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Histoire Lyonel Kaufmann

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Histoire savante

14-18 : Archibald Reiss, un Suisse dans la tourmente

29 juin 2014 by Lyonel Kaufmann

Dans un article consacré à la Serbie durant la Première Guerre mondiale, Mediapart  ((«Serbie héroïque, Serbie martyre», le désastre de 1915 – Page 1 | Mediapart
http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/290614/serbie-heroique-serbie-martyre-le-desastre-de-1915?page_article=1)) nous fait découvrir la personnalité d’Archibald Reiss, un Suisse qui fut chargé par la Serbie de mener l’enquête sur les exactions perpétrées par les troupes austro-hongroises lorsqu’elles pénétrèrent en août 2014 en Serbie occidentale. Retour sur le parcours peu commun d’un personnage qui s’inscrit dans la tradition helvétique de l’expert international.

Archibald Reiss (1875-1929) CC BY-SA 3.0 Ce fichier ne fournit pas d’information à propos de son auteur. — originally uploaded on sr.wikipedia.org

L’article de Wikipedia ((https://fr.wikipedia.org/wiki/Rodolphe_Archibald_Reiss)) consacré à Rodolphe Archibald Reiss (1875-1929), nous apprend que celui-ci est né le 8 juillet 1875 à Hechtsberg (Grand-Duché de Bade) et mort le 8 août 1929 à Belgrade (Royaume de Yougoslavie). Il s’agit d’un pionnier de la police scientifique et de la criminalistique moderne, il est notamment le fondateur de l’Institut de police scientifique de l’Université de Lausanne, première école de police scientifique au monde.
Né dans le Grand-Duché de Bade, Archibald Reiss passe son adolescence à Karlsruhe avant d’émigrer à Lausanne où il débute ses études et obtiendra la nationalité suisse. Il y étudie la chimie et obtient un doctorat ès sciences. En 1903, il est nommé professeur extraordinaire de photographie scientifique et judiciaire. En 1909, il fonde l’Institut de police scientifique de l’Université de Lausanne, la première école de police scientifique du monde.

Rodolphe A. Reiss/Accident, Rivaz, mai 1913 © Musée de l’Elysée/ Institut de police scientifique, Lausanne

Survient alors le Premier conflit mondial et après les premières victoires de l’automne 1914 contre les Autrichiens, les armées serbes s’effondrent en octobre 1915. Elles entament alors une terrible retraite jusqu’à l’Adriatique. Dès que les troupes autro-hongroises pénètrent en août 1914 en Serbie occidentale :

« les paysans qui ne sont pas tués sont expulsés ou déportés, « inaugurant » ainsi les camps de concentration répartis à travers tout l’Empire austro-hongrois. Certains retrouvèrent cette fonction durant le second conflit mondial, comme Mathausen. L’état-major austro-hongrois considérait tous les civils serbes comme des ennemis en puissance et entendait « faire payer » à la Serbie l’attentat de Sarajevo. »
«Serbie héroïque, Serbie martyre», le désastre de 1915 – Page 1 | Mediapart

http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/290614/serbie-heroique-serbie-martyre-le-desastre-de-1915?page_article=1

Pour établir scientifiquement la vérité des faits, le gouvernement serbe fait alors appel à Archibald Reiss (1875-1929) – originaire, qui plus est, d’un pays neutre, la Suisse.

« Pour la première fois dans l’histoire, le docteur Reiss mesura des fosses communes, photographia des amoncellements de corps, collecta les traces matérielles des crimes dans les villages libérés par les armées serbes. Il appliqua les instruments nouveaux de la médecine légale et de la police scientifique à l’étude des crimes de guerre. »

«Serbie héroïque, Serbie martyre», le désastre de 1915 – Page 1 | Mediapart

http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/290614/serbie-heroique-serbie-martyre-le-desastre-de-1915?page_article=1

Pour la première fois, un expert établit scientifiquement le relevé et la description des violations des « lois et coutumes de la guerre » et des crimes contre les civils commis par une armée en campagne. A ce titre, Archibald Reiss s’inscrit dans une tradition suisse de l’expert international, comme a pu l’être, au 19e siècle, le juriste suisse et co-fondateur, puis premier président de la Croix-Rouge, Gustave Moynier (1826-1910) ((https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Moynier)).

