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Histoire Lyonel Kaufmann

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Nouvelles de l'histoire

Covid-19 : heurs et malheurs de la continuité pédagogique (à la française)

19 mars 2020 by Lyonel Kaufmann

Introduction à l’article de Jean-François Cerisier : la situation que connaît la France est largement transposable à l’échelle de la Suisse, voire même de la plupart des pays. A lire donc sans modération.

Le numérique ne suffit pas à motiver les élèves, la nature des activités et la qualité de l’accompagnement sont déterminants.
Shutterstock

Jean-François Cerisier, Université de Poitiers

Il n’aura fallu que quelques jours pour que la « continuité pédagogique » devienne un sujet de préoccupation nationale. Il y a peu de temps encore, c’est un principe que l’on invoquait en parlant du passage des élèves d’une classe ou d’un cycle à l’autre – et aux dispositions requises pour assurer la réussite des élèves lors de ces transitions.

Avec la pandémie de Covid-19, la continuité pédagogique renvoie à la nécessité d’offrir un enseignement aux 12 millions d’élèves dont les écoles, collèges et lycées sont fermés. Elle s’inscrit dans le discours public comme une toute nouvelle dimension des Plans de Continuité des Activités (PCA) qui anticipent les conséquences de crises majeures sur les services vitaux, par des stratégies visant à préserver leur activité autant que possible.

Formellement présente dans les plans des académies, la continuité pédagogique consiste pour l’essentiel dans l’inventaire des moyens numériques susceptibles d’être mobilisés et très peu – voire rien – n’est dit sur la façon de les mettre en œuvre en fonction des crises, et d’y préparer les enseignants.

Ainsi, interroger la continuité pédagogique dans le cas de la pandémie actuelle pose à la fois la question de ses objectifs en termes de politiques éducatives, celle de la nature et de l’efficacité du dispositif annoncé par l’État mais aussi de l’ensemble des autres initiatives de terrain.

Articuler local et national

Le dispositif mis en place par l’État, expérimenté dès les premières fermetures d’établissements aux élèves dans l’Oise et le Haut-Rhin, repose sur l’articulation entre une offre nationale – celle du Centre National d’Enseignement à Distance (CNED)- et une mobilisation des enseignants dans les établissements scolaires avec leurs moyens propres.

Mise en place du dispositif de classe virtuelle dans l’Oise, début mars 2020 (AFP).

La contribution du CNED réside dans son programme « Ma classe à la maison » qui se compose de ressources en ligne permettant aux élèves d’écoles primaires, de collèges et de lycées de réviser leurs cours de début d’année dans la plupart des disciplines.

Cet ensemble de ressources est complété par la mise à disposition de plates-formes permettant aux enseignants d’organiser des classes virtuelles, en associant web-conférence et partages de documents. À l’échelle locale, les enseignants peuvent s’appuyer sur les environnements numériques de travail déployés dans leurs établissements (ENT) et l’ensemble des ressources acquises à leur attention par l’État, par leur collectivité territoriale de référence et par l’établissement.

Logique de substitution

Il y a plusieurs façons de penser l’éducation hors de l’école et voilà des années que le numérique bouscule tous les formats pédagogiques. L’école ne s’est pas pleinement saisie des nouveaux modes d’accès à l’information et des nouvelles façons d’apprendre qu’il instaure. Pourtant, le plan de continuité pédagogique annoncé par le ministre répond à une logique de substitution du numérique aux cours classiques, à travers des outils visant à reproduire au mieux à la maison les conditions de l’apprentissage au sein des établissements scolaires.




Lire plus sur Conversation:
L’école face au « crash test » du coronavirus


Pas beaucoup d’innovation donc dans la manière de penser l’école, alors que les conditions auraient pu inviter à l’imagination et à la créativité institutionnelle. D’autre part, plusieurs arguments font douter du bien-fondé de cette démarche et, malheureusement de son efficacité, même s’il n’est pas permis le moindre doute sur l’engagement des services de l’État ni de celui des enseignants qui font et feront « au mieux » pour la mise en œuvre de ce plan de continuité pédagogique.

