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Histoire Lyonel Kaufmann

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Nouvelles de l'histoire

Sac de plage : le voyage du SS Saint Louis (printemps 1939)

3 août 2018 by Lyonel Kaufmann

L’échec de la conférence d’Evian de juillet 1938 (voir notre précédent billet) n’empêche pas la  fuite des persécutés par tous les moyens. Le 13 mai 1939, le paquebot allemand Saint Louis embarque à Hambourg 963 personnes, des Juifs en fuite, à destination de Cuba qui avait accepté de les accueillir avant de se raviser. Le bateau tenta alors d’aller en Floride, les lumières de Miami étaient en vue mais les autorités américaines refusèrent tout débarquement. Ce fut le retour en Europe où les passagers furent finalement acceptés en Grande-Bretagne, en France et en Belgique. Dans ces deux pays, bientôt occupés, la plupart d’entre eux furent plus tard arrêtés et déportés.

Dans les Héritiques, l’écrivain cubain Leonardo Padura raconte leur histoire. Le journal Le Temps (Leonardo Padura rend un hommage aux «hérétiques») nous présente le livre :

« Sur cet épisode peu glorieux de l’histoire de son pays. Neuf cents Juifs sont à bord du SS. Saint-Louis. Ils doivent transiter par Cuba avant de rejoindre les Etats-Unis. Les billets et le visa leur ont été vendus à un prix exorbitant pour des gens que le régime nazi a privés de tous leurs biens. Mais dans le temps de la traversée, le gouvernement cubain change les conditions d’accueil et augmente les prix.

Au bout d’une semaine, le bateau repart. Les Etats-Unis et le Canada refusent à leur tour l’accès aux passagers. Le SS Saint-Louis traverse à nouveau l’Atlantique. Les candidats à l’émigration sont redistribués dans différents pays d’Europe. Les Kaminsky – les parents et la petite sœur de Daniel – restent aux Pays-Bas d’où ils seront déportés. Ils mourront dans les camps. Leur seule fortune – un petit portrait peint par Rembrandt – a disparu avec eux.

Et voilà qu’en 2007, ce témoin du passé resurgit dans une vente aux Etats-Unis. Le fils de Daniel Kaminsky, un peintre américain à succès, prend contact avec Mario Conde pour tenter de remonter le fil qui mène à ses grands-parents et au tableau. »

La carte du voyage du SS Saint Louis du 13 mai au 17 juin 1939:

L’article de Wikipedia (en anglais) sur l’histoire du paquebot (https://en.wikipedia.org/wiki/MS_St._Louis) et l’article de l’encyclopédie de l’Holocauste vous permettront d’en apprendre plus sur cet épisode peu glorieux qui n’est pas sans nous rappeler une actualité européenne récente.

Crédit photo : Le Saint Louis à La Havane en juin 1939. Source : Wikipedia.

A suivre : L’histoire de Gerda Blachmann, passagère du SS Saint Louis

Classé sous :Nouvelles de l'histoire

Sac de plage : Evian, juillet 1938: la conférence honteuse sur les réfugiés juifs

2 août 2018 by Lyonel Kaufmann

Depuis les lois raciales de Nüremberg (1935) qui faisaient des Juifs des citoyens de seconde zone et les privaient de leurs droits, toute l’Europe sut que ceux-ci étaient menacés dans leur existence. Des centaines de milliers d’entre eux tentèrent de fuir le Reich, en particulier après l’Anschluss de l’Autriche. A la demande des Etats-Unis, une conférence fut convoquée pour examiner la question. A Evian, en juillet 1938. Une certaine Golda Meir, nommée «observateur juif de Palestine», devenue plus tard Première ministre d’Israël, n’oublia jamais cette humiliation. Jacques Pilet, pour Bon pour la tête, revient sur ce moment honteux de l’histoire qui résonne dans l’actualité.

« C’est donc dans le bel hôtel Royal d’Evian que les délégués de 27 pays se réunirent du 6 au 15 juillet 1938. Ce fut un festival d’hypocrisie. Chacun dit sa préoccupation devant le sort des Juifs mais tous expliquèrent que malheureusement, il ne leur était pas possible d’accepter des réfugiés. Chacun avait sa raison. Le représentant helvétique, Heinrich Rothmund, du département fédéral de la police, invoqua la surpopulation étrangère en Suisse (9% à l’époque). Le chantre du combat contre la «Überfremdung» et la «Verjüdung» (judaïsation) était habitué à ce discours. C’est lui qui avait fait demander à l’Allemagne d’apposer le timbre «J» (pour Jude) sur les papiers des réfugiés juifs échappés d’Allemagne. Ce dont le président de la Confédération Kaspar Villiger s’excusa en 1995. »

