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Histoire Lyonel Kaufmann

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Outils enseignement

La Révolution française, Lady Gaga, le monde arabe et nous

6 février 2011 by Lyonel Kaufmann

L’actualité récente du monde arabe et celle de la culture web récente mettent la Révolution française à l’honneur. Mais si d’un côté, c’est plutôt le côté royaliste et le monde de la noblesse qui sont mis en avant, l’actualité ne manque pas de remettre la question citoyenne et du peuple au coeur de l’action. Mais en définitive que reste-t-il à l’Histoire?

Lady Gaga nous explique la Révolution française


La chaîne YouTube HistoryTeacher s’est spécialisée dans la réalisation de clips cherchant à retracer des grands moments de l’histoire grâce à la musique, en détournant les paroles de chansons très célèbres. Cette vidéo met en scène une Lady Gaga expliquant la Révolution française sur l’air de Bad Romance! ((Lady Gaga nous explique la Révolution française | Slate))

Lady Gaga en Marie-Antoinnet lors des Britt Awards (2010)

Pour sa part, Lady Gaga est une grande admiratrice de Marie-Antoinette au travers de ses coiffures décoiffantes et de ses tenues à plume d’autruche.

Pour ma part, j’en appelle volontiers à Mel Brooks ((« It’s good to be the King », est un titre issu de son film « La folle histoire du monde », sorti en 1981.))

Marie-Antoinette sur Nitendo DS

Marie-Antoinette est d’ailleurs fort tendance depuis 2006 et la sortie du film de Sofia Coppola. C’est une des références récurrentes dans la série pour ados Gossip Girl. ((Gossip Girl, la victoire du stupre | Slate.fr (http://www.slate.fr/story/31825/gossip-girl-luxe-d[…])). Lady Gaga et les ados trouveront donc certainement leur compte avec la sortie du jeu Marie-Antoinette sur Nitendo DS.

Ici, le petit robot Oscar, déjà au coeur des intrigues à déjouer au Moyen Âge, dans le Paris du Ier empire et à la cour de Versailles en compagnie de Louis XIV et de Vauban, se retrouve une nouvelle fois mobilisé pour déjouer les plans du diabolique Dr Du Noi. Cette fois, l’odieux personnage a remonté le temps jusqu’en 1781, en pleine guerre d’indépendance américaine. Pour avancer au fil de l’histoire, il faudra participer à des mini-jeux (le Pharaon, la bataille des frégates, le Trou-Madame…), résoudre des enquêtes, des problèmes de logique et des devinettes historiques… Les trois principaux thèmes proposés ont trait à Versailles, Marie-Antoinette et les moeurs de la cour, la Guerre d’indépendance américaine, et enfin les grandes inventions. ((Marie-Antoinette et la Guerre d’Indépendance américaine sur DS))

Du petit robot Oscar à Lady Oscar

Le petit robot Oscar ne peut que me renvoyer au dessin animé Lady Oscar et au manga dont il est issu (La Rose de Versailles). Pour rappel, le générique

Dans l’épisode 3, l’arrivée de Marie-Antoinette est organisé autour de l’affrontement entre Marie-Antoinette et la Du Barry.


Watch Lady Oscar episode 03 vf in Animation |  View More Free Videos Online at Veoh.com

Le «1789» du monde arabe?

Depuis les événements de Tunisie, puis leurs prolongements dans le monde arabe et plus particulièrement en Egypte, les références et les allusions à la Révolution française et à 1789 abondent dans la presse. Pour le meilleur ou pour le pire?

C’est ainsi que dans Mediapart (02.02.2010), Edwy Plenel ((Le « 89 » du monde arabe | Mediapart)) notait que

« Inaudible tant notre époque est affolée, une petite cohorte de chercheurs, de sociologues, d’anthropologues, de démographes, d’historiens, etc., ne cessait de nous expliquer que les peuples arabes, loin de vivre une grande régression, traversaient une difficile transition vers notre modernité commune – ce que Youssef Courbage et Emmannuel Todd nommèrent en 2007 « le rendez-vous des civilisations ». Les rues tunisienne et égyptienne, que d’autres relaieront peut-être, leur donnent aujourd’hui raison, reprenant le vieux flambeau des insurrections démocratiques, celui-là même qui, depuis 1789, nous a entraînés vers nos républiques, aujourd’hui lasses et usées parce que malmenées et confisquées. »

Pour sa part, l’historien, Pierre Serna ((Institut d’Histoire de la Révolution française – Pierre Serna sur la Tunisie)) ne manquait pas de relier les événements de Tunisie à l’historiographie de la Révolution française

«Ce que montrent les Tunisiens qui nous laissent quelque peu sidérés et pour le moins admiratifs est qu’une Révolution est possible. Que n’a –t-on dit, en France, sur la révolution comme objet froid, dépassé, historicisé, depuis 1977 et la parution de l’ouvrage de F. Furet « Penser la Révolution », remettant violemment en cause le catéchisme républicain et la mythographie d’une Révolution française qui était terminée, finie. Avec cette affirmation c’était l’idée en soi de révolution qui devait être discréditée, stigmatisée. La révolution, monde de violence, était désormais à éradiquer dans le futur.»

tout en ne manquant pas de nous mettre en garde devant le risque d’une lecture post-colonialiste insultante au pire, condescendante au mieux, de la situation tunisienne:

Non la Tunisie n’est pas en 1789 ! Par pitié que l’on cesse d’instrumentaliser l’Histoire en mesurant l’histoire du monde à l’aune de l’histoire de France. […] C’est nous qui devons apprendre des Tunisiens et non le contraire. Nous sommes restés dans un 1789 mental, mythifié et figé. Les Tunisiens eux sont bien en 2011 !

