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Histoire Lyonel Kaufmann

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Didactique

Une grippe à cent millions de morts – La Vie des idées

18 mars 2020 by Lyonel Kaufmann

À propos de : Freddy Vinet, La grande grippe. 1918. La pire épidémie du siècle, Vendémiaire

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Prise entre les grandes épidémies du passé et l’horreur de la guerre mondiale, la grippe de 1918-1919 a longtemps peiné à être reconnue comme un désastre sanitaire et social majeur. Les réactions face à l’épidémie actuelle témoignent d’un déni récurrent face à une maladie qui déconcerte.
Quelques jours avant de mourir du fléau qui ravage le monde en 1918, Guillaume Apollinaire trouve encore la force d’ironiser sur cette grippe « mondaine » contractée par le roi d’Espagne, Alphonse XIII : « Sans chanter encore victoire, on peut envisager maintenant la fin de l’épidémie. […] La grippe espagnole ne sera plus qu’un mauvais souvenir ». Affaibli par une blessure de guerre, le poète succombe le 9 novembre, alors qu’explose le nombre de victimes de ce qu’on appelle désormais, dans la presse française et anglophone, la « grippe espagnole ».

Appellation peu pertinente car, si la grippe se manifeste de manière virulente en Espagne dès le printemps 1918, son origine se trouve sans doute ailleurs, dans le Midwest américain. Zoonose, c’est-à-dire maladie infectieuse transmise de l’animal vertébré (aviaires, porcins et bovins notamment) à l’homme, la grippe de 1918-1919 appartient déjà au type H1N1, rendue célèbre en 2009 par une éruption qui suscite une inquiétude planétaire. Les forces motrices de la mondialisation et le contexte particulier de la fin de la Première Guerre mondiale, expliquent sa circulation rapide, sur près de deux ans, à travers toute la planète, en faisant la première pandémie véritablement mondiale et laissant entre 50 et 100 millions de victimes.

L’ouvrage consacré en 2018 par l’historien de la santé Freddy Vinet à cette grippe retrace les enjeux d’une maladie dont les contemporains eux-mêmes ont eu du mal à saisir l’ampleur. Il souligne la difficulté à « penser la grippe », alors que la révolution pasteurienne semble triompher des grandes épidémies et que le conflit mondial a concentré l’attention par ses sanglantes moissons. Incrédulité d’autant plus grande que, si la grippe frappe de manière très inégale classes sociales et groupes ethniques, elle fauche en Europe ce qu’il reste d’une jeune génération très éprouvée par la guerre.

Ouvrage : Freddy Vinet, La grande grippe. 1918. La pire épidémie du siècle, Vendémiaire, 2018. 264 p., 22 €.

Lire le compte-rendu : Une grippe à cent millions de morts – La Vie des idées

Classé sous :Histoire savante, Publications

Covid-19: une opportunité de se lancer dans l’enseignement à distance? | Pédagoscope

17 mars 2020 by Lyonel Kaufmann

Ma ressource du matin est un excellent podcast réalisé par ma collègue Ariane Dumont (Pédagoscope) de la HEIG-VD avec Amaury Daele de la HEP-VD. Je ne peux que vous conseiller de l’écouter en cette période d’enseignement à distance.

Ariane Dumont
Ariane Dumont

Présentation :

En raison du coronavirus, les institutions réfléchissent à des solutions pour permettre le bon fonctionnement des enseignements et des apprentisssages. Enseigner à distance s’impose comme une solution idéale, oui mais voilà, enseigner à distance est très différent d’enseigner en présence et on peut basculer d’un mode à l’autre du jour au lendemain.

Pédagoscope en parle avec le Professeur Amaury Daele, de la Haute Ecole Pédagogique de Lausanne.

Amaury Daele
Amaury Daele

Le professeur Amaury Daele tient un blog sur la pédagogie de l’enseignement supérieur et il est un spécialiste de l’hybridation.

