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Histoire Lyonel Kaufmann

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Nicola Lo Calzo : «Nous sommes tous les héritiers et héritières de l’esclavage»

17 juillet 2018 by Lyonel Kaufmann

Depuis 2010, le photographe italien Nicola Lo Calzo travaille sur une série intitulée Cham, qui questionne la mémoire de l’esclavage. «Je n’ai pas la prétention de donner des réponses,explique-t-il. Il s’agit plutôt de poser des questions, de m’interroger et de nous interroger sur notre propre présent, de le déconstruire à travers une perspective historique, pour mieux en saisir sa complexité. Pourquoi ces pratiques existent-elles aujourd’hui, à quels besoins identitaires répondent-elles? Dans quelle mesure peuvent-elles façonner l’identité d’un peuple, d’une famille ou d’une personne? Pourquoi sont-elles souvent considérées comme des mémoires marginales et communautaires, alors que l’esclavage a été un phénomène global dont nous sommes tous les héritiers et héritières?»

Après s’être rendu en Afrique de l’Ouest, aux Caraïbes et aux États-Unis, Nicola Lo Calzo poursuit actuellement son projet en Sicile, avec le soutien du Prix Élysée 2018-2010, pour lequel il a été nominé. Deux livres ont déjà été publiés dans le cadre de ce projet, Obia(éditions Kehrer) en 2015 et Regla (éditions André Frère et Kehrer) en 2017.

Cham, Série «Obia», Adrien Ajintoena, Village de Charvein, Guyane française, 2014 | Nicola Lo Calzo / Courtesy of L’agence à Paris et Dominique Fiat
Cham, Série «Obia», Adrien Ajintoena, Village de Charvein, Guyane française, 2014 | Nicola Lo Calzo / Courtesy of L’agence à Paris et Dominique Fiat

«Quand je parle des mémoires de l’esclavage, j’entends certaines pratiques d’ordre culturel, religieux et social élaborées pendant la période coloniale et la traite européenne des Africaines et Africains et qui perdurent encore aujourd’hui. Cham est un projet photographique certainement ambitieux, le vaste champ de recherches étant à la mesure du phénomène planétaire qu’a été l’esclavage, mais je n’ai pas la prétention de donner des réponses.»

Source et lire l’article entier : «Nous sommes tous les héritiers et héritières de l’esclavage» | Slate.fr

Classé sous :Opinions&Réflexions

A écouter : Patrick Boucheron : « Ecrire l’Histoire, c’est donner à comprendre la manière dont un peu de temps se plie dans l’espace »

16 juillet 2018 by Lyonel Kaufmann

Il nous dit de refuser l’arrogance du présent, le Moyen Âge est son terrain de réflexion. Branchez vos radios, Patrick Boucheron fait sa Masterclasse. Quel bel été !

Extraits choisis :

« On doit refuser l’arrogance du présent. On a quelque chose à apprendre du passé, qui n’est pas seulement l’antonyme de notre modernité. »

« J’ai eu la chance d’avoir des enseignants, Jean-Louis Biget notamment, qui voulaient nous délivrer, au sens propre du terme, nous sortir des livres. Nous montrer que l’Histoire c’est pas dans les livres, c’est aussi dans les lieux où elle se fait. Et pour la vivre, pour la saisir dans son intensité, il fallait sortir de chez soi. Je suis allé en Sicile, au Portugal… »

Source : Patrick Boucheron : « Ecrire l’Histoire, c’est donner à comprendre la manière dont un peu de temps se plie dans l’espace »| France culture

Crédit photo : Patrick Boucheron• Crédits : ULF ANDERSEN / AURIMAGES – AFP

Classé sous :Histoire savante, Opinions&Réflexions

Sac de plage : Le goût de l’archive à l’ère numérique | Projet éditorial

15 juillet 2018 by Lyonel Kaufmann

Frédéric Clavert (frederic.clavert@uni.lu) et Caroline Muller (caroline.muller@univ-reims.fr) nous présente l’objet de leur projet éditorial dont vous pouvez suivre la passionnante élaboration en ligne. Concernant l’origine du projet, voici la discussion collective initiale autour d’un tweet. Un passionnant working progress qui se lit comme un roman policier. A tester à la plage ?!