De leur côté, les manifestants tunisiens recyclaient les symboles révolutionnaires ((Les jeunes manifestants tunisiens veulent « démonter la Bastille » | AFP))

«La Kasbah, c’est la Bastille de la Tunisie et on va la démonter, comme les sans-culottes français ont fait tomber la Bastille en 1789»

Dans Culture visuelle, André Gunthert ((Rattraper la révolution | L’Atelier des îcones)) s’interrogeait, à propos de la Tunisie

«sur la traduction visuelle dans les médias français des événements tunisiens (“Une révolution sans images?“). L’évolution du traitement depuis la fuite de Ben Ali permet d’affiner le diagnostic. Plutôt qu’une “révolution sans images”, nous avons vu des images sans révolution.»

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Couverture de l'Express, 12/01/2011: "Maghreb, la jeunesse contre le pouvoir" (photo: AFP/Roger Viollet).

Alors que «en France, depuis Delacroix, le visage de la Révolution est féminin et renvoie au symbole de Marianne, incarnation de l’émancipation républicaine», André Gunthert note que

La comparaison avec les images publiées la semaine dernière est édifiante. Malgré un appel de Une intitulé “Maghreb, la jeunesse contre le pouvoir“, la photo retenue par L’Express du 12 janvier montre des jeunes encagoulés brandissant des projectiles face à une rangée de policiers abrités derrière leurs boucliers (voir ci-dessous). Si cette image nous est familière, ce n’est pas par son évocation des trois Glorieuses, mais plutôt par son rappel insistant d’une autre imagerie: la longue généalogie des désordres urbains, rixes et échauffourées qui, des Minguettes aux Tarterets en passant par Villiers-Le Bel, oppose régulièrement les “jeunes des cités” aux forces de l’ordre dans nos banlieues.

Mais pour certains Cassandre, après 1789 viendra 1793 ((Monde arabe: la montée de la troisième voix | Slate.fr))

On entend les Cassandre multiplier les appels à la retenue: le chaos va s’installer, les islamistes vont rafler la mise, le canal de Suez sera bloqué et Israël sera menacé par tous ses voisins. Souvenez-vous toujours que l’Histoire est tragique! 1793 suit 1789! On entend, plus fortes encore, les voix dire que la démocratie est une exception européenne, qu’elle est de surcroît récente et qu’il est illusoire et naïf de penser que le modèle des droits de l’homme va s’universaliser. Le déclin européen montrerait au contraire que cette idée est en voie de régression, du moins menacée. Ce sont les systèmes autoritaires qui ont l’avenir devant eux, regardez la Chine!

Et l’histoire dans tout cela?

En définitive, l’histoire n’est-elle nécessaire que pour lire la presse ou trouver des exemples d’hier pour les coller à l’actualité d’aujourd’hui? L’histoire est en quelque sorte instrumentalisée pour fournir  des exempla, commodes modes d’explication qui, comme dans le journalisme sportif, sont convoqués, puis révoqués, recyclés en fonction de l’évolution du direct ou de son inclinaison idéologique.

Dans le même temps, le nombre de périodes d’histoire tend à diminuer et/ou les programmes à concurrencer les quizz télévisuels. Que faire alors devant tant de concurrence et de récupération? Pour ma part, l’autre risque étant la construction de formes renouvellées du roman national, j’en appelle régulièrement à faire de l’histoire, objet de consommation dans l’espace public, un objet à interroger, éclairer et débattre en classe avec nos élèves pour en prendre la juste mesure.

Et, en conclusion, je vous invite à lire mes deux dernières chroniques publiées dans le mensuel du Café pédagogique. La chronique de janvier traite justement et bien modestement du traitement culturel actuel autour de Marie-Antoinette et de la Révolution française:

  • Dans ma classe : récit national ou pluralité des écritures de l’histoire ? | Café pédagogique, no 118, décembre 2010
  • Marie-Antoinette ? C’est hype ! | Café pédagogique, no 119, janvier 2011

Classé sous :Didactique, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions, Outils enseignement, sur le web Balisé avec :Egypte, Lady Gaga, Marie-Antoinette, Révolution française, Tunisie

De l'illusion du changement au changement… | Pierre Frackowiak

31 janvier 2011 by Lyonel Kaufmann

La chronique de Pierre Frackowiak est une forme de traduction française des réticences à l’égard des TICE développées aux Etats-Unis par Larry Cuban et certains tenants des pédagogies actives.

La principale remarque est que, contrairement aux discours vantant l’introduction des TICE pour changer la pédagogie, les TICE ne feraient que renforcer le modèle magistral. Or, celui-ci reste au collège le principal obstacle à l’émancipation des savoirs et de la reproduction sociale.

