Si l’éducation civique figure dans la plupart des systèmes éducatifs européens, son importance varie selon les pays , explique une nouvelle étude d’Eurydice. « Les autorités éducatives accordent moins d’attention à l’éducation civique dans l’enseigneemnt professionnel que dans l’enseignement général », note par exemple l’étude qui relève aussi du flou dans le pilotage de cette éducation. Partout l’éducation civique est basée sur 4 objectifs : construire avec les autres, avoir une pensée critique, agir de façon responsable et agir démocratiquement.
L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert disponible intégralement en ligne
Pas moins de 6 années auront été nécessaires pour un travail de conservation et de collaboration sans précédent : l’Encyclopédie de Diderot, d’Alembert et Jaucourt est désormais disponible en ligne sur le site de l’Académie des Sciences, pour la première fois enrichie d’un appareil critique inédit. Une exposition à la bibliothèque Mazarine met en regard édition originale et édition numérique.

Crédit photo : ENCCRE / Bibliothèque Mazarine
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Pour accéder à L’Encyclopédie, allez sur le site dédié.
Antiquité et cinéma : 1. Egypte 2. Rome
Le blog « L’Antiquité au cinéma » nous promet trois billets sur cette thématique. Les deux premiers sont déjà publiés et méritent le détour. Le premier est consacré à l’Egypte antique et le deuxième à Rome. A consommer sans modération.
Le cinéma s’est très vite emparé de sujets historiques, et pourtant faire revivre des temps lointains n’est pas si aisé. Howard Hawks se plaignait amèrement pendant le tournage de Land of the pharaohs de ne pas savoir comment parlait et pensait un pharaon. La mise en scène du passé ne peut éviter le présent, du point de vue des connaissances archéologiques et historiques ou des préoccupations des artistes et du public.
Les collections de la BnF contiennent bon nombre de films inspirés par l’Antiquité. A partir du livre d’Hervé Dumont, L’Antiquité au cinéma : vérités, légendes et manipulations, qui recense les films des origines du cinéma à 2009. Le blog « L’Antiquité au cinéma en présente un bref panorama en trois billets de blog. Voici les liens des deux premiers.
1er billet : l’Égypte. Par la durée de sa civilisation, ses prestigieux souverains et son architecture monumentale, elle s’est imposée à l’écran dès les débuts du cinéma. Lire l’article : Antiquité et cinéma : 1. L’Égypte | L’Antiquité à la BnF
Pour sa part, la Rome antique, depuis la découverte du site de Pompéi au XVIII siècle, est devenue un riche thème d’inspiration pour les artistes du XIX, notamment pour les peintres, de Jean-Léon Gérôme à Lawrence Alma Tadema. Le cinéma naissant ne pouvait que s’en emparer, ce qu’il fit dès 1896 avec Néron essayant des poisons sur des esclaves, produit par les frères Lumière (n°797) et réalisé par Georges Hatot.
Les différentes périodes de l’époque romaine sont toutes représentées à l’écran, avec cependant le poids particulier de celle des empereurs, marquée par quelques figures de dirigeants monstrueux, d’une catastrophe (l’éruption du Vésuve) et par la persécution des chrétiens, prétextes à de multiples scènes de débauche et de supplices. La suite : Antiquité et cinéma : 2. Rome | L’Antiquité à la BnF
Référence de l’image d’en-tête : Georges Méliès, le Monstre, 1903
« Médias numériques : entre opportunités et risques » : l’exemple de la Culture du Remix
Dans le cadre du cycle de conférences organisé par l’Université et la HEP Vaud et intitulé « Multiplication des réalités : nouvelles ressources ou désinformation ? », j’interviendrai le jeudi 16 novembre avec Adrian Holzer (EPFL, Collège des Humanités) autour de « Médias numériques : entre opportunités et risques) ».
En amont de ces conférences, les intervenants proposent une ou plusieurs ressources et réflexions aux participant.e.s.
Ce billet regroupe donc quelques ressources à leur intention que je mets à disposition plus largement. Je le compléterai, le cas échéant, au fur et à mesure de la préparation de mon intervention.
Multiplication des réalités : nouvelles ressources ou désinformation ?
Avant de présenter les ressources, une présentation du cycle de conférences organisé conjointement par la « Faculté des lettres, Université de Lausanne (UNIL) et l’UER Didactiques des sciences humaines et sociales, Haute école pédagogique du canton de Vaud (HEP Vaud).
A l’ère des « faits alternatifs », où la manipulation des faits domine leur vérification, différentes versions du monde se créent et s’entrechoquent. Que croire ? Que voir ? Qui écouter ? Dans quels mondes vit-on ?
