ci, je déambule en sens opposé à ma dernière visite. 

Je remonte le boulevard Gambetta en direction du canal de l’Isère.. Les terrasses de bistrots sont nombreuses et bien occupées. Au gré de mes humeurs, je finis par obliquer vers la droite en direction d’un square. En poursuivant au petit bonheur mes divagations, j’aperçois ce qui s’avèrera le fort de la Bastille, puis le téléphérique qui permet d’y accéder rapidement (c’est aussi possible à pied ou en voiture). J’y accroche mon regard et je me dis que depuis là-haut je disposerai d’une magnifique vue sur la ville. Et hop.

Le dispositif du téléphérique est astucieux : cinq boules, permettant d’accueillir 6 personnes chacune, se suivent à la queue leu leu. Une série de boules dans le sens de la montée, une série de boule dans le sens de la descente. Inauguré en 1934, le téléphérique de la Bastille est un des premiers téléphériques urbains au monde réalisé après le Cap et Rio de Janeiro. 600’000 personnes l’empruntent chaque année.

Au sommet, le site de la Bastille offre plusieurs magnifiques panoramas sur la ville et les paysages alentours (La Chartreuse, le Vercors, Belledonne et même le Mont-Blanc). Les premières fortifications de la Bastille datent des Guerres de Religion du 16e siècle. Le dispositif défensif actuellement visible date lui du 19e siècle. Aujourd’hui, c’est un espace de détente et de promenade. Quatre circuits pédestres sont proposés durant de 30 à 40 minutes chacun. 

Vous pouvez également vous embarquez dans le parce de loisirs Acrobastille ou visiter le Musée des Troupes de montagne ou un Centre d’Art contemporain. Le Restaurant du Téléphérique vous permettra d’admirer la ville de Grenoble bien assis et bien servi.

La nuit qui progressivement tombe sur Grenoble magnifie l’expérience du site. Dans tous les cas, si vous êtes à Grenoble, n’attendez pas votre quatrième séjour pour vous y rendre. 

Une fois redescendu, l’animation du centre-ville avec ses terrasses toutes bien occupées et ses différents squares, places ou parcs, me happe. Grenoble mérite le détour sous bien des aspects. 

Toute les informations sur le site actuel : http://www.bastille-grenoble.com

Histoire et géologie du site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bastille_(Grenoble)

Crédit image du plan du site : Wikipedia (voir l’article ci-dessus).

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Ludovia16 : Les mondes virtuels dans la médiation numérique au collège : quelle participation à la reconstruction de professionnalités dans une institution en crise ?

Martine Gadille présentera « Les mondes virtuels dans la médiation numérique au collège : quelle participation à la reconstruction de professionnalités dans une institution en crise ? » le jeudi 22 août.

RÉSUMÉ DE LA COMMUNICATION

Cette communication traite de la rencontre entre le monde éducatif et la technologie du jeu vidéo multijoueur en ligne sur PC ou tablettes, dans un contexte politique d’incitation à l’adoption de technologies numériques et d’autonomisation des établissements. L’objectif est d’étudier la façon dont se manifestent des représentations avec et par le numérique à partir d’une expérimentation d’un monde virtuel éducatif (3D) en collège, pour déconstruire des représentations monolithiques sur le numérique. En sociologie des usages selon une approche qui se veut critique, certains auteurs, analysent des représentations sociales qui seraient conciliantes vis-à-vis de l’utilisation du jeu vidéo en ligne à la maison ou à l’école, et cherchent à en dévoiler les idéologies sous-jacentes, dont celles mercantiles portées par des marchés mondiaux (Trémel, 2018).

Cependant les mondes du jeu vidéo en ligne en particulier, sont complexes du point de vue économique, social et technologique. Ils sont aussi capables d’adaptations et transferts, comme le suggère l’usage de serious game, pour un apprentissage immersif en formation ou éducation (Amato, 2011 ; Bonfils 2012). À l’instar d’autres auteurs, il apparaît alors approprié de s’intéresser à ces mondes en prenant au sérieux ce qui fait sens du point de vue des usagers et/ou prescripteurs, en relation avec leur vécu, en contexte familial, scolaire ou professionnel, urbain ou rural. Nous nous intéressons en particulier à la technologie des jeux vidéo en ligne avec laquelle nous retrouverions toutes les fonctions de subjectivation des objets traditionnels qui jouent le même rôle que les représentations qui sont à leur origine (Tisseron, 2017). Outre des fonctions transitionnelle et fétiche, elle porterait en elle une fonction de contenance et de transformation de notre corps, de notre esprit et de nos émotions tout autant qu’une capacité à être transformé par ceux-ci (Tisseron, 2017). La médiation numérique avec ce type de technologie autoriserait sous certaines conditions thérapeutiques, une véritable subjectivation, par un travail du double virtuel (avatar) (Tordo, 2017). Une telle orientation de la recherche, ouvre la voie à l’observation et l’accompagnement d’expérimentations inédites, en particulier dans le champ éducatif. Des équipes pédagogiques dans leur exploration de nouvelles façons d’enseigner, tentent de s’approprier la technologie de la réalité virtuelle immersive et créer des scénarios où les joueurs/usagers sont représentés dans le monde virtuel par un avatar en capacité de créer, manipuler des objets 3D et communiquer via internet avec d’autres avatars représentant d’autres usagers. Cette technologie se distingue du serious game dont les métarègles sont prédéfinies, mettent en jeu souvent des individus seuls dans leur apprentissage, et dont la conception de scénarios est en général sous-traitée à une société à partir de la prescription de contenus didactiques. À partir de la collecte de données sur les pratiques (vidéos « in world », observations in situ) et sur les représentations (entretiens, réunions) inhérentes aux usages d’un monde virtuel éducatif dans un collège, nous montrons les effets performatifs de la technologie avatariale en ligne sur l’engagement des élèves lorsqu’elle est utilisée dans le cadre de certaines représentations individuelles et collectives des enseignants qu’elle contribue à transformer.

Bibliographie
– Amato, E., 2011. « Les utilités du jeu vidéo sérieux : finalités, discours et mises en corrélation », Canadian Journal of Learning and Technology/La revue canadienne de l’apprentissage et de la technologie, vol. 37, n° 2.
– Bonfils, P., 2012. « Environnements immersifs : spectacle, avatars et corps virtuel, entre addiction et dialectique sociales », Hermès, La Revue /1 (n° 62), p. 53-58.
– Tisseron, S., 2017. Pour comprendre les objets numériques en médiation thérapeutique, rendons d’abord aux objets leur place dans nos vies, in L’enfant, les robots et les écrans. Nouvelles médiations thérapeutiques, coord. S. Tisseron, F. Tordo, Dunod, Paris, pp. 3-30
– Tordo F., 2017. Médiations numériques et pathologies limites en psychothérapie analytique, in L’enfant, les robots et les écrans. Nouvelles médiations thérapeutiques, coord. S. Tisseron, F. Tordo, Dunod, Paris, pp. 31-60.
– Trémel, T., 2018. Les jeux vidéo : interrogations sur les contenus des jeux et les travaux de recherche s’y rapportant, Communication au Colloque Runed18, 21-23 mars, Usages du numérique en éducation et regards critiques, ENS, site Descartes, Lyon.

