Les jeunes Suisses sont de plus en plus nombreux à surfer sur Internet avec leur smartphone tout en regardant un autre écran. C’est l’une des conclusions de la deuxième étude JAMES sur les habitudes d’utilisation des médias par les 12-19 ans.
L’étude montre en outre que le thème de la protection des données personnelles sur les réseaux sociaux ne cesse de gagner en importance. Ainsi, 84% des utilisateurs (57% en 2012) de ces réseaux précisent qu’ils protègent activement leur profil en en limitant l’accès.
Mettre en lumière le Moyen Age, tout un problème | Fovéa

Dans le cadre de la première édition du festival du film médiéval qui débutera mercredi 24 octobre, Léa Hermenault, doctorante en archéologie médiévale et membre de l’équipe du festival, propose un article sur l’utilisation de la lumière dans les films traitant de la période médiévale. Cet article intéressera tous les enseignants utilisant des films de fiction en classe pour traiter du Moyen-Âge.
L’utilisation de la lumière dans les films dont l’action se déroule au Moyen Âge a connu de nombreuses variations. Dans son article, Lea Hermenault divise le XXème siècle en quatre grandes périodes : les débuts du cinéma, jusqu’aux années 1930 avec une lumière très expressive qui théâtralise l’intrigue et les personnages ; une période entre les années 1930 et 1950 durant laquelle l’utilisation du technicolor oblige à sur-éclairer les séquences et durant laquelle la lumière n’est pas ou très peu signifiante ; une période entre les années 1950 et les années 1980 durant laquelle la lumière est peu travaillée ; et enfin des années 1980 à nos jours, où l’on perçoit un regain d’intérêt pour le travail de la lumière et l’installation d’ambiances particulières qui participent, à son sens, de l’évolution de l’image qui est donnée du Moyen Âge.
L’article avec de nombreuses images en exemple : Mettre en lumière le Moyen Age, tout un problème | Fovéa.
Humanités digitales à l'école : être googliser ou être acteur? | Chronique no 136
Lorsque le cinématographe, puis la télévision ont fait irruption dans nos vies, ces technologies n’ont pas manqué de susciter le ravissement et l’effroi au sein de l’institution scolaire. Ravissement de certains s’imaginant qu’en diffusant un film ou une émission de télévision, le savoir allait passer directement dans le cerveau des élèves. Effroi d’autres devant la débauche de moyens face auxquels l’enseignant seul dans sa classe ne saurait durablement régater.
J’y ai repensé tout dernièrement en accédant à la page d’accueil du Google Cultural Institute ((http://www.google.com/culturalinstitute/)) qui met en ligne des archives numériques sur les grands faits de l’Histoire du XXe siècle. Une plate-forme qui permet aux internautes de consulter librement quelque 6 millions de photos, documents textes, films, provenant de dix-sept musées et instituts culturels de différents pays. Comment réagir et se positionner face à cette puissance de feu ? Assiste-t-on à la googlisation de la culture?
Plus près de nous et plus modestement, le site suisse d’information Swissinfo.ch a publié fin août sur Internet plus de 16.000 manuscrits de programmes diffusés par le Service des ondes courtes (SOC) entre 1939 et 1945. ((http://archives.swissinfo.ch/article.php)) Ces archives du SOC ont également fait l’objet d’un premier travail d’analyse au sein d’un séminaire de 2e année organisé par la section d’histoire de l’Université de Lausanne (UNIL), dont l’un des pôles de recherche est l’Histoire audiovisuelle du contemporain. Réalisés sous la conduite de François Vallotton, professeur, et de Raphaëlle Coutaz, assistante, ces travaux de séminaires permettent notamment de mieux appréhender la politique d’information et la manière dont la Suisse a voulu présenter son image à l’étranger pendant la Seconde Guerre mondiale. Disponible sur le site de Swissinfo.ch, un article présente le travail réalisé par les étudiants de l’UNIL. ((http://www.swissinfo.ch/fre/culture/Informer,_une_mission_delicate_en_temps_de_guerre.html?cid=33122990))
Bien sûr, les expériences technologiques passées en milieu scolaire ont montré qu’il y a loin de la coupe aux lèvres tant dans le ravissement que dans l’effroi. Néanmoins, nous n’avons probablement jamais été si proche d’un basculement du monde en la matière. Le monde de la recherche universitaire l’a déjà compris lorsque l’on recense les avancées relatives aux humanités digitales formalisant la rencontre entre les Sciences humaines et l’ère technologique. Elles préfigurent la façon dont demain le savoir sera transmis.
C’est ainsi que l’Université de Lausanne et l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) multiplient depuis une année les annonces et les initiatives dans le domaines des humanités digitales. En juillet, L’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) confirmait la création d’un laboratoire d’Humanités digitales et annonçait la nomination, à sa tête, du professeur Frédéric Kaplan, spécialiste de l’intelligence artificielle.