Le premier est celui de l’impréparation. Il n’est pas contestable que l’ampleur et la dynamique de crise sanitaire n’était guère prévisible et n’était de fait pas prévue. Il est donc tout à fait normal que les ressources pédagogiques acquises par l’État ou développées par ses opérateurs comme le CNED ou Réseau Canopé ne suffisent pas à satisfaire les besoins des élèves et de leurs enseignants dans la perspective de semaines ou de mois de fermeture des établissements.

Première journée d’école à la maison (France 3 Pays de la Loire).

Il est à noter que les éditeurs scolaires et producteurs de ressources numériques éducatives sont nombreux à proposer un accès temporairement gratuit à leurs produits dont on ne doute pas qu’il répond à un réel élan de solidarité tout en leur assurant une solide promotion. En revanche, il est plus inquiétant d’observer que la formation initiale et continue des enseignants ne leur permet pas de disposer de solides compétences en ingénierie techno-pédagogique.

C’est vrai dans le contexte ordinaire de la classe et encore davantage dans le contexte de la distance. Il existe bien sûr de nombreux enseignants très expérimentés et compétents dans ce domaine mais ils constituent une minorité des 870 000 enseignants français.

Solutions de terrain

Le deuxième argument est celui de la verticalité du processus qui ignore notamment la réalité et les nécessités de l’inventivité pédagogique de terrain. Si le ministre de l’Éducation nationale tient un discours ferme et pertinent sur la nécessité d’adosser les pratiques pédagogiques à la recherche, il est impossible d’ignorer que les pratiques pédagogiques, quand bien même bénéficient-elles de cet indispensable accompagnement scientifique, s’inventent sur le terrain.

Dans ce contexte radicalement nouveau où l’intégralité d’un système éducatif national s’apprête à basculer d’un enseignement conventionnel présentiel à un dispositif de formation à distance pour une durée indéterminée, il semblerait raisonnable de miser sur la capacité des établissements scolaires et de leurs enseignants à inventer des solutions dans la diversité des situations, des élèves et des enseignants.

On s’étonne ainsi du discours centré sur la mise en œuvre de dispositifs et ressources pédagogiques institutionnels somme toute limités quand rien n’est dit qui pourrait valoriser le rôle des associations et collectifs d’enseignants pourtant susceptibles de jouer un rôle majeur.

La twictée, exemple d’innovation pédagogique porté par des collectifs enseignants.

Le troisième argument concerne les élèves dont il est difficile d’imaginer qu’ils trouveront tous à la maison les conditions favorables que leur offre l’École. Apprendre suppose une ambiance propice et une organisation qui limite la distraction et apporte une aide et un accompagnement personnalisé.

En l’absence du cadre scolaire qui a justement été pensé à cet effet, il y a fort à parier que seule une fraction des élèves saura maintenir l’attention nécessaire à des activités d’apprentissage qui en réclame beaucoup et saura déjouer toutes les difficultés des apprentissages. C’est d’ailleurs pourquoi il semble indispensable de repenser les activités pour augmenter l’engagement des élèves.

L’expérience montre que le recours au numérique n’est pas un facteur de motivation en soi – sauf de façon éphémère – et que c’est la nature des activités proposées et la qualité de l’accompagnement humain qui sont déterminantes. De plus se pose la question des conditions requises pour être un « bon élève » à distance, un élève qui réussit.

Nouvelles compétences

Outre la disponibilité des équipements techniques qui soulève la question d’équité sociale se pose celle des compétences. Compétences techniques bien sûr, avec un trompe l’œil qui laisse penser aux adultes que les plus jeunes sont plus compétents dans l’utilisation des techniques numériques qu’ils ne le sont en réalité et que la distribution de ces compétences est fortement corrélée à des variables sociales.

Compétences non numériques également comme celles de gestion du temps, de planification des tâches ou d’organisation des documents qui sont déterminantes et dont l’absence est souvent compensée à l’école par l’accompagnement des enseignants. Finalement, c’est l’autonomie des élèves qui est questionnée, bien plus critique à distance qu’à l’école.

Terminons sur la question récurrente mais qui prend un relief nouveau de l’équipement et de la situation des enseignants à la maison. Alors que l’État compte sur eux pour organiser les activités d’apprentissage des élèves et les accompagner à distance en s’appuyant sur les techniques numériques, très rares sont ceux qui disposent d’un équipement mis à leur disposition et lorsque c’est le cas, cela relève de politiques d’équipement des collectivités territoriales.