La majorité des témoignages et comptes-rendus montrent que les TICE Technologies de l’information et de la communication pour l’éducation permettent de rendre l’enseignement plus moderne, plus agréable, mieux illustré, plus proche des usages des enfants et des jeunes, qu’au-delà de la classe, elles permettent d’améliorer l’administration et la communication interne et externe. Mais les pratiques, le modèle pédagogique massivement et depuis toujours en vigueur, ne sont pas fondamentalement remis en cause. On reste, voire on renforce, la place du maître. L’une des causes d’échec du collège est justement le décalage entre les contenus disciplinaires cloisonnés et les pratiques et savoirs sociaux.

Ce passage tiré de son ouvrage  «La place de l’élève à l’école» (Editions la Chronique Sociale. Décembre 2010) a suscité de nombreux commentaires sur lequel Pierre Frackowiak revient dans sa tribune pour l’Association nationale des @cteurs de l’école.

Au final, Pierre Frackowiak en appelle à un nouveau projet éducatif global tout en encourageant celles et ceux

qui essaient, qui tâtonnent, qui cherchent, [à] continuer et diffuser leurs travaux, se faire plaisir aussi – une notion que l’on oublie complètement aujourd’hui -, en étant lucides, en sachant que le combat pour une autre politique éducative est vital.

via De lillusion du changement au changement… – An@é.

Complément du 1er février (10:54):

Interviewé par le Café pédagogique à propos de la situation des TICE au Québec, Mario Asselin pose un diagnostic comparable à celui de Pierre Frackowiak tout en étant plus optimiste:
«Si les TICE ne modifient pas davantage les pratiques qu’anticipé, c’est peut-être que le contexte dans lequel ils ont été utilisés est très souvent «frontal». Ceux chez qui les pratiques évoluent me paraissent utiliser davantage le levier de la publication Web et de la recherche sur Internet. Pour les autres, ceux qui utilisent le TBI par exemple, on verra ce qui arrivera à force de laisser plus souvent le contrôle du stylet aux élèves…»

L’interview du Café pédagogique : Québec : Quelle place pour les TICE ?

Classé sous :Médias et technologies, Opinions&Réflexions, Outils enseignement Balisé avec :Larry Cuban, médiaTICE

Quand Twitter améliore la participation des élèves et leurs résultats scolaires

18 janvier 2011 by Lyonel Kaufmann

Dans la vidéo suivante, le prof. R. Junco et quelques-uns de ses étudiant-e-s partagent leur avis sur l’expérience menée par cet enseignant concernant l’utilisation de twitter en classe.

Concernant cette expérience, il est à noter qu’avant celle-ci, les étudiant-e-s étaient certes familiers avec Facebook, mais aucun d’entre eux n’utilisaient Twitter.

Parmi les résultats de cette expérience, menée avec deux groupes soit un groupe utilisant twitter et un groupe de contrôle, il faut noter la variété des utilisations de Twitter, le sentiment des étudiant-e-s d’être plus à l’aise dans l’échange de leurs idées via Twitter qu’en classe de manière habituelle, la disparition des frontières entre les «clans» et un meilleur taux d’implication des étudiant-e-s ayant utilisés Twitter par rapport aux étudiant-e-s du groupe de contrôle ainsi qu’au final de meilleures notes académiques.

Cette expérience a donné lieu à l’article suivant :

Junco, R., Heiberger, G. and Loken, E. The effect of Twitter on college student engagement and grades. Journal of Computer Assisted Learning, doi: 10.1111/j.1365-2729.2010.00387. L’article au format PDF

On peut aussi consulter sur le site du Berkman Center for Internet and Society (Harvard University), le Professeur Junco rendre compte en 2009 des premiers résultats de son étude : Voir la video

Source de l’information : Professors Use Twitter to Increase Student Engagement and Grades | Faculty Focus.

Classé sous :Médias et technologies, Outils enseignement Balisé avec :médiaTICE, RéseauxSociaux, twitter

Quelle place la Rome antique doit-elle avoir à l’école (vaudoise) ?

13 janvier 2011 by Lyonel Kaufmann

Juste avant les fêtes de fin d’année, j’ai reçu par mail la question d’un enseignant concernant la place de l’enseignement de Rome dans l’enseignement vaudois. Ceci au même moment où en France une polémique a été lancée par la revue Historia sur la disparition de l’enseignement de l’Egypte antique pour des degrés comparables d’enseignement. Cet article fait le point sur l’évolution de la place de l’étude de la Rome antique et celle de l’Egypte antique dans l’enseignement vaudois. Tout en n’omettant pas l’arrivée prochaine du nouveau plan d’étude romand (2012?) concernant la Rome antique.

 

En préambule, la question formulée par ce collègue était la suivante
« Une question revient ces temps-ci parmi  mes collègues : quelle est la place de Rome, en 5e ou en 6e année. Un question un peu “archaïque”, mais je recherche quelques pistes pour dépasser cette question, et redonner plus de place à l’étude de l’histoire romaine. »

Au premier abord, la question peut paraître surprenante ou intrigante. En effet, dans les champs d’étude du programme 5e/6e vaudois ((équivalent de la dernière année du CM2 en France et de sa 6e année)), Rome y figure au même titre que l’Egypte ou la Grèce sous l’étiquette « Les grandes civilisations ». On y trouve encore l’étude des Gallo-Romains et du Moyen Âge.

