• Passer à la navigation principale
  • Passer au contenu principal
  • Passer à la barre latérale principale
Histoire Lyonel Kaufmann

Histoire Lyonel Kaufmann

  • Blog
  • Mes Publications
  • Cours
    • BPSHS13 – Enseigner l’histoire au cycle 2
    • BP22SHS – Dispositifs didactiques en sciences sociales
    • BP43MEP-9 «Comment penser le monde d’aujourd’hui et de demain, par l’intermédiaire des disciplines des sciences humaines et sociales ?»
    • MSHIS11 – Didactique de l’histoire II
    • MSHIS31 – Didactique de l’histoire I
    • IP Génération Y 2014
    • Cours (Supports)
  • Planifier
    • Concevoir une «situation d’apprentissage ou d’évaluation authentique»
    • Histoire et pédagogie différenciée
    • Travaux de groupe : Check list
  • Film&Histoire
    • Réflexions : Histoire des technologies à l’école
    • Cinéastes & Historiens
    • Education médias
    • Films & Périodes
    • Vocabulaire filmique
    • Bibliographie cinéma
    • Filmographie
  • A propos

Opinions&Réflexions

Enseigner les génocides : l’exemple de la semaine de la recherche sur les génocides

12 mai 2017 by Lyonel Kaufmann

A fin avril, François Hollande a initié une « semaine de la recherche sur les génocides » dans les lycées. En l’absence de tout texte officiel, l’Association des Professeurs d’Histoire-Géographie (APHG) a interrogé l’inspecteur général Vincent Duclert, président de la Mission d’étude sur la recherche et l’enseignement des génocides, sur la façon dont elle pourrait s’imposer dans les établissements.

Vincent Duclert, après avoir été pendant treize ans enseignant en collège et lycée, puis quatorze ans professeur agrégé dans le supérieur, est devenu en avril 2013 inspecteur général. Il est également professeur associé à Sciences Po et chercheur à l’EHESS. Nommé par la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à la tête de la Mission d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse, s’est à ce titre qu’il a répondu aux questions de l’APHG. Points forts.

Sur l’origine de la « mission scientifique » que la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a confiée à incent Duclert.

Vincent Duclert : Le principe de cette Mission a été annoncé publiquement lors du discours par lequel la ministre a ouvert le colloque « Le génocide des Arméniens : cent ans de recherche », à la Sorbonne, le 25 mars 2015. Puis elle a été installée officiellement par la ministre le 18 octobre 2016.

La question centrale pour Vincent Duclert sur l’enseignement des génocides, des crimes de masse et des violences extrêmes.

Vincent Duclert : Pourquoi le « Plus jamais ça » proclamé avec beaucoup d’espérance au lendemain de la découverte de la « solution finale de la question juive » et de tous les crimes de masse nazis qui l’ont accompagnée, n’a pu empêcher l’entreprise de destruction conduite par les Khmers rouges au Cambodge ou bien le génocide des Tutsi au Rwanda ? Pourquoi n’ont pas été entendues les analyses d’un Aimé Césaire exposant en 1950 dans son Discours sur le colonialisme comment les traites et les esclavages ont accoutumé l’Europe aux violences extrêmes, avec l’illusion qu’elle les limiterait à ses périphéries notamment coloniales sans réaliser qu’elle les installait au cœur de ses sociétés, de ses Etats ? Pourquoi est-il si difficile de penser la destruction de la société syrienne par le régime de Bachar el-Assad et celle des sociétés moyen-orientales par Daech ou encore les violences extrêmes que subissent les démocrates de Turquie au point d’en pousser certains au suicide, au refus de la vie donc ?