Plus d’info sur : Martine Gadille
Retrouvez tous les articles sur Ludovia#16 et toutes les présentations d’ateliers sur notre page www.ludovia.com/tag/ludovia-2019

Source : Ludomag

Crédit image : Pixabay License

 

Ludovia#CH – candidatez dès maintenant pour présenter un atelier !

Après une première édition ayant accueilli plus de 500 participant.e.s, l’Université de printemps Ludovia#CH revient du 16 au 18 avril 2019 toujours @YVERDON-LES-BAINS dans le canton de Vaud. Le thème retenu pour cette deuxième édition est Des ressources numériques pour ressourcer la pratique.

Désormais, vous pouvez répondre à l’appel pour proposer un ou plusieurs ateliers. Deux formules sont proposées :

  • des ateliers tournants de 40 minutes (20 minutes de présentation et 20 minutes de discussion autour d’une quinzaine de participants.) : les Explorcamps.
  • des ateliers de construction d’une ressource, d’un contenu ou d’un outil (90 minutes) : les Fabcamp.

Les critères de sélection sont « ouverts » et ne souhaitent pas enfermer les retours d’expériences proposés dans « l’innovation » mais s’attacheront plutôt à envisager une dynamique de classe, un renouvellement pédagogique ou un entrainement/impact au niveau de l’enseignement ou de l’établissement.

Concernant la procédure de soumission et le décryptage du thème de l’édition 2019, vous trouverez les informations nécessaires à l’adresse suivante : http://ludovia.ch/explorcamps-fabcamps-appel-a-propositions/

Les propositions d’ateliers sont à soumettre jusqu’au 31 janvier 2019 à intervenants@ludovia.ch

Pour plus d’informations sur la manifestion et la participation (http://ludovia.ch/).

Merci de faire suivre cet appel à toutes personnes potentiellement intéressées.

Colloque scientifique Ludovia#ch 2019 : Des ressources numériques pour ressourcer la pratique du 16 au 18 avril 2019, Yverdon, Suisse

Après une première édition réussie avec plus de 500 participant.e.s, Ludovia#CH revient en 2019 du 16 au 18 avril 2019 à Yverdon-les-Bains. Vous trouverez ci-dessous l’appel à communication pour le colloque scientifique. L’appel pour les ateliers est prévu pour fin novembre. L’ouverture des inscriptions interviendra elle à fin janvier 2019. A vos claviers et à vos agendas !


Colloque scientifique Ludovia#ch 2019

Des ressources numériques pour ressourcer la pratique

du 16 au 18 avril 2019, Yverdon, Suisse

https://ludovia.ch/appel-a-communications/


Date limite pour soumettre une proposition : 02/12/2018


Une ressource est tout ce qui peut ressourcer la pratique du professeur écrit Adler (2000). Ainsi, avec le numérique, la manière dont les enseignants recherchent, sélectionnent et adaptent les ressources pour leur enseignement sont des processus qui subissent de profonds changements qui doivent être pris en compte dans leur formation et leur activité (Gueudet et Trouche, 2010). Le développement de l’accès aux ressources numériques a profondément bouleversé le rapport de l’enseignant aux ressources éducatives. On assiste à une modification de l’ensemble du processus allant de la création des ressources, de leur diffusion, de l’évaluation de leur qualité, de leur adaptation et finalement de l’utilisation de ces ressources en situation d’enseignement ou de formation.

Du point de vue de la création des ressources, on observe que les enseignants passent de consommateurs à co-créateurs des ressources numériques qu’ils utilisent (Bueno-Ravel, Gueudet, 2014) et ce travail de co-création a des répercussions sur la manière dont ils envisagent leur enseignement.

Les moyens de diffusion et recherche de ressources numériques conduisent à un foisonnement de ressources disponibles pour les enseignants, et ce foisonnement conduit à se poser la question de la manière d’évaluer la qualité d’une ressource, tant par les enseignants que par les institutions.

Finalement, l’accessibilité permanente aux ressources, par les enseignants et les étudiants, invite à repenser tant l’activité de l’enseignant que la façon dont les élèves apprennent.

Ainsi, s’intéresser à la question des ressources numériques éducatives, c’est poser des questions qui dépassent largement le cadre de la classe et qui concernent de nombreuses thématiques :

  • Recherche, sélection et adaptation des ressources
  • Conception des ressources (modèles théoriques, conception collaborative…)
  • Qualité des ressources numériques
  • Diffusion, partage des ressources numériques
  • Orchestration des ressources dans la classe
  • Ressources numériques et environnement personnel d’apprentissage
  • Ressources numériques et modalités d’apprentissage (classe inversée, jeu…)
  • Ressources numériques et développement professionnel des enseignants
  • Ressource éducatives libres (communs)
  • Ressources institutionnelles, ressources commerciales, ressources informelles

Le colloque scientifique Ludovia#CH 2019 souhaite accueillir des contributions de recherche qui abordent ces thématiques. Ainsi, les contributions soumises devront s’inscrire dans la thématique générale du colloque et porter sur les sujets suivants :

  • Enseignement de l’informatique
  • Enseignement de la pensée informatique
  • Intégration du numérique en classe
  • Le numérique et différenciation pédagogique
  • Littératie numérique
  • Éducation aux médias et à l’information
  • Réseaux Sociaux
  • Prévention et formation aux risques liés au numérique
  • Citoyenneté numérique, responsabilité et éthique
  • Datafication et learning analytics
  • Créativité et leadership
  • Apprentissage par le jeu et ludicisation
  • Enseignement innovant avec les technologies numériques émergentes
  • Usages du numérique et intégration des élèves à besoins particuliers
  • Stratégies et politiques institutionnelles
  • Référentiels de compétences et curriculums
  • Diffusion, durabilité des ressources et des pratiques scolaires
  • Formation des enseignants
  • Ecoles déconnectées

Les soumissions prendront la forme d’un synopsis de 3 pages respectant le modèle téléchargeable ici. Le synopsis sera anonymisé (les noms et références des auteurs seront remplacés par une suite de xxxx). Les fichiers devront être déposés sur EasyChair.

La date limite pour les soumissions est le 2 décembre 2018 à minuit  et les auteurs recevront notification fin janvier 2019. Les soumissions seront soumises à une double évaluation par les membres du comité scientifique.

Les propositions de contributions seront évaluées au regard de leur pertinence par rapport à la thématique du colloque, leur caractère original, leur lisibilité et leur rigueur scientifique d’un point de vue théorique, méthodologique et argumentatif.

Les soumissions retenues feront l’objet d’une présentation de 30 mn (20 mn + 10 mn de questions).

Elles seront publiées sous forme d’actes disponibles au téléchargement sur le site. Les communications qui ne respecteront pas le format exigé seront rejetées.

Références

Adler, J. (2000). Conceptualising resources as a theme for teacher education. Journal of Mathematics Teacher Education, 3, 205–224.