Dans ces conditions, compter sur l’engagement des enseignants revient à faire le pari qu’ils se sont formés eux-mêmes, qu’ils ont autofinancé leur équipement et leur connectivité, qu’ils sauront mobiliser les ressources mises à disposition par l’État mais aussi identifier et utiliser celles des éditeurs privés qui auront bien voulu les rendre disponibles et celles, qu’ils s’engageront enfin dans une large démarche collaborative avec leurs collègues.

Finalement, plutôt que d’essayer de reproduire à la maison l’école avec sa forme scolaire héritée de Condorcet, la pandémie de Covid-19 pourrait être et sera peut-être un magnifique laboratoire pour repenser l’école à l’ère du numérique.

Jean-François Cerisier, Professeur de sciences de l’information et de la communication, Université de Poitiers

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

Classé sous :Enseignement à distance, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

La « distance sociale » : Les implications de la pandémie de la grippe espagnole en 1918-1919 | Active history

15 mars 2020 by Lyonel Kaufmann

Dans Active History, l’historienne canadienne Esyllt W. Jones propose un intéressant article relativement à la grippe espagnole de 1918-1919 et la met en relation avec notre situation actuelle, liée au COVID-19. Je vous en propose ici sa traduction.

Pour une historienne de la grippe pandémique, ce sont des jours étranges. Le passé entre en collision avec le présent. Comme si un fil conducteur avait émergé, maintenant, nous reliant à ceux qui ont fait face, à leur manière, à une expérience partagée à l’échelle mondiale en 1918-1919.

Un groupe d'infirmières à High River, Alberta, porte des masques faciaux pour tenter de repousser la grippe espagnole, octobre 1919. Archives de Glenbow 3452-2.
Un groupe d’infirmières à High River, Alberta, porte des masques faciaux pour tenter de repousser la grippe espagnole, octobre 1919. Archives de Glenbow 3452-2.

J’ai été honoré d’entendre les récits que les familles ont nourris et maintenus en vie sur la grippe de 1918-1919, les histoires de leur peuple, comment ils ont persisté et comment leur vie a été changée par une épidémie qui a tué plus de 50 000 Canadiens et 50 millions de personnes dans le monde. Pendant une grande partie du XXe siècle, l’histoire ne s’est pas beaucoup souciée des récits de leur vie. À tel point que l’histoire de la grippe n’a pas vraiment perturbé la tendance de la modernité, ni le récit progressif de la médecine moderne. Ceci malgré le fait que les médecins, les infirmières et les agents de santé publique qui ont combattu la grippe ont honnêtement révélé leur agonie et leur sentiment d’échec à l’époque. « Il n’est pas question de garder le loup hors de la bergerie », a déclaré un médecin hygiéniste britannique après la fin de la pandémie. C’était à la fois un cri de ralliement et une déclaration de chagrin.

C’est comme vivre au milieu d’une histoire que vous avez déjà lue, tout en espérant une meilleure fin. Le déroulement est effrayant, mais il n’y a pas de surprises. Qu’est-ce qui vous est familier ? Le courage des prestataires de soins de santé et la capacité à faire passer les besoins des autres en premier. Les exigences énormes qui leur sont imposées et les risques qu’ils prennent chaque jour. Les histoires récentes de familles qui ont passé des journées dans des maisons avec des proches décédés. La suggestion de fosses communes. En 1918-1919, la frontière entre les morts et les vivants était perméable, et pour certains, cette porte ne s’est jamais refermée ; leur vie était peuplée d’esprits et de fantômes.

Mais il ne s’agit pas pour autant que l’histoire se répète. Après tout, il n’est pas trop tard pour que nous puissions éviter 50 millions de morts. L’histoire ne nous détermine pas. Mais la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui pourrait le faire. Les lignes de fractures sociales qui sont apparues lors de la pandémie de 1918-1919 étaient profondes, et largement ignorées dans les discours publics de l’époque. Néanmoins, il n’y a pas eu une seule expérience de la grippe. Il y avait l’image dominante de la grippe comme une maladie démocratique à laquelle tout le monde était également sensible, et puis il y avait un ensemble de réalités divisées qui reflétaient les inégalités sociales sous-jacentes. Le taux de mortalité des autochtones était plusieurs fois supérieur à celui des Canadiens non autochtones, et certaines communautés étaient presque anéanties : un autre événement dans une longue relation entre le colonialisme et la maladie. Les travailleurs urbains qui avaient un accès limité aux soins sont morts non seulement d’une infection, mais aussi de l’inégalité inscrite sur leur corps, en combattant le virus dans des logements surpeuplés et mal ventilés, en choisissant de travailler ou de mourir de faim, sans économies pour faire face à la perte de revenus ou pour enterrer les morts. Jeunes travailleurs célibataires. Des agriculteurs pauvres qui sont tombés malades et n’ont pas pu vaincre les infections secondaires après être retournés trop tôt dans leurs champs et leurs granges.