Source et lire la suite (réservé aux abonnés) : Evian, juillet 1938: la conférence honteuse sur les réfugiés juifs – Bon pour la tête

A suivre…

Photo : Difficile de rester enfermé à se taper des discours, lorsque toutes les activités qu’offre Evian se trouvent à l’extérieur. Crédit : Quai Evian. Pixabay CC0 Creative Commons. Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise

Classé sous :Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

Sac de plage : Hommage connecté des auteurs suisses à Ferdinand Hodler à l’occasion de la Fête nationale

1 août 2018 by Lyonel Kaufmann

L’année 2018 marque le centenaire de la première guerre mondiale, mais aussi de la mort du peintre suisse Ferdinand Hodler, décédé le 19 mai 2018. En ce 1er août, à l’occasion de la fête nationale suisse, des auteurs se retrouvent sur twitter pour un fil en forme d’hommage avec des textes forts en 140 caractères…

16 écrivaines et écrivains trament un réseau de mots contre l’esprit souvent trop nationaliste avec lequel on aime s’approprier le génie du peintre, notamment durant cette année qui marque le centenaire de sa mort.

« Quand Hodler peignait Mönch Eiger et Jungfrau, il ne disait pas Je peins la Suisse éternelle, mais Je peins un paysage PLANÉTAIRE. »

Daniel de Roulet

Video 1 | Video 2 | Video 3 | Video 4 |

Les textes des tweets en PDF

Source : Home – Art et politique

Crédit tableau : Ferdinand Hodler, autoportrait, 1912

Classé sous :Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

Sac de plage : Grande Guerre et Révolution Russe : « une révolution » des femmes, pour les femmes ?

24 juillet 2018 by Lyonel Kaufmann

1917, la Russie débute sa révolution le jour de la célébration de la Journée internationale des Femmes. À la fin de la guerre, dans les plus hautes sphères politiques d’un pays en pleine guerre civile, des femmes participent à l’élaboration d’un nouvel équilibre mondial – et attisent l’intérêt de la presse française -, chronique de l’été par l’historien Nicolas Offenstadt sur France Inter et RetroNews. Dans sa chronique du 22 juillet 2018, il s’intéressait plus particulièrement à Alexandra Kollontaï (1872-1952).

Intellectuelle, militante de la première heure, exilée après la Révolution de 1905, Alexandra Kollontaï est une des grandes figures du bolchévisme, comme le souligne L’Humanité socialiste en 1919 :

« […] La Kollontaï est l’une des figures les plus importantes de la Révolution russe. […] À l’origine de la Révolution, elle avait largement contribué à développer l’indiscipline dans les troupes russes et à faire naître l’ardente volonté de paix qui a conduit les bolcheviks au pouvoir […] ; elle accepta même, en 1918, de partir en Europe avec Kamenev pour exposer aux socialistes anglais et français le point de vue bolchéviste sur la question de la paix. […]

Rien d’étonnant à ce que le gouvernement des Soviets lui ait confié cette importante mission. Contrainte à l’exil sous l’ancien régime, comme la plupart des militants russes, elle a dû faire de longs séjours hors de Russie. Elle parle certainement avec aisance et souplesse aux étrangers. »

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Journée internationale de la femme célébrée à Petrograd en 1917, au début de la révolution de février – Source Wikicommons

Surtout, elle devient la première femme ministre de l’histoire en s’occupant sous Lénine des affaires sociales et de la santé, participant à l’élaboration d’une législation progressiste en la matière. Après s’être éloignée des choix de Lénine lors de la paix de Brest-Litovsk, elle occupera différents postes diplomatiques.

C’est aussi une des premières fois dans l’histoire contemporaine qu’une femme occupe une telle fonction dans une conférence internationale. Quelques années après, Kollontaï devient représentante de l’URSS en Norvège avant d’occuper d’autres postes diplomatiques. Voici « l’Ambassadrice des Soviets », suscitant l’indignation à la fois genrée et anticommuniste de la presse conservatrice :

« Mme Kollontaï a dû être une fort belle femme. Elle a conservé un teint frais, des yeux doux et vifs, un petit nez, un ovale à peine alourdi, une voix suave […]. On comprend que naguère encore tant d’existences masculines – dont celle du ministre, l’aspirant Kryslenko – aient voulu vivre en satellites de ce bel astre carminé… Mais surtout l’ambassadrice est femme et sait s’habiller.

