#Ludovia13 : Une idée pour changer l’école ? Que Ludovia devienne le TED francophone de l’éducation numérique !

Histoire de nous faire bosser pendant l’été, l’équipe de Ludovia nous a donné du grain à moudre à quelques-uns en nous demandant une idée pour changer l’école. Vaste programme ! Casse-gueule également dans la mesure où le cimetière pédagogique est rempli de propositions et d’attentes pour changer l’école.

Concernant ce thème, mes camarades Caroline, Christophe, François et Jean-Marie ont déjà fait leurs propositions que je vous invite ardemment à lire:

Ensuite, je vous invite à lire le billet de Michel Guillou intitulé « L’école sur la voie du Brexit ». Son introduction pose clairement les difficultés rencontrées à changer l’école :

« Il y a comme quelque chose de cassé dans l’école de France. Les symptômes sont nombreux qui montrent des tensions, des frictions qui concernent tant le système éducatif lui-même que ses acteurs. Depuis la réforme du lycée, en passant par la refondation, la fabrique des nouveaux programmes, l’école numérique, les rythmes scolaires et maintenant la réforme du collège, toutes ces mutations ont montré à la fois l’incapacité du système à se réformer et la formidable résistance au changement. »

Je partage largement l’avis de Michel Guillou (28 juillet 2016) qu’en l’absence d’une véritable prise de conscience l’uberisation ou le Brexit de l’école publique guette :

« Les marchands du temple n’attendent que l’occasion d’ubériser l’école, de l’éparpiller façon puzzle pour imposer leurs propres lois, celles du marché… »

En même temps, depuis plus de 25 ans et mes débuts dans l’enseignement, je m’interroge sur la durabilité de l’école à ne pas intégrer véritablement les technologies alors que toute la société et l’économie l’ont fait . Or, cette rupture ne s’est pas encore produite…

Dans le prolongement de ces interrogations et en préparant #Ludovia13, je lis également l’éditorial de Pascale Breton  « Ne tablettons pas la technologie » », journal québécois (15 août 2016). Son propos principal : Comment faire en sorte que les élèves tirent le meilleur de la technologie en classe ? Qui doit payer pour leur fournir une tablette électronique ou un ordinateur portable ? Elle note :

Ces questions sans réponse refont malheureusement surface d’année en année à chaque rentrée scolaire. Pour cause : le ministère de l’éducation n’a toujours pas élaboré de stratégie pour intégrer la technologie à l’école du XXIe siècle. C’est pourtant incontournable.

« Le fossé est immense entre la technologie et les écoles publiques », déplore Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication en éducation à l’Université de Montréal.

[…]

Au lieu de bénéficier d’une démarche réfléchie et concertée, tout repose cependant sur les initiatives individuelles. C’est la volonté et l’entêtement des écoles qui font en sorte que les élèves québécois acquièrent – ou pas – une compétence pourtant indispensable dans la société d’aujourd’hui.

On assiste d’ailleurs à une « fracture pédagogique » notait le CEFRIO dans un rapport sur l’utilisation du numérique dans les écoles du Québec.

« D’un côté, des milieux savent en tirer profit pour leurs élèves, alors que de l’autre, certains en font un usage anecdotique et non significatif. »

En Suisse, lors de sa conférence de rentrée, la ministre vaudoise de l’éducation, Mme Anne-Catherine Lyon, répond le 17 août au journal 24Heures à la question Est-il normal que certains élèves disposent de matériel informatique de pointe, comme des tableaux interactifs, et d’autres pas? Qu’en est-il des négociations que vous menez avec les communes sur l’équipement scolaire? ( « Formation: L’école vaudoise, «fluide, perméable et apaisée» – 24heures.ch ») et indirectement à Mme Breton du journal La Presse :

« Nous avons une approche raisonnablement ouverte, sans succomber à toutes les modes. Les communes, qui ont la responsabilité des infrastructures, ont à cœur de faire au mieux pour leurs enfants. Il est juste que nous n’achetions pas de tablettes pour tous les élèves. Avec 90’000 écoliers, cela aurait un coût très élevé. Aujourd’hui, presque tous les bâtiments scolaires ont un accès Internet. Il n’existe pas de grande disparité, à l’exception de classes isolées. Le réseau informatique des écoles est l’un des plus importants de l’administration. Nos enseignants utilisent beaucoup les moyens informatiques durant leurs cours. »

Ces trois exemples illustrent, à mon avis, que la situation décrite par Michel Guillou n’est pas propre à la France et englobe, au minimum, le monde francophone européen et américain.

Prenons maintenant un peu de distance et reportons ces différents propos à la situation de l’école publique au 19e siècle. La situation actuelle n’est pas sans similitude avec les questions relatives à la formation des enseignants – mon coeur métier – et à celles de la généralisation des manuels scolaires en classe, la principale évolution technologique scolaire avec le tableau noir de cette époque . Je vais m’appuyer sur l’exemple du canton de Vaud (Suisse).

Avec cet exemple, je cherche notamment à mettre en évidence la nécessité de disposer d’un large espace temps pour transformer l’école et la nécessaire convergence du politique, du scientifique et du pédagogique pour y parvenir.

Dans un premier temps, il s’est agi pour le canton de Vaud de s’occuper de la formation des maîtres à l’école primaire1.

Depuis 1757, un séminaire des régents et régentes existe dans le cadre des Écoles de charité et fournit une partie des instituteurs et institutrices du Pays de Vaud, puis du canton qui voit le jour en 1803. Si la loi du 28 mai 1806 sur l’instruction publique décréta la création d’un Institut pour les régents, ce dernier ne vit cependant jamais le jour. Il faudra attendre l’adoption le 19 février 1833 d’un arrêté du Conseil d’Etat sur l’institution de l’École normale provisoire. Cette dernière ouvrit le 1er septembre 1833 et était réservée aux jeunes gens. Trois ans plus tard, par un règlement du 3 septembre 1836, fut instituée parallèlement une École normale pour les maîtresses d’école, également provisoire et inaugurée le 9 janvier 1837.

Un autre règlement du 3 septembre 1836 créa une École modèle (qui deviendra en 1839 l’École d’application), attachée à l’École normale des instituteurs et destinée à permettre aux élèves de celle-ci d’acquérir une expérience pratique de l’enseignement. Supprimée en 1846, l’École d’application sera rouverte en 1882.

Dans un deuxième temps, la question des plans d’étude et des moyens d’enseignement se pose avec acuité2.