Bien que la couverture médiatique et les messages de santé publique suggèrent aujourd’hui que nous sommes tous en danger pour le Covid-19, nous ne sommes pas également en danger. Il ne s’agit pas d’une seule pandémie, mais d’une myriade d’histoires qui finiront par montrer que nous ne sommes pas tous dans le même bateau. Une question clé qui façonnera la façon dont l’histoire de Covid-19 est écrite par les historiens est de savoir si, et comment, nos gouvernements et nous-mêmes choisissons d’y répondre.

Allons-nous considérer Covid-19 comme une menace pour le corps social, et pas seulement pour l’individu ? La « distanciation sociale » a du sens du point de vue de la santé publique, mais aux oreilles d’un historien, elle semble être une métaphore d’un problème plus profond. En 1918, à Winnipeg, la communauté a mobilisé des ressources pour s’assurer que les victimes et leurs familles ne se retrouvent pas sans nourriture, sans vêtements, sans literie propre ou sans accès à des soins de soutien. Des bénévoles, des voisins, des organisations ethniques, des syndicats, des églises – beaucoup (surtout des femmes) ont joué ce rôle, en distribuant de la nourriture, en répondant aux appels à l’aide, en collectant des fonds, en donnant de l’argent aux familles qui en avaient besoin, en les aidant à enterrer leurs morts avec dignité. Les boucs émissaires étaient peu nombreux. Ce n’était pas suffisant pour éviter la souffrance, mais c’était quelque chose.

Comme Rebecca Solnit l’a fait remarquer en évoquant la possibilité d’une solidarité à la suite de catastrophes, les histoires de pandémie sont potentiellement porteuses d’espoir. Ce sont des récits sur l’action et le choix humains, autant que sur les microbes.

Lorsque les échecs des réponses gouvernementales à la pandémie ont été exposés en 1918-1919, une prise de conscience accrue de l’inégalité corporelle, ainsi qu’une confiance mutuelle, ont constitué la base des demandes pour quelque chose de mieux : pour un système de santé qui ne soit pas construit sur l’inégalité. Dans les années 1920, et de plus en plus lors des catastrophes économiques et écologiques des années 1930, les voix en faveur d’une médecine socialisée sont devenues de plus en plus convaincantes. Les premiers programmes de santé socialisés au Canada, promulgués par le CCF de la Saskatchewan en 1944-45, sont nés de l’action d’une génération qui se souvenait de deux guerres mondiales et d’une pandémie mondiale. D’une certaine manière, ils s’imaginaient non pas au bout du monde, seuls sur son bord, mais vivant dans un avenir meilleur.

Esyllt W. Jones est professeure d’histoire et membre à temps partiel du département des sciences de la santé communautaire de la faculté de médecine de l’université du Manitoba, et doyen des études à St John’s. Elle est l’auteure de Influenza 1918: Disease, Death and Struggle in Winnipeg3, et éditrice avec Magda Fahrni de Epidemic Encounters: Influenza, Society and Culture in Canada, 1918-19204. Son ouvrage le plus récent, Radical Medicine 5, se concentre sur l’histoire des soins de santé socialisés au Canada.

Source et article original en anglais : The Distance Between Us: The Implications of Pandemic Influenza in 1918-1919 – Active History

Ce travail est sous licence Creative Commons Attribution-NoDerivatives 4.0 International License.