« Tout ce que l’on peut encore voir dans ce malheureux village de Prnjavor, ce sont des maisons brûlées et des fosses communes dans lesquelles sont entassés les cadavres mutilés de nombreux hommes, femmes et enfants. (…) Près de la gare de Lesnica se trouve une grande fosse commune de 20 mètres de longueur, 5 mètres de largeur et 2 mètres de profondeur. Dans cette fosse, sont ensevelis 109 paysans de 8 à 80 ans »

Archibald Reiss, Comment les Austro-hongrois ont fait la guerre en Serbie. Observations directes d’un neutre, Paris, Armand Colin, 1915, cité par Mediapart.

Archibald Reiss embrassera la cause serbe et s’installa à Belgrade à la fin de la guerre, où il mourut en 1929. Selon Mediapart

« Conservateur idéaliste, Reiss était à la recherche d’une société traditionnelle et patriarcale, organisée autour de la figure du « soldat-laboureur ». Il avait cru d’abord la voir en Suisse, avant de la découvrir en Serbie. »

En 1921, un article de La Tribune de Genève le décrivait comme un homme nostalgique :

« Sa maison est un véritable musée de décoration et de reliques de guerre. M. Reiss vit au milieu de ces souvenirs et lorsque l’ennui le prend il ne va point en Europe, pas même dans sa bonne ville de Lausanne. Il va tout simplement en Macédoine, faire une tournée, monter sur un vieux cheval, avec sa fidèle carabine sur le dos. Ainsi vit simplement, sans prétentions, l’ancien professeur lausannois dans sa maisonnette de Topcidersko Brdo » ((maisonnette construite par lui-même dans le style traditionnel paysan où les amis de Reiss aimaient se rencontrer, dans cette intimité si particulière.))

Rodolphe Archibald Reiss : un Suisse qui passionne les Serbes : Regards croisés
http://regardscroises.blog.tdg.ch/archive/2009/09/14/rodolph-archibald-reiss-un-suisse-qui-passionne-les-serbes.html

A sa mort, il lèguera sa fortune, ses médailles, une partie de ses décorations et des cadeaux au canton de Vaud (Wikipedia).

Liens complémentaires et bibliographie :

  • Rodolphe Archibald Reiss : Le Théâtre du Crime – Exposition temporaire : http://www.belgique-tourisme.qc.ca/informations/evenements-mont-sur-marchienne-rodolphe-archibald-reiss-le-theatre-du-crime-exposition-temporaire/fr/E/63978.html
  • http://actuphoto.com/27637-trois-expositions-collectives-au-musee-de-la-photographie-a-charleroi.html
  • Rodolphe Archibald Reiss : un Suisse qui passionne les Serbes : http://regardscroises.blog.tdg.ch/archive/2009/09/14/rodolph-archibald-reiss-un-suisse-qui-passionne-les-serbes.html
  • «Serbie héroïque, Serbie martyre», le désastre de 1915 – Page 1 | Mediapart : http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/290614/serbie-heroique-serbie-martyre-le-desastre-de-1915?page_article=1
  • Quinche, N. (2011). Sur les traces du crime : de la naissance du regard indiciel à l’institutionnalisation de la police scientifique et technique en Suisse et en France. L’essor de l’Institut de police scientifique de l’Université de Lausanne. Genève : Slatkine, 686p., (Coll. Travaux des Universités suisses), (Thèse de doctorat de l’Université de Lausanne).
  • Quinche, N. (2010). Bombes et engins explosifs sous l’œil du criminaliste : le travail de l’expert à l’Institut de police scientifique de l’Université de Lausanne (1904-1919). In Revue historique vaudoise, p. 175-191.
  • Quinche, N. (2010). L’ascension du criminaliste Rodolphe Archibald Reiss. In Le théâtre du crime : Rodolphe A. Reiss (1875-1929). Lausanne : Presses polytechniques et universitaires romandes, p. 231-250. (Compte rendu in Fotogeschichte, printemps 2010).
  • Quinche, N. (2010). Reiss et la Serbie : des scènes de crime aux champs de bataille, l’enquête continue. In Le théâtre du crime : Rodolphe A. Reiss (1875-1929). Lausanne : Presses polytechniques et universitaires romandes, 2009, p. 289-306.

Classé sous :Histoire savante, Nouvelles de l'histoire, sur le web

DOSSIER – Historiographies de la Grande Guerre

27 juin 2014 by Lyonel Kaufmann

 

Consacrer un dossier au conflit qui ouvre l’ère des guerres mondiales et totales est un passage obligé pour tout média en ces temps de commémoration. L’impératif mémoriel se fait sans doute d’autant plus pressant que le premier conflit mondial, longtemps occulté par l’ombre du second et sans plus de témoin direct pour en maintenir la mémoire, se voit de plus en plus souvent érigé en premier acte d’une longue tragédie dont on situe le dénouement en 1945, voire en 1991 ).