Le premier plan d’étude du canton de Vaud parut le 19 février 1868. Il émanait du Département de l’instruction publique, créé six ans plus tôt, et d’une loi sur l’instruction primaire du 31 janvier 1865. Ses buts étaient surtout de mettre un terme au désordre qui régnait dans les écoles, où les maîtres enseignaient comme bon leur semblait avec une liberté totale de choix des manuels. Le plan d’études fixait un programme détaillé des diverses matières, le temps à consacrer à leur enseignement ainsi que les ouvrages de référence. Il introduisait aussi une nouvelle discipline : la gymnastique. Il tarda toutefois à s’appliquer car les communes qui avaient la charge de l’enseignement primaire n’étaient pas prêtes à céder leurs prérogatives. De plus, il se heurta à l’opposition des instituteurs, hostiles à toute uniformisation de l’enseignement.

En 1883, les inspecteurs scolaires, chargés de faire un inventaire des ouvrages utilisés dans les classes du canton pour l’Exposition nationale, en dénombrèrent huit cent trente. C’était incontestablement trop. En 1891, un décret du Département annonça la distribution gratuite de manuels choisis pour les premiers degrés. Le virage était pris. L’État allait s’assurer de l’application du programme en unifiant les moyens d’enseignement.

Cependant la question de l’investissement financier demeure et une des solutions intervient en élaborant des manuels non pas à l’échelle vaudoise, mais de l’ensemble des cantons romands (francophones). Le premier manuel romand est publié en 1893 pour la géographie soit, et c’est remarquable, deux ans après le décret du Département de l’Instruction publique vaudois.

Son principal auteur, William Rosier, illustre la convergence existant alors entre le politique, le scientifique et le pédagogique. Né en 1856 à Lancy (Genève) et mort en 1924, William Rosier, fils d’un horloger et d’une modiste, est d’abord instituteur, puis professeur de géographie au collège (1882) avant d’enseigner la géographie à l’Université de Genève (1902. Il est le cofondateur de la faculté des sciences économiques et sociales de Genève (1914-1915). Il est également député radical au Grand Conseil genevois (1895-1901), conseiller d’Etat (Instruction publique, 1906-1918). William Rosier préconisait un enseignement plus ouvert aux sciences expérimentales et une pédagogie basée sur l’observation. Il publia de nombreux atlas et manuels de géographie et d’histoire. (À lire : Fischer, C., Mercier, C. & Raffestin, C. (2003). Entre la politique et la science : un géographe genevois : William Rosier. In Le Globe. Revue genevoise de géographie. Année 2003, Volume 143, Numéro 1, pp. 13-25).

Comme l’indique l’article de Fischer, Mercier et Raffestin,

« Géographe, pédagogue et politicien, William Rosier illustre bien l’esprit de son époque. Ses options politiques, ses intérêts que l’on peut discerner dans ses écrits et conférences ainsi que ses choix pédagogiques nous prouvent qu’il a bien saisi l’air du temps de cette fin de XIXème siècle. »

En outre, sur le rôle du manuel dans la modélisation de l’enseignement, je vous invite à lire : Le rôle du manuel dans la leçon d’histoire à l’école primaire (1870-1969).

 

En 2016, une telle convergence n’existe plus. L’école n’est plus un enjeu politique partagé, mais un enjeu politicien clivant. Il n’existe plus guère de vision politique partagée de l’école. Au niveau pédagogique, aucun nouveau modèle n’est apparu depuis la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle et plus particulièrement concernant les technologies à l’école. On se contente de mettre de nouvelles étiquettes sur des démarches anciennes à l’exemple de la classe inversée. Concernant les sciences de références, celles-ci n’influencent guère l’école, chacun poursuit son chemin de son côté. D’ailleurs, tout cela ramène à une interrogation à partir de laquelle, il y a une dizaine d’années, nous avons travaillé avec de futurs enseignant-e-s des écoles à la HEP Vaud avec mon collègue José Ticon : « Réformer l’école : une mission impossible ? ».

Dans le domaine de l’école numérique, je ne connais qu’un seul exemple francophone qui réunit régulièrement l’ensemble de ces acteurs et ceci pour la douzième année consécutive: Ludovia. Certes, les échanges entre ces différents acteurs ne sont pas toujours faciles et j’ai parfois l’impression, au fil des éditions, que chacun a la tentation de rester dans sa zone de confort. À nous de faire en sorte que le dialogue continue ou reprenne, que les débats aient lieu et que le changement de l’école opère.

Mais il n’est pas suffisant que Ludovia n’ait lieu qu’une fois par année en Ariège ! Démuliplions Ludovia, soit une manifestation réunissant l’ensemble des acteurs de l’école (enseignants et futurs enseignants de tous les degrés, chercheurs, acteurs institutionnels, laboratoires universitaires, éditeurs, entreprises numériques, geeks) pour discuter, présenter ses réalisations et réfléchir ensemble à l’école d’aujourd’hui et de demain. Elargissons Ludovia non seulement à la France, mais également à l’Afrique, la Belgique, au Québec et à la Suisse pour que Ludovia devienne le TED francophone de l’éducation numérique.

Lors de notre soirée avec les étoiles de lundi prochain, j’aurai l’occasion d’expliquer en quoi ma décision de ne pas solliciter de nouveau mandat politique dans ma commune est en lien avec la participation en 2015 de la HEP Vaud comme invité d’honneur à Ludovia et ma proposition de ce jour.

En attendant Ludovia, je retourne maintenant à la plage et à la torpeur de l’été. A lundi pour de nouvelles et passionnantes aventures !

  1. Référence : http://www.davel.vd.ch/qfpdavel/0/D1853.pdf↩
  2. Référence : https://fr.wikipedia.org/wiki/Canton\_de\_Vaud#.C3.89ducation↩

Pour un bilan de #Ludovia12

Cette édition de Ludovia a été plus que remplie me concernant. En plus de mon rôle de blogueur invité qui a notamment débouché sur la synthèse de la table ronde consacrée à la formation des enseignants au numérique, j’ai réalisé un ExplorCamp (Et si on enseignait l’histoire avec YouTube?) et j’ai coordonné la présence de la HEP Vaud à Ludovia. Une édition fort prenante.

Pour cette année, je vous propose un bilan agrémenté de petites vidéos, réalisées avec Animoto.

Tout d’abord, la vidéo suivante regroupe les photos accompagnant certains de mes tweets à Ludovia.

Pour une synthèse de la présence de la HEP Vaud à Ludovia, La HEP Vaud à #Ludovia12 regroupe les différentes photos prises par journée sur les interventions des membres de la délégation :

Cette vidéo permet de constater la richesse et la diversité des contributions faites par les personnes représentants la HEP Vaud. Nous sommes intervenus lors des tables rondes, dans les ExplorCamp et les FabCamp et enfin dans le colloque scientifique. En outre, Anne Andrist est intervenue avec sa classe, via Skype.