Classé sous :Histoire savante, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions, Publications

Les 150 ans du Vorort | Documents diplomatiques suisses (Dodis)

13 mars 2020 by Lyonel Kaufmann

Il y a 150 ans, le 12 mars 1870, fut fondée l’une des plus importantes associations économiques du pays: l’Union suisse du commerce et de l’industrie (USCI, appelée plus souvent Vorort et aujourd’hui devenue economiesuisse). Sous le permalink dodis.ch/R34 de Dodis on peut trouver près de 1000 documents rédigés, reçus ou qui mentionnent l’association patronale de lobbying de l’économie privée. Ces correspondances démontrent de manière éclairante les liens étroits entre la politique, l’administration et le secteur privé dans le domaine du commerce extérieure de la Suisse.

Les documents ainsi présentés nous emmènent dans un voyage à travers l’histoire de la politique économique extérieure de la Suisse: de la participation à l’exposition industrielle de Chicago en 1891 (dodis.ch/42473) ou de la révision de l’accord commercial avec le Japon de 1896 (dodis.ch/42618), en passant par les contacts commerciaux avec le Troisième Reich en 1938 (dodis.ch/46525) et le blocus économique des Alliés en 1940 (dodis.ch/46981), jusqu’à la question d’une adhésion de la Suisse à l’Organisation des Nations Unies (dodis.ch/40699) et de l’intégration européenne dans les années 1970 (dodis.ch/48713).

Source : Les 150 ans du Vorort | dodis.ch

Légende image : Toujours prêt à plaider pour la défense des intérêts économiques suisses à l’étranger. En-tête d’une lettre du Président du Vorort G. Winterberger au Département politique, 7 octobre 1976, dodis.ch/49928.

Classé sous :Nouvelles de l'histoire, Outils enseignement, Publications

BD préhistorique : André Chéret, le père de « Rahan », est mort | Le Monde

6 mars 2020 by Lyonel Kaufmann

Le dessinateur, âgé de 82 ans, s’est éteint jeudi 5 mars. En 1969, il avait crée, avec le scénariste Roger Lécureux, décédé en 1999, le plus célèbre héros préhistorique de la bande dessinée. Cette fois-ci, Rahan est définitivement orphelin.

Extrait de l’épisode « L’Enfance de Rahan ». Editions Soleil
Extrait de l’épisode « L’Enfance de Rahan ». Editions Soleil

Rahan, pacifiste et humaniste

Successeur de Vaillant, le magazine Pif – bientôt rebaptisé Pif gadget – est lancé en 1969. Il faut des séries nouvelles pour remplir les pages de cette revue émanant du Parti communiste français (eh oui). Rahan sera du tout premier numéro, avec un épisode intitulé Le Secret du soleil. Le duo qu’André Chéret forme alors avec le scénariste Roger Lécureux va bousculer l’imaginaire de plusieurs générations d’adolescents (principalement des garçons).

Voyageant d’un clan à l’autre, Rahan s’avère être aussi, et avant tout, un pacifiste convaincu, un humaniste acharné, un solitaire altruiste n’ayant de cesse d’enseigner ses savoirs à ses congénères bipèdes – « ceux qui marchent debout », ainsi qu’ils sont désignés dans la série.

Extrait de l’épisode « L’Arbre roi ». Editions Soleil
Extrait de l’épisode « L’Arbre roi ». Editions Soleil

La notoriété du « fils des âges farouches » va conduire les éditions Vaillant à publier un trimestriel indépendant et homonyme, Rahan. Doté également d’un gadget, il offrira à ses jeunes lecteurs l’occasion de parader dans la cour du collège ou du lycée avec un collier à dents d’auroch autour du cou ou un coutelas d’ivoire (en plastique, en fait) sous la ceinture.

C’est bien une partie de ma jeunesse qui disparaît en même temps qu’un auteur d’une BD ayant nourri mon imaginaire préhistorique.

-A lire : André Chéret, le père de « Rahan », est mort

Crédit photo en-tête : Rahan. Editions Soleil

Classé sous :Nouvelles de l'histoire

Des fonds nazis de l’Argentine à la Suisse? | Le Temps

5 mars 2020 by Lyonel Kaufmann

Un chercheur découvre à Buenos Aires une liste de 12 000 anciens sympathisants nazis, dont beaucoup auraient placé de l’argent auprès de la Schweizerische Kreditanstalt, l’ancêtre de Credit suisse, affirme le Centre Simon Wiesenthal