A laquelle s’ajoute un contexte politique inquiétant en France comme ailleurs :

Vincent Duclert : l’actualité de la campagne électorale en France ne peut qu’alarmer sur la dimension de fragilité des savoirs sur les génocides, les crimes de masse et les violences extrêmes, et sur les menaces qui pèsent sur eux. Candidate aux plus hautes fonctions de la République, Marine Le Pen a récusé par sa déclaration du 9 avril dernier l’avancée du discours du Vel d’Hiv’ qui actait le travail des historiens. Aujourd’hui, c’est une mise en cause inquiétante de ces derniers qui ne concerne pas seulement le cas français. Le pouvoir polonais actuel s’est lancé dans une vaste offensive idéologique contre un historien, Jan Gross, membre de notre Mission, coupable d’avoir mené des travaux sur l’importance du « voisinage » dans l’extermination des Juifs de Pologne. …

Tout cela démontre que le savoir sur les génocides, les crimes de masse et les violences extrêmes, non seulement reste fragile mais qu’il est aujourd’hui menacé par des extrêmes radicalisées.

Une semaine de la recherche sur les génocides et non pas une entreprise mémorielle. Une reconnaissance des démarches d’enquêtes initiées par les enseignants.

Vincent Duclert : La Mission instituée par la ministre prend dans ce contexte tout son sens, qui est précisément d’opposer à ces tentations idéologiques la garantie de la connaissance scientifique en lui donnant plus de moyens pour protéger l’école. Vous constaterez comme moi que la Mission est née en mars 2015 d’un moment de prise en compte de ce que la recherche peut pour un génocide longtemps ignoré et souvent nié, et qui aujourd’hui contribue, comme la Shoah, comme le génocide des Tutsi comme les crimes du communisme, à la connaissance de l’histoire innommable et bien réelle de l’humanité. On peut et on doit être critique sur les initiatives du politique en matière scientifique, cela fait partie précisément de la démarche scientifique mais je puis attester que cette Mission correspond à de vraies interrogations, qu’elle bénéficie d’une totale indépendance (…) et que son travail n’est rendu possible qu’en vertu de la volonté politique de lui donner précisément les garanties de cette indépendance.

(…)

(Dans son annonce du 24 avril 2017, le Président de la République,) parle bien de recherche et non de mémoire et c’est même une première dans les dispositifs de l’Education pour le second degré, c’est l’occasion qui est donnée de rapprocher ce dernier du supérieur et réciproquement sur des sujets qui méritent une convergence des efforts et de compétences. C’est aussi la traduction très concrète de la reconnaissance qui est accordée à tous les professeurs s’employant à mener des travaux de recherche et à nourrir leur enseignement de cette éthique de l’enquête et de la connaissance scientifique, des professeurs formés par des concours de recrutement incluant des questions de programme liées à la recherche universitaire et formés tout au long de leur carrière par des sessions de travail comme les universités d’été du Mémorial de la Shoah. Cette relation avec les savoirs scientifiques est une garantie fondamentale des progrès pédagogiques et de l’éthique professionnelle des enseignants.

Une semaine de la recherche qui concerne tous les génocides :

Vincent Duclert : le projet est bien d’offrir la possibilité aux établissements, aux équipes de professeurs de réfléchir aux processus génocidaires, aux engagements de celles et ceux qui les révélèrent et les refusèrent, en exploitant les dynamiques de recherche sur les génocides. On ne peut les étudier sans les aborder par les larges continuums de violence dans lesquels ils s’inscrivent, sans penser les circulations qui s’opèrent en termes de pratiques mais aussi de visions du monde et du poids des représentations scientistes ainsi du darwinisme social et du racisme biologique à l’œuvre contre les Arméniens, contre les Juifs, contre les Tutsi, contre les Tziganes.

Quelques exemples de démarches pédagogiques possibles

Vincent Duclert : La semaine de la recherche sur les génocides, les crimes contre l’humanité et les crimes de masse constitue ainsi une opportunité offerte aux équipes pour revisiter et approfondir ce qui a été vu en cours, à l’aune d’un témoignage situé, d’une recherche expliquée, d’une œuvre présentée même dans le cadre de l’accueil d’artistes en résidence par certains établissements. Le choix d’un temps hebdomadaire permet simultanément de ne pas bouleverser l’emploi du temps général et de pouvoir mobiliser les élèves sur des événements qu’ils auront pu préparer, y compris d’un point de vue organisationnel comme au lycée Maulnier qui réalise déjà chaque année ce que nous proposons au niveau national.

Quels sont les degrés d’enseignements concernés par cette semaine de recherche sur les génocides ?