Jamais la question de la formation des enseignants au numérique n’a autant été présente à Ludovia. La HEP Vaud est même à l’origine de la première table ronde consacrée à cette thématique à Ludovia. J’espère que cette démarche se poursuive lors des prochaines éditions.

Concernant la HEP Vaud, je conclurai avec cette vidéo présentant les membres de la délégation :

Trois UER étaient ainsi représentées, accompagnées par notre recteur. Les échanges ont été riches entre membres d’une même UER, entre membres de différentes UER et avec les participants de Ludovia. Des projets pourraient ainsi naître et se développer tant au sein de la HEP Vaud qu’avec l’étranger.

Pour ma part, j’ai apprécié que le regard de mes collègues sur la manifestation corresponde à celui que j’avais eu lors de ma première participation. Le sentiment d’un bouillonnement permanent et de cette qualité fondamentale d’un dialogue horizontal entre les participants. Le tout dans un climat décontracté que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Certains reviendront…

Je ne saurai conclure ce bilan sans un regard sur la compagnie des blogueurs :

Deux personnes manquaient à l’appel au dernier moment. Nous avons donc dû cravacher ferme. Avec notre rôle de fournir des synthèses des différentes activités de Ludovia, nous avons quelque peu perdu de notre impertinence. C’est un peu dommage. Est-ce la rançon du succès tant de Ludovia à Ax-les-Thermes que de son développement en ligne ? C’est néanmoins toujours que du bonheur que de donner un coup de main à Aurélie, Eric et Laurence… mais promis je remettrai du poil à gratter l’année prochaine.

Au final, plus que jamais, c’est l’image d’une ruche toujours plus foisonnante qui s’impose autour du numérique en éducation en participant à Ludovia. Beaucoup d’enseignants ont ainsi l’occasion de sortir de l’isolement qu’ils rencontrent au sein de leur établissement. D’autre, comme Marie Soulié, ont depuis l’année dernière trouvé d’autres collègues au sein de leur établissement pour développer leurs pratiques pédagogiques autour du numérique.

Pédagogie avec le numérique ? C’est aussi un mouvement et un courant qui se développe plutôt que les questions centrées autour de l’outil, de sa fascination et de son utilisation pour lui-même. C’est heureux. C’est gage probablement que les outils du numérique en éducation arrivent à un stade de maturité avancé. Il faut s’en réjouir et souhaiter que la prochaine édition de Ludovia s’attèle à laisser, ainsi qu’à la question de la formation au numérique, encore plus de place à la question pédagogique (et didactique).

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Restera encore un jour à travailler autour de la problématique « numérique, pédagogie et motocyclisme ». Toujours est-il que l’aller comme le retour ont été fort agréable 😉

A l’année prochaine !

#ludovia12 : la délégation de la #hepvaud

Portrait vidéo des membres de la délégation vaudoise, invitée d’honneur de la 12e édition de l’Université d’été de Ludovia à Ax-les-Thermes du 24 au 26 août 2015

Merci à toutes et tous pour votre participation ! A bientôt.

#Ludovia12 : Troisième journée de la #HEPVaud

Du 24 au 26 août, la HEP Vaud est l’invitée d’honneur de la 12e édition de Ludovia, université d’été dédiée à l’utilisation des technologies en éducation, à Ax-les-Termes en Ariège. Compte-rendu de la troisième journée. 

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Grand moment pour Anne Andrist et ses élèves, ils participent depuis la Suisse à l’atelier des #Twictonautes et leurs #Twoutils. Depuis Ludovia, les participants à ce FabCamp ont la possibilité de produire et découvrir les démarches pédagogiques et didactiques de la communauté  #twictée.

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C’est ensuite à la pédagogie Freinet d’être à l’honneur en ExplorCamp, Nadine Giauque et Denis Baeriswyl présentent « Classes en acte : Correspondance scolaire et projets à distance à l’ère du numérique », voir le résumé.

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Entre 11h00 et 13h00, Cécile Pache, de l’Université de Lausanne, est au commande de « Dans l’atelier de l’eTalk ou quand l’auteur devient éditeur », voir le résumé. Les Humanités Digitales sont ainsi à l’honneur.

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Cécile Pache tout en décontraction pendant son atelier.

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Nicole Durisch Gauthier en pleine discussion animée.

Dans la dernière ligne droite de Ludovia, Morgane Chevalier et les robots Thymio font leur retour :

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Morgane Chevalier explore les usages pédagogiques du robot Thymio II , voir le résumé.

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Sous le regard amusé de Christian Fantoli.

Pour sa part, Florence Quinche intervient au colloque scientifique lors de la session «Appropriations et détournements dans les usages numériques». Sa communication s’intitule «Détourner la robotique pour concevoir des activités créatives», voir le résumé.

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Florence Quinche durant sa communication.

Pour conclure cette édition de Ludovia, les blogueurs attribuent leurs coups de coeur :

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Pour ma part, je récompense Thierry Gobert pour l’ensemble de ses contributions lors de cette édition notamment sa disponibilité et la clarté de son intervention lors du colloque scientifique.

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Thierry Gobert

Cette édition se termine en apothéose pour la HEP Vaud avec deux coups de coeur. Le premier est attribué à Morgane Chevalier :

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Le second est pour Denis Badan :

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Plutôt dans la journée, le recteur et moi-même étions interviewé par Eric Fourcaud pour tirer un bilan de la participation de la HEP Vaud à #Ludovia12 :

Fin… ou presque.

#Ludovia12 : Deuxième journée de la #HEPVaud

Du 24 au 26 août, la HEP Vaud est l’invitée d’honneur de la 12e édition de Ludovia, université d’été dédiée à l’utilisation des technologies en éducation, à Ax-les-Termes en Ariège. Compte-rendu de la deuxième journée. 

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Animée par Jennifer Elbaz, la deuxième journée de la HEP Vaud et surtout celle de Christian Fantole débute de bonne heure la matin avec la Table ronde consacrée aux ressources numériques.

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Christian Fantoli lors de la table ronde.

Lors de cette table ronde, Christian Fantoli a l’occasion de présenter l’ENT made in Suisse, j’ai nommé Educanet2 et la Banque de Ressources Pédagogiques des enseignants vaudois (BRDP). Cette dernière permet aux enseignants de mutualiter leurs ressources. Après 30 ans, une nouvelle base a été initiés en 2014 sur la base de la théorie du don et du contre-don (Marcel Mauss).  Le seul contrôle repose sur les question des droits d’auteur.