Bueno-Ravel, L. et Gueudet, G. (juin 2014). Quelles ressources pour les professeurs des écoles et leurs formateurs? Apports de la recherche en didactique. Conférence au 41e colloque Copirelem, 18-20 juin, Mont de Marsan.

Gueudet, G et Trouche, T. (2010) Ressources vives, le travail documentaire des professeurs en mathématiques, Rennes, PUR.

J’ai fait mon marché à #Ludovia15

Pour mon deuxième retour consacré à l’édition 2018 de Ludovia, je vous propose une sélection de solutions, de plate-formes ou d’applications que j’ai découvertes à Ax-les-Thermes.

Cadre21

Lors du sommet numérique de Montréal, j’avais déjà eu l’occasion discuter avec Jacques Cool de sa société CADRE21. Cadre 21 propose une offre de formation continue en ligne et a l’ambition, après le Québec, d’essaimer dans toute la francophonie.

Depuis le sommet du numérique, Cadre21 a été choisi par le ministère de l’éducation québécois dans le cadre de son Plan d’action numérique pour faire partie du « combo » de base de la formation (voir les infos ici : http://www.education.gouv.qc.ca/dossiers-thematiques/plan-daction-numerique/plan-daction-numerique/) qui démarre à l’automne. Dans le cadre des combos numériques le RÉCIT et CADRE21 proposent des ressources de formations destinées aux enseignants et enseignantes, aux conseillers et conseillères pédagogiques, ainsi qu’aux gestionnaires d’établissements scolaires. Ces ressources peuvent être utilisées de plusieurs façons : formation individuelle, préparation pour l’animation de formations en présence, mise à niveau des connaissances, exploration de nouveaux sujets. Ce combo comporte trois domaines

  • robotique
  • laboratoire créatif
  • flotte d’appareil

Les formations en ligne de Cadre21 abordent les stratégies pédagogiques, les compétences TIC et la gestion de classe. La vidéo ci-dessous résume l’offre proposée :

Globalement, cette offre de formation est une offre de formation individuelle où chacun avance à son rythme. Au fur et à mesure de sa progression, la personne reçoit des badges attestant de son niveau de compétence. Le dispositif comprend 4 niveaux :

  • Exploration
  • Réflexion
  • Rétroaction
  • Reconnaissance

Ce dispositif est intéressant en complément à des offres de formations collectives.

Cood.fr

Cood.fr est une plateforme d’e-learning dédiée à l’accompagnement au numérique pour les enfants de 4 à 17 ans.

Un ensemble d’établissements scolaires peut être connecté et déposer ses séquences pédagogiques comme disposer de contenus à leurs intentions. On peut donc concevoir cood.fr comme une plate-forme de mutualisation.
Cood.fr propose une pédagogie active, par le jeu, qui offre une expérience digitale à laquelle de nombreux jeunes sont habitués. C’est aussi des outils et des contenus fournis clés-en-main au service de l’enseignant.e. Ainsi, Cood accompagne aussi bien l’enfant en autonomie chez lui ou en classe avec son enseignant.
Les axes couverts sont : le codage, la robotique, la sécurité informatique, la protection des données, l’internet des objets, la culture du numérique.
On y trouve une application des notions de maths et de physique apprises en cours (variables, conditions, boucles, algorithmes), des démarches de résolution de problèmes et de développement de l’esprit critique. Globalement, la plate-forme propose des ressources indexées au cadre référentiel européen des compétences numériques DIGICOMP.
Concernant ce référentiel celui-ci s’organise pour la France en cinq domaines et seize sous-domaines de compétences :

  • « Information et données », qui concerne la recherche d’information et le traitement des données et intègre les questions d’éducation aux médias et à l’information.
  • « Communication et collaboration », qui traite des interactions et de ce qui relève de la netiquette, du partage de contenus.
  • « Contenus », domaine dédié à la création de contenus numériques du plus simple au plus élaboré, y compris des programmes informatiques. On y aborde aussi les questions relatives aux droits de publication sur les réseaux.
  • « Protection et sécurité » : ce domaine traite de tout ce qui concerne la sécurité du matériel mais également de la santé et de l’environnement ainsi que la protection des données personnelles.
  • « Environnement numérique » qui traite des compétences qui permettent à un individu de s’insérer dans un monde numérique et de comprendre son fonctionnement.

pix.fr

Pix.fr est une plate-forme qui se base également sur le cadre européen des compétences numériques. PIX est un projet public de plateforme en ligne d’évaluation et de certification des compétences numériques, en cours de développement. C’est le remplaçant du B21. Sa présentation :

En conformité avec le cadre de référence européen DIGCOMP, PIX évaluera les compétences numériques sur 8 niveaux et 5 grands domaines :

  • Informations et données
  • Communication et collaboration
  • Création de contenu
  • Protection et sécurité
  • Environnement numérique

Les épreuves évalueront les connaissances mais également les savoir-faire et la capacité à identifier les enjeux du numérique.

Les modalités d’évaluation sont assez innovantes, puisqu’au-delà de simples QCM, plusieurs épreuves privilégient la mesure de compétences à partir d’activités réalisées dans leur environnement numérique réel : interactions, manipulations de fichiers, résolutions de problèmes, productions créatives, etc.)

Quelques indicateurs ont été rendus publics à l’occasion de Ludovia.

La plateforme compte 50 000 utilisateurs actifs. Depuis septembre 2017, 6 millions d’épreuves ont été passées. 8 000 certifications Pix ont été délivrées en l’espace de quelques mois. Pix est la première Startup d’État à sortir de son incubateur pour se constituer en groupement d’intérêt public. La plateforme est gérée par une équipe-produit de 23 personnes dont 10 développeurs. Elle prépare maintenant son lancement officiel pour devenir un véritable service public numérique national.

Les perspectives de déploiement concernent l’ensemble des collégiens et lycéens à partir de la classe de 4ème pour la rentrée scolaire 2019-2020, ainsi que les étudiants.

klassroom.fr : la communication parents-professeur réinventée

L’application klassroom.fr a choisi d’organiser la communication parents-professeur de manière familière aux utilisateurs de médias sociaux (Facebook, Twitter).

L’interview de Franck-David Cohen (klassroom.fr) à Ludovia#15 :

La bonne communication entre les parents et les professeurs est essentielle pour le succès des enfants à l’école. Klassroom gère la communication de façon simple, instantanée et sécurisée. Des moments de vie de la classe à partager ? Un message à faire passer ? Des devoirs à faire ? En quelques clics, avec Klassroom, les parents sont informés.

Mais c’est l’enseignant qui « dicte » le rythme et gère le fil de la communication. L’application est non intrusive pour l’enseignant. En effet, les demandes des parents (retard, absence, demande de rendez-vous) sont cadrées par l’application.

L’enseignant peut insérer un coupon réponse en bas d’un message ou demander aux parents de choisir une réponse prédéfinie. Les réponses ne seront vues que par l’enseignant.e. L’enseignant choisit aussi les heures et jours de diffusion des messages et de réception des demandes des parents. Il peut les programmer.

