Le nomadisme de l’enseignant (entre les salles, entre plusieurs établissements, entre son domicile et son travail), et celui de l’élève (« migrant pendulaire » maison-école) n’est pas l’itinérance du commercial dans les moyens de transport. Les besoins de terminaux mobiles ne sont pas nécessairement les mêmes. En revanche la mobilité pose des problèmes spécifiques en établissement scolaire. Des problèmes techniques redoutables (généralisation des liaisons sans fil, sécurisation et journalisation des accès, authentification des usagers, gestion du parc, maintenance et renouvellement, compatibilité des ressources sur différentes plates formes, gestion des comptes d’accès aux ressources…), qui trouveront leur solution dans la généralisation des web-services. Mais surtout des problèmes pédagogiques : gestion de la classe, supervision des groupes, de l’attention des élèves, suivi du travail en dehors de la classe, éducation à un usage responsable des réseaux.
Être enseignant à l’ère du numérique, défis et opportunités
Généralement, je décroche très rapidement lorsque je visionne une conférence mise en ligne. Tel n’est pas le cas avec cette intervention d’Eric Sanchez sur l’enseignant et l’enseignement à l’ère du numérique. S’il part de son expérience dans l’enseignement supérieur, sa conférence interpelle tout enseignant et futur enseignant sur l’évolution de l’enseignement à l’ère numérique.
Eric Sanchez a le grand mérite de ne pas tomber dans l’idolâtrie béate devant le numérique, mais de jalonner et de documenter intelligemment le paysage de l’enseignement à l’ère du numérique.
See on Scoop.it – Médias sociaux et enseignement
Présentation de son intervention :
L’éducation est aujourd’hui soumise à un changement de référentiel ((cf Serres, M. (2011). Petite poucette. Séance inaugurale de l’Académie des sciences.)). Ce changement porte plus particulièrement sur les rapports qu’un apprenant entretient avec le savoir, sur les temps et les espaces éducatifs et sur l’importance du collectif dans l’apprentissage. Ainsi, les mutations en cours viennent interroger le rôle et la formation des enseignants qui d’une part bénéficient de nouvelles opportunités en terme de développement de pédagogies centré sur l’élève mais, d’autre part, doivent aussi affronter de nouveaux défis. En effet, les enseignants sont concurrencés, en tant que détenteurs du savoir, par un fantastique vivier de ressources largement ouvert et libre qui permet d’accéder à des connaissances sur un nombre incroyable de sujets. Leurs méthodes sont remises en question par la possibilité, pour tout-un-chacun, d’apprendre et d’exercer son imagination et sa créativité en utilisant des environnements numériques qui autorisent des expérimentations selon un nombre illimité de combinaisons. De plus, toujours connectés, ils sont sollicités partout et tout le temps et sommés de répondre sans délais. Dans un tel contexte, une réflexion sur ce que signifie être enseignant, aujourd’hui, et pour les trente prochaines années, apparait cruciale. Quels rôles les enseignants doivent et devront-il assumer ? De quelle formation devront-t-il bénéficier ?
Au final, je vous propose la citation suivante issue de son intervention ((intervention faite après avoir présenté une situation d’écriture collaborative fort intéressante en elle-même réalisée par ses étudiants à l’aide d’Etherpad. Cette production collective réalisée en direct à 20 étudiant-e-s ne serait, comme l’indique Eric Sanchez, impossible à réaliser de manière traditionnelle.))
«Il faut arrêter de se dire on va transposer des pratiques usuelles avec le numérique et on va faire moins bien finalement parce qu’on va forcer les choses, mais plutôt on va se dire « ok » ça nous offre des possibilités de faire des choses qu’on ne pouvait pas faire avant.»