La synthèse de cette table ronde par Christophe Batier et Jennifer Elbaz :

En fin de matinée débutaient les Explorcamps sous le thèmes «Ressources, jeux et contenus». C’était pour moi, l’occasion de présenter l’enseignement de la Révolution française avec Youtube.

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 © Photo Ludovia

Dans l’après-midi, Florence Quinche présentait un FabCamp consacré à la création d’un livre numérique multimédia avec des tablettes.

IMGP3074Florence Quinche en action.

Un peu plus tard, Nicole Durisch Gauthier et Christine Fawer Caputo présentaient, en ExplorCamp, « L’eTalk : quelles applications de ce nouvel outil de publication multimédia dans l’éducation ? ». Le résumé : http://www.ludovia.com/2015/07/letalk-quelles-applications-de-ce-nouvel-outil-de-publication-multimedia-dans-leducation/

IMGP3076Nicole Durisch Gauthier et Christine Fawer Caputo

Avant le BarCamp et l’Auberge espagnole, la première table ronde de Ludovia consacrée à la formation des enseignants et initiée par Sylvie Joublot-Ferré, démarrait.

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Sylvie Joublot-Ferré avait le redoutable honneur d’être en compagnie de Catherine Becchetti-Bizot, directrice du numérique pour l’éducation ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

La synthèse de cette table ronde rédigée par François Jourde et moi-même : http://www.ludovia.org/2015/table-ronde-3-formation-des-enseignants-au-numerique/

A l’heure de l’auberge espagnole, l’Etivaz amené par le recteur fit fureur.

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Un recteur heureux de sa deuxième journée…

A noter encore les interventions de Christian Fantoli et de Gabriel Parriaux («Comment mettre en place un projet 1 élève 1 tablette en prenant en compte les avancées de la recherche?») et de Florence Quinche («Apprendre avec les jeux vidéos, découvrir et tester des jeux sur tablettes») en Explorcamp, celle de Bernard Baumberger lors de la table ronde consacrée aux ENT.

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Gabriel Parriaux

A suivre…

#Ludovia12 : Première journée de la #HEPVaud

Du 24 au 26 août, la HEP Vaud est l’invitée d’honneur de la 12e édition de Ludovia, université d’été dédiée à l’utilisation des technologies en éducation, à Ax-les-Termes en Ariège.

«Numérique & éducation, entre appropriations & détournements», tel est le thème de cette 12e édition de l’université d’été Ludovia. L’objectif de cette édition: mettre en lumière toutes les formes d’usages «conformes» (non détournées) ou «non-conformes» (détournées) du numérique dans les classes; les usages «détournés» ou non qui expriment toute la diversité créative des enseignants et des élèves, de tout horizon et de tout niveau.

Sous la conduite du recteur de la HEP Vaud, Guillaume Vanhulst, une délégation de 15 personnes s’est déplacée à Ludovia. Cette délégation est composée de formatrices et de formateurs de la HEP issus de l’UER Médias et technologies de l’information et de la communication, de l’UER Sciences humaines et sociales et de l’UER Pédagogie spécialisée.
Cette édition de Ludovia sera l’occasion pour les membres de la délégation de partager leurs travaux avec l’ensemble des personnes impliquées, à un titre ou à un autre, dans la promotion et l’analyse des changements en cours au sein des systèmes éducatifs. De ce point de vue, l’Université d’été Ludovia, en ce qu’elle rassemble l’ensemble des professionnels du domaine dans une approche multidisciplinaire, représente, aux yeux de la HEP Vaud, une occasion unique de tisser des liens avec celles et ceux qui sont concernés par l’appropriation des développements du numérique dans les systèmes éducatifs et au-delà.

Pour cette première journée, il a appartenu à Bernard Baumberger d’ouvrir les feux pour la HEP Vaud avec son intervention lors du colloque scientifique:

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Bernard Baumberger, Morgane Chevalier: Rôle de l’explication de l’enseignant sur la compréhension des fonctionnements de base du robot «Thymio II» chez l’enfant de 7-9 ans. Le résumé.

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Sous le regard bienveillant de ses collègues

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Ensuite, dans le cadre de la visite des stands partenaires par les officiels, Morgane Chevalier et Denis Badan étaient sur le pont.

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Morgane Chevalier avec le robot Thymio II

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Denis Badan présentait la radiobox et schoolcast

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L’arrivée des officiels aux stands

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Denis Badan présente la radiobox aux officiels

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Un public ravi suit les explications de Morgane Chevalier sur le robot Thymio II

Lors de la table ronde d’ouverture, ce fut au tour du recteur, Guillaume Vanhulst, de porter les couleurs de la HEP Vaud.

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Guillaume Vanhulst à la table ronde d’ouverture « Les politiques publiques face à l’appropriation et le détournement dans le numérique éducatif » en compagnie de Pascale Luciani-Boyer, membre au CNNumérique, Jean-Marc Merriaux, Directeur Canopé, et Martin Malvy, Président de la Région Midi-Pyrénées.

A suivre…

#Ludovia12 : Et si on enseignait l’histoire avec YouTube #HEPVaud

L’utilisation des TIC est rapidement chronophage. Et si on y remédiait, à l’aide de Sofia Coppola (Marie-Antoinette) à Lady Gaga en passant par la série Gossip Girl : L’élite de New York, en récupérant des productions sur YouTube pour les intégrer à son enseignement de l’histoire et en prenant en compte la culture médiatique de nos élèves? Le tout en prenant soin de développer la pensée historique chez ces derniers.

Cet ExplorCamp est axé sur les aspects pédagogiques et didactiques d’une intégration de médias numériques en histoire sans omettre quelques aspects techniques (récupération de vidéos ou minis projets d’élèves publiés sur YouTube).
Le numérique permet aux enseignants de disposer de ressources facilement récupérables et utilisables en classe. Ces ressources permettent à l’enseignant de se préoccuper de l’organisation de sa séquence d’enseignement et des apprentissages à faire réaliser par ses élèves plutôt qu’à créer lui même du contenu et des ressources didactiques.
Relation avec le thème de Ludovia#12Par le biais d’objets issus de la culture médiatique des élèves et de productions de l’industrie des médias, les élèves sont amenés à développer leur propre regard sur ces objets et à développer leur pensée historique. Ils développent notamment la question des différents points de vue en histoire.
Du côté des enseignants, une telle démarche les amènent à utiliser tous les aspects médiatiques de films de fiction et à réfléchir sur les activités signifiantes à proposer à leurs élèves. Tout en travaillant des dimensions historiques au moyen du film de fiction, ils sont amenés à intégrer une éducation aux médias.

Quels renversements pour l’avenir du numérique dans l’enseignement ?