Le podcast : https://podcasts.apple.com/ch/podcast/covid-19-une-opportunité-se-lancer-dans-lenseignement/id1484771645?i=1000467888110

En complément : Fiches enseignement à distance-Freebie

Le billet d’Ariane Dumont qui accompagne ce podcast (et le résume) : http://pedagoscope.ch/enseigner-a-distance/

Les références accompagnant son billet :

  • Angelo, T. A., & Cross, K. P. (1993). Classroom assessment techniques: a handbook for college teachers (2nd ed). Jossey-Bass Publishers.
  • Bain, K. (2004). What the Best College Teachers Do. Harvard University Press.
  • Barkley, E. F. (2009). Student Engagement Techniques : A Handbook for College Faculty. John Wiley and Sons.
  • Berthiaume, D., & Rege Colet, N. (Éd.). (2013). La pédagogie de l’enseignement supérieur : Repères théoriques et applications pratiques (Vol. 1). Peter Lang.
  • Brauer, M. (2011). Enseigner à l’université. Conseils pratiques, astuces, méthodes pédagogiques. Armand Colin.
  • Leclercq, D. (Éd.). (1998). Pour une pédagogie universitaire de qualité. Mardaga.
  • Svinicki, M., & McKeachie, W. J. (Eds.). (2011). McKeachie’s teaching tips. Strategies, research, and theory for college and university teachers (13th ed.). Wadsworth.

Toute belle journée à vous toutes et tous.

Crédit photo : Pixabay License. Free for commercial use. No attribution required

Classé sous :Cours et séminaires, Didactique, Enseignement à distance, Opinions&Réflexions, Outils enseignement, Publications

L’avenir radieux du Blended Learning… sous conditions | elearning letter

16 mars 2020 by Lyonel Kaufmann

Depuis ce week-end, l’enseignement à distance occupe très largement les esprits des enseignant.es et professeur.es de tout degré. A ce propos, aujourd’hui, le terme de Blended Learning est régulièrement utilisé. Derrière ce terme nouveau, il y a une réalité bien plus ancienne que met en évidence Jean-Michel Pauline (Directeur Général, Babylon.fr) . Cependant les technologies numériques lui permettent d’évoluer en permanence… pour le meilleur si la pédagogie reste au cœur de la formation ! Jean-Michel Pauline rappelle également quelques principes de base d’un enseignement à distance. Extrait. Bonne lecture et courage.

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Le Blended Learning, ce n’est pas une révolution…

Jean-Michel Pauline : En effet, il serait grand temps de désacraliser le vocabulaire, car le blended learning n’a rien de nouveau ! N’importe quel formateur digne de ce nom – je ne parle pas du formateur Powerpoint évidemment – l’a toujours pratiqué dans ses cours en salle : apports de connaissance, cas concrets, travaux de groupe, jeux de rôle…

Traçabilité, pédagogie suffisent-elles ?

Jean-Michel Pauline : Non, il y faut aussi l’attrait graphique des modules à distance : le défilement de fichiers Word soutenus par une voix off de synthèse et illustrés par des images tirés d’un catalogue “Merlin l’Enchanteur”, c’est du passé ! […]

Une autre condition, c’est celle de la souplesse qu’il est nécessaire d’avoir sur les durées de formation en fonction des modalités : 45 minutes pour un module ou un webinaire, 10 minutes pour une brique élémentaire d’acquisition ou de révision, une journée pour une phase de mise en application des savoirs : toutes les options sont possibles, car c’est la pédagogie et la prise en compte du travail quotidien de l’apprenant qui doivent dicter le choix de la solution. Aucune étude scientifique n’autorise à prononcer un oukase sur telle ou telle durée. La seule donnée à retenir étant que l’attention baisse au bout de 10 minutes, il faut mettre l’alternance des modalités au cœur de la pédagogie, même, et a fortiori, lorsque la formation se joue 100% à distance !