Vincent Duclert : Les lycées, et sans oublier bien sûr les lycées professionnels, ont vocation à organiser ces semaines de la recherche notamment parce que des groupes d’élèves peuvent s’impliquer avec les professeurs dans leur définition et leur organisation. Mais le niveau du collège est aussi concerné, en lien étroit avec les deux génocides étudiés en histoire en classe de troisième, en relation avec les deux guerres mondiales. L’implication des élèves pourra contribuer aussi à orienter le parcours citoyen. Les modalités pratiques sont en cours de réflexion au sein de la Mission, ainsi que l’articulation avec l’école primaire au sein du cycle 3.

Quelle est l’articulation entre cette semaine et le 27 janvier « Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité » ?

Vincent Duclert : Le 27 janvier, « Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité », est une date qui appartient au calendrier mémoriel des commémorations nationales et, pour celle-ci, européennes et internationales. La semaine de la recherche s’en distingue clairement même si le 27 janvier est l’occasion, dans les établissements, d’initiatives pédagogiques fortement ancrée dans le partage de la connaissance. Aussi peut-on tout à fait imaginer que des projets pédagogiques puissent être lancés ce 27 janvier et trouver leur aboutissement lors de la semaine de la recherche à la fin du mois d’avril suivant.

La semaine de la recherche pourrait aussi accueillir certains palmarès académiques du Concours national de la Résistance et de la Déportation dont la première démarche est « la démarche scientifique » : « ce concours est l’occasion de faire entrer, chaque fois que c’est possible, les résultats de la recherche dans les contenus des enseignements ». La démarche scientifique converge d’autant avec la démarche didactique et la démarche pédagogique que défend aussi le CNRD.

L’intégralité de l’entretien : Entretien. Semaine de la recherche sur les génocides avec E. Vincent Duclert (site de l’APHG)

Source de l’image d’en-tête : M. Vincent Duclert ouvre en Sorbonne le colloque international du 25 mars 2015 : « Le génocide des Arméniens, cent ans de recherche ». © Jean Yérémian. Tous droits réservés.

Classé sous :Didactique, Opinions&Réflexions

Le smartphone devient-il le nouveau « crayon-livre » de l’élève ? – Veille et Analyse TICE

17 avril 2017 by Lyonel Kaufmann

Un très bon billet de Bruno Devauchelle sur la place, l’usage et la question des smartphones à l’école. Extrait :

«Revenons alors à la salle de classe. La fameuse « liberté pédagogique » doit-elle permettre cette évolution vers le « nouveau crayon-livre » ? Les tentatives d’encadrement sont-elles vaines ? On se trouve en fait face à un problème qui n’a pas encore été réellement pensé. Dans un film (désormais introuvable ?) de Curiosphère on entendait des jeunes de classes de 1ère parler de leurs usages en classe. Cette émission montrait la normalité, pour les élèves, de l’usage du téléphone portable (à l’époque en 2010) et effleurait la question du potentiel pour apprendre (consultation de dictionnaires… calculatrice). Les témoignages recueillis auprès des enseignants semblent tous confirmer que cet usage en classe accompagné par l’enseignant est préférable à l’usage clandestin. De plus il ne génère pas autant de troubles qu’on pourrait s’y attendre.»

Le billet à lire : Le smartphone devient-il le nouveau « crayon-livre » de l’élève ? – Veille et Analyse TICE

Crédit image : CC0 Public Domain. Via Pixabay

Classé sous :Médias et technologies, Opinions&Réflexions, Outils enseignement

Nicolas Offenstadt : « La bataille du Chemin des Dames a été marginalisée dans l’Histoire »

15 avril 2017 by Lyonel Kaufmann

Le Président Hollande est attendu dans l’Aisne pour les cérémonies du centenaire de l’offensive Nivelle du 16 avril 1917 au Chemin des Dames. L’historien Nicolas Offenstadt, spécialiste de la première Guerre mondiale est l’invité d’Ali Baddou sur France Inter.

Vers une réhabilitation ?