« En 1989, Arlette Farge publie Le goût de l’archive. Elle y décrit ce que tout·e historien·ne a pu vivre en centre d’archives : une relation très intime à nos sources primaires – relation indirecte aux personnages du passé, issu·es des élites ou du peuple -, que l’on s’approprie physiquement – à la fois par la commande et le dépouillement des « boîtes » d’archives – et intellectuellement – par la prise de note. Cette relation intime s’inscrit dans un espace particulier, le centre d’archives. Malgré toutes les différences d’un centre à l’autre, nous y fixons des rites (notre place préférée, notre rythme préféré, etc). Cette relation intime, ces rites, sont des éléments déterminants de notre travail d’historien-ne-s, qui conditionnent pour partie leur interprétation de nos sources et, ainsi, le récit du passé que nous en tirons. Traduit en plusieurs langues, ce livre a eu un succès international rare.

New York Times. Salle de Presse (1942). Crédit image : Pixabay. CC0 Creative Commons. Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise

Près de trente ans après la publication du Goût de l’archive , si la numérisation massive des données est, aujourd’hui, très loin de concerner toutes nos sources, si les administrations, entreprises, associations ou particuliers sont encore loin d’une production exclusivement numériques de leurs documents – nos sources futures –, la mise en données des archives présentes et futures avance à très grand pas et bouleverse notre relation à nos sources. De plus en plus, nous consultons non des boîtes de papier commandées dans un centre d’archives, mais des PDFs en ligne, des bases de données constituées par nous, pour nous ou que nous détournons parfois de leur usage d’origine. Nombreux sont les corpus désormais constitués, exclusivement ou non, directement à partir de nos ordinateurs personnels, et, dans certains cas, à partir de serveurs bien plus puissants à même de gérer des quantités inédites de sources. Les séjours en centres d’archives se sont transformés, par l’introduction de nouvelles médiations entre nous et nos sources : celle de l’appareil photo, celle de l’ordinateur et de ses logiciels, très variés, que nous utilisons.

Notre relation aux sources s’en voit nécessairement changée. Si d’autres ouvrages ont déjà abordé cette question, peu l’envisagent sous l’angle qu’Arlette Farge avait donné au goût de l’archive: celui de l’intimité entre les historien·nes et leurs sources, celui du rapport physique et intime aux sources primaires, celui des rites que nous instaurons quand nous visitons un centre d’archives.

L’ouvrage que nous proposons a pour but de se poser la question de l’appropriation par l’historien·ne de ses sources à l’ère numérique. Ont-elles toujours le même goût? Quels sont nos nouveaux rites?

Ce projet est né d’un message ayant rencontré une préoccupation partagée par plusieurs d’entre nous sur un réseau social numérique. Il a aussi pour ambition d’investiguer un mode d’écriture différent, collaboratif, en ligne, connecté, car le livre physique – écrit par Arlette Farge – est lui aussi en pleine mutation.»

La table des matières (état au 15 juillet 2018) :

  • Introduction : le goût de l’archive à l’ère numérique
  • Le goût de l’API
  • Autour d’une machine à café virtuelle. Twitter et les historien·nes
  • De la Wayback Machine à la bibliothèque : les différentes saveurs de l’archive du Web …
  • Le goût des photographies anciennes en ligne : de la mise en bouche à l’indigestion
  • Faire de l’histoire, un casque sur les oreilles : le goût de l’archive radiophonique
  • Les historiens numériques rêvent-ils d’archives électroniques ?
  • Feuilleter la presse ancienne par Giga Octets
  • Enseigner et transmettre l’archive numérique : un exemple dans une licence de sciences humaines
  • De la source à l’image : y a-t-il une philologie numérique ?