Source : L’avenir radieux du Blended Learning… sous conditions | elearning letter

Crédit photo : Photo de Markus Spiske sur Unsplash

Classé sous :Enseignement à distance

La « distance sociale » : Les implications de la pandémie de la grippe espagnole en 1918-1919 | Active history

15 mars 2020 by Lyonel Kaufmann

Dans Active History, l’historienne canadienne Esyllt W. Jones propose un intéressant article relativement à la grippe espagnole de 1918-1919 et la met en relation avec notre situation actuelle, liée au COVID-19. Je vous en propose ici sa traduction.

Pour une historienne de la grippe pandémique, ce sont des jours étranges. Le passé entre en collision avec le présent. Comme si un fil conducteur avait émergé, maintenant, nous reliant à ceux qui ont fait face, à leur manière, à une expérience partagée à l’échelle mondiale en 1918-1919.

Un groupe d'infirmières à High River, Alberta, porte des masques faciaux pour tenter de repousser la grippe espagnole, octobre 1919. Archives de Glenbow 3452-2.
Un groupe d’infirmières à High River, Alberta, porte des masques faciaux pour tenter de repousser la grippe espagnole, octobre 1919. Archives de Glenbow 3452-2.

J’ai été honoré d’entendre les récits que les familles ont nourris et maintenus en vie sur la grippe de 1918-1919, les histoires de leur peuple, comment ils ont persisté et comment leur vie a été changée par une épidémie qui a tué plus de 50 000 Canadiens et 50 millions de personnes dans le monde. Pendant une grande partie du XXe siècle, l’histoire ne s’est pas beaucoup souciée des récits de leur vie. À tel point que l’histoire de la grippe n’a pas vraiment perturbé la tendance de la modernité, ni le récit progressif de la médecine moderne. Ceci malgré le fait que les médecins, les infirmières et les agents de santé publique qui ont combattu la grippe ont honnêtement révélé leur agonie et leur sentiment d’échec à l’époque. « Il n’est pas question de garder le loup hors de la bergerie », a déclaré un médecin hygiéniste britannique après la fin de la pandémie. C’était à la fois un cri de ralliement et une déclaration de chagrin.

C’est comme vivre au milieu d’une histoire que vous avez déjà lue, tout en espérant une meilleure fin. Le déroulement est effrayant, mais il n’y a pas de surprises. Qu’est-ce qui vous est familier ? Le courage des prestataires de soins de santé et la capacité à faire passer les besoins des autres en premier. Les exigences énormes qui leur sont imposées et les risques qu’ils prennent chaque jour. Les histoires récentes de familles qui ont passé des journées dans des maisons avec des proches décédés. La suggestion de fosses communes. En 1918-1919, la frontière entre les morts et les vivants était perméable, et pour certains, cette porte ne s’est jamais refermée ; leur vie était peuplée d’esprits et de fantômes.

Mais il ne s’agit pas pour autant que l’histoire se répète. Après tout, il n’est pas trop tard pour que nous puissions éviter 50 millions de morts. L’histoire ne nous détermine pas. Mais la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui pourrait le faire. Les lignes de fractures sociales qui sont apparues lors de la pandémie de 1918-1919 étaient profondes, et largement ignorées dans les discours publics de l’époque. Néanmoins, il n’y a pas eu une seule expérience de la grippe. Il y avait l’image dominante de la grippe comme une maladie démocratique à laquelle tout le monde était également sensible, et puis il y avait un ensemble de réalités divisées qui reflétaient les inégalités sociales sous-jacentes. Le taux de mortalité des autochtones était plusieurs fois supérieur à celui des Canadiens non autochtones, et certaines communautés étaient presque anéanties : un autre événement dans une longue relation entre le colonialisme et la maladie. Les travailleurs urbains qui avaient un accès limité aux soins sont morts non seulement d’une infection, mais aussi de l’inégalité inscrite sur leur corps, en combattant le virus dans des logements surpeuplés et mal ventilés, en choisissant de travailler ou de mourir de faim, sans économies pour faire face à la perte de revenus ou pour enterrer les morts. Jeunes travailleurs célibataires. Des agriculteurs pauvres qui sont tombés malades et n’ont pas pu vaincre les infections secondaires après être retournés trop tôt dans leurs champs et leurs granges.