A la rentrée universitaire, infoclio.ch ((http://www.infoclio.ch)), le portail professionnel des sciences historiques en Suisse, lançait en ligne à l’intention des étudiants son Guide de l’information numérique en histoire. ((http://compas.infoclio.ch)) Ce Guide en ligne est divisé en trois chapitres : « Créer sa propre infrastructure numérique », pour présenter les programmes qui contribuent à faciliter la planification de son travail pendant ses études ; « Recherche spécialisée », pour savoir où trouver des informations et comment s’en servir ; « Soigner ses contacts et être actif ou active sur Internet », pour s’informer sur les réseaux sociaux et les autres moyens d’entretenir des contacts et d’être actif ou active sur Internet. Chaque chapitre est introduit par un petit film.
Au niveau scolaire, un projet conduit par des enseignants et formateur de la HEP Vaud prévoit de concevoir et de développer de nouveaux outils numériques (enquête sur le terrain, par exemple à travers la réalité augmentée) adaptés aux besoins pédagogiques et aux contraintes de nos enseignements en histoire, géographie et éducation à la citoyenneté faiblement dotés à la grille-horaire.
Traversons l’Atlantique avec le numéro d’Octobre de Perspectives, le bulletin de l’American Historical Association. Ce dernier numéro comporte un dossier spécial sous la forme d’articles et d’un forum en ligne consacré à l’histoire à l’ère des images digitales. Le dossier comprend une série d’articles sur l’utilisation de la technologie pour la gestion de la recherche en histoire. C’est ainsi que Carl Abbott présente la manière qui a permis aux scanners de démocratiser l’histoire. À l’ère de la surcharge d’information et les progrès technologiques, nos méthodes de recherche sont en constante évolution et, dans un autre article, Rachel Leow nous présente sa gestion avec le logiciel DevonThink de ces différents fichiers numériques ((http://www.historians.org/perspectives/issues/2012/1210/index.cfm))
Face au déferlement du numérique jusque dans le cartable de nos élèves via leurs smartphones et tablettes, il nous reste maintenant à choisir notre posture : voulons nous être googliser ou voulons nous être acteurs à l’ère des Humanités digitales?
Cet article est l’adaptation de ma chronique mensuelle du Café pédagogique. (No 136, Octobre)
Revue de presse : La Grande Guerre | Actualites de l'histoire
Certains commencent à s’agiter dans la perspective de la commémoration en 2014 du centenaire de la Grande Guerre. Voici une sélection de liens à ce propos.
Vivement que l’on pense à commémorer le centenaire de la Grande Paix.
No More Industrial Revolutions? | NYTimes.com
L’économiste Robert J. Gordon a récemment publié “Est-ce que la croissance économique américaine est terminée ?” – http://faculty-web.at.northwestern.edu/economics/gordon/Is%20US%20Economic%20Growth%20Over.pdf. Selon l’auteur, les innovations sont derrière nous. Pour lui, les 3 révolutions industrielles (la vapeur, l’électricité et l’ordinateur) ont engendré des périodes de croissances économiques de plus en plus courtes. En fait, estime-t-il, les 250 dernières années pourraient bien avoir été uniques dans l’histoire de l’humanité. La montée des inégalités, la mondialisation, la perte des avantages concurrentiels des Etats-Unis (éducation…) pourraient bien avoir raison de l’innovation.
A lire (en anglai) : No More Industrial Revolutions? – NYTimes.com. (via InternetActu)
Les Indiens à la conquête de l’Ouest | La Vie des idées
Dépasser le récit national : ce défi occupe les historiens depuis plusieurs décennies. Appliquée à l’Amérique du Nord, il a bouleversé notre compréhension de phénomènes historiques comme la « Conquête de l’Ouest ». Un historien finlandais propose, à travers l’histoire des Comanches, de pousser jusqu’au bout ce renversement de perspectives pour mettre en avant la puissance des Indigènes face aux Européens.
Le livre de Pekka Hämäläinen est paru aux presses universitaires de Yale en 2008. Hämäläinen est professeur d’histoire à l’Université de Californie à Santa Barbara puis à Oxford, formé aux universités d’Helsinki et du Nebraska. Il a rédigé un ouvrage qui correspond bien aux normes actuelles des collections historiques des presses universitaires américaines, soucieuses d’étendre leur public au delà du monde universitaire en abordant des thèmes qui entrent en résonance avec des problèmes contemporains.
La démarche d’Hämäläinen relève de ce qu’on appelle en anglais un revisionism. Il hérite cette posture et ce projet d’une génération antérieure d’historiens américains spécialistes des rapports entre indigènes et colons. Ces auteurs ont repris, pour essayer de lui tordre le cou, le vieux thème de la Frontière qui avait fait la gloire de Frederick Jackson Turner, figure centrale de l’école historique américaine au tournant du vingtième siècle dont les idées ont dominé l’histoire de l’Ouest jusque dans les années 1960.
Recensé : Pekka Hämäläinen, L’Empire Comanche, traduit de l’anglais par Frédéric Cotton, préface de Richard White. Toulouse, éditions Anacharsis, 2012, 599 p., 28 €.
Lire le compte-rendu : Les Indiens à la conquête de l’Ouest – La Vie des idées.