François Hollande sera le premier chef d’Etat français à commémorer l’offensive du 16 avril 1917 au Chemin des Dames. En 1917, un million d’hommes étaient mobilisés sur cette offensive, et 90.000 d’entre eux sont morts.
Pourquoi commémorer cette défaite ? « C’est avant tout pour commémorer la mémoire des soldats qui se sont battus« , explique Nicolas Offenstadt. « On ne peut pas commémorer une offensive ratée qui met en cause et le commandement et le gouvernement, donc c’est avant tout pour se pencher sur la mémoire des soldats« .
Lors de cette commémoration, des soldats fusillés pour l’exemple au cours de cette bataille marquée par les révoltes et les mutineries sera évoquée. Est-il question de les réhabiliter, là où Lionel Jospin en 1997 les avait réintégrés à la mémoire. « François Hollande a déjà fait ce qu’il y avait à faire : mettre en ligne les dossiers des fusillés, et refaire faire la muséographie du musée de l’Armée pour y intégrer la mémoire de la désobéissance« , assure l’historien, qui reconnaît avoir été consulté par les équipes de François Hollande pour l’écriture de son discours commémoratif.
La commémoration devrait aussi être une occasion de rendre hommage aux tirailleurs sénégalais, qui ont eux aussi payé un lourd tribut dans cette bataille. « Pour des troupes venues d’Afrique, il y avait des souffrances particulières au froid, sans compter que le commandement était beaucoup plus dur avec les troupes coloniales », explique-t-il.

Regardez l’intégralité de l’interview de Nicolas Offenstadt :

Lien vers l’émission : Nicolas Offenstadt : « La bataille du Chemin des Dames a été marginalisée dans l’Histoire »

La Chanson de Craonne

On associe La Chanson de Craonne à cette bataille. Sur l’histoire de cette chanson, je vous propose de consulter l’article que lui consacre l’histeobox.

Après avoir traité de l’élaboration de cette chanson et son association à l’offensive au Chemin des Dames, l’article traite également fort bien de la question des mutineries de 1917 (grève ou refus de la Guerre ?) comme de la démythification de Pétain.

L’article d’histeobox conclut :

«La chanson de Craonne s’est progressivement imposée aux yeux de nos contemporains comme la chanson emblématique de la grande guerre. Elle jouit d’une aura particulière et des légendes tenaces continuent à courir sur son compte. D’aucuns affirment, alors qu’aucune source ne l’atteste, que les autorités militaires françaises auraient promis une forte récompense à quiconque dénoncerait l’auteur du morceau. Autre idée reçue, la Chanson aurait été interdite de diffusion sur les ondes jusqu’à une date récente. Or il n’en est rien!
Le morceau connaît aujourd’hui une nouvelle notoriété. De nombreux interprètes se sont essayés à ce morceau, notamment Marc Ogeret, les Amis d’ta femme (1998), Maxime Leforestier (2003), Sanseverino… Des films (l’adaptation d’un long dimanche de fiançailles par JP Jeunet) téléfilms consacrés à la guerre de 14-18 utilisent la chanson.
Pour terminer, laissons la parole à un des personnages du roman « Pain de soldat » écrit par Henry Poulaille en 1937: « Quand bien même on crèverait tous, elle résisterait elle, puisqu’elle avait tour à tour chanté les plateaux de Lorette, ceux de Verdun, ceux de Craonne. C’est la chanson née du peuple de la guerre. Elle est sans chiqué, sans art, elle est un cri. »»

Source image : Attaque française au Mont des Singes, Collection particulière – Plaque de verre stereoscopique sur la Premiere guerre mondiale © AFP / Josse / Leemage

Classé sous :Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

Luther, le réformateur, était aussi apôtre de l’antisémitisme

11 avril 2017 by Lyonel Kaufmann

Le moine allemand, initiateur du protestantisme est la figure de proue de la commémoration des 500 ans de la Réforme. Au cours de sa vie, l’homme a eu une attitude complexe face aux juifs. La Page Histoire de Guillaume Henchoz parue dans le Matin Dimanche du 9 avril 2017. Morceaux choisis.

Le 31 octobre 1517, le moine allemand Martin Luther placarde sur la porte de l’église de Wittemberg 95 thèses critiquant le commerce des indulgences. Cinq siècles plus tard, c’est bien la figure de Luther qui est mise en avant pour commémorer les débuts de la Réforme. Mais certains aspects de sa personnalité posent problème: c’est le cas de son antisémitisme affiché.