Bien que la couverture médiatique et les messages de santé publique suggèrent aujourd’hui que nous sommes tous en danger pour le Covid-19, nous ne sommes pas également en danger. Il ne s’agit pas d’une seule pandémie, mais d’une myriade d’histoires qui finiront par montrer que nous ne sommes pas tous dans le même bateau. Une question clé qui façonnera la façon dont l’histoire de Covid-19 est écrite par les historiens est de savoir si, et comment, nos gouvernements et nous-mêmes choisissons d’y répondre.

Allons-nous considérer Covid-19 comme une menace pour le corps social, et pas seulement pour l’individu ? La « distanciation sociale » a du sens du point de vue de la santé publique, mais aux oreilles d’un historien, elle semble être une métaphore d’un problème plus profond. En 1918, à Winnipeg, la communauté a mobilisé des ressources pour s’assurer que les victimes et leurs familles ne se retrouvent pas sans nourriture, sans vêtements, sans literie propre ou sans accès à des soins de soutien. Des bénévoles, des voisins, des organisations ethniques, des syndicats, des églises – beaucoup (surtout des femmes) ont joué ce rôle, en distribuant de la nourriture, en répondant aux appels à l’aide, en collectant des fonds, en donnant de l’argent aux familles qui en avaient besoin, en les aidant à enterrer leurs morts avec dignité. Les boucs émissaires étaient peu nombreux. Ce n’était pas suffisant pour éviter la souffrance, mais c’était quelque chose.

Comme Rebecca Solnit l’a fait remarquer en évoquant la possibilité d’une solidarité à la suite de catastrophes, les histoires de pandémie sont potentiellement porteuses d’espoir. Ce sont des récits sur l’action et le choix humains, autant que sur les microbes.

Lorsque les échecs des réponses gouvernementales à la pandémie ont été exposés en 1918-1919, une prise de conscience accrue de l’inégalité corporelle, ainsi qu’une confiance mutuelle, ont constitué la base des demandes pour quelque chose de mieux : pour un système de santé qui ne soit pas construit sur l’inégalité. Dans les années 1920, et de plus en plus lors des catastrophes économiques et écologiques des années 1930, les voix en faveur d’une médecine socialisée sont devenues de plus en plus convaincantes. Les premiers programmes de santé socialisés au Canada, promulgués par le CCF de la Saskatchewan en 1944-45, sont nés de l’action d’une génération qui se souvenait de deux guerres mondiales et d’une pandémie mondiale. D’une certaine manière, ils s’imaginaient non pas au bout du monde, seuls sur son bord, mais vivant dans un avenir meilleur.

Esyllt W. Jones est professeure d’histoire et membre à temps partiel du département des sciences de la santé communautaire de la faculté de médecine de l’université du Manitoba, et doyen des études à St John’s. Elle est l’auteure de Influenza 1918: Disease, Death and Struggle in Winnipeg3, et éditrice avec Magda Fahrni de Epidemic Encounters: Influenza, Society and Culture in Canada, 1918-19204. Son ouvrage le plus récent, Radical Medicine 5, se concentre sur l’histoire des soins de santé socialisés au Canada.

Source et article original en anglais : The Distance Between Us: The Implications of Pandemic Influenza in 1918-1919 – Active History

Ce travail est sous licence Creative Commons Attribution-NoDerivatives 4.0 International License.

Classé sous :Histoire savante, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions, Publications

Les 150 ans du Vorort | Documents diplomatiques suisses (Dodis)

13 mars 2020 by Lyonel Kaufmann

Il y a 150 ans, le 12 mars 1870, fut fondée l’une des plus importantes associations économiques du pays: l’Union suisse du commerce et de l’industrie (USCI, appelée plus souvent Vorort et aujourd’hui devenue economiesuisse). Sous le permalink dodis.ch/R34 de Dodis on peut trouver près de 1000 documents rédigés, reçus ou qui mentionnent l’association patronale de lobbying de l’économie privée. Ces correspondances démontrent de manière éclairante les liens étroits entre la politique, l’administration et le secteur privé dans le domaine du commerce extérieure de la Suisse.