Il n’en demeure pas moins que le défi reste entier et important lorsque l’on prend connaissance des résultats du mini-sondage réalisé par Eric Sanchez auprès de ses étudiant-e-s et futurs enseignant-e-s:

Capture d’un slide de la conférence d’Eric Sanchez
Mais l’institution scolaire a-t-elle un avenir si elle se déconnecte durablement de la société ? Deux mondes s’affrontent, mais le monde scolaire issu du 19e siècle prenait son sens en reproduisant le monde du bureau, de l’atelier et de l’usine que les élèves allaient rencontrer ensuite dans leur vie d’adulte. Ce monde a profondément changé de même que la culture de nos élèves et étudiants. Ce monde-là a aussi connu deux guerres industrielles mondiales…

Capture d’un slide de la conférence d’Eric Sanchez
A voir sur www.canal-u.tv
Le blog portfolio d’Eric Sanchez : http://comenius.blogspirit.com/
Revue de presse : L’hommage à Jules Ferry… plus complexe qu’on ne le croit ! | Mediapart
Ainsi, François Hollande commence son mandat présidentiel par un hommage à Jules Ferry et à Marie Curie. Si cette dernière fait consensus, la figure de Jules Ferry est l’objet d’un débat. On loue le fondateur de « l’école laïque, gratuite et obligatoire » ; on récuse le « colonialiste acharné », partisan de la supériorité de la « race » blanche. Dans les deux cas, il convient pourtant de complexifier les choses.
L’hommage à Jules Ferry… plus complexe qu’on ne le croit ! | Mediapart
Joe Sacco | du9, l'autre bande dessinée
Joe Sacco est un auteur utilisant la BD pour réalisé des formes de reportages historiques. Il est l’auteur de Gaza 1956 et de Gorazde (Guerre de Yougoslavie.
Tout ce qui intéresse le journalisme aujourd’hui appartiendra à l’Histoire demain. Il faut juste admettre qu’on ne peut rapporter correctement des événements quelques minutes seulement après qu’ils aient eu lieu. La radio, la télévision et internet fonctionnent peut-être sur ce principe mais ce n’est pas mon travail. J’essaie de brosser un tableau plus complet. Disons que je réalise un travail de journaliste en essayant de penser comme un historien.
Enfermé, limité, mais utilisé…. | Veille et Analyse TICE
Bruno Devauchelle nous gratifie à nouveau d’un excellent article relativement à l’intégration des TICE à l’école.
Son point de départ est la lecture du rapport fait par l’inspection générale sur l’expérience de Corrèze ((http://www.ordicollege.cg19.fr/index.php?option=com_content&view=frontpage&Itemid=2)) et plus généralement des expériences des utilisateurs des TIC en classe.
Il en ressort que la question de la simplification technique semble essentielle pour la réussite du développement des usages pédagogiques des TIC. ((La simplification technique s’applique ici aussi bien au matériel qu’au logiciel, que ce soit le logiciel système ou les applications.)) Ce constat de la simplification technique renjoint des constats déjà formulé ici.
Bruno Devauchelle pose ensuite un certain nombre de questions. Il relève notamment que c’est
dans l’écart entre des pratiques personnelles ordinaires et des pratiques professionnelles pionnières qu’il y aurait un frein au développement des usages.
Enfin concernant les tablettes numériques, le rapport et Bruno Devauchelle rejoignent un autre de mes constats à savoir que
L’arrivée des tablettes, comme le souligne le rapport de l’IGEN sur la Corrèze, pourrait bien être le vecteur clef pour l’usage dans la classe, car leur mode de fonctionnement semble correspondre avec ces contraintes à ces réalités humaines.
L’article Enfermé, limité, mais utilisé…. « Veille et Analyse TICE.
Tableau blanc interactif: l'impact sur la réussite n'est pas démontré
See on Scoop.it – Médias sociaux et enseignement
«Très peu d’impacts sur la réussite scolaire ont été documentés. Les deux principaux avantages des tableaux blancs interactifs sont la facilité pour l’enseignant de présenter du contenu et une augmentation de la motivation des élèves. Sauf que plusieurs recherches montrent que la motivation diminue avec l’usage.»
See on quebec.huffingtonpost.ca