Source : http://www.gout-numerique.net

Crédit photo : Pixabay CC0 Creative Commons. Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise

Classé sous :Histoire savante, Humanités Digitales, Opinions&Réflexions

« Je fabrique, donc je sais » ou le retour de la culture pragmatique | Ann-Louise Davidson

13 juillet 2018 by Lyonel Kaufmann

Ann-Louise Davidson, professeure au Département d’éducation de l’Université Concordia, s’applique à démontrer que l’univers numérique dans lequel nous baignons n’est ni compliqué ni réservé aux experts en programmation. J’ai eu le plaisir de la rencontrer durant mon séjour ce printemps à l’occasion du sommet du numérique à Montréal. Elle est interviewée ici par la journal Le Devoir. Points forts.

Ann-Louise Davidson a elle-même été initiée au début de l’adolescence au langage de la programmation, le « code ». Elle se réjouit des initiatives lancées au Canada et aux États-Unis pour l’enseigner dans les écoles, tout en demeurant sur ses gardes. « Il y a tout un mouvement qui est train de prendre forme, mais apprendre à coder, ce n’est pas suffisant. Il faut apprendre à faire quelque chose avec le code. »

https://youtu.be/uTEzpk0i5Yw

Selon elle, la programmation informatique est avant tout un outil permettant de créer des objets ou de l’information, et surtout de mieux comprendre le monde dans lequel nous évoluons. « Quand on est capable d’utiliser ses connaissances au quotidien, on peut sauver ses objets, ses finances et se protéger comme consommateur. »

Elle souhaite que notre société renoue avec sa « culture pragmatique » et remette en valeur la fabrication de biens ou d’information, pour que les consommateurs deviennent aussi des producteurs. « Je fabrique, donc je sais », résume-t-elle, en adaptant la célèbre formule du philosophe René Descartes.

À l’époque, le boulanger pouvait faire du pain, mais il savait aussi construire une maison, illustre la professeure. Pourquoi ne pourrions-nous pas à notre tour cumuler les aptitudes, y compris celles qui touchent le monde numérique ?

« Ce que je voudrais, c’est que l’école soit un peu plus en lien avec le réel et un peu moins théorique, affirme-t-elle. C’est certain que la théorie fait partie de la scolarisation, mais il y a autre chose. »

Source : Ann-Louise Davidson appelle au retour de la culture pragmatique | Le Devoir

Crédit photo : Annik MH de Carufel Le Devoir. La professeure Ann-Louise Davidson devant la table de jeux qu’elle a créée avec ses étudiants.

Classé sous :Humanités Digitales, Médias et technologies, Opinions&Réflexions

Découverte d’outils de pierre de plus de 2 millions d’années en Chine | ICI.Radio-Canada.ca

11 juillet 2018 by Lyonel Kaufmann

La mise au jour en Chine d’outils en pierre, vieux de 2,12 millions d’années, repousse d’au moins 270 000 ans la présence de l’homme sur le continent asiatique, selon une étude publiée mercredi dans la revue Nature.

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Des archéologues examinent une pointe de quartzite découverte dans le sud du plateau de Loess en Chine. La pièce a plus de 2 millions d’années.

Jusqu’à aujourd’hui, les plus anciennes traces humaines « non africaines » dataient de 1,8 million d’années. Il s’agissait de restes humains mis au jour dans le Caucase, sur le site de Dmanissi, en Géorgie.

Ces outils ont été découverts par une équipe de chercheurs menée par Zhaoyu Zhu de l’académie chinoise des sciences à Shangchen, dans le sud du plateau de Loess en Chine. Ils ont été mis au jour avec des fragments d’os animal.

Cette découverte implique que les homininés [le groupe de l’homme et du chimpanzé, NDLR] ont quitté l’Afrique plus tôt que ne l’indiquaient les preuves de Dmanissi.