Klassroom.fr permet ainsi de remplacer le cahier de liaison par un outil ultra simple, géré depuis le smartphone (ou le PC), d’envoyer un message à tous les parents aussi simplement qu’on enverrait un texto à un ami, voir en direct sur son téléphone quels sont les parents qui ont vu le message, ne plus avoir à mettre en page les mots, les photocopier, les découper, les faire coller, vérifier les signatures…

Le témoignage d’enseignant.e.s :

La sécurité est également au coeur de l’application.

Au niveau des tarifs, l’application est gratuite pour les parents, les enseignants et les écoles. Certaines fonctionnalités sont cependant payantes pour les parents. C’est donc un modèle Freemium.

Crédit image : PixabayCC0 Creative CommonsLibre pour usage commercial. Pas d’attribution requise

Jean-Michel Blanquer à Ludovia : « Je vous ai compris » ?

Une semaine et demie après mon retour de Ludovia#15, il est temps pour moi pour un retour sur cette édition. Dans ce billet, je vous propose un décodage de la présence et du discours de Jean-Marie Blanquer, ministre de l’éducation nationale.

Médiatiquement cette édition a bien entendu été marquée par la présence de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale lors de la journée du mardi. Il a fallu attendre cette 15e édition pour qu’un ministre de l’éducation, le plus improbable peut-être relativement aux questions du numérique éducatif, débarque en Ariège.

Il s’est agi d’une double reconnaissance.

La première reconnaissance est celle du travail accompli par Aurélie Julien et Éric Fourcaud et de la place acquise par la manifestation en quinze ans ainsi que l’a souligné le ministre dans son discours à Ax-les-Thermes.

La seconde est celle de la communauté éducative qui participe, produit, éduque, collabore, vibre en Ariège. En choisissant Ludovia et ses participants pour présenter délibérément sa vison et son plan numérique, il a prend cette communauté éducative à témoin et s’engage d’une manière particulière envers ses membres. Il l’a élevée au titre de LA référence en matière du numérique éducatif en France.

Symboliquement aussi, le cœur du numérique et de l’éducation français s’incarne loin de Paris, non seulement en Ariège, mais également comme l’a évoqué le ministre, à Poitiers, qualifiée par le ministre de capitale de l’éducation, notamment autour de l’équipe de Jean-Francois Cerisier. Le numérique se décentre ainsi lui aussi doublement. C’est aussi une rupture par rapport aux politiques suivies par ses prédécesseurs. Elle est signifiée durement avec l’arrêt du plan d’équipement numérique du gouvernement précédent.

Concernant ce dernier élément, c’est au détour d’une phrase que la politique d’équipement précédente est mise au rebut au profit du BYOD :

« L’appui de l’État aux collectivités en matière d’équipements numériques peut prendre des formes variées. Si la modalité d’amorçage en cours de déploiement consiste à co-financer l’achat par les collectivités d’équipements mobiles (« plan tablettes »), la très large diffusion de ces équipements au sein de la population et leur renouvellement technique rapide conduisent à privilégier désormais le développement de projets dits « AVEC » (ou « BYOD », « Bring Your Own Device ») reposant sur l’usage en milieu scolaire de leur propre équipement par les élèves.1)http://www.education.gouv.fr/cid133192/le-numerique-au-service-de-l-ecole-de-la-confiance.html#Enseigner_au_XXIe_siecle_avec_le_numerique.

Cette dernière a été déclinée autour de 5 axes :

  • Placer les données scolaires au cœur de la stratégie numérique du ministère
  • Enseigner au XXIe siècle avec le numérique
  • Accompagner et renforcer le développement professionnel des professeurs
  • Développer les compétences numériques des élèves
  • Créer de nouveaux liens avec les acteurs et les partenaires de l’École

Pour le ministre, les potentialités du numérique représentent un levier de transformation puissant pour accompagner la politique ministérielle dans toutes ses dimensions : transformation pédagogique, avec le numérique au service des apprentissages et de leur évaluation, formation aux enjeux et aux métiers de demain, simplification des relations avec les usagers, modernisation du fonctionnement de l’État avec des systèmes d’information repensés. Le nouveau mantra du ministère se définit sous la maxime

« Le numérique au service de l’École de la confiance »

En effet, durant la conférence de J.-M. Blanquer, cette notion de « Ecole de la confiance » reviendra à plusieurs reprises comme une forme de mantra. Par certains aspects, « Le numérique au service de l’École de la confiance » n’est pas sans faire penser aux slogans de 1984 d’Orwell.

i-war-is-peace-freedom-is-slavery-ignorance-is-strength

Si la prestation de Jean-Michel Blanquer a été solide à Ludovia et qu’il s’est mû avec un plaisir évident à nouer le dialogue avec ses interlocuteurs, malgré le dispositif d’accompagnement ministériel et sa lourdeur co-substantielle, des tensions apparaissent rapidement néanmoins entre la reconnaissance ministérielle des acteurs de Ludovia (enseignant.e.s ou communautés de pratique) et les intentions réelles du ministre énoncées dans son discours d’orientation à propos du numérique à l’école. Elles interrogent aussi sur le sens réel de la politique numérique prônée par le ministre.

1. La fascination techniciste


« Comme dans toute branche économique, une augmentation de la production de l’école peut être réalisée grâce à un apport supplémentaire de moyens ou grâce à une augmentation du rendement par unité de producteur, ou encore par une combinaison des deux. Une saine économie stipule évidemment la seconde voie qui réalise une augmentation de la productivité et par conséquent un abaissement du coût : avec un investissement constant, la production s’accroît. »

Walo Hutmacher, Les machines électroniques au service de l’école, 1966


D’un côté, on retrouve la fascination de l’outillage techniciste :

Les innovations numériques au service de l’efficacité pédagogique

Le développement de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine scolaire va modifier les pratiques quotidiennes des professeurs en les aidant par exemple à recommander des contenus ou des ressources ou encore à apporter une assistance à l’évaluation et à la correction des travaux de leurs élèves. L’IA pourra également révéler de nouvelles informations sur les parcours d’apprentissage des élèves. Elle permettra ainsi aux professeurs de mettre en oeuvre des situations d’apprentissage et un accompagnement plus proches des besoins de chaque élève.

L’évaluation régulière des élèves devient un outil d’apprentissage à part entière. Le numérique va permettre d’expérimenter une évaluation renforcée, s’appuyant sur une meilleure valorisation des données et des capacités de partage améliorées au sein de la communauté éducative. Les élèves pourront s’entraîner, s’autoévaluer, participer à des moments de diagnostic reposant sur des contenus adaptés à leur niveaux et/ou à leurs besoins. Ces dispositifs contribueront également à décharger les professeurs de certaines tâches de correction fastidieuses en leur fournissant les outils qui donnent la possibilité d’individualiser davantage leur action auprès de chaque élève.

Le déploiement progressif des objets connectés dans tous les domaines de la vie sociale incite à mettre ces différents produits interactifs et communicants au service des apprentissages. Demain, les écrans ne seront très probablement plus l’interface dominante entre les individus et les machines. Qu’il s’agisse de suivre ses progressions (avec des bracelets dédiés à l’éducation physique et sportive), de récupérer des données sur des capteurs de toute nature (lunettes, drones, objets domotiques, etc.) ou encore d’apprendre à programmer (des robots par exemple), les objets connectés vont enrichir et renouveler considérablement les modalités d’apprentissage.