En cette fin d’année scolaire, on peut se demander si l’école de la rentrée sera bien la même que celle que l’on vient de vivre. Outre que l’impression d’un refus du changement et de l’évolution est perceptible au travers des oppositions aux propositions faites du côté du ministère (le collège en particulier), on a le sentiment qu’à propos du numérique, pourtant moins sensible, il en est de même. Cependant, à entendre les demandes des uns et des autres on peut penser qu’un renversement s’amorce progressivement dans la tête des acteurs de l’éducation, bref que les représentations sont en train d’évoluer. La notion de renversement (inversion ?) semble faire progressivement son chemin dans l’esprit de nombreux enseignants. Est-ce le signe d’une lassitude d’un modèle pédagogique devenu peu valorisant pour l’enseignant? Est-ce le signe d’une prise de conscience de la place de celui qui apprend dans les dispositifs d’enseignement ? Est-ce un effet du numérique envahissant notre société ?

Cette Chronique de Bruno Devauchelle porte sur les MOOCs, la classe inversée ou les twittclass. Il conclut en disant que

Malheureusement, la plupart de ces initiatives se réalisent à des échelles individuelles ou de petits groupes au sein des établissements d’enseignement. Les responsables politiques et les cadres de l’éducation hésitent à envisager un changement global d’architecture scolaire (aussi bien physique que d’ingénierie du dispositif). 

L’occasion d’en reparler à fin août (du 24 au 26) lors de la prochaine édition de Ludovia dont le thème est Appropriations & Détournements et dont la HEP Vaud (présentation) en est l’invité d’honneur !

Le Café pédagogique : Quels renversements pour l’avenir du numérique dans l’enseignement ?

Création d'un jeu historique pour tablettes par des élèves | Ludovia#11

« A la recherche de Jeanne dans le Rennes médiéval » est un jeu historique géolocalisé en 9 étapes consacré à la ville de Rennes au Moyen-Âge. Rien de très original jusque-là s’il n’avait été réalisé par des élèves de CE2-CM1 (8-9 ans) à l’aide d’une plate-forme en ligne (GuidiGO) dédiée jusque-là à la réalisation de visites interactives pour les musées ou d’autres organismes. Cet article décrypte la démarche pédagogique originale présentée par Antoine Gouritin, enseignant à l’Université de Rennes en Médiation du patrimoine et stagiaire chez GuidiGO, lors des ExplorCamp de Ludovia#11.

Au cours de l’année scolaire 2013-2014, l’école Saint Michel de Rennes a mis en place un projet pédagogique innovant. Les élèves de CE2-CM1 ont utilisé la plateforme GuidiGO (www.guidigo.com) pour créer un parcours historique ludique à travers leur ville et le publier sur tablettes. Désormais, le jeu est disponible gratuitement sur l’Apple Appstore et sur Google Play.

Techniquement, la plate-forme GuidiGO permet de réaliser très faiclement en ligne une visite virtuelle géolocalisée sur son ordinateur et à l’aide de son navigateur. L’éditeur en ligne divise l’écran en deux parties. A gauche, l’utlisateur a son travail en cours. A sa droite, il peut voir le jeu tel qu’il apparaîtra sur la tablette du joueur.

Concrètement, le projet collectif « A la recherche de Jeanne dans le Rennes médiéval » a fait appel à des compétences pluridisciplinaires : recherches historiques, rédaction, dessin, enregistrement audio, utilisation de l’informatique, travail d’orientation…  Aidés de leur professeur et des historiens de l’association Men Ha Houarn, les enfants se sont impliqués dans ce travail créatif avec beaucoup de sérieux et d’enthousiasme tout au long des 2 mois qu’a duré le projet.

Il est a relevé que les aspects purement numériques, soit l’édition en ligne, n’occupent qu’une part restreinte de l’activité et de la démarche pédagogique. L’autre point à relever est le temps très court qui a été nécessaire pour réaliser le jeu.

Pour le élèves, tout a commencé le 20 mars 2014. Pendant cette journée, ils ont dans un premier temps été mis en situation au Musée de Bretagne à Rennes au travers d’une visite guidée réalisée par le Musée à l’aide de la plate-forme. Dans un deuxième temps, ils ont visité le centre-ville historique de Rennes sous la conduite d’une spécialiste de la période médiévale. A l’issue de cette journée, les élèves avaient ainsi un aperçu du jeu qu’ils auraient à concevoir et des contenus historiques nécessaires pour le réaliser. Au terme de la journée, l’angoissse était perceptible chez les élèves par rapport au travail qui les attendaient.

Cinq jours plus tard, le 25 mars, de manière tout à fait traditionnelle, les élèves se sont attelés à la tâche pour élaborer le scénario et les règles du jeu. En 60 à 90 minutes, les élèves, à l’aide d’un brainstorming, ont identifiés les thèmes qui les intéressaient le plus et déterminés les 9 étapes du jeu. Chaque étape a été ensuite prise en charge par un groupe mélangeant les élèves des deux niveaux.

Trois jours après, le 28 mars, les personnages de chacune des étapes ont été créés par les élèves, puis ils s’agissaient d’écrire les dialogue des personnages et pour certains groupes d’élaborer les défis qui permettent au joueur de passer d’une étape à l’autre. La création des personnages et l’élaboration des défis ont été facilement réalisés par les élèves, contrairement à la création des dialogues. Au terme de cette troisième journée, les élèves se sont mobilisés pour travailler hors la classe.

Le 31 mars, le travail consistait pour les élèves à finaliser leurs dialogues, laborer les défis et démarrer leurs recherches pour les dessins à intégrer au jeu. Il est à noter que les élèves étaient conscients de la nécessité de varier le type de défi proposé, à chaque étape, aux joueurs.

L’enregistrement audio des dialogues a été réalisé quelques jours plus tard doit le 4 avril. A ce stade, chaque équipe/groupe disposait d’un dossier comprenant ses images et ses fichiers audio.

Le projet raconté par les élèves, leurs enseignants et leurs parents.

La mise en ligne des contenus a été faite par les élèves les 18 et 24 avril. Et enfin, le 16 mai, les parents ont pu découvrir en situation la visite-guidée réalisée par leurs enfants en même temps que le jeu était désormais disponible gratuitement au téléchargement.

Au terme de cet ExplorCamp, Antoine Gouritin a fait le bilan suivant de l’expérience. Concernant les élèves, le projet et le travail a permis de mettre en valeur tout à la fois le travail du groupe et l’apport de chaque élève; les élèves ont été fiers de partager leur travail et ont développé leur curiosité pour le patrimoine rennais. Du côté des enseignants, ceux-ci y ont relevé la motivation nouvelle de élèves, la dynamique du travail de groupe qui a notamment permis d’affacer les timidités de certains élèves.