Par ailleurs, les compétences du programme 5e/6e n’indiquent pas de contre-indication majeure à l’étude de Rome ((comme pour les autres thèmes d’ailleurs)) :

  • Situer dans le temps et l’espace les faits historiques observés;
  • Exploiter un document historique selon sa nature et son contexte propre;
  • Interpréter les outils nécessaires à la compréhension des phénomènes historiques;
  • Mettre en perspective les faits présents et passés, pour en rechercher leurs conditions d’émergence, leurs causes et leurs conséquences, dans leurs dimensions multiples : sciences, techniques, arts et idées, etc.;
  • Maîtriser en situation un vocabulaire historique spécifique appliqué aux faits culturels, économiques, politiques et sociaux.

Par contre, si la question se pose aujourd’hui, elle est à replacer, sans nul doute, dans l’évolution de la place de Rome dans les programmes scolaires, des moyens d’enseignement et des pratiques enseignantes pour le canton de Vaud. Mais préalablement, du rôle assigné à l’enseignement de l’Antiquité dans les programmes scolaires.

1. L’Antiquité dans les programmes scolaires

Préalablement à l’évolution de la place de l’Antiquité et de Rome dans les programmes scolaires vaudois, il n’est peut-être pas inutile de s’attacher au rôle dévolu pendant longtemps à l’enseignement de l’Antiquité à l’école que nous présente Pierre Cabanes ((Cabanes, P. (1995). Introduction à l’histoire de l’Antiquité. Paris: Armand Colin p. 9))

L’étude de l’Antiquité a retenu longtemps l’attention de ceux qui nous ont précédé et qui y puisaient, des exempla médiévaux au De viris illustribus, les bons et les mauvais modèles dont l’histoire, […], est fort heureusement peuplée; nos pères étaient nourris à l’école de Rome, souvent plus qu’à celle de la Grèce. Ainsi, dans la première moitié du XVIIe siècle, les Jésuites du collège de Clermont —actuel lycée Louis-le-Grand— divisaient les élèves de leurs classes en deux camps, Romains et Carthaginois, disposés de chaque côté de l’allée centrale; et chaque camp avait une hiérarchie qui rappelait celle de la légion romaine. Un changement s’est réalisé dans le contenu de l’enseignement secondaire, en France comme ailleurs, sur une génération : les langues anciennes ont vu leur place reculer grandement et l’Antiquité est devenue un monde peu fréquenté, dont on retient trop souvent de belles légendes, des contes tirés des poèmes homériques et de la mythologie grecque ou romaine, tant et si bien que l’étudiant, désireux aujourd’hui de se spécialiser en histoire, ou simplement de connaître ce que le monde a vécu avant notre ère, va presque entièrement à la découverte d’un monde ignoré. Il n’a rencontré l’Antiquité qu’au tout début de sa scolarité au collège, […]. L’élève actuel, avec un peu de chance, se souviendra de quelques noms : Périclès, Alexandre, Auguste perdus dans la nuit des temps.

Est-ce à regretter? L’Antiquité est une terre privilégiée : désormais espace neutre, elle fut jadis un terrain sacré. Et c’est de cette tension que naît la fécondité des meilleurs travaux qui lui sont consacrés. En outre, l’oubli des Grecs et des Romains a l’avantage de faire cesser l’hypocrisie qui voulait que nous en descendions en ligne directe.

2. L’Antiquité dans les programmes vaudois

Au niveau scolaire vaudois, l’évolution est comparable à celle décrite par Cabanes. Au début du XIXe siècle, l’école secondaire —réservée aux élèves se destinant au gymnase, puis à l’Académie formant des juristes et des pasteurs, consacre l’essentiel de son enseignement aux humanités classiques au travers de l’histoire de la Grèce et de Rome. L’enseignement est alors assuré par les professeurs de langue grecque et latine.

En 1843, le programme du collège classique cantonal était le suivant [Payot E. & Kohler A. (1896). Histoire du collège cantonal. Lausanne]:

  • en Classe de IVe, l’histoire des peuples de l’Antiquité sauf les Grecs et les Romains;
  • en Classe de IIIe, l’histoire des Grecs;
  • en Classe de IIe, l’histoire des Romains;
  • en Classe de Ière, l’ histoire du Moyen-Âge.

En 1958, le programme d’histoire prévoit ((Programme des cours des collèges secondaires vaudois – édition 1958))

  • en classe de première (élèves de 10 à 11 ans), à raison de 2 heures par semaine, l’étude de la « Préhistoire. Les peuples de l’Orient. La Grèce et la Macédoine »
  • en classe de deuxième —à raison de 3h par semaine—, l’étude de « Rome, du moyen âge jusqu’en 1314″ ainsi que de « l’Histoire de notre pays jusqu’à la fondation de la Confédération. »

En 1983, l’Antiquité ne concerne plus que les élèves de 5e année. La 6e année est consacrée à l’étude du moyen âge.