Quelles sont les techniques – rhétoriques, cognitives, politiques, algorithmiques, narratives et visuelles – qui permettent de bâtir ou dissoudre des cohérences, des effets de réel ? Et quel rôle les moyens de communication actuels jouent-ils dans la multiplication de ces réalités non factuelles ?
Pour en savoir plus : http://www.formation-continue-unil-epfl.ch/formation/multiplication-realites-nouvelles-ressources-desinformation/
Culture du Remix, Culture du libre, viralité et la question de l’auteur : matériaux de base
Ce chapitre regroupe 4 ressources de base en prévision de mon intervention pour en poser le cadre.
Remix Culture | Wikipedia
Remix culture, sometimes read-write culture, is a society that allows and encourages derivative works by combining or editing existing materials to produce a new creative work or product. A remix culture would be, by default, permissive of efforts to improve upon, change, integrate, or otherwise remix the work of copyright holders. While a common practice of artists of all domains throughout human history, the grow of exclusive copyright restrictions in the last several decades limits this practice more and more by the legal chilling effect. As reaction Harvard law professor Lawrence Lessig, who considers remixing a desirable concept for human creativity, works since the early 2000s on a transfer of the remixing concept into the digital age. Lessig founded the Creative Commons in 2001 which released Licenses as tools to enable remix culture again, as remixing is legally prevented by the default exclusive copyright regime applied currently on intellectual property. The remix culture for cultural works is related to and inspired by the earlier Free and open source software for software movement, which encourages the reuse and remixing of software works.
Lien : https://en.m.wikipedia.org/wiki/Remix_culture
Re-examining the remix (vidéo)
Intervention de Lawrence Lessig at TEDxNYED. Former « young Republican » Larry Lessig talks about what Democrats can learn about copyright from their opposite party, considered more conservative. A surprising lens on remix culture.
J’ai eu l’idée de cette vidéo en prolongement de l’intervention du jeudi 2 novembre 2017 de Thierry Herman consacré à la rhétorique de Donald Trump lors du cycle de conférences.
Lien : Lawrence Lessig: Re-examining the remix | TED Talk | TED.com
Les Licences Libres : entrez dans la Culture du Remix – 03 – Pair-à-Pair (vidéo)
Mise en évidence notamment des 4 libertés énoncées par Richard Stallman, activiste du libre :
1) Liberté d’utilisation
2) Liberté d’étudier
3) Liberté de modification
4) Liberté de diffusion
Lien : https://m.youtube.com/watch?v=rb_t86BcqwI
Remix Culture : l’âge des cultures expressives et des publics remixeurs ?
Laurence Allard, maîtresse de conférence, Sciences de la communication, Université Lille 3, Lab-Agence Politechnicart. Remix Culture : l’âge des cultures expressives et des publics remixeurs ?
Le texte : http://www.jeunes.gouv.fr/IMG/pdf/RemixCulture.pdf
Culture du Remix, Culture du libre, viralité et la question de l’auteur : matériaux de base : pour aller plus loin
Voici quelques ressources complémentaires pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin relativement à cette thématique.
Le Remix, noeud de la pop culture
Être internaute, c’est être « remixeur »; À coup de likes, de tweets, de hashtags et de commentaires, on prend à longueur de temps des portions d’oeuvres existantes que l’on cite et que l’on transforme.
La culture « transformative » est le centre d’une nouvelle architecture médiatique dans laquelle nous sommes tous des spectateurs et des diffuseurs.
Lien : Le remix, noeud de la pop culture. – Ludovic Jokiel – Medium
«Nous proclamons une culture du remix» | Migros pour-cent culturel
Le mouvement Public Domain demande un accès électronique illimité aux œuvres tombées dans le domaine public. Qu’est-ce que cela apporte aux artistes et aux médiateurs? Le dernier tome de la collection Edition Digital Culture du Pour-cent culturel Migros en donne un aperçu.
En Suisse, un groupe d’artistes du virtuel, de programmateurs et de scientifiques s’engage depuis quelques années pour une confrontation avec des œuvres dont les droits d’auteur ont expiré. Mais cela ne veut pas dire que les œuvres tombées dans le domaine public sont accessibles publiquement à partir de cette date. «Public Domain» reprend cette discussion autour des droits d’auteur et de la numérisation dans le nouveau tome de la collection Edition Digital Culture du Pour-cent culturel Migros. Mario Purkathofer, directeur artistique du Dock 18 – Raum für Medienkulturen der Welt (Dock 18 – Espace pour les cultures médias du monde), est un des protagonistes auquel on y donne la parole.