Mais consacrer un dossier à 14-18 s’impose peut-être avec plus de force encore à une revue qui, comme nonfiction.fr, entend rendre disponible l’actualité des recherches en sciences sociales ; cela pour deux raisons. D’abord, parce que la Première guerre mondiale représente tout à la fois un événement de mémoire structurant pour la conscience européenne et un objet de recherche et de connaissance finalement assez peu connu. La richesse de l’historiographie contemporaine invite ainsi à dépasser le simple point de vue mémoriel auquel se borne souvent (et par définition) la commémoration, pour l’envisager comme objet d’investigation des sciences sociales. C’est en tout cas la perspective adoptée par nonfiction.fr, et la raison pour laquelle on ne reviendra pas ici sur la trame des hauts faits qui modèlent la mémoire collective : ce dossier entend bien plutôt livrer un aperçu de certaines des recherches historiques les plus récentes.

Le second élément qui nous a semblé justifier de proposer un dossier étoffé sur la Grande guerre est son caractère d’objet historique multiple, vis-à-vis duquel il revêt une valeur d’idéal-type. De la bibliographie récente émerge l’image d’un cas d’école en gestation de la pluridisciplinarité. De fait, l’événement 14-18 est tout aussi bien un phénomène politique et militaire qu’une réalité sociale, objet d’histoire sociale ; c’est un objet d’art, de littérature, de cinéma, de bande dessinée et donc un objet d’histoire de l’art, d’histoire de la littérature, d’histoire du cinéma, d’histoire de la bande dessinée, etc. ; de même que comme élément structurant de la mémoire collective, c’est un objet privilégié de la réflexion scientifique ou littéraire sur la production d’identité et sur les usages politiques du passé.

C’est donc dans sa double spécificité historique et historiographique que nonfiction.fr vous propose d’aborder, chaque jeudi pendant les mois à venir, cet événement décidément majeur de l’histoire contemporaine.

* Dossier coordonné par Nicolas Patin et Pierre-Henri Ortiz

SOMMAIRE

Histoires sociales de la Grande Guerre :

1. Le peuple et les classes à l’épreuve des tranchées, par Nicolas Patin
Lecture croisée des livres d’Emmanuelle Cronier, Permissionnaires dans la Grande Guerre , Emmanuel Saint-Fuscien, A vos ordres : les relations d’autorité dans l’armée française de la Grande Guerre et Nicolas Mariot, Tous unis dans la tranchée ? 1914-1918. Les intellectuels rencontrent le peuple .

2. Quelle histoire sociale de la grande guerre ?
Un débat entre Emmanuel Saint-Fuscien et Nicolas Mariot. Propos recueillis par Nicolas Patin.
(1/2) Au-delà de la « contrainte » ou du « consentement »
(2/2) Les hiérarchies sociales au front

La guerre en héritage :

3. La mémoire de la Grande guerre, par Benjamin Caraco
Lecture croisée des livres de Jean-Noël Jeanneney, La Grande Guerre si loin si proche : réflexions sur un centenaire , André Loez et Nicolas Offenstadt, La Grande Guerre : carnet du centenaire et Stéphane Audoin-Rouzeau, Quelle histoire : un récit de filiation (1914-2014) .

4. La Grande Guerre comme révolution visuelle : France-Allemagne
Un entretien avec Benjamin Gilles et Arndt Weinrich. Propos recueillis par Nicolas Patin.
(1/2) France et Allemagne : de la disjonction des histoires à la disjonction des mémoires
(2/2) Les changements partagés d’une révolution médiatique

Ecrire la guerre par les arts :

5. Des artistes dans les tranchées [PEINTURE], par Pierre Verschueren
Un compte-rendu du livre de Philippe Vatin, Voir et montrer la guerre .