Ainsi, sur une période de cent quarante ans et au secondaire, l’étude de l’Antiquité passe de trois ans au programme d’étude de 1843 à une seule année en 1983. Cette évolution traduit l’évolution des collèges puisque les études collégiales durent s’ouvrir, dans le courant du XIXe siècle, aux études scientifiques (mathématiques et sciences), via la création du collège scientifique du Belvédère à Lausanne. Au XXe siècle, la réforme scolaire vaudoise de 1958 introduira la filière langue moderne (italien) alors que la réforme de 1984, générant également un nouvel élargissement du public fréquentant la voie de baccalauréat, introduira elle l’option économique.
Sur la durée, cette contraction du programme s’effectue principalement en défaveur de l’histoire romaine et gallo-romaine et dans une mesure moindre relativement à l’histoire de la Grèce antique. On constate également le renouveau de l’histoire du moyen-âge qui s’écarte peu à peu de la vision du moyen âge obscur, pour ne pas dire obsurantiste.

L’autre changement significatif est le développement de l’étude de la civilisation égyptienne. Englobée dans l’étude des Peuples de l’Orient, la civilisation égyptienne a tout d’abord acquis son indépendance (l’Egypte) jusqu’à occuper maintenant une place centrale du programme de 5e année dans la programmation d’un grand nombre de professeurs.

3. Moyens d’enseignement
Au niveau des moyens d’enseignement, l’observation de la dernière collection vaudoise de manuels (LEP) permet de constater que, dans le manuel « Antiquité », quinze pages sont consacrées à l’Egypte, auquelles s’ajoute huit et cinq pages consacrées à Summer et Babylone. Pour sa part, la Grèce antique occupe septante-neuf pages du manuel. Enfin, Rome et les Gallo-romains disposent de cinquante-six pages auxquelles on peut ajouter les onze pages consacrées dans le volume suivant aux invasions barbares et à Byzance.

On constate néanmoins une attention légèrement supérieure accordée à la Grèce par rapport à Rome qui ne cesse au vingtième siècle de voir son amplitude diminuer dans les manuels. De plus, avec les programmes de 1983, Rome doit être traitée à cheval sur deux années scolaires.

4. Pratiques enseignantes : le destin singulier de l’Egypte antique
Si l’évolution des programmes et celle du contenu des manuels scolaires expliquent en grande partie le recul de l’enseignement de l’histoire romaine —auquel correspond en outre la diminution de l’étude du latin au secondaire I—, il n’en demeure pas moins que les pratiques enseignantes jouent un rôle tout aussi important dans le rétrécissement de la place accordée à l’enseignement de l’histoire romaine dans les classes vaudoises. En effet, je ne peux qu’observer la place de plus en plus grande faite en classe concernant l’étude de l’Egypte. Dans beaucoup de cas, la moitié de la 5e année, voire plus, est consacrée à son enseignement. Or, comme je viens de le montrer, cette place importante ne s’appuie ni sur les moyens d’enseignement officiels où l’Egypte vient bien après la Grèce et même Rome en nombre de pages, ni sur le programme lui-même qui prévoit une place équivalente dans les champs d’étude aux trois civilisations.

Cet enseignement est introduit à la fin du XIXe siècle avant tout pour faire le lien et incorporer l’héritage de l’Egypte antique dans la civilisation occidentale. En quelque sorte, il est instrumentalisé pour l’étude de la Grèce et de Rome. Certainement aussi, via l’influence française dans nos contrées, que la conquête napoléonienne de l’Egypte et le rôle de Champollion dans le déchiffrage des hiéroglyphes, ainsi que tout un ensemble d’études égyptologiques, expliquent son introduction et son attrait.
Mais aujourd’hui, en France, alors que l’enseignement de l’Egypte est mis de côté dans les nouveaux programmes officiels, les défenseurs de cet enseignement argumentent de la manière suivante:

« Tous les professeurs de collège savent combien le sujet plaisait aux élèves et éveillait leur attention dès le début de l’année. » ((Historia, Où sont passés les pharaons? http://sauvonslhistoire.historia.fr/20/ou-sont-passes-les-pharaons))

On le voit l’engouement pour l’enseignement de l’Egypte antique tient peu aux problématiques historiques et plus au monde des merveilles.

En définitive, avec l’excroissance progressive qu’a connue l’enseignement de l’Egypte et le développement de l’étude du Moyen Âge et de son imaginaire en classe, ((L’attrait pour l’étude du Moyen Âge comprend des mécanismes comparables d’attrait que celle de l’Egypte antique auprès des élèves notamment au travers de l’Héroic fantasy.)) Rome a été prise en quelque sorte en tenaille et s’est retrouvée marginalisée en fin de 5e et en début de 6e. Il n’est pas rare même que son étude ne s’opère plus qu’au travers de la chute de l’Empire romain d’Occident en 6e. Douce revanche des Barbares et de l’homme médiéval sur Rome?