Lire l’interview de Mario Purkathofer : «Nous proclamons une culture du remix» | Pour-cent culturel Migros
Culture du remix, culture du buzz : aspects juridiques de la viralité
La semaine dernière, j’ai eu le grand privilège d’intervenir devant la Licence pro « Animation de Réseaux et de Communautés » (@LpTicArc pour les intimes), lancée par Olivier Ertzscheid à l’Université de La Roche-Sur-Yon. Non content de pouvoir participer à la première année de cette formation innovante, Olivier m’avait demandé de traiter un sujet qui me tient particulièrement à coeur, à savoir celui des pratiques transformatives (mashup, remix, détournements, mèmes, etc) et de la dissémination des contenus sur Internet.
Lire la suite : Culture du remix, culture du buzz : aspects juridiques de la viralité
Le domaine public pour favoriser la culture du remix
Lien : https://martouf.ch/2010/10/le-domaine-public-pour-favoriser-la-culture-du-remix/
La culture du remix et la créativité chez les amateurs : un dilemme pour le droit d’auteur
De nombreux observateurs parlent aujourd’hui de l’avènement de “l’ère du remix”, une pratique rendue possible grâce à la généralisation de l’accès à des technologies informatiques très élaborées permettant de réarranger, d’assembler ou de remixer des œuvres existantes pour en créer une nouvelle. Ils donnent ainsi le sentiment que la création de reprises est un phénomène très récent; or, un bref retour en arrière sur l’histoire de l’humanité nous révèle qu’il n’a en fait rien de nouveau.
Lien : http://www.wipo.int/wipo_magazine/fr/2015/03/article_0006.html
Le Wiki de Laurence Allard
Thèmes de recherche :
- Pratiques expressives digitales (web 2.0, remix, internet mobile, pratiques transmédiatiques, financement participatif, télévision sociale, MOOC et savoirs situés, économie créative des talents numériques mobiles, snapchat, youtubeurs deuxième vague, periscope, musicaly…)
- Mobile et société (jeunes, femmes, santé, monnaie mobile, développement, diplomatie digitale, mobile et création-photo/vidéo, arts mobiles…)
- Anthropologie des data, capteurs et autres puces (Internet des choses/Internet des sens/Internet des lieux/Biosocialité connectée/Smartcitizenship/datapolis/contre-faire/post-digital/blockchain)
Son Blog sur la culture mobile
Site de l’association Citoyens Capteurs (en travaux)
Site du projet CitizenWatt (en travaux)
Page accueil du wiki: Accueil
Complément
Ma présentation lors du cours UNIL/HEP Vaud : De la culture du remix à une histoire digitale.
Saint Maurice et Captain America, des héros noirs ? – Actuel Moyen Âge
La semaine dernière est sorti le dernier Marvel, Thor : Ragnarok. Les héros de ces films s’adaptent aux évolutions de la société. De même au Moyen Âge, certains saints sont profondément transformés.
La compagnie Marvel, qui, à part produire quatre blockbusters par an depuis dix ans et pour les trente prochaines années, fait aussi des comics (si, si), s’est engagée depuis quelques années dans un vaste processus d’adaptation des héros à la société contemporaine.
On a vu notamment apparaître des héros gays, des héroïnes lesbiennes et des héro.ïne.s trans.
Surtout, Marvel joue sur la nationalité de certains héros : Miss Marvel devient indienne et Captain America devient noir, Sam Wilson (alias le Faucon) remplaçant Steve Rogers.
On retrouve cette diversification au cinéma : dans les films Thor, Heimdall, dieu viking, est joué par Idriss Elba, fait râler un grand nombre de nationalistes américainslors de la sortie du premier film.

Au Moyen Âge aussi, les évolutions sociales et culturelles forcent souvent à adapter les héros.
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Ces possibles réformes scolaires : penser global, agir local avec le numérique
Depuis fin août, trois moments m’ont interpellé dans leur singularité et leur convergence dans l’approche à suivre dans le numérique éducatif.
Ludovia#14 : BarCamp sur la formation
Dans la cadre de la 14e édition de Ludovia, j’ai eu le plaisir d’animer un barcamp consacré à la formation. Le thème proposé proposait une réflexion et la détermination de moyens d’action afin de construire une formation au numérique pour toutes et tous et dépassant les (seuls) geeks.
