Nicolas Offenstadt : « La bataille du Chemin des Dames a été marginalisée dans l’Histoire »

Le Président Hollande est attendu dans l’Aisne pour les cérémonies du centenaire de l’offensive Nivelle du 16 avril 1917 au Chemin des Dames. L’historien Nicolas Offenstadt, spécialiste de la première Guerre mondiale est l’invité d’Ali Baddou sur France Inter.

Vers une réhabilitation ?

François Hollande sera le premier chef d’Etat français à commémorer l’offensive du 16 avril 1917 au Chemin des Dames. En 1917, un million d’hommes étaient mobilisés sur cette offensive, et 90.000 d’entre eux sont morts.
Pourquoi commémorer cette défaite ? « C’est avant tout pour commémorer la mémoire des soldats qui se sont battus« , explique Nicolas Offenstadt. « On ne peut pas commémorer une offensive ratée qui met en cause et le commandement et le gouvernement, donc c’est avant tout pour se pencher sur la mémoire des soldats« .
Lors de cette commémoration, des soldats fusillés pour l’exemple au cours de cette bataille marquée par les révoltes et les mutineries sera évoquée. Est-il question de les réhabiliter, là où Lionel Jospin en 1997 les avait réintégrés à la mémoire. « François Hollande a déjà fait ce qu’il y avait à faire : mettre en ligne les dossiers des fusillés, et refaire faire la muséographie du musée de l’Armée pour y intégrer la mémoire de la désobéissance« , assure l’historien, qui reconnaît avoir été consulté par les équipes de François Hollande pour l’écriture de son discours commémoratif.
La commémoration devrait aussi être une occasion de rendre hommage aux tirailleurs sénégalais, qui ont eux aussi payé un lourd tribut dans cette bataille. « Pour des troupes venues d’Afrique, il y avait des souffrances particulières au froid, sans compter que le commandement était beaucoup plus dur avec les troupes coloniales », explique-t-il.

Regardez l’intégralité de l’interview de Nicolas Offenstadt :

Lien vers l’émission : Nicolas Offenstadt : « La bataille du Chemin des Dames a été marginalisée dans l’Histoire »

La Chanson de Craonne

On associe La Chanson de Craonne à cette bataille. Sur l’histoire de cette chanson, je vous propose de consulter l’article que lui consacre l’histeobox.

Après avoir traité de l’élaboration de cette chanson et son association à l’offensive au Chemin des Dames, l’article traite également fort bien de la question des mutineries de 1917 (grève ou refus de la Guerre ?) comme de la démythification de Pétain.

L’article d’histeobox conclut :

«La chanson de Craonne s’est progressivement imposée aux yeux de nos contemporains comme la chanson emblématique de la grande guerre. Elle jouit d’une aura particulière et des légendes tenaces continuent à courir sur son compte. D’aucuns affirment, alors qu’aucune source ne l’atteste, que les autorités militaires françaises auraient promis une forte récompense à quiconque dénoncerait l’auteur du morceau. Autre idée reçue, la Chanson aurait été interdite de diffusion sur les ondes jusqu’à une date récente. Or il n’en est rien!
Le morceau connaît aujourd’hui une nouvelle notoriété. De nombreux interprètes se sont essayés à ce morceau, notamment Marc Ogeret, les Amis d’ta femme (1998), Maxime Leforestier (2003), Sanseverino… Des films (l’adaptation d’un long dimanche de fiançailles par JP Jeunet) téléfilms consacrés à la guerre de 14-18 utilisent la chanson.
Pour terminer, laissons la parole à un des personnages du roman « Pain de soldat » écrit par Henry Poulaille en 1937: « Quand bien même on crèverait tous, elle résisterait elle, puisqu’elle avait tour à tour chanté les plateaux de Lorette, ceux de Verdun, ceux de Craonne. C’est la chanson née du peuple de la guerre. Elle est sans chiqué, sans art, elle est un cri. »»

Source image : Attaque française au Mont des Singes, Collection particulière – Plaque de verre stereoscopique sur la Premiere guerre mondiale © AFP / Josse / Leemage

Lyonel Kaufmann

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