Les simulations immersives (réalité augmentée, réalité virtuelle) permettant aux élèves d’entrer dans des expériences à partir de situations authentiques constituent une autre perspective structurante en matière de pédagogie. Ce champ apparaît en effet particulièrement prometteur pour parvenir à un apprentissage par compétences, notamment dans les voies professionnelles et technologiques.

Les possibilités offertes par la technologie blockchain génèrent également de nouvelles opportunités pour l’éducation nationale, s’agissant notamment de la dématérialisation des diplômes, de la certification des compétences et de la valorisation de ressources libres et ouvertes créées par les professeurs.

Dans sa chronique éducation, Philippe Watrelot pointait sous ce discours une forme de taylorisme éducatif, le fantasme d’une personnalisation et le risque que les apprentissages ne se résument à une répétition de la même tâche jusqu’à ce qu’elle soit bien exécutée.

« En fait avec la généralisation des bases de données d’exercices, on peut aboutir à l’image d’enfants tous penchés sur leurs tablettes avec un casque sur les oreilles et répétant les exercices. Cette image vous semble excessive ? C’est pourtant celle qu’on trouve en visionnant les reportages sur le programme PARLER en CP, piloté par « Agir pour l’École » et l’institut Montaigne et qui a les faveurs du Ministre et de son conseil scientifique.»

Ce taylorisme éducatif concernerait non seulement les élèves, mais également les enfants :

« Le taylorisme éducatif ne concerne pas que les enfants mais aussi les enseignants. Il y a transformation de leur rôle dans cette perspective. Leur rôle d’expert est remis en question dans la mesure où c’est l’algorithme (et demain l’IA) qui décide de la progression des élèves et des réponses appropriées à lui apporter.»

Cette tentation n’est absolument pas nouvelle. Elle se retrouve depuis début du 20e siècle au moins avec chaque nouvelle technologie introduite en classe (film, radio, télévision, laboratoires de langues, micro-ordinateur, etc.) ainsi que l’avait observé en 1986 Larry Cuban dans son ouvrage « Teachers and Machines: The Classroom of Technology Since 1920 ».


« I believe that the motion picture is destined to revolutionize our educational system and that in a few year it will supplant largely, if not entirely, the use of textbooks.

I should say that on the average we got about two percent efficiency out of schoolbooks as they are written today. The education of the future, as I see it, will be conducted trough the medium of the motion picture… where it should be possible to obtain one hundred percent of efficiency. » [Thomas Edision, 1922, cité par Cuban (1986):]


Imposées par le haut et pour résoudre des problèmes de productivité définis et conduits par des non-enseignants, toutes ces innovations ont rarement, pour ne pas dire jamais, réussi leur implantation en classe une fois leur effet de nouveauté évaporé (Cuban 1986 : 54). Notamment parce que, pour Cuban (1986 : 56) :

« adopting technological innovations to improve classroom efficiency offers a view to teaching as a technical process of applying knowledge, skills and tools to students. The teacher, in this view, is a technician. »

Pour Cuban, les technologies adoptées par les enseignants doivent répondre aux critères suivants : être simples, durable, flexible et répondre aux problèmes définis par les enseignants eux-mêmes.


« The tools that teachers have added to their repertoire over time (e.g. chalkboard and textbooks) have been simple, durable, flexible, and responsive to teacher-defined problems in meeting the demands of daily instruction. » (Cuban 1986 : 58)


2. Un levier pour changer les pratiques pédagogiques

Dans son volet « Développer les compétences numériques des élèves », le numérique est aussi convoqué en creux pour amener potentiellement à un profond changement des pratiques pédagogiques, comme pour introduire de nouveaux enseignements :

Développer les compétences numériques des élèves

Des compétences numériques de plus en plus présentes dans les enseignements

Les enseignements portant spécifiquement sur le numérique ou utilisant des ressources et outils numériques contribuent au développement chez les élèves de compétences clés de la société et du monde professionnel du XXIe siècle : la créativité, l’innovation, le travail en groupe, le travail en mode projet ou encore l’autonomie.

Rien de nouveau non plus sous le soleil, dirait Larry Cuban puisque, à l’arrivée de chaque nouveauté technologique, cette dernière est dotée des vertus devant amener ou permettre un changement des pratiques scolaires. Cela ne manque d’ailleurs pas de combler les tenants progressistes de la pédagogie qui, pour certains, deviennent des alliés objectifs des tenants du management scientifique.

Il est à noter que, parlant dans le cadre de Ludovia, à aucun moment dans ce discours d’orientation générale il ne sera fait mention de l’intérêt ou de l’importance pour mener à cette transformation de l’école des différentes communautés ou réseaux d’enseignants, présents en Ariège qui irriguent l’école à partir des questions et des problèmes que se posent les professionnels eux-mêmes. Il en est de même concernant les parents d’élèves.

Le ministre parlera ainsi de mieux accompagner les acteurs de la Edtech ou de renforcer le partenariat avec les collectivités locales, mais à aucun moment de soutenir les collectifs d’enseignants ou de parents d’élèves. Concernant les parents d’élèves, le numérique n’est ainsi valorisé que dans la perspective de leur simplifier les démarches administratives.

Toutes les caractéristiques d’une démarche techniciste développée dans une logique purement top-down sont présentes.

Choisissant Ludovia pour produire son discours de politique d’orientation à propos du numérique, Jean-Michel Blanquer a professé des propos qui sous l’apparence de la reconnaissance des acteurs présents présente des accents et certaines similitudes avec la démarche adoptée par Général de Gaulle dans son discours au Forum d’Alger en 1958 2)A lire : Kaufmann, L. (1993). De Gaulle au forum d’Alger: une micro-lecture du discours du 4 juin 1958. Cahiers de l’ILSL, 4, 1993. pp. 57-75

A méditer… et à suivre attentivement.

Notes:   [ + ]

1. http://www.education.gouv.fr/cid133192/le-numerique-au-service-de-l-ecole-de-la-confiance.html#Enseigner_au_XXIe_siecle_avec_le_numerique
2. A lire : Kaufmann, L. (1993). De Gaulle au forum d’Alger: une micro-lecture du discours du 4 juin 1958. Cahiers de l’ILSL, 4, 1993. pp. 57-75

Marc Atallah, chercheur de métaphores dans la culture pop | EPFL Magazine

Du 27 au 29 mars, la Maison d’Ailleurs accueillera le colloque scientifique de Ludovia#CH. Les participants à cette première édition pourront également accéder gratuitement à l’exposition temporaire du Musée. L’occasion de lire quelques extraits du portrait fait par EPFL Magazine de Marc Atallah, son directeur.

On ne le voit jamais sans son béret. Ni sans ses bijoux en argent. C’est bien lui, Marc Atallah, le directeur de la Maison d’Ailleurs, à Yverdon-les-Bains. Avec ses yeux pétillants, le visage souriant, il parle, avec passion, du monde qui le fascine, la science-fiction. A l’occasion de la 10e édition de Japan Impact à l’EPFL, Marc Atallah, par ailleurs enseignant-chercheur à l’UNIL et l’EPFL, a donné une conférence sur la culture geek. Rencontre.