Pour ma part, comme pour toute pédagogie du projet, ce dernier permet de mobiliser et de fédérer les énergies des élèves (dévolution). La grande force réside dans le fait que ce projet scolaire aboutit à une réalisation concrète disponible en ligne pour tout en chacun. La part prise par le numérique est relativement modeste, mais fondamentale puisque c’est lui qui permet la diffusion hors la classe du produit réalisé par les élèves. L’outil choisit est très facilement pris en main par les élèves (absence d’obstacle technique). Enfin le produit final permet également l’échange et une modification de la relation entre les élèves et leurs parents puisque les «experts», ceux qui «savent», sont ici les élèves qui ont coaché leurs parents.

#Ludovia2013 : mon voyage retour

Le retour de Ludovia à moto m’a permis tout en appréciant la route et les paysages d’avoir le temps de faire défiler dans sa tête les images, sons et impressions de cette 10e édition de Ludovia (lire Mon bilan de #Ludovia2013). Je vous présente les images du voyage de retour en guise de clôture à cette édition 2013.
Jeudi 29 août, le barcamp de synthèse terminé, il est temps pour moi de prendre congé d’Eric, Aurélie et Laurence, les chevilles plus qu’ouvrière de Ludovia. Merci à eux pour leur énergie sans faille et leur bonne humeur constante malgré la fatigue. Je prends aussi congé de mes partenaires et amis blogueurs de Ludovia ainsi que de Pascal et Virginie. Puis, je prends la route. Il est prêt de 13h00. L’objectif de cette première demi-journée consiste à s’approcher au plus près d’Alès. Pour ce faire, je démarre de suite avec le col de Chioula, puis je rejoins les routes des chemins cathares, proches du château de Quéribus pour rejoindre Narbonne, puis Bézier. Ensuite, le Massif central me tendra les bras depuis Lodève et les Grandes Causses en passant à proximité du Cirque de Navacelles.

Les Grandes Causses à proximité du Cirque de Navacelle

Les Grandes Causses à proximité du Cirque de Navacelles

A Ganges, je laisse la Grotte des Demoiselles pour rejoindre Alès où je passerai comme envisagé la nuit.

Alès de nuit avec son jet d'eau et un de ses ponts

Alès de nuit avec son jet d’eau et un de ses ponts

Vendredi 30 août, il est 10 heures lorsque je quitte Alès en direction d’Aubenas. Je me laisse dévier de mon programme initial pour emprunter les Gorges de l’Ardèche et rejoindre ensuite Bolène et la Drôme par la vallée de l’Eygues.

Les Gorges de l'Ardèche

Les Gorges de l’Ardèche

Je poursuis en direction de Gap pour rejoindre ensuite les Alpes en prenant le col de Festre, massif du Dévoluy.

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Dans la montée du col de Festre

Laissant Bourg-d’Oisan sur ma droite, j’emprunte ensuite le col du Glandon.

Barrage de Grande Maison (col du Glandon et de la Croix-de-Fer.

Barrage de Grande Maison (col du Glandon et de la Croix-de-Fer)

Il me faut ensuite rejoindre Albertville, Mégève, puis Chamonix avant de rejoindre la Suisse et Martigny par le col des Montets, les gorges du Trient et le col de la Forclaz.

Vue sur la ville de Martigny et la plaine du Rhône

Vue sur la ville de Martigny et la plaine du Rhône

Mon album photo de cette édition de Ludovia : http://lyonelk.smugmug.com/Travel/Ludovia-2013

Mon bilan de #Ludovia2013

Ma deuxième participation en 2013 à Ax-les-Thermes après 2010 me permet de porter un regard comparatif sur ces deux éditions.

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Au moment de faire le bilan, Eric Fourcaud indiquait 700 participants à Ax-les-Thermes et un nombre comparable en ligne. A ce rythme, la participation online pourrait être supérieure à celle sur place. C’est le signe évident d’un succès de la manifestation et de la stratégie mise en place depuis 2010 avec les blogueurs invités à faire vivre Ludovia sur internet et les différents outils (podcasts et WebTV en streaming). Cette forte participation en ligne est une bonne chose puisqu’Ax-les-Thermes offre, pour l’instant, des possibilités d’hébergement limitées. Néanmoins le prochain cap sera celui des 1’000 participants sur place. Or, en 2010, on ne comptait que 250 participants… une année morose qui paraît révolue.
Comparativement à 2010, cette augmentation de la participation était très sensible à tous les événements de Ludovia des table-rondes et conférences plénière aux ExplorCamps. Seul le colloque scientifique paraît ne pas connaître une augmentation comparable. Par contre, le nombre de contributions est plus important qu’en 2010.
A côté du Ludovia officiel, des initiatives comme la WebTV tendent à créer un Ludovia «off» à l’image du Montreux Jazz tout en ménageant les partenaires officiels du «in».

L’attrait de Ludovia réside et reste dans la diversité des publics présents : membres ou offices du ministère de l’éducation, représentants des collectivités locales, éditeurs/producteurs de contenus éducatifs, enseignants et futurs enseignants, universitaires, chercheurs et geeks. Ils ont ainsi l’occasion d’échanger et d’un peu mieux se comprendre sur leurs attentes de l’éducation du/au/par le numérique. Ce dialogue est facilité par le code vestimentaire décontracté préconisé par les organisateurs. Le short et les sandales en font partie… en cas de soleil et de chaleur (trop absents cette année à mon goût).

Au côté de l’augmentation de la participation, l’augmentation des démarches entreprises par les collectivités locales m’impressionne. Le nombre de chargés de mission ou d’intégration du numérique en atteste. En trois ans, le nombre de retours d’expérimentation augmente aussi. Je note aussi qu’il ne s’agit plus seulement d’investir dans tel ou tel outil numérique, mais que les collectivités locales fixent désormais des objectifs mesurables à leurs démarches. Le chemin sera encore long, mais un effet de halo peut être espéré et les désabusements de 2010 à la suite des résultats du projet «un ordinateur pour tous» des Landes sont derrière. L’outil passe aussi au deuxième plan par rapport aux projets pédagogiques et aux effets attendus. On parle projets, collaboration ou changements.