5. Redonner plus de place à Rome en 5e/6e?
Aujourd’hui, l’ensemble de ce qui précède permet d’indiquer que la place de Rome en 5e/6e dépend avant tout d’une volonté enseignante, voire celle de redonner peut-être plus de place à l’histoire de l’Antiquité comparativement à des sujets certes intéressants et distrayants pour les élèves, mais qui n’ont généralement que peu de lien avec le travail de l’historien, des questionnements historiques ou l’archéologie pour l’Antiquité.
En même temps, nous sommes déjà demain ou presque. Et demain se conjugue avec le Plan d’étude romand (PER). Or, pour le canton de Vaud, celui-ci introduit un changement copernicien puisque l’étude de la préhistoire à aujourd’hui se fera deux fois jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire. Ainsi, l’étude de l’Antiquité avec celle de la préhistoire se fera une première fois en 3e/4e selon la terminologie actuelle (en 5e/6e selon la nouvelle dénomination). L’étude de l’Antiquité avec celle du Moyen-Âge cette fois-ci sera reprise en 7e année actuelle (9e année dans la nouvelle terminologie). ((Le PER est disponible en ligne à l’adresse suivante : http://www.plandetudes.ch.))

La consultation du PER pour le cycle 2 (4e à 6e actuelle) et le cycle 3 (7e à 9e actuelle) est susceptible de fournir quelques pistes pour Rome.
Ainsi, indique-t-il pour le cycle 2, de travailler, par exemple, autour de

  • Changements et permanence dans le mode de vie, l’organisation de la vie quotidienne et sociale : dont l’observation et la mise en relation de documents iconographiques et de textes décrivant le mode de vie et l’organisation sociale à certaines périodes, ainsi que le territoire concerné ainsi que situation dans le temps et mise en relation d’événements constituant des moments de rupture (inventions, révolutions, réformes, découvertes,..);
  • Mythes et réalité : soit la distinction entre fiction (récit, mythe, légende,…) et réalité ainsi qu’un questionnement sur l’authenticité des événements et des personnages, la véracité des reconstitutions;
  • Traces et mémoire : soit la valorisation du patrimoine local et régional en exploitant vestiges, archives et collections des musées en les mettant en lien avec d’autres ressources (moyens d’enseignement, documentaires, Internet,…).

Dans les propositions de thèmes d’études, il est clairement indiqué pour le cycle 2 concernant Traces et mémoire : les Récits fondateurs (villes, États,…) ou le monde gallo-romain selon divers médias (littérature, cinéma, BD, reconstitutions, ouvrages scolaires).

Pour le cycle 3, le PER a retenu quatre démarches historiennes

  • Les sources
  • Les représentations de l’Histoire
  • Histoire et mémoire
  • Chronologie et périodisation

Concernant les thèmes retenus pour une année scolaire, le PER indique que

« À chaque année du cycle, mobiliser les notions et les concepts en faisant des liens avec les autres périodes et en prenant en compte l’histoire régionale, nationale, européenne et mondiale. »

Pour la première année du cycle 3, les thèmes d’histoire générale parmi lesquels faire des choix comprennent

  • Les civilisations de l’Antiquité : Grèce, Rome
  • Formation de l’Europe médiévale : premiers royaumes « barbares », l’empire carolingien
  • Aspects de la civilisation médiévale : monde chrétien, monde musulman
  • Civilisations non européennes : la Chine à l’époque de Marco Polo, l’Inde, les royaumes africains
  • …

alors que pour l’histoire locale, régionale et nationale, on trouve

  • Aspects de l’histoire du canton pendant ces périodes
  • L’Helvétie romaine
  • Les vallées alpestres aux XIIIe et XIVe siècles
  • Naissance et formation de la Suisse
  • …

On constate donc que la place de Rome dans l’enseignement tant du cycle 2 que du cycle 3 dépendra avant tout des choix que ne manqueront pas d’opérer les enseignant-e-s. Par contre, la concurrence d’autres thèmes et sujets sera encore plus forte que celle que connaît Rome dans le plan d’étude vaudois actuel. Au cycle 2, l’étude de Rome ne manquera pas de se heurter aux pratiques actuelles des enseignant-e-s vaudois-e-s de 3e/4e et à l’attrait auprès des élèves de l’étude de la préhistoire ou de l’Egypte. Au cycle 3, à l’attrait et la place actuelle du Moyen-Âge s’ajoutera, d’autant plus dans le contexte politique actuel, l’enseignement des débuts de la Confédération, voire la question du choc des civilisations (monde chrétien, monde musulman).