[…] L’ambassadrice sort pour de nouveaux discours sur le terre-plein où sont massés sous la pluie, près de feux de la Saint-Jean – Pardon ! de la Saint-Lénine – les scouts rouges et les camarades du dehors. […] Vous avez bien senti, n’est-ce pas, au cours de ce récit, à quel point les Soviets ont bouleversé la nature humaine, comment ils ont supprimé la hiérarchie, le capital, l’armée, la diplomatie, les toilettes, le protocole, les toasts… Ah ! »

Dans quelles mesures ce destin est-il emblématique ? À vrai dire, comme le souligne Alain Blum((A. Blum, « En trompe-l’oeil. La part des femmes », in Ajam, Carole, Blum, Alain, Coeuré Sophie, Dullin Sophie (dir.), Et 1917 devient Révolution…, Paris, Seul/BDIC, 2017, p. 41-42)), les femmes sont très peu présentes dans les organes dirigeants du mouvement bolchévik et peu aussi à l’Assemblée constituante. Plus généralement la question d’une guerre « émancipatrice » fait encore débattre les historiens et la réponse dépend en partie de la focale choisie.

Source :  Retronews

Crédit photo en-tête : Alexandra Kollontai, révolutionnaire russe, théoricienne sociale et femme d’État (1872-1952), en 1910. © Getty / Sovfoto / UIG

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Sac de plage : Margaret Hamilton, la femme qui a fait atterrir l’Homme sur la Lune

23 juillet 2018 by Lyonel Kaufmann

C’est grâce à une femme que l’Homme a pu marcher sur la Lune. Longtemps méconnue, Margaret Hamilton est à l’origine du succès de la mission Apollo 11, mais aussi du développement des logiciels informatiques.

Sans elle,  Neil Amstrong et Buzz Aldrin  n’auraient sans doute pas marché sur la Lune. Son nom est pourtant resté longtemps méconnu, il a d’ailleurs fallu 47 ans au gouvernement des Etats-Unis pour récompenser Margaret Hamilton de ses services… En aidant à développer les logiciels de la mission Apollo 11, elle a posé les bases de ce que sera l’informatique moderne.

En 2003, 27 ans après son départ de la NASA, l’agence spatiale lui remettra enfin un « Exceptionnal Space Act Award » pour l’ensemble de ses contributions scientifiques et techniques au programme Apollo. Le Dr Paul Corto, qui l’a nommée pour la récompense se déclare « surpris de découvrir qu’elle n’avait jamais été officiellement reconnue pour ses travaux pionniers. Ses concepts de logiciel asynchrone, de programmation des priorités, de tests de bout en bout et de capacité de décision humaine, comme l’affichage des priorités, ont posé les bases de la conception de logiciels ultra-fiables ». Non seulement Margaret Hamilton a créé les fondements de ce qu’est l’informatique moderne, mais elle est même l’origine du nom de sa discipline, le « software engineering », pour « génie logiciel ».

Quelques années plus tard, en 2017, elle reçoit la Médaille présidentielle de la liberté, remise par Barack Obama, la plus haute distinction aux Etats-Unis. Elle sort alors un peu plus de l’ombre. Elle n’était pourtant pas la seule femme, parmi les 400 personnes qui travaillaient sur le logiciel Apollo, comme le rappelait le roman Les Figures de l’ombre, de Margot Lee Shetterly, adapté au cinéma en 2016 :

A lire : Margaret Hamilton, la femme qui a fait atterrir l’Homme sur la Lune

Crédit image : Margaret Hamilton durant le programme Apollo.• Crédits : NASA

Classé sous :Nouvelles de l'histoire, Publications

Découverte d’outils de pierre de plus de 2 millions d’années en Chine | ICI.Radio-Canada.ca

11 juillet 2018 by Lyonel Kaufmann

La mise au jour en Chine d’outils en pierre, vieux de 2,12 millions d’années, repousse d’au moins 270 000 ans la présence de l’homme sur le continent asiatique, selon une étude publiée mercredi dans la revue Nature.

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Des archéologues examinent une pointe de quartzite découverte dans le sud du plateau de Loess en Chine. La pièce a plus de 2 millions d’années.

Jusqu’à aujourd’hui, les plus anciennes traces humaines « non africaines » dataient de 1,8 million d’années. Il s’agissait de restes humains mis au jour dans le Caucase, sur le site de Dmanissi, en Géorgie.

Ces outils ont été découverts par une équipe de chercheurs menée par Zhaoyu Zhu de l’académie chinoise des sciences à Shangchen, dans le sud du plateau de Loess en Chine. Ils ont été mis au jour avec des fragments d’os animal.

Cette découverte implique que les homininés [le groupe de l’homme et du chimpanzé, NDLR] ont quitté l’Afrique plus tôt que ne l’indiquaient les preuves de Dmanissi.

Robin Dennell, du département d’archéologie de l’université britannique d’Exeter, coauteur de l’étude

Lire la suite : Découverte d’outils de pierre de plus de 2 millions d’années en Chine | ICI.Radio-Canada.ca

Classé sous :Nouvelles de l'histoire

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