Le siège de la  Schweizerische Kreditanstalt  (SKA) sur la Paradeplatz de Zurich, en 1895. — © DR
Le siège de la  Schweizerische Kreditanstalt  (SKA) sur la Paradeplatz de Zurich, en 1895. — © DR

La découverte est présentée comme totalement inattendue. L’enquêteur Pedro Filipuzzi raconte que, fouillant des documents dans la cave d’un bâtiment de Buenos Aires, il est tombé par hasard sur ce vieux dossier. L’Argentin n’en croyait pas ses yeux: le document, qui reflète la situation de la fin des années 1930, révèle la liste de 12 000 sympathisants locaux que comptait le nazisme, ainsi que de diverses entreprises qui leur sont associées. Or, ces partisans argentins du IIIe Reich auraient versé de grandes sommes d’argent qui ont fini sur un ou plusieurs comptes d’une même banque suisse, la Schweizerische Kreditanstalt, devenue entre-temps Credit Suisse. Sept décennies plus tard, le Centre Simon Wiesenthal réclame ainsi à la banque qu’elle lui donne accès à ses archives pour déterminer les mouvements de ces comptes, dont le centre soupçonne qu’ils «abritaient de l’argent volé aux victimes juives».

Lire la suite : Des fonds nazis de l’Argentine à la Suisse? | Le Temps

Classé sous :Histoire savante, Nouvelles de l'histoire, Publications Balisé avec :39-45, banques, nazisme

«Thiel le Rouge, un agent si discret» @ Cinema Rex – Vevey vendredi 28 février 2020

26 février 2020 by Lyonel Kaufmann

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A l’occasion de la sortie du film de Danielle Jaggi «Thiel le Rouge, un agent si discret», le cinéma Rex à Vevey propose une séance spéciale en présence de Danielle Jaggi, d’Alain Campiotti et de moi-même. A l’issue de la projection, nous aurons notamment l’occasion d’évoquer de la place du communisme et de la Guerre froide en Suisse dans les manuels scolaires vaudois et romands (Une histoire sans histoire? La Suisse et le communisme dans les manuels scolaires). La séance est à 18h30.

Toutes les séances de ce programme spécial
Toutes les séances de ce programme spécial

Concernant le documentaire et la personne de Reynold Thiel, voici quelques éléments issus d’un article du journal Le Temps :

Danielle Jaeggi retrace dans un documentaire à la première personne le destin d’un Neuchâtelois qui, aux côtés de son père, créera en pleine guerre froide une entreprise destinée à contourner l’embargo américain pour faire commerce avec le bloc de l’Est.

Mais qui est le mystérieux «Double-Mètre», ce citoyen suisse évoqué par le résistant et communiste français Jean Jérôme (1906–1990) dans ses Mémoires? Le journaliste Alain Campiotti a voulu le savoir. Après une longue enquête, il publiait dans les colonnes du Temps, en 2008, un feuilleton en 30 épisodes intitulé Thiel le Rouge. Il y retraçait le destin du Neuchâtelois Reynold Thiel, décédé à 53 ans, en 1963, dans le crash d’un avion Swissair au décollage de Kloten. Thiel était très grand, d’où son surnom de «Double-Mètre».

(…)

Un peu plus de dix ans après l’enquête d’Alain Campiotti, Thiel le Rouge est aujourd’hui un documentaire réalisé par… Danielle Jaeggi, la fille de François. Avant de se plonger dans le récit publié par Le Temps, elle n’avait que des connaissances limitées des activités de son père, un homme cultivant l’art du secret. S’il parlait volontiers du communisme de manière idéologique et théorique, pas question d’aborder au grand jour son engagement.

L’article : Cinéma: «Thiel le Rouge», à l’ombre du communisme

La bande-annonce :

A  signaler que le film est produit par une sympathique société veveysanne Louise productions.

Photo en-tête : Reynold Thiel et sa deuxième femme — © Louise Productions

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Présence hybride ou la rentrée sous le signe de l’hybridation – préparons là ensemble ! | Techniques innovantes pour l’enseignement supérieur

11 juin 2020 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Alors que la pandémie recule dans notre pays, voire semble derrière nous pour certains, la rentrée à venir dans l’enseignement supérieur se prépare selon un scénario qui intègre la nécessité de limiter les brassages de population, le fait que tous les étudiants ne pourront pas être présents à la rentrée (les extra-européens et les personnes […]

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