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La mutliplication des outils utilisés par les participants m’a aussi frappé comparativement à 2010. Ceux-ci déambulaient avec deux ou trois dispositifs numériques entre smartphone, ordinateur et tablette. Les participants tweetaient avec leur smartphone et prenaient des notes avec leur ordinateur ou leur tablette. Dans les ExplorCamps, les animateurs jonglaient régulièrement avec les trois. D’une ou deux tablettes en 2010, celles-ci dominaient en 2013 en termes de présence sous toutes leurs tailles et la diversité des systèmes d’exploitation. La tablette est devenue un outil professionnel. Le web 2.0 et l’html5 permettent de s’affranchir de la question du système d’exploitation de nos machines. Cette même diversité d’outils doit se retrouver entre les mains de nos élèves et permettre de nous concentrer sur les usages et les démarches pédagogiques. Le changement véritable est à ce prix.
Au final, cette édition de Ludovia a été une réussite. La morosité perceptible au terme de l’édition de 2010 fait partie désormais du passé.

#Ludovia2013 : ma journée du mercredi 28 août

Journée studieuse pour votre serviteur en ce mercredi 28 août. En effet, j’étais chargé de deux compte-rendus de table-ronde à publier sur le site de Ludovia. Celle du matin et celle de l’après-midi. Donc à chaque fois, prise de notes, puis discussion avec ma co-rapportrice, Stéphanie de Vanssay le matin et Laurence Juin l’après-midi. Heureusement, la fin de journée m’a permis de gagner une boîte de sirop d’érable et de manger le soir avec les blogueurs ludoviens.
La table-ronde du matin était consacrée a cet outil qu’est l’ENT (espace numérique de travail) et qui fait l’objet souvent à Ludovia de débats enflammés entre les autorités politiques qui les installent et les geeks ludoviens. Rien de tout cela cette année, les geeks ont ignoré superbement cette table-ronde au profit de la web-tv nouvellement instaurée cette année à Ludovia.
En 2013, le thème était «Environnement Numérique de Travail et d’apprentissage à distance, entre promesses pédagogique et imaginaires technologiques» et les participants étaient Isabelle Marx (Délégation Wallonie), Benjamin Viaud Beneylu (School ATOS), Roger Masson (Région Rhône-Alpes), Marie Deroide (DGESCO), Jean-Marie Clerc (CNED) avec Dorothée Danielewski (DGESCO) comme modératrice.

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Les participants à la table-ronde avec de gauche à droite : I. Marx, B. Viaud, M. Deroide, J.-M. Clerc, R. Masson et D. Danielewski
La présence d’Isabelle Marx de la Wallonie, présentant une autre conception dans l’implantation dans un établissement d’un ENT, et celle de Benjamin Viaud, qui développe des ENT au primaire, donnaient un peu de fraîcheur au sujet et surtout des ouverture sur d’autres possibles pour l’ENT au secondaire français. Au terme de notre synthèse, Stéphanie et votre serviteur avons donné l’avis suivant :

La table-ronde a mis en évidence, d’un côté, la mise en place au secondaire d’ENT répondant d’abord à des besoins institutionnels et administratifs (gestion des notes, des absences, etc.) et, d’un autre côté, au primaire, la mise en place d’ENT répondant aux besoins pédagogiques des enseignants. Peut-on faire de l’ENT un mouton à 5 pattes qui serait LA solution unique à la gestion et la pédagogie de l’école, soit un objet total ? Nous en doutons… ne risque-t-il pas d’être plutôt un frein et un facteur d’enfermement.
Ne faudrait-il pas changer de tactique/inverser la tendance en partant des demandes des équipes enseignantes comme en Wallonie, pour une démarche plus porteuse favorisant l’adoption de l’environnement et les pratiques collaboratives ?
Enfin on peut à nouveau regretter l’absence d’usagers et de chercheurs à la table-ronde, qui auraient pu apporter des témoignages et des observations sur les usages effectifs des ENT.

Le compte-rendu fait et transmis, il était temps d’aller manger… pour au retour se préparer à la deuxième table-ronde de la journée.
Cette fois-ci, le sujet était «La classe est-elle plus mobile avec le numérique ?» avec André Delacharlerie (Délégation Wallonie), Jean-Loup Burtin (Directeur de la société FORMATICE pour BIC Education), Marie-Noëlle Martinez (chercheur AC Toulouse), Michèle Monteils (DGESCO) et Jean-Paul Moiraud avec Corinne Martignoni (DGESCO) comme modératrice.

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C. Martignoni, M. Monteils, J.-P. Moiraud, A. Delacharlerie et J.L. Burtin écoutent (ou pas…) M.-N. Martinez
Contrairement au matin, les retours d’expérimentation d’outil numérique mobile par M.-N. Martinez et M. Monteils donnaient à voir concrètement sur l’utilisation du numérique par les élèves et leurs professeurs.
Au niveau de la réalisation de cette synthèse, nous avons opté Laurence et moi pour travailler «en live» avec un document Google Drive. C’était une première pour nous deux et cela était assez fascinant à faire et à voir. Impressionnante prouesse technologique qui fait qu’un texte se construit simultanément par deux personnes sans jamais rencontrer un seul problème technique. Dans tous les cas, nous avons gagné un précieux temps à l’issue de la table-ronde pour finaliser notre synthèse et l’envoyer aux organisateurs. Le temps ainsi récupéré m’a permis de rédiger mon article Ebauche de sémantique historique : les mots de #Ludovia2013 et de prendre un peu de temps pour moi juste avant de gagner, grâce à Christelle Lison, ma boîte de sirop d’érable.

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Ebauche de sémantique historique : les mots de #Ludovia2013