Votre conférence s’intitulait « Pour en finir une fois pour toutes avec la culture geek ». Alors ?

« Geek » sous-entend aussi bien des jeux vidéo que de la culture américaine ou japonaise, du cosplay, des films hollywoodiens… Seul le côté technologique lie ces éléments. Or en fait la culture geek, c’est un nouveau mot pour désigner la culture populaire. Toutes ces fictions, du manga au comics, en passant par le blockbuster ou le jeu vidéo, sont ancrées dans la culture populaire avec la science-fiction, la fantasy, le fantastique. Elles sont en dialogue avec le monde dans lequel on vit. Dans ce magma, on doit distinguer les productions qui disent quelque chose d’original sur notre monde et celles qui ne le remettent pas en question. Ce qu’on réduit à du divertissement pur, en fait, recèle parfois des éléments suffisamment forts pour qu’on puisse réinventerle monde.

(…)

Trouver cela dans la culture de masse, n’est-ce pas paradoxal ?

Dans la production de masse, tout n’est pas abrutissant. Il faut pouvoir distinguer pourquoi un film nous touche et être capable de le décrypter. C’est ce qu’il faut apprendre aux élèves. On voit alors des métaphores ultrapuissantes. Prenez le film Pacific Rim. On peut le voir comme un combat entre monstres, c’est abrutissant. Mais si on prend la clé de la contamination de l’esprit japonais sur l’esprit américain, tout prend sens. Cette intrigue a été voulue pour questionner quelque chose d’autre. Dans la culture pop, comme dans toute production artistique, dans 99% il n’y a rien. Mais il reste le 1%…

(…)

L’intelligence artificielle (IA) vous fait-elle peur ?

Non. La plupart des peurs vis-à-vis de l’IA proviennent de la fiction. Il n’y a que dans les films ou les romans que les IA dominent l’humain. Comme on ignore ce qu’est l’IA, on la rend charnelle dans la fiction et la présente comme capable de se retourner contre nous. Pour l’instant, il n’y a que l’être humain qui s’est retourné contre lui.

(…)

Nous sommes déjà à l’ère des IA. Quand on passe 6 heures par jour connecté à un réseau virtuel, seul le cerveau est connecté, le reste n’est qu’une interface pour y accéder. Ce n’est pas la peine de fantasmer un futur où il n’y a plus besoin d’être humain. On y est déjà. Quand les robots sont arrivés, on avait déjà le travail à la chaîne. Quand Chaplin a fait les Temps Modernes, 15 ans après les premiers robots, c’était déjà là.

(…)

Que raconte l’exposition présentée en ce moment à la Maison d’Ailleurs, « Je suis ton père » ?

Elle traite de mythes contemporains à travers Star Wars. Quand on voit ces films, on voit un mythe moderne qui est lui-même pétri de mythes anciens. Au début il y a des récits disparates. Puis George Lucas décide de les mettre ensemble, ça fait Star Wars. La série rencontre un énorme succès et se diffuse dans l’imaginaire des gens. Chacun le reçoit avec une incidence sur sa manière de concevoir le monde : l’héroïsme, la démocratie… On peut le prendre en compte ou non. Ensuite, il y a des artistes qui trouvent que le langage articulé dans Star Wars est suffisamment fort pour en faire quelque chose. Réinventer le monde à travers ces langages. Et l’utiliser pour dire autre chose. C’est là le pouvoir de la métaphore.

L’article : Marc Atallah, chercheur de métaphores dans la culture pop

Crédit photo : © 2018 Alain Herzog / EPFL

#LudoviaCH (27-29.03.2018): Ouverture des inscriptions

Du 27 au 29 mars 2018 aura lieu à Yverdon-les-Bains la première édition de Ludovia Suisse. Dans ces grands principes cette première édition reprendra les éléments qui ont fait le succès de Ludovia en France. On trouvera ainsi des ateliers (Explorcamps & Fabcamp), des conférences, des tables rondes, un Fablab et un colloque scientifique. Désormais, il est possible de s’inscrire en ligne.

En partenariat avec Ludovia France, la Haute Ecole Pédagogique du canton de Vaud et la Haute Ecole d’Ingénierie et de Gestion du canton de Vaud ont réuni leurs forces pour réaliser cette première édition de Ludovia Suisse. Le thème de cette première édition est « Émanciper l’école et la société avec le numérique ? ».

Ludovia#CH : les grands principes

Avec le thème « Émanciper l’école et la société avec le numérique ? », cette première édition de LUDOVIA#CH pose la question du rôle que l’école peut jouer pour l’encapacitation (empowerment) et l’émancipation des jeunes qu’elle accueille. Il est question de favoriser l’introduction du numérique à l’école mais pour quelles visées ? Quels savoirs transmettre ? Quelles compétences développer ? Selon quelles modalités ? Pour quelle société demain ?

Venir à LUDOVIA#CH , c’est écouter, pêcher des idées, découvrir ce qui se fait ailleurs… ; mais, il s’agit aussi de venir aussi pour échanger, partager (avec un grand P) et réfléchir.

LUDOVIA#CH, c’est plusieurs formats d’échanges pour mieux interagir : des ateliers, un FabLab, des conférences, des tables rondes, un séminaire pour les collectivités locales et un colloque scientifique.

Ludovia#CH : aperçu du programme

LUDOVIA#CH, c’est

  • six sessions d’ateliers pour un total de 45 ateliers sur deux jours (mercredi et jeudi) couvrant toute la scolarité obligatoire et jusqu’à l’université;
  • une conférence par jour avec des intervenants reconnus en Suisse et à l’étranger : les Prof. Nastaran Fatemi et Prof. Andrès Perez-Uribe de la HEIG VD (mardi soir), le prof. Pierre Dillenbourg de l’EPFL (mercredi après-midi) et la prof. Margarida Romero, directrice du LINE à l’ESPE – Univ. de Nice (jeudi matin);
  • un colloque scientifique en trois sessions du mardi au jeudi ;
  • deux tables-rondes : la première le mercredi réunira des créateurs de jeux indépendants et des enseignant.e.s, la seconde le jeudi se préoccupera de la question de la formation au numérique;
  • un séminaire des collectivités locales le mercredi matin relativement à la gouvernance numériques des établissements scolaires.

Par ailleurs, dans l’espace d’accueil de la manifestation dans le Foyer de l’Aula Magna (Château d’Yverdon-les-Bains), vous aurez l’occasion d’aller à la rencontre du RadioBus et de différents FabLab dont celui de la HEP Vaud et celui de la HEIG VD. Le magazine Ludomag sera également présent.

Le programme complet : http://ludovia.ch/programme/

Pour s’inscrire (uniquement en ligne) : https://www.conftool.com/hepvd-ludovia/

Au plaisir de vous y retrouver !