Pour l’historien Thomas Kaufmann, auteur du récent ouvrage «Les juifs de Luther», il faut d’abord replacer le réformateur dans son contexte historique. A la fin du Moyen- Age, l’antisémitisme est une posture courante chez les intellectuels et les clercs. Luther ne fait pas exception. Les théologiens versent volontiers dans l’antijudaïsme: on reproche aux juifs de se four- voyer en ne reconnaissant pas le figure messianique de Jésus. S’ils sont régulièrement persécutés, on cherche aussi à les convertir. Et c’est bien le programme que se fixe le réformateur de Wittemberg: «Puisque la lumière dorée de l’Evangile commence à se lever et à rayonner, on peut espérer que de nombreux juifs seront convertis d’une façon consciencieuse et fidèle», écrit-il dans sa correspondance en 1521. Deux ans plus tard, Luther signe un texte, «Que Jésus-Christ est né juif», dans lequel il préconise une «coexistence» avec les juifs… du moins le temps que ces derniers abandonnent leur «fausse religion». Une lecture juste de l’Ancien Testament ne peut que mener à la con- version, estime le réformateur. Cela ne l’empêche pas d’insister sur le fait qu’il faut se montrer extrêmement prudent sur la véracité de ces conversions. «Il y a chez les juifs une nature qui les pousse à la tromperie», écrit-il encore.

Mais au fil des années, le réformateur déchante: les conversions tant attendues ne se sont pas légion et Martin Luther, désabusé, change peu à peu son fusil d’épaule: «Nous voyons bien à l’expérience quotidienne que nous faisons avec les juifs à quel point ils sont inflexibles et endurcis de génération en génération. Ils peuvent parler du Christ d’une façon venimeuse et haineuse qui dépasse toute mesure.» En 1543, il écrit une charge haineuse, «Des juifs et de leurs mensonges». Pour Thomas Kaufmann pourtant, la position de Luther sur le judaïsme ne change pas vraiment tout au long de son parcours: le réformateur cherche à faire entrer les juifs dans le giron du protestantisme tout en se méfiant de la sincérité de leur conversion.

Pour l’historien Johann Chapoutot, avec lequel Guillaume Henchoz s’est entretenu dans le cadre d’une série d’entretien menés en marge du festival Histoire et Cité qui s’est tenu à Genève, tout en reconnaissant qu’il y a dans les positions du réformés de Wittemberg une forme d’antisémitisme qui ne relève pas exclusivement d’un antijudaïsme théologique, il insiste également sur le fait qu’il faut attendre le XIXe siècle et les théories sur les races pour parler d’une forme antisémitisme moderne. Si Luther s’emporte régulièrement sur le “sang des juifs”, son premier objectif restera de les convertir au christianisme et non pas de les éliminer en tant que race ou peuple.

Lire l’article complet : https://medium.com/quelle-histoire/luther-le-réformateur-était-aussi-apôtre-de-lantisémitisme-91273d5d050

Classé sous :Histoire savante, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

Les États-Unis sont-ils encore les États-Unis? par Henry Rousso

26 février 2017 by Lyonel Kaufmann

Dans un témoignage publié sur le site du Huffington Post, l’historien Henry Rousso, spécialiste de l’Holocauste et de l’Occupation nazie en France, revient sur les circonstances qui ont failli le voir expulsé des Etats-Unis alors qu’il se rendait pour une conférence à l’Université du Texas à Houston. Édifiant et inquiétant à plus d’un titre dans cette Amérique trumpienne.

Henri Rousso, historien mondialement reconnu notamment pour son ouvrage « Le syndrome de Vichy », a été à deux doigts d’être refoulé du territoire américain alors qu’il était invité pour une conférence à l’Université du Texas.

Le refoulement a pu être évité de justesse grâce à l’intervention des responsables de l’université texane et avec l’aide d’une professeure de droit spécialisée dans les questions d’immigration, Fatma Marouf.