Que sont devenus les mots de Ludovia entre 2010 et aujourd’hui? Que peuvent-ils nous dire sur l’avenir des mots et de l’école de 2013? Merci à Michel Guillou pour m’en avoir soufflé l’idée avec son billet (Chroniques axéennes, premier épisode #ludovia2013) ou l’illustration que l’imaginaire se crée à plusieurs.
En reprenant mes billets de 2010 et mes souvenirs, les mots suivants se détachent relativement à Ludovia 2010 : ENT – manuels numériques – TBI – classes mobiles – web 2.0 – twitter – blogues – influenceurs – innovations – réseaux sociaux – nomadisme/mobilité.
Aucun de ces mots n’a véritablement disparu du paysage, même si certains reviennent comme des spectres ou des mantras : ENT, manuels numériques, TBI ou classes mobiles. Cependant, ces derniers sont tous retraversés ou redéfinis par trois à quatre ans de vie (ou de non vie) éducative. Ils sont quasiment en échec définitif lorsqu’il s’agit d’observer leurs usages pédagogiques et leurs impacts sur l’apprentissage. Seuls les moyens investis et la persévérance de leurs producteurs les maintiennent en vie.
Depuis 2010, le web 2.0 et les réseaux sociaux ont tout renversé sur leur passage. Ils sont soit préconisés, soit honnis pour leur impact sur les élèves et les apprentissages scolaires. Désormais, certains de ces outils fêtent leur 10 ans ou plus et ont démontré de leur durabilité à l’exemple des blogues.
Pour leur part, les influenceurs sont rejoints par les demandes et les usages d’une part significative d’enseignants et surtout par le discours des autorités locales et nationales autour des mots de collaboration et de changements. L’innovation se sent soudain un peu moins seule dans le paysage. Il reste que les discours doivent se traduire en actes dans la durée, mais une étape paraît être franchie. On est loin cependant de la généralisation dans le quotidien des classes et le seuil à partir duquel l’école versera véritablement dans le numérique reste une comète.
En 2013, certains mots sont apparus qui ne sont que la remise au goût du jour de démarches plus anciennes. Il en est ainsi des MOOCs ou de la classe inversée. Passons…
En 2013, les TICE sont définitivement renvoyés au placard au profit du numérique. Désormais, il convient de parler d’éducation par/au/du numérique. Il serait intéressant d’analyser ce changement à l’aide de Reinhart Koselleck. Dans quelle mesure l’histoire langagière du concept d’«école numérique» et son évolution langière indiqueraient, par son changement de sens et sa dimension normative, un changement social majeur et annonceraient donc un basculement du monde scolaire (ou son dépassement ou sa fin) ?
Un dernier concept a fait, cette année une entrée remarquée, c’est celle du «bring you own device». Ce concept ne manquera pas de susciter des débats nourris et nécessaires autour de la fracture scolaire et des inégalités scolaires tout en bousculant les concept de classe, d’établissement et de temps scolaire. Pour le meilleur et pour le pire, ce concept concrétise l’effacement de la distinction entre vie privée et vie publique ou leur mixité. En ce sens, ce mot participe bien au basculement du monde hors et à l’école.

#Ludovia2013 : ma journée du mardi 27 août 2013

Le rythme soutenu de Ludovia me laisse peu de temps pour un article de fond. Je vous propose donc en attendant le compte-rendu en photos de ma journée.
Au lever de ce mardi, le temps est plutôt maussade, mais la bonne humeur règne au petit déjeuner.
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Vue depuis la chambre

Départ ensuite pour la première table-ronde. Je suis chargé avec Laurence Juin d’en rédiger la synthèse. Le thème était « Expression 2.0 des élèves et culture numérique à l’École» ou Comment accompagner les élèves dans un choix critique et raisonné des outils, des ressources et des usages du numérique ? Les intervenants étaient Sébastien Reinders (Délégation Wallonie), Florence Canet (enseignante documentaliste AC Toulouse), Françoise Maine (représentante de l’Enseignement Catholique), Blandine Raoul Réa (DGESCO) et Jean-Marc Merriaux (CNDP). La modération était assurée par François Guité. Notre compte-rendu sur ludovia.org Table ronde : Expression 2.0 des élèves et culture numérique à l’école. Laurence et moi en ressortons avec une impression mitigée.
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Problèmes techniques pour François Guité en début de table-ronde.

Après avoir rédigé en début d’après-midi notre compte-rendu, je suis en mesure de faire un saut au colloque scientifique pour en prendre la température. Les interventions sont de qualité devant un public quelque peu clairsemé, mais attentif et fidèle.
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Je me rends ensuite aux ExplorCamp. Nettement plus de monde y assiste. Il s’agit surtout d’enseignants. Le tout se déroule dans un stimulant brouhaha. J’y retrouve Virginie et Pascal qui, cette année, proposent une intéressante démarche de soutien à la lecture à l’aide de QR codes.
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Virginie et Pascal à l’oeuvre
Après le souper, ce sera ensuite l’heure de la Conférence politique. J’y constate une fort convergence entre les différents acteurs : académies, ministère, collectivités locales. J’apprécie particulièrement les propos de Catherine Bizot, représentante du ministère de l’éducation nationale. On y parle de société numérique, de changement, d’innovation et de mode d’évaluation. On y retrouve le mot d’ordre 2013 de cette édition : l’éducation par/au numérique. La volonté également de sortir de la seule question de l’outil de la part de l’Etat et des collectivités locales est à souligner, mais méritera d’être confirmée dans les actes et les actions.
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Je termine en photo par ce dernier clin d’oeil pris à l’ExplorCamp.

#Ludovia2013 : arrivée et ouverture (26 août 2013)

Deuxième jour de mon déplacement à Ax-les-Thermes, retrouvailles d’anciens et nouveaux compères et ouverture officielle de Ludovia ont agrémenté ma journée de lundi. Le tout avec une météo largement décevante…
Au niveau du voyage, le programme était plus léger puisqu’il me fallait être sur place entre 15h00 et 16h00 à Ax-les-Thermes pour la traditionnelle séance des blogueurs avec Eric Fourcaud (The Big Chief). Le temps était couvert au départ, franchement humide après Sainte-Afrique jusqu’à Revel et nuageux pour terminer.
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Cela ne m’a pas empêcher de découvrir la jolie ville de Castres. Comme vous le savez (je fais le malin maintenant), c’est la ville où est né Jean Jaurès qui y dispose aujourd’hui d’une statue et d’un musée (que je n’ai pas visité).
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La statue de Jean Jaurès

Arrivé avant 15h00 et la première navette (charrette) de blogueurs/participants, j’ai d’abord eu le temps de retrouver mes petits camarades et de participer au briefing d’Eric Fourcaud. J’y ai appris que ma principale tâche consisterait à faire la synthèse (en duo) de trois tables-rondes. Chouette. Si vous voulez maintenant mieux connaître Ludovia et son Big Chief, je vous invite à lire cet article du Café pédagogique : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/08/26082013Article635131009654719798.aspx
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La réunion des blogueurs prise sur le vif par Laurence Juin
Vers 19h00, la partie officielle a ouvert cette 10e édition, puis le buffet.
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La partie officielle.
Après le buffet, nous avons eu droit à la conférence inaugurale assurée par Pascal Cotentin CTICE et Directeur CRDP de l’académie de Versailles en Tandem avec Marcel Lebrun Techno-pédagogue Université de Louvain-la-neuve. Elle s’intitulait «Imaginaires et promesses de 10 ans de numérique en éducation». Pour un compte-rendu de cette conférence, je vous renvoie à mon compère Michel Guillou (Chroniques axéennes, premier épisode #ludovia2013).

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Pascal Cotentin à gauche et Marcel Lebrun, à droite, lors de leur causerie.
Les principales vedettes en furent deux robots.
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La fin de la soirée fut elle placée sous le signe d’une bonne bière en compagnie de Virginie et Pascal (Paul n’était pas dispo…) et d’intervenants tic ariégeois essayant de promouvoir les montagnes pointues de l’Ariège. Pas facile… 😉