Les documents ainsi présentés nous emmènent dans un voyage à travers l’histoire de la politique économique extérieure de la Suisse: de la participation à l’exposition industrielle de Chicago en 1891 (dodis.ch/42473) ou de la révision de l’accord commercial avec le Japon de 1896 (dodis.ch/42618), en passant par les contacts commerciaux avec le Troisième Reich en 1938 (dodis.ch/46525) et le blocus économique des Alliés en 1940 (dodis.ch/46981), jusqu’à la question d’une adhésion de la Suisse à l’Organisation des Nations Unies (dodis.ch/40699) et de l’intégration européenne dans les années 1970 (dodis.ch/48713).

Source : Les 150 ans du Vorort | dodis.ch

Légende image : Toujours prêt à plaider pour la défense des intérêts économiques suisses à l’étranger. En-tête d’une lettre du Président du Vorort G. Winterberger au Département politique, 7 octobre 1976, dodis.ch/49928.

Classé sous :Nouvelles de l'histoire, Outils enseignement, Publications

« Le Pays des autres », de Leïla Slimani : les fracas de l’histoire marocaine

6 mars 2020 by Lyonel Kaufmann

La Prix Goncourt 2016 poursuit son entreprise de dévoilement des logiques de domination dans une saga familiale. « Le Pays des autres », premier tome de la trilogie qui paraît ce 5 mars, est une réussite pour Thomas Samson du journal Le Monde.

En clin d’oeil au film « Autant en emporte le vent » (1939) à Vivien Leigh d’ Autant en emporte le vent (1939), qui secoue la tête en pestant : « La guerre, la guerre, la guerre, taratata ! » , La guerre, la guerre, la guerre est le sous-titre que Leïla Slimani a donné à la première partie d’au Pays des autres, une trilogie sur le Maroc, où l’écrivaine est née en 1981. Et ce clin d’œil indique assez la veine dans laquelle l’auteure inscrit son troisième roman : l’ample saga adossée à l’histoire, dont les fracas malmènent les personnages autant qu’ils les poussent à se révéler.

Avec ce roman situé au Maroc entre 1946 et 1956, Leïla Slimani décrit la domination que les colons exercent sur les colonisés autant que celle des hommes sur les femmes – tous statuts confondus. Les « autres » dont le protectorat est le « pays », ce sont, selon les points de vue, les Français ou les Marocains.

Pour Thomas Samson :

« La narration se glisse successivement au côté des personnages, adultes ou enfants, et cette alternance des points de vue donne autant son ampleur à la saga que l’écoulement des années et l’intensité de cette période historique peu racontée par la littérature française. »

La présentation du livre par Gallimard

En 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s’éprend d’Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l’armée française. Après la Libération, le couple s’installe au Maroc à Meknès, ville de garnison et de colons. Tandis qu’Amine tente de mettre en valeur un domaine constitué de terres rocailleuses et ingrates, Mathilde se sent vite étouffée par le climat rigoriste du Maroc. Seule et isolée à la ferme avec ses deux enfants, elle souffre de la méfiance qu’elle inspire en tant qu’étrangère et du manque d’argent. Le travail acharné du couple portera-t-il ses fruits? Les dix années que couvre le roman sont aussi celles d’une montée inéluctable des tensions et des violences qui aboutiront en 1956 à l’indépendance de l’ancien protectorat.

Tous les personnages de ce roman vivent dans «le pays des autres» : les colons comme les indigènes, les soldats comme les paysans ou les exilés. Les femmes, surtout, vivent dans le pays des hommes et doivent sans cesse lutter pour leur émancipation. Après deux romans au style clinique et acéré, Leïla Slimani, dans cette grande fresque, fait revivre une époque et ses acteurs avec humanité, justesse, et un sens très subtil de la narration.

« Le Pays des autres. Première partie : La guerre, la guerre, la guerre », de Leïla Slimani, Gallimard, 368 p., 20 €.

-A lire : « Le Pays des autres », de Leïla Slimani : les fracas de l’histoire marocaine

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