6. Ecueils d’un enseignement de la Rome antique et de l’Antiquité en général

Que ce soit en France ou dans le prochain Plan d’études romand (PER), nous sommes donc sorti de cette étude de l’Antiquité où l’on y puisant des exemples de bons et mauvais modèles à présenter à nos élèves. Pourtant d’autres risques d’instrumentalisation de cette Antiquité par l’école existent.
Certes il y a une séduction certaine à travailler les mythes fondateurs ou le monde antique à l’aide de la culture médiatique. Je ne suis pas le dernier d’ailleurs à prôner l’utilisation de la BD ou du film de fiction en classe d’histoire. Ne serait-ce que parce que l’essentiel de la culture de base de nos élèves concernant cette période est notamment nourrie des albums, des dessins animés et des films d’Astérix. Plus largement même, ainsi que le montrait une étude, plus de deux Français sur trois connaissent les albums d’Astérix le Gaulois et beaucoup d’entre eux ne voient César qu’à travers le texte et les dessins de René Goscinny et d’Albert Uderzo. ((Faudra-t-il réécrire les albums d’Astérix? http://bit.ly/baj1B5))
Mais, dans mes commentaires, je soulignais également que partir de la vision déformée de l’Antiquité proposée par Astérix ou d’autres médias et donc d’un certain mythe pour aller à la rencontre de l’état de la science relativement à l’Antiquité n’était pas gagnée d’avance et que le risque existait de ne faire que de renforcer le mythe. Ceci au détriment de l’histoire qu’elle soit antique, médiévale, moderne ou contemporaine. Cela ne m’a pas empêché, instruit de ces risques, de mener un atelier en formation travaillant autour des rapports entre B.D. et histoire et dont les travaux réalisés par les étudiant-e-s sont consultables en ligne. ((MSHIS11 Bande Dessinée et Histoire – atelier 4.5.2010, http://bit.ly/bFdnLE))
A mon avis, ces mêmes écueils, voire dangers, existeront au moment de la mise en oeuvre du PER. Pour les éviter, il convient que les enseignant-e-s puissent notamment raccrocher leur enseignement à des questionnements issus des résultats de la recherche historique et archéologique. Ecoutons les propos de Pierre Cabanes ((Cabanes, P. (1995). Introduction à l’histoire de l’Antiquité. Paris: Armand Colin p. 11 et 12)) concernant certains de ces écueils et la manière de les éviter

« Entrer dans une période ancienne, c’est pénétrer dans un monde inconnu. […] Plonger dans l’Antiquité gréco-latine nous laisse peut-être davantage en pays de connaissance […]. Bien des récits de l’épopée troyenne font partie intégrante de la culture occidentale. Nous nous sentons dans un monde moins étrange, moins étranger assurément et la tentation est grande d’assimiler l’Antiquité dans notre ensemble culturel au risque de la déformer. Mais un univers peut nous apparaître sensiblement proche tout en étant intellectuellement lointain. »
« Il est donc nécessaire d’accepter que l’Antiquité constitue, pour nous, un monde nouveau, une civilisation exotique et abolie, dans laquelle nos modes de pensée ne s’appliquent pas nécessairement. C’est là une démarche plus honnête que d’essayer de susciter l’intérêt en affirmant le caractère très moderne de l’Antiquité. »

P. Cabanès termine en nous conseillant de considérer l’Antiquité comme un monde neuf à découvrir en renonçant à comprendre l’Antiquité à travers nos prismes déformants et nos appréciations morales. Et la démarche, précise-t-il, n’est pas facile, mais riches de promesses.

7. Quelques ressources en ligne en guise de conclusion
A partir du moment où nous sommes conscients de ces écueils, les ressources en ligne suivantes pourront guider celles et ceux qui désirent donner un nouveau lustre à l’enseignement de la Rome antique.

  • « Romulus et Remus : du mythe à l’histoire ? » court article à associer avec les liens présentés ici : https://lyonelkaufmann.ch/histoire/2007/11/24/links-for-2007-11-24/
  • Ressources pour la classe de sixième – EduSCOL http://bit.ly/i85Rb7 : elles comportent deux thèmes relatifs à la Rome antique (Rome thème 1 : Des origines à la fin de la république et Rome thème 2 : L’empire : l’empereur, la ville, la romanisation) correspondant au nouveau programme de 6e français.
  • La base de données d’Educnet répertorie les ressources des académies française. Concernant le programme de 6e : EDU’bases histoire-géographie – http://bit.ly/gsD1ms.
  • Une séquence sur le site de l’académie de Rome sur les débuts de Rome concernant le programme de langue latine, mais parfaitement utilisable en histoire : http://www2b.ac-lille.fr/weblettres/tice/royaute/royaute.htm. Et une autre, à adapter, sur le concept de Cité antique autour d’Athènes et de Rome : http://www2b.ac-lille.fr/weblettres/tice/cite_antique/index.htm.
  • L’académie de Dijon nous propose cet exemple de séquence consacré à « Rome : des origines à la fin de la République à travers la vie de César » : http://histoire-geographie.ac-dijon.fr/spiphistoire/spip.php?article372
  • Clio-collège nous propose plusieurs séquences réalisées par des enseignants : http://www.college.clionautes.org/spip.php?rubrique849
  • Pour sa part, l’Empire romain sur Internet http://bit.ly/dOZvGA nous présente le scénario du site québécois recitus (http://rome.recitus.qc.ca/) qui repose sur une problématique, des hypothèses à envisager, des documents. De l’Histoire de Rome, on pourra passer à une réflexion sur l’empire américain, sur l’idée de puissance, et sur le rôle de l’Etat.

Classé sous :Didactique, Histoire savante, Opinions&Réflexions, Outils enseignement

« Du savoir historique au savoir ludique : la médiatisation de l’histoire dans les jeux de rôles » | Le magasin des enfants

8 novembre 2010 by Lyonel Kaufmann

Voilà une défense de thèse suscitant notre intérêt et pour laquelle il faut espérer une publication rapide sous une forme ou une autre. En effet, Antoine Dauphragne soutiendra le vendredi 3 décembre à 9h sa thèse de doctorat en sciences de l’éducation, à l’université Paris 13, campus de Villetaneuse, salle D 300. Sa thèse, dirigée par Michel Manson, est intitulée : « Du savoir historique au savoir ludique : la médiatisation de l’histoire dans les jeux de rôles ».