Il était proposé de réfléchir autour de quelques axes : qui sont les acteurs de la formation au numérique ? Comment articuler la verticalité de la formation avec l’horizontalité induite par le numérique ? Comment articuler cette formation au numérique avec les dispositifs pédagogiques qui émergent à l’école, avec les modèles traditionnels de la formation ?
Réunissant une bonne vingtaine de formateurs du primaire, du secondaire et du supérieur très motivés, ce barcamp a permis de poser les enjeux, les obstacles à la généralisation de cette formation. Il a aussi fait émerger des éléments de solution (lire le compte-rendu de Caroline Jouneau-Sion http://ludovia.org/2017/synthese-du-barcamp-formation-depasser-les-seuls-geeks-construire-une-formation-au-numerique-pour-toutes-et-tous-quels-acteurs-de-la-formation/).
Dans les moteurs pour une telle généralisation, les participant.e.s ont relevés le rôle des pairs autour des notions de collaboration, de co-formation, de partage de compétences et de mutualisation. C’est une conception horizontale de la formation qui est ainsi apparue.
Parmi les freins, les participant.e.s ont souligné que les enseignant.e.s ont une vision du numérique qui mettrait de côté les contenus, oublie les savoirs, transforme l’école en lieu d’animation. Par ailleurs, le mot « peur » est largement cité : peur pour son métier, peur de l’échec, peur du temps passé, peur de s’exposer.
Pour dépasser ces freins, les participant.e.s ont indiqué que l’accompagnement à l’échelle locale était l’échelle la plus pertinente pour former au numérique ces enseignants peu assurés et peu autonomes. Il s’agirait de créer des communautés apprenantes intercatégorielle au sein des établissements permettant de répondre aux besoins. Il s’agit également d’être conscient que cette échelle d’une formation partant d’une équipe pédagogique d’établissement et de son projet comporte une prise de risque, car certains établissements ou certaines équipes pédagogiques ne seront demandeuses de rien et ne s’engageront pas dans une réflexion éducative autour de la place des questions numériques à l’école.
Première rentrée de la ministre vaudoise de l’éducation
Le 15 août dernier, Cesla Amarelle, nouvelle ministre de l’éducation du Canton de Vaud (Suisse) depuis le 1er juillet, annonçait lors de sa conférence de rentrée que l’éducation numérique à l’Ecole serait l’un des grands chantiers de la législature. Rompant largement sur le fond et la méthode avec les pratiques du Département de la jeunesse et de la formation, elle lançait un appel au sein des établissements scolaires pour mener des projets pédagogiques non pas autour du numérique mais avec le numérique. Il s’agit de ne pas généraliser d’emblée des mesures, par exemple, l’usage de tablettes dans tous les établissements scolaires, mais de partir des initiatives des établissements.
Pour initier la démarche, en décembre 2017, une journée cantonale sur la place de l’éducation numérique sera organisée, où enseignants, directeurs et chercheurs discuteront des expériences menées dans ce domaine.
Par ailleurs, un inventaire de toutes les mesures et de tous les projets mis en place dans les écoles vaudoises est en cours et un comité de pilotage pour le développement de l’éducation numérique a été constitué.
En procédant de la sorte, la nouvelle ministre opère une double révolution. Premièrement, en appelant directement les équipes pédagogiques à présenter et déposer des projets, la démarche se veut bottom up dans un département fonctionnant dans une forte à très forte verticalité (top down). Deuxièmement, en rompant avec la question du matériel d’abord avant de s’intéresser aux usages et pratiques pédagogiques, elle remet au centre la question des démarches et projets pédagogiques recourant à des outils numériques.
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Maison de l’éducation à Besançon et les projets attendus des équipes pédagogiques.
Le lundi 18 septembre, l’académie de Besançon lançait la maison universitaire de l’éducation. Ce projet prévoit de regrouper l’ensemble des organismes chargés de la formation des enseignants de la maternelle au lycée en un seul et même lieu. Les professeurs trouveront ainsi sur place différents interlocuteurs comme l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education, Canopé, le réseau de création et d’accompagnement pédagogiques, anciennement le Centre Régional de Documentation Pédagogique, et tous les services académiques en charge de la formation des enseignants.
Jean-François Chanet, recteur de l’Académie, a indiqué en ouverture attendre beaucoup du partenariat avec la recherche dans la formation et l’accompagnement des enseignants.
Pour sa part, Catherine Caille-Cattin, directrice de l’ESPE de Bourgogne, a lancé son année académique en indiquant aux étudiants qu’elle souhaitait qu’ils deviennent tous des chercheurs-praticiens.
Pour le recteur de l’académie de Besançon, il faut plus de collectif.