FORUM DES IMAGES Henry Rousso, l'historien auteur du "syndrome Vichy"
FORUM DES IMAGES
Henry Rousso, l’historien auteur du « syndrome Vichy »

Agé de 62 ans, Français juif né en Egypte, Henry Rousso est professeur d’université et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Dans un premier temps, il a pu donner de ses nouvelles par l’intermédiaire de deux tweets (Henry Rousso, l’historien auteur du « syndrome Vichy », à deux doigts d’être refoulé du territoire américain).

Dans un deuxième temps, il en a fait le compte rendu. Il s’agit d’un édifiant récit sur les résultats de moins de deux mois de présidence de Donald Trump. Il n’y a pas de quoi se réjouir. Comme dans l’Allemagne de 1933. En voici quelques extraits.

La situation :

«Le 22 février dernier, j’ai atterri vers 14h30 à l’aéroport de Houston, aux États-Unis, en provenance de Paris. Je devais me rendre à un colloque de la Texas A&M University (College Station), où j’ai été invité à plusieurs reprises ces dernières années. Au guichet de l’immigration, une fonctionnaire me refuse l’entrée et m’emmène dans une salle attenante pour contrôle, sans explications. Une trentaine de personnes y attendent que l’on statue sur leur sort. J’observe machinalement une certaine fréquence dans les entrées et sorties. Au bout de trois quarts d’heure, alors que la plupart de ceux qui attendent repartent sans problèmes, un jeune officier de police me demande de le suivre dans un bureau particulier. Commence alors un interrogatoire informel. Je lui demande ce qui me vaut d’être là. Il me répond : « contrôle aléatoire » (random check). Il me demande ce que je viens faire aux États-Unis. Je lui présente alors la lettre d’invitation de l’université. Cette intervention doit-elle être rémunérée ? Je confirme – c’est la règle dans beaucoup universités Nord-américaines. Il m’objecte alors que je n’ai qu’un visa touristique et non un visa spécifique de travail.»

Il en découlera alors un interrogatoire étendu à l’issue duquel le fonctionnaire l’informe qu’il va être refoulé (deported). A 19h00, Henry Rousso comprend que rien ne se passera avant le lendemain.

«Je m’apprête donc à passer encore entre une dizaine ou une vingtaine d’heures installé sur une chaise, sans téléphone – l’usage en est interdit –, avant de pouvoir occuper un fauteuil un peu plus adapté à la situation de personnes ayant effectué un long voyage. Toutes les heures, un fonctionnaire vient nous proposer à boire ou à manger, et nous fait signer un registre comme quoi nous avons accepté ou refusé. Malgré la tension, j’observe ce qui se passe dans ce lieu insolite, à la fois salle d’attente anodine et zone de rétention. Si la plupart des policiers adoptent un ton réglementaire, non discourtois, quelques-uns ricanent discrètement en observant cette population hétéroclite sous leur contrôle. Une policière engueule une femme dont le garçon de trois ans court dans tous les sens. Un homme se lève pour demander ce qu’il en est de sa situation. Trois policiers lui hurlent de s’asseoir immédiatement.»

Vers 21h00, il assiste au renvoi d’un Mexicain, «bien mis de sa personne», menotté, enchaîné à la taille, et entravé aux chevilles. A 1h30 du matin, les choses évoluent enfin dans le bon sens pour Henry Rousso à la suite de l’intervention de l’Université du Texas. Un policier lui indique alors qu’il s’agirait d’une erreur. A aucun moment des excuses ne lui seront néanmoins adressées.

Vient alors le temps de l’analyse :

«Historien de métier, je me méfie des interprétations hâtives. Cet incident a occasionné pour moi un certain inconfort, difficile de le nier. Je ne peux, cependant, m’empêcher de penser à tous ceux qui subissent ces humiliations et cette violence légale sans les protections dont j’ai pu bénéficier.»

des questions :

«Quand bien même aurais-je commis une erreur, ce qui n’est pas le cas, cela méritait-il pareil traitement? Comment expliquer ce zèle, évident, de la part du policier qui m’a examiné et de son supérieur hiérarchique sinon par le souci de faire du chiffre et de justifier, au passage, ces contrôles accrus? J’étais d’autant plus « intéressant » que je ne tombais pas dans la catégorie habituelle des « déportables ».