En voici le résumé publié par Le Magasin des Enfants

Cette recherche s’attache aux modalités de saisie de l’histoire par un support ludique particulier, le jeu de rôles. En analysant un corpus de jeux, nous cherchons à comprendre comment le savoir historique est médiatisé (mis en média) dans une perspective ludique. Dans un premier temps, nous envisageons l’histoire sous son aspect historiographique. Les réflexions des historiens sur leur discipline, mais aussi les travaux portant sur le genre historique, montrent bien que le savoir historique entretient une relation ambiguë avec la fiction et le récit. Dans un deuxième temps, nous nous focalisons sur les outils théoriques susceptibles de nous permettre d’articuler le sérieux de l’histoire et la
frivolité du jeu. La saisie du savoir historique par un média ludique étant étrangère aux processus éducatifs formels et scolaires, nous la confrontons à d’autres outils théoriques, tels que les travaux portant sur les apprentissages informels et sur les notions exprimant la mobilité des savoirs. Dans une troisième partie, nous nous consacrons à la présentation de notre objet de recherche, le jeu de rôles. Domaine ambivalent, média de faible diffusion inscrit dans les réseaux de la culture ludique de masse, le jeu de rôles présente des caractéristiques originales, telles que la densité et la cohérence de ses univers imaginaires. Ce sont ces caractéristiques que nous analysons dans une dernière partie, en les mettant en rapport avec les savoirs historiques médiatisés par le jeu. La construction de mondes fictionnels qui recyclent l’histoire, et la mise en place de mécaniques ludiques qui traduisent des usages ludiques de la ressource historique, apparaissent comme les deux moteurs du processus de transformation du savoir historique en savoir ludique. Au final, la médiatisation de l’histoire dans les jeux de rôles ne saurait être envisagée au regard des critères de validité historique, mais comme un processus d’appropriation du savoir par la fiction ludique.

Les textes suivants d’Antoine Dauphragne pourront retenir votre attention relativement à l’enseignement de l’histoire par le jeu de rôle:

  • « Le jeu de rôles et l’héritage de la Terre du Milieu », in DEVAUX, Michaël, FERRÉ, Vincent, RIDOUX, Charles (dir.), Tolkien aujourd’hui, à paraître aux Presses Universitaires de Valenciennes en 2010
  • Antoine Dauphragne, « Olivier Caïra, Jeux de rôle. Les forges de la fiction», Strenæ [En ligne], 1 | 2010, mis en ligne le 15 juin 2010, consulté le 08 novembre 2010. URL : http://strenae.revues.org/94
  • « Le Moyen Âge dans les jeux de rôles : simulations ludiques et matière historique », in Séverine ABIKER, Anne BESSON, Florence PLET-NICOLAS (sous la dir. de), Le Moyen Âge en jeu, Eidôlon, n° 86, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2009, pp. 69-80. L’article a été pré-publié en ligne.
  • « Dynamiques ludiques et logiques de genre : les univers de fantasy », in Gilles BROUGERE (sous la dir. de), La ronde des jeux et des jouets. Harry, Pikachu, Superman et les autres, Paris, Autrement, 2008, pp. 43-58

Source: « Du savoir historique au savoir ludique : la médiatisation de l’histoire dans les jeux de rôles » | Le magasin des enfants.

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Quand les élèves racontent l’histoire de l’immigration | La p@sserelle

20 octobre 2010 by Lyonel Kaufmann

Dans son dernier billet, Emmanuel Grange nous présente une démarche associant histoire de l’immigration et travail d’écriture avec des élèves de collège (Histoire-français). Une démarche tant d’enseignement que de publication fort intéressante et reproductible.

Ce travail a été réalisé par des élèves de 6ème. Ceux-ci devaient plancher sur un scénario réaliste : l’histoire d’un travailleur immigré qui arrive à Firminy (XIXe,  XXe ou XXIe siècle). Leur travail était le suivant:

«Après avoir défini l’identité de leur personnage (période, nom, nationalité, métier, domicile), les élèves racontent son histoire. Ils peuvent décrire, dessiner ou coller une photo de ce qui surprend leur personnage une fois arrivé à Firminy. S’ils souhaitent raconter leur propre histoire familiale, carte blanche.»

Voici, pour exemple, un extrait du récit réalisé par Bilel et qui raconte l’histoire de Mohammed B, métallurgiste, arrivé d’Algérie en bateau :

«Je suis arrivé en avril 1968 pendant les célèbres grèves de mai 68. […].

Ce qui m’a surpris, c’était les tours d’immeubles, en Algérie, il n’y avait pas ce type de logement à l’époque. Je vivais dans des maisons de pierre et de paille, de plain-pied. […].

»

L’entier de son récit ainsi que celui de deux autres de ses camarades sont à lire ici : Firminy, quand les élèves racontent l’histoire de l’immigration – La p@sserelle -Histoire Géographie-.

Merci à Emmanuel qui nous offre cette démarche et ces productions d’élèves. Ce travail correspond véritablement à une approche par compétence en histoire. Il s’agit notamment d’amener les élèves à construire un récit historique sous la forme d’un témoignage.

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