Robin Dennell, du département d’archéologie de l’université britannique d’Exeter, coauteur de l’étude

Lire la suite : Découverte d’outils de pierre de plus de 2 millions d’années en Chine | ICI.Radio-Canada.ca

Classé sous :Nouvelles de l'histoire

Claude Lanzmann : filmer l’horreur | Du grain à moudre – France culture

9 juillet 2018 by Lyonel Kaufmann

Comment dire l’indicible ? Comment montrer l’horreur sans passer par la fiction ? C’est la question que pose ce monument du cinéma : Shoah, travail immense de Claude Lanzmann, qui nous a quitté le 5 juillet dernier. France Culture lui a rendu hommage. 

L’émission :

« Je ne me suis jamais guéri de la mort. Ce qui me scandalise le plus dans le monde, c’est de devoir mourir. Je n’aime pas la musique, et je n’aime pas mourir. Vous pouvez dire ça de moi »… c’est ce que déclarait Claude Lanzmann il y a peu sur France Culture.

Claude Lanzmann a été résistant, journaliste, proche de Sartre, amant de Beauvoir, directeur de la Revue des Temps Modernes… puis réalisateur de Shoah qui fut évidemment sa grande œuvre. Il a été question de tout cela et de bien d’autres choses, comme son goût pour l’aventure. Nous nous arrêtons sur l’impact intellectuel de son travail, et sur le débat né à la sortie de Shoah en 1985… Un débat qui court jusqu’à aujourd’hui.

Car les 9h30 de films ont été un véritable choc à sa sortie. Lanzmann répondait à cette question impossible : Comment dire l’indicible ? Ce film et ses 350 heures de rushes sont un véritable tournant historiographique et posent définitivement la question du témoignage et de la représentation de la Shoah.

Intervenants :

  • Bernard-Henri Lévy
    écrivain, philosophe
  • Ophir Lévy
    professeur d’histoire et d’esthétique du cinéma à Paris III Sorbonne-Nouvelle, formateur au Mémorial de la Shoah
  • Jean-Michel Frodon
    Historien du cinéma
  • Patrice Maniglier
    maître de conférences en philosophie à l’Université Paris-Nanterre
  • Rémy Besson
    historien, chercheur postdoctoral à l’Université de Montréal et associé à l’Institut d’histoire du temps présent

Pour aller plus loin :

Shoah, une double référence ? : des faits au film, du film aux faits

Shoah, une double référence ? : des faits au film, du film aux faits de Rémy Besson

Shoah de Claude Lanzmann est  aujourd’hui considéré comme une référence. Le film a en grande partie  défini la manière dont est traité et représenté le génocide des juifs,  au point d’imposer l’usage du terme Shoah dans la langue courante.
Pendant  des années, il a été quelque peu difficile de contenir l’émotion que  procure le film, et de tenter une approche distanciée, voire parfois  critique. Dans les années 2000, un événement va notablement modifier la  situation : la mise à disposition des rushs de Shoah au Musée  Mémorial de l’Holocauste (Washington), c’est-à-dire de toutes les images  non retenues dans la version finale du film, ainsi que les  transcriptions et résumés annotés des entretiens. Il devenait ainsi  possible de se confronter au film de l’intérieur. Fabrication du film et  choix au montage, modes de diffusion, appropriations successives dans  les médias et par les intellectuels, ou encore influence du projet sur  le travail d’autres réalisateurs, l’étude de Shoah permet de mieux comprendre comment le film est devenu un monument.
Sans  prendre le film comme un mythe qu’il faudrait déconstruire, mais en  révélant la dynamique des places qu’occupent le réalisateur et ses  équipes, ainsi que les protagonistes et les spectateurs, Rémy Besson,  historien et spécialiste des cultures visuelles, retrace ici la genèse  de Shoah. (Présentation de l’éditeur)

Source : Claude Lanzmann : filmer l’horreur

Crédit photo : Claude Lanzmann reçoit l’Ours d’or à la Berlinale 2013 • Crédits : Sven Hoppe – Maxppp

Classé sous :Nouvelles de l'histoire

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