Et enfin celui de sa conclusion qui n’a rien, mais alors rien, de rassurant :

«Telle est donc la situation aujourd’hui. Il faut désormais faire face outre-Atlantique à l’arbitraire et à l’incompétence la plus totale. Je ne sais ce qui est le pire. Ce que je sais, aimant ce pays depuis toujours, c’est que les États-Unis ne sont plus tout à fait les États-Unis.»

Il faut remercier grandement Henry Rousso pour son témoignage et son analyse dans un temps aussi rapide. Il faut espérer que les moyens actuels d’information permettent mieux que dans les années 1930 de faire circuler les informations et de se mobiliser contre l’arbitraire et le dévoiement de nos démocraties au profit de régimes autoritaires.

L’article complet à lire : Les États-Unis sont-ils encore les États-Unis?

Source de l’image : Panoramic Images

Classé sous :Opinions&Réflexions, Publications, sur le web

La colonisation est-elle juridiquement un crime contre l’humanité ?

22 février 2017 by Lyonel Kaufmann

En qualifiant de « crime contre l’humanité » la colonisation française en Algérie, le candidat à l’élection présidentielle Emmanuel Macron a suscité dernièrement la polémique.

Mais qu’en est-il de cette affirmation sur un plan juridique ? Le droit international appréhende-t-il la colonisation comme un crime contre l’humanité ?

La question est au cœur de l’actualité française ; elle est aussi au cœur de l’actualité internationale compte tenu de la colonisation d’Israël en territoires palestiniens. La Palestine étant désormais membre de la Cour pénale internationale (CPI), la question est actuellement sous examen préliminaire au sein de cette juridiction.

L’article de Catherine Le Bris se propose de répondre à la question sous l’angle des règles juridiques internationales.

Lire l’article : La colonisation est-elle un crime contre l’humanité ?

Source de la photo d’entête : Emmanuel Macron lors d’une visite d’un cimetière à Alger, le 14 février 2017. AFP

Classé sous :Histoire savante, Opinions&Réflexions

  • « Aller à la page précédente
  • Page 1
  • Pages provisoires omises …
  • Page 39
  • Page 40
  • Page 41
  • Page 42
  • Page 43
  • Pages provisoires omises …
  • Page 101
  • Aller à la page suivante »

Barre latérale principale

blankHistorien & Blogueur En savoir plus…

Derniers articles

blank

Conférence : Racisme et haute école : continuités historiques et stratégies antiracistes. Berne (27.03.2026)

Perspectives antiracistes sur la production de savoir Le 27 mars 2026 de 9h00 à 19h00, l’Université de Berne accueillera en ses murs la conférence Racisme et haute école : continuités historiques ...

Read More →

blank

Laténium : Exposition L’île de sable (04.10.2025-10.01.2027)

L’exposition L’île de Sable au Laténium de Neuchâtel plonge au cœur de la période coloniale et présente de quelle manière l’archéologie permet d’étudier la thématique de la traite des esclaves et le ...

Read More →

blank

Table ronde : S’appuyer sur le passé pour former les professionnel·l·es de demain – Hôtel de ville de Lausanne (12.03.2026)

Plus jamais ça! C'est ce que clament les victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance. Cette table ronde réunit 4 professeures de Hautes écoles du canton de Vaud autour de 2 ...

Read More →

blank

Appel à contribution : Didactica Historica N°13/2027 (jusqu’au 16 mars 2026)

L’appel à contributions pour le treizième numéro de la revue Didactica Historica est ouvert jusqu’au 16 mars 2026. Le dossier «histoire» de ce treizième numéro de la revue abordera le thème de la ...

Read More →

blank

EXPOSITION : Placés, internés, oubliés ? Musée Historique de Lausanne (jusqu’au 15 mars 2026)

Mise en place fin 2025, l’exposition itinérante Placés, internés, oubliés ? peut encore être découverte jusqu’au 15 mars 2026 au Musée historique de Lausanne, avant qu’elle ne soit déplacée au Museum ...

Read More →

blank

Appel à propositions: Living Books about History | infoclio.ch

Les Living Books about History sont une collection d’anthologies numériques sur des sujets de recherche actuels. Chaque volume est composé d’un essai original rédigé par les éditrices et éditeurs ...