Et si les profs bannissaient le PowerPoint ? | Blog pédagogique géomarmy

 

Antoine Marmy, enseignant fribourgeois, préfère le dire tout de suite, il adore le logiciel PowerPoint. Simple, efficace, le logiciel permet de créer des présentations soignées en très peu de temps. C’est un outil formidable…. dans certaines situations. Dans l’enseignement, la traditionnelle présentation PowerPoint du prof qui débite son cours au rythme des bullet points comporte de nombreux inconvénients pédagogiques qui semblent rédhibitoires malgré le confort que cela apporte à l’enseignant.

Après en avoir présenté les inconvénients, Antoine Marmy propose ensuite des pistes d’utilisation du logiciel dans des démarches pédagogiques et didactiques.

Antoine Marmy s’inscrit dans la ligne claire et les démarches de François Jourde qui intervient en formation à l’Université de Fribourg.

Avec ce troisième billet, Antoine Marmy s’inscrit comme un acteur intéressant et innovant dans la galaxie des blogs pédagogiques. Une galaxie malheusement trop peu nombreuse en Suisse romande. Il mérite d’autant plus d’être suivi et encouragé dans sa démarche et la qualité de ses productions.

Source : Et si les profs bannissaient le PowerPoint ? – Blog pédagogique géomarmy

#Ludovia13 : le numérique du politique (ministère) à l’enseignant-e dans sa classe (2)

Après un premier billet consacré à la table ronde politique d’ouverture de Ludovia13 du mardi soir, nous poursuivons notre analyse de la cohérence des politiques et des dispositifs numériques par les des différentes strates éducatives (Etat central, régions, départements, communes, établissements scolaires) jusqu’au réalisations effectives en classes (enseignants-élèves) en reprenant les deux sessions du Séminaire des collectivités locales du mercredi 24 août.

Pour rappel, notre premier article se concluait en indiquant que, si le climat entre les différents partenaires (Etat, régions, départements, communes, académies) s’était apaisé, les jeux de pouvoir et les rivalités transparaissaient néanmoins en filigrane. Ceci dans un contexte financier difficile et alors que les montants engagés sont considérables et néanmoins ne paraissent pas être suffisants. Dès lors, ce séminaire devait permettre d’évaluer le degré de cohérence du plan de rénovation de l’école en regard des utilisations des matériels et ressources numériques mises à disposition des enseignants par l’Etat, les communes, les départements et les régions.

Séminaire Collectivités Territoriales «Établissement du XXIème et numérique»

Comme précédemment, nous commencerons par une présentation en images des intervenants des deux sessions :

Par ailleurs, la synthèse réalisée par Sébastien et moi se trouve ici: https://docs.google.com/document/d/1_m9KtMKI31rnJm_wypOBi3a06noRxegnKuzf9gRn-AE/

Lors de la session 1, tout paraît aller dans le meilleur des mondes concernant l’équipement des établissements au niveau de la connectique en très haut débit, y compris dans les zones les moins couvertes actuellement. S’il reste encore quelques zones blanches, principalement en montagne, et des établissements peu fournis en matériel numérique pédagogique, les représentant des autorités régionales et départementales se félicitent des investissements consentis et/ou encore en cours. 

Les choses vont néanmoins se brouiller lors de la session 2 lorsque la question des outils à mettre à disposition des élèves se pose. Cet aspect avait déjà été abordé par M. Jean-Pierre Quignaux, chargé de mission numérique à l’Assemblée des Départements de France (ADF), lors de la table ronde politique lorsqu’il avait indiqué que, compte-tenu des moyens financiers en jeu, il s’interrogeait de savoir s’il était de la responsabilité des pouvoirs publics d’assurer l’équipement individuel des élèves. Il sera plus affirmatif encore lors de la deuxième session en indiquant qu’à son avis il sera impossible pour des raisons financières de généraliser les expérimentations qui, comme celle présentée par un collège pilote ariégeois lors de cette deuxième session, recourent à une tablette par élève. 

Tout ne va donc pas si bien, du moins dans les départements, Mme la Marquise !

Cela va d’autant moins bien que les enseignantes présentant l’expérience de leur collège pilote pour tout le département indiquent qu’après ces premiers mois d’expérimentation (depuis février!), les tablettes ont très peu été utilisées en classe.

A ce moment-là du Séminaire, plusieurs pièces du puzzle qui paraissaient plutôt bien s’emboîter en écoutant depuis plus d’un jour les différents intervenants présentent des malfaçons inquiétantes et plus particulièrement à ce stade au niveau des collèges. Le manque de travail concerté et de définition d’objectifs en préalables aux expérimentations apparaît à tous les niveaux du dispositif (politique départementale, services départementaux, établissements, équipes pédagogiques).

En effet, à l’échelle de la politique départementale, comment peut-on laisser partir des collèges pilotes dans des expérimentations une tablette-un élève si déjà on doute à ce point de pouvoir généraliser un tel dispositif? Comment peut-on s’engager sans au préalable définir un investissement budgétaire crédible et pérenne sur plusieurs années ? Comment peut-on, après de nombreuses études et expérimentations en matière d’implantations du numérique à l’école, imaginer généraliser ou non une démarche sur la base de deux seuls établissements-pilotes pour tout un département? Et même généraliser tout cours un dispositif plutôt que de faire des appels à projets numériques et soutenir les projets pédagogiques préalablement définis par les équipes enseignantes et évalués par des tiers (académie, services départementaux)?

A l’échelle des équipes pédagogiques, comment peut-on partir dans un dispositif une tablette-un élève pour une utilisation si peu signifiante pédagogiquement et pour un aussi faible usage de ces outils en classe?

A l’échelle des services départementaux, comment se fait-il aussi que, d’une part, on parte dans ce type d’expérimentation alors que les ressources humaines pour les accompagner suffisent à peine pour deux collèges pilotes et qu’elles n’augmenteront pas significativement, voire pas du tout, lors de la généralisation et que, d’autre part, on laisse partir une expérimentation-pilote avec si peu d’usages pour ne pas dire de projet pédagogique?

Après des discussions postérieures à cette session avec des participants, un manque de concertation apparaît également puisqu’il n’y a pas de coordination départementale inter-services ou de budget commun entre le service en charge de l’équipement en «tuyaux» (haut débit) et le service en charge des équipements en matériel pédagogique numérique (tablettes, ressources). Compte-tenu d’une situation budgétaire critique, une telle approche paraît tout simplement suicidaire.

A ce stade, la volonté compréhensible de décentralisation se heurte, à l’échelle d’une grande partie des départements, à des tailles critiques trop faibles pour disposer de capacités financières, d’un portefeuille de compétences techno-éducatives ainsi que de ressources humaines adéquates en suffisance et pour les utiliser de manière efficiente.

La situation paraît moins critique au niveau des régions. Il s’agit pour elles de digérer leur nouvelle composition. Une fois, leur «fusion» digérée, elles auront plus de chance de disposer de la taille critique suffisante tant financièrement qu’en compétences et en personnels techniques et éducatifs.

A tous les niveaux, il conviendra encore de s’engager également et enfin dans des démarches bottom-up en généralisant des démarches d’appel à projet auprès des équipes pédagogiques plutôt que de généraliser des diffusions standardisées tant d’outils que de ressources numériques pédagogiques. Sur ce dernier point, il s’agira aussi de réaliser une décentralisation co-construite. Ce sera même la véritable décentralisation et rénovation pédagogique de l’Education nationale en France.