La Révolution française d'Albert Mathiez – Révolution Française
Albert Mathiez, La Révolution française, Paris, Bartillat, 2012, 658 p. Introduction de Yannick Bosc et Florence Gauthier.
Cette réédition rassemble en un seul volume les trois parties de l’ouvrage publiées entre 1922 et 1927 : La Chute de la royauté ; La Gironde et la Montagne ; La Terreur. Pour la première fois, La Révolution française est accompagnée d’un index, d’une chronologie et d’un appareil critique rappelant l’oeuvre et la vie d’Albert Mathiez. Le site Révolution française.net en propose le premier chapitre consacré à « La crise de l’Ancien Régime ».
Bonne lecture !
Pour lire le premier chapitre « La crise de l’Ancien Régime » : La Révolution française d’Albert Mathiez – Révolution Française.
Dans les méandres du Congo | Mediapart
Au moment où le sommet de la Francophonie se tient en République du Congo, ou Congo-Kinshasa, il est utile de revenir sur l’histoire mouvementée de ce pays.
A ce titre, la lecture de l’ouvrage de David Van Reybrouck «Congo. Une histoire»s’impose. Cette histoire remonte bien avant l’arrivée des Portugais au 16e siècle dans l’embouchure du grand fleuve. Comme l’indique également Van Reybrouck
«le Congo n’a pas à attendre Stanley pour entrer dans l’histoire. La région n’est pas vierge et le temps ne s’y est pas arrêté. À partir de 1500, elle participe au commerce mondial. Et même si la plupart des habitants de la forêt n’ont jamais été conscients d’un monde extérieur, ils mangent tous les jours des plantes provenant d’un autre continent », à savoir le maïs et le manioc, venant d’Amérique latine.
Cet ouvrage de plus de 700 pages est traduit aujourd’hui en français après être devenu un best-seller en Belgique néerlandophone et aux Pays-Bas. Pour Médiapart
Il constitue une entreprise presque aussi démesurée que son objet, un «pays de 2,3 millions de kilomètres carrés, aussi grand que l’Europe occidentale ou les deux tiers de l’Inde». Et un projet aussi hybride que son auteur, à la fois archéologue, journaliste, romancier et homme de théâtre, qui correspond à un genre, rarement en usage en France et beaucoup plus fréquent dans le monde anglo-saxon, que l’on nomme « non-fiction littéraire » et se situe entre l’historiographie scientifique, la littérature et le reportage.
Lire le compte-rendu (réservé aux abonnés): Dans les méandres du Congo | Mediapart.
La paix, toujours recommencée | La Vie des idées
Tout évolue dans le cours de l’histoire, y compris la façon d’écrire l’histoire elle-même. Longtemps portée par les chantres des « grandes nations », elle a donné un travers belliqueux à nos manuels d’histoire : l’exaltation des guerres du passé, des batailles et des grands généraux ont accompagné notre enfance. La réconciliation franco-allemande est certes passée par là, mais un bref coup d’œil à l’actualité littéraire nous convaincra que la gloire virile de la guerre (pour l’empire ou l’indépendance, peu importe) tient toujours une place dans les imaginaires nationaux, sur fond de drapeaux, fanfares et défilés militaires. Le culte du dieu Mars, c’est-à-dire de la violence organisée entre États, continue de faire recette auprès du grand public.
Dès lors, cela a-t-il un sens d’écrire un livre sur la paix internationale, cette figure modeste de l’histoire ? Régulièrement bafouée au nom de la « raison d’État », elle a certes pour elle sa patience infinie, qui lui confère quelque chose d’héroïque au regard de ses faiblesses évidentes. On la trouve toujours de retour au lendemain des grandes guerres qui ont dévasté notre continent, et elle est la compagne discrète des Européens de l’Ouest depuis bientôt soixante-dix ans. Elle a même connu une brève heure de gloire au moment de la chute du bloc soviétique — lorsqu’elle devint la clé de voûte d’une Union européenne bientôt élargie à vingt-sept membres.
L’ouvrage de Bruno Arcidiacono, historien des relations internationales, apporte un éclairage original à ce sujet en explorant la genèse de l’idée de la paix entre États.
Lire la suite : La paix, toujours recommencée – La Vie des idées.
Recensé : Bruno Arcidiacono, Cinq types de paix. Une histoire des plans de pacification perpétuelle (XVIIe-XXe siècles), Paris, PUF, 2011, 465 p., 32 €.
Google lance un musée numérique du XXe siècle | Ecrans
Google a annoncé aujourd’hui à Varsovie la mise en ligne d’archives numériques sur les grands faits de l’Histoire du XXe siècle, notamment sur l’Holocauste, le prix Nobel de la paix Nelson Mandela ou encore les événements de Mai 68 en France, provenant de dix-sept musées et instituts historiques dans le monde.
Les internautes peuvent désormais consulter librement, via la plateforme de Google Cultural Institut, quelque 6 millions de photos, documents textes, films, provenant de 17 musées et instituts culturels de différents pays.
La suite Google lance un musée numérique du XXe siècle- Ecrans.