Dans la table ronde de la matinée, Éric Sanchez, maître de conférences HDR, e.Education, Institut français de l’Éducation, professeur au Centre d’Enseignement et de Recherche pour la Formation à l’enseignement (Université de Fribourg, Suisse) et professeur associé à l’Université de Sherbrooke (QC, Canada), a insisté sur les démarches où chercheurs et enseignants collaborent pour produire des savoirs sur l’école. Dans ce cadre, il s’agit pour Eric Sanchez d’une redistribution à la fois des savoirs et des territoires. Les enseignants ne sont pas des simples usagers. Ils sont également co-concepteur de la ressource. Il ne s’agit nullement de démarches nouvelles puisque les principes des recherches-actions remontent à 70 ans.
Depuis les années 2000, on parle de recherches orientées par la conception (co-construire des savoirs). A l’université de Fribourg, un laboratoire de conception pédagogique a été initié. Les points saillants suivants ressortent :
- la nécessité qu’il y ait des professionnels qui travaillent et la nécessité de disposer de méthodologies;
- la nécessité d’avoir des gens capables d’être des passeurs entre le monde de la recherche et les praticiens;
- la question de l’institutionnalisation des pratiques
Pour créer l’étincelle et la rencontre entre ses deux mondes, plutôt que de détruire des lieux de rencontre comme avec l’INRP, il convient pour Eric Sanchez d’institutionnaliser de tels lieux de rencontre, basés sur la mise en place de projets réunissant chercheurs et enseignants.
Pour Margarida Romero, professeur des universités à l’université de Nice et directrice du Laboratoire LINE Laboratoire d’Innovation et Numérique pour l’Éducation (#fabLINE), la communauté école doit prend en charge ces démarches avec de vrais enseignants-chercheurs qui se sentent impliqués. Ils seront des passeurs entre ce qui se fait en recherche et ce qui se fait en école. Il faut concevoir une formation continue et des recherches faites plus du bas vers le haut.
Pour conclure
Dans les trois cas, en procédant de la sorte sans discours moralisateur, idéologique ou englobant, les projets et démarches veulent remettre les enseignants et les équipes pédagogiques au cœur des démarches et des projets recourant aux technologies et outils numériques. Il s’agit d’initier des démarches rompant avec les principes du top-down pour les remplacer par des démarches bottom-up.
En revenant au billet d’août 2017 (Eight Anniversary of Blog) de Larry Cuban((voir notre billet précédent : Ces possibles réformes scolaires selon Larry Cuban)), professeur à Stanford et historien de l’éducation, celui-ci indiquait qu’aux Etats-Unis, depuis le milieu du 19e siècle jusqu’aux premières décennies du XXIe siècle, l’histoire des réformes top-down est une histoire des efforts ayant échoué pour modifier ce que les enseignants font tous les jours dans leurs classes. Il y inclut les nouveautés et façons d’enseigner la lecture, les mathématiques, les sciences ou l’histoire depuis un siècle.
Quand il y a eu des changements profonds dans l’enseignement en classe, les enseignants ont été impliqués dans la planification et la mise en œuvre de ces réformes. Lorsqu’il s’agit de modifier radicalement des pratiques enseignantes, il est impératif de travailler étroitement avec les enseignants dès le début d’un changement prévu en utilisant leurs compétences existantes et en développant leurs connaissances et leurs compétences.
Cuban indique également qu’au fil des décennies, les professeurs expérimentés sont devenus allergiques aux exigences des réformateurs de changements rapides et profonds de leur travail au quotidien dans les classes.
Ainsi donc, en suivant Cuban, il convient donc d’anticiper et de donner du temps au temps aux enseignant.e.s pour co-construire avec eux les changements à apporter à leurs pratiques quotidiennes en classe. Pour autant, la modestie s’impose et d’autres facteurs entrent en jeu, car si la méthode top-down amène à un échec des réformes scolaires, le seul renversement de la démarche ne garantit pas, à elle seule, la réussite d’une modification des usages, outils et pratiques pédagogiques.
Néanmoins, concernant le numérique éducatif, l’enjeu consiste à réaliser concrètement un programme permettant de mettre en œuvre la maxime « Penser global, agir local ». C’est une des seules, pour ne pas dire, la seule manière, à mon avis, pour le système éducatif et plus largement la société entière d’échapper à l’engloutissement du sytème éducatif dans les objectifs et projets des Google, Apple, Microsoft et Facebook.
Ce billet a été publié en premier sur le site du Café pédagogique sous le titre « École numérique : penser global, agir local ». Il est l’objet de ma chronique mensuelle du mois d’octobre 2017.