 

#Ludovia13 : le numérique du politique (ministère) à l’enseignant-e dans sa classe (1)

Cette année à Ludovia, la synthèse de la table ronde politique du premier soir et celle concernant le mercredi le séminaire des collectivités locales ont été confiées à la Belgique avec Sebastien Reinders, et à la Suisse avec moi. Avec l’idée pour Aurélie Julien, co-organisatrice avec Eric Fourcaud de la manifestation, d’apporter un éclairage extérieur à ces thématiques évoquées chaque année à Ludovia. Allons-y pour un point de vue depuis la Suisse.

Préalablement, je noterai concernant cet exercice qu’il était nécessaire de dérouler le fil de ces thématiques depuis la table ronde politique du premier soir jusqu’au terme de la deuxième session du Séminaire des collectivités locales du lendemain après-midi. En effet, la mise en cohérence des différentes strates (Etat central, régions, départements, communes, établissements scolaires) jusqu’au réalisations effectives en classes (enseignants-élèves) n’est possible qu’à cette condition pour passer derrière le miroir des discours parfois convenus et policés. Seul le temps et les discussions hors champs permettent de faire apparaître certaines distorsions, tensions ou contradictions à l’observateur extérieur au système scolaire français.

Je vous propose de traiter de ces questions en deux parties. Ce premier billet traite essentiellement de la table ronde politique d’ouverture.

Table ronde d’ouverture : Présence, attention, engagement avec le numérique en classe ; les politiques publiques, la réponse des industriels, des chercheurs et des enseignants sont-elles à la hauteur de cette proposition ?

Commençons par une présentation en image des intervenants :

La synthèse réalisée par Sébastien et moi se trouve ici : https://docs.google.com/document/d/15TsCo7pNLuSo9nWpClzDzHQ-cpk1Z263upGfoV7jWp4/

Hormis le fait que la thématique de la table ronde, basée sur le thème de cette 13e édition ne sera abordé que marginalement et par une seule intervenante, l’exercice consiste pour les auditeurs à écouter une suite de discours individuels sans qu’il y ait de véritables échanges. Malgré le fait que plusieurs intervenants aient mis en avant le terme de co-construction, chaque intervenant vend sa région, son département, son état central ou l’approche de son académie. C’est convenu et humain dans la mesure où chacun et chacune devra présenter un bilan à ses électeurs ou à ses patrons pour être reconduit-e à la prochaine échéance électorale ou au prochain changement de ministre.

Si chacun tend à tirer la couverture à soi, les tensions entre les différents niveaux (Etat, régions, département) paraissent à première vue avoir diminué. Une nouvelle répartition des rôles a été instituée et mise en place depuis environ un an et demi. Cette nouvelle clé de répartition a causé quelques surprises que nous avons évoqué dans notre synthèse à propos de la maintenance prise désormais en charge par les régions dans les lycées.

Peut-on cependant si facilement distinguer équipements numériques (à charge des collectivités territoriales) et matériel pédagogique (Etat central) ? Au niveau des propos tenus lors de la table ronde, il est intéressant de noter les mots-clés des uns et des autres qui transgressent la règle établie pour répondre par la négative à cette question.

Ainsi au niveau des collectivités locales, nous avons pu noter les termes de politiques éducatives, culture numérique ou massification des usages. Le lendemain, dans le cadre du séminaire des collectivités locales, M. Kamel Chibli – Vice-Président de la région Languedoc Roussillon Midi-Pyrénées et Vice-Président à l’Association des Régions de France (ARF) – a insisté de la part de la région pour que l’action pédagogique au sein des écoles soit amplifiée. Pour sa part, M. Jean-Pierre Quignaux, chargé de mission numérique à l’Assemblée des Départements de France (ADF) souligne la volonté des départements d’établir une liaison entre les différents systèmes numériques aux bassins de vie en coordination avec leurs actions sociales en vue d’établir une continuité pédagogique. Cependant, ces volontés peuvent rapidement être contrecarrées par la situation financière de ces collectivités locales, plus particulièrement à les entendre celle des départements. 

De leur côté, les représentants de l’Etat infèrent également dans la sphère des collectivités territoriales. Il en est ainsi lorsque Mme Armande le Pellec-Muller, Recteur de région académique de Montpellier et Toulouse, souhaite l’instauration d’un seul ENT par degré (primaire, collège, lycée) en France ou lorsque Mme Hélène Bernard, Rectrice de l’Académie de Toulouse, met l’accent sur les tablettes ou le mobilier scolaire. De son côté, Jean-Yves Capul, Chef du service du Développement du numérique éducatif au sein de la Direction du Numérique pour l’Éducation, ne manque pas de souligner que l’l’État intervient dans les équipements mobiles et individuels et que 25% des collèges sont déjà entrés dans ces programmes. Ce dernier élément a également été repris, ce lundi 29 août, lors de la conférence de rentrée par Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale.

Par ailleurs, tant Mme Hélène Bernard que M. Jean-Yves Capul ferment la porte aux velléités des collectivités locales d’intervenir au niveau pédagogique lorsque la première insiste sur le fait que l’État central garde la main, au moyen du projet pédagogique global contenu dans le projet de rénovation de l’école, sur la pédagogie et les matériel mis à disposition des enseignants notamment au travers de la diffusion de contenus éducatifs numériques adaptés soit nationaux (Canope, Eduscol), soit européens (Europeanna, invité d’honneur de l’édition 2016). Pour sa part, Jean-Yves Capul insiste sur l’important effort financier étatique fait en matière de formation des enseignants au numérique et au niveau des ressources mises à disposition des enseignants au travers de banques de ressources pour l’ensemble des programmes et des principales disciplines des cycles 3 et 4.

Ainsi donc, si le climat entre les différents partenaires s’est apaisé, les jeux de pouvoir et les rivalités transparaissent néanmoins en filigrane. Le point de convergence n’en demeure pas moins dans le fait que, pour chacun de ces acteurs, l’école numérique est une priorité, pour ne pas dire l’enjeu essentiel, de leurs politiques éducatives. Les montants engagés sont considérables et néanmoins ne paraissent pas suffire. C’est bien dans ce cadre-là qu’au-delà des jeux de pouvoir se situe l’enjeu d’une co-construction pour aboutir à une meilleure efficience des moyens engagés par les collectivités.

Fin de cette première partie. A suivre…

#Ludovia13 : blogueurs & cie – une équipe formidable !

Comme chaque année depuis 2010 et pour la cinquième fois sur place, j’ai participé la semaine dernière à Ludovia, Université d’été dédiée à l’utilisation du numérique dans l’éducation, dans la joyeux équipe dites des blogueurs.
En attendant mes retours sur cette édition, je vous propose un premier aperçu vidéo de cette édition au travers de cette équipe.

Une équipe de blogueurs toujours aussi formidable ! Et une superbe édition de Ludovia qui a réuni sur place 800 participant-e-s.

Retouvez également mes photos de cette édition : https://lyonelk.smugmug.com/Ludovia2016