Read More →

blank

Historiciser notre époque : Histoires des migrations et du climat dans l’espace numérique [Appel à contributions]

Ce projet concerne toute personne intéressée à explorer les liens entre changements environnementaux et mouvements de population au Canada, de 1850 à nos jours. Nous recherchons des contributions ...

Read More →

Recherche

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Archives

Tirés de nos archives

blank

Revue de presse : Pédagogie inversée avec Youtube : une vraie émulation en classe

13 février 2013 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Quel est l’intérêt pour les élèves ? Est-ce que la péda­go­gie inver­sée amé­liore leur réussite ? «J’enseigne en 7e année depuis 16 ans et je constate tous les jours que les élèves ont besoin de répé­ti­tion pour bien assi­mi­ler les notions. Avec la vidéo, ils n’hésitent plus à m’interrompre : dès qu’ils n’ont pas com­pris, […]

blank

Eduquer dans son temps : Nouveaux médias, nouveaux enseignements | La Fabrique de l’histoire

30 janvier 2019 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Comment le cinéma, la télévision puis aujourd’hui le jeu vidéo sont-ils intégrés en tant qu’auxiliaires pédagogiques par le système scolaire depuis les années 1950 ? Viviane Glikman, maîtresse de conférences à l’Institut National de Recherche Pédagogique (INRP), Frédéric Marty, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paul Valéry-Montpellier 3, et Laurent Tremel, chargé de mission […]

blank

M157 – Film & Histoire (7.11.2006)

7 novembre 2006 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Consignes Votre tâche consiste à réaliser une activité pour les élèves autour d’une séquence du film choisi. Cette activité s’attachera à travailler autour de l’image et du son (univers sonore) en priorité. Les consignes de l’activité sont à rédiger de telle manière à en faire des énoncés opérationnalisables permettant de développer des compétences c/o les […]

blank

L'évasion de Louis XVI suscite la polémique

23 février 2009 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Mardi 24 février , France 2 diffuse à 20h35 un téléfilm historique consacré à la fuite du roi Louis XVI à Varennes ; « L’évasion de Louis XVI » est le deuxième volet de la collection « Ce jour là, tout a changé » consacrée aux grandes journées de l’Histoire de France. “la famille des cochons ramenée à l’étable”, anonyme, […]

La Grande Guerre et le heavy metal par la BCU

11 juillet 2014 Par Lyonel Kaufmann 1 commentaire

Une entrée originale consacrée à la Première Guerre mondiale. La guerre est l’un des thèmes privilégiés dans le heavy metal et dans l’univers metal en général, et plus particulièrement les deux guerres mondiales qui ont influencé beaucoup de groupes dans le choix de leurs noms, dans l’écriture des textes, le choix des pochettes d’albums, du […]

blank

La BNF, son blog et ses futurs blogs

5 novembre 2008 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Buzzeum » La BNF, son blog et ses futurs blogs Buzzeum nous apprend que la BNF se met à l’internet social et participatif. D’abord en ouvrant une plate-forme de blog dont le premier est consacré aux expositions de l’institution. Ensuite, elle ouvre également sa page Facebook. (tags: Histoire MédiaTIC Musées BNF)

blank

Marie Antoinette en ado lassante (Zéro de conduite)

24 mai 2006 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

L’excellent site Zéro de conduite (L’actualité éducative au cinéma) propose son compte-rendu du film, attendu sur la Croisette, de Sofia Coppola consacré à Marie Antoinette. Le titre donne immédiatement le ton de l’article: Marie Antoinette en ado lassante Sur le plan historique, Zéro de conduite s’appuie justement sur l’analyse des films tournés par des Américains […]

Creative Commons License
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Lyonel Kaufmann 2004-2026

Creative Commons License Ce contenu est mis à disposition sous un contrat Creative Commons. Lyonel Kaufmann 2004-2026.
Thème Aspire 2.0.1 de Genesis Framework · WordPress · Se connecter

  • Blog
  • Mes Publications
  • Cours
  • Planifier
  • Film&Histoire
  • A propos
 

Chargement des commentaires…