6. Une écriture visuelle de la guerre [BANDE-DESSINEE]
Un entretien avec Vincent Marie. Propos recueillis par Claire Kaikenger et Pierre-Henri Ortiz
(1/2) Animer une guerre statique
(2/2) Des fictions d’archives

7. Ecrire la Grande guerre [LITTERATURE], par Martine Monteau
Une analyse de l’écriture romanesque de la guerre, depuis Henri Barbusse (Le Feu, 1916) jusqu’à Pierre Lemaître (Au Revoir là-haut, 2013)

8. Filmer et rejouer la guerre [CINEMA]
Un entretien avec Laurent Véray. Propos recueillis par Nina Verneret et Pierre-Henri Ortiz

Parcours individuels :

9. Louise de Bettignies : du patriotisme à l’espionnage, par Sarah Baudry
Un compte-rendu du livre de Chantal Antier, Louise de Bettignies. Espionne et héroïne de la Grande Guerre

10. Un apôtre de la guerre : Maurras, par Pierre-Henri Ortiz
Un compte-rendu du livre d’Olivier Dard, Maurras : le maître et l’action

11. La construction du Grand Charles, par Pierre-Henri Ortiz
Un compte-rendu du livre de Frédérique Neau-Dufour, La Première guerre de Charles de Gaulle

Source: www.nonfiction.fr

Démarche utile pour l’enseignant d’histoire. À suivre….

Classé sous :Histoire savante, Nouvelles de l'histoire Balisé avec :dossier, Historiographie

L’histoire globale au Collège de France ? | Histoire Globale

22 juin 2014 by Lyonel Kaufmann

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Le 28 novembre dernier, Sanjay Subrahmanyam inaugurait une nouvelle chaire au Collège de France (en ligne). Son intitulé, « Histoire globale de la première modernité », ne pouvait que plaire, a priori, aux auteurs de ce blog et à tous ceux, en France, qui appellent de leurs vœux le développement de l’histoire globale, dans la recherche et dans l’enseignement. Ce n’était, cependant, sans provoquer un léger étonnement devant une telle formulation. Jusqu’à présent, en effet, Subrahmanyam ne s’était guère affiché comme un historien du global, tandis qu’il passait, incontestablement, pour le maître de l’« histoire connectée » – notion qu’il a lui-même forgée en 1997.

Dès lors, Vincent Capdepuy s’interroge :

«L’histoire globale ne serait-elle donc qu’une étiquette un peu à la mode ? Ici comme ailleurs, la question est légitime et ne peut être esquivée.»

Décortiquant la leçon inaugurale de Subrahmanyam, Vincent Capdepuy finit par s’interroger sur la réticence in fine de la part de ce dernier à l’égard de l’histoire globale ? Il en avance l’explication suivante :

«Peut-être parce que le concept central est celui de mondialisation.»

Subrahmanyam lui-même avance trois arguments en défaveur de la mondialisation. Premièrement, l’histoire de la mondialisation serait téléologique. Deuxièmement, l’’histoire de la mondialisation serait impérialiste et plus particulièrement vecteur de l’impérialisme états-uniens. Troisièmement, l’histoire de la mondialisation serait présentiste.

Vincent Capdepuy réfute ces deux arguments. Pour le premier, nombreux sont les auteurs à avoir parlé de l’histoire des mondialisations et ne dispense pas un récit unilinéaire d’une histoire globale. Concernant le deuxième argument, Capdepuy relève que la

«peur que suscite la notion de mondialisation/globalization n’est pas propre à Subrahmanyam et l’erreur commise sur l’origine même de ces notions, trop souvent liée à la libéralisation des marchés financiers à partir des années 1970, perdure trop souvent.»

Il poursuit et indique que

«Ce qu’on pourrait peut-être beaucoup plus redouter à propos de l’histoire globale, c’est qu’elle ne débouche sur la production d’un récit mondialiste complètement formaté pour servir de base à l’enseignement du « parfait petit citoyen du Monde ». De fait, le lien entre histoire globale et enseignement est très fort dès les années 1940 au moment de reconstruire le Monde d’après-guerre. Le premier ouvrage de « global history » a été publié en 1945 avant même la fin de la guerre [Close & Burke 1945].»

A propos de l’argument d’une histoire présentiste, Capdepuy considère que cette question est importante, mais qu’elle ne suffit pas à discriminer l’histoire globale d’autant que la périodisation du processus de mondialisation est extrêmement débattue par les historiens eux-mêmes.

Capdepuy conclut son article en avançant que

«L’histoire globale est avant tout l’expression d’un questionnement porté par des sociétés qui s’interrogent face à leur coprésence sur un globe qui risque d’être notre cage pour longtemps encore. La problématique est cruciale, elle n’est pas unique et je me retrouve complètement dans le propos conclusif de Subrahmanyam :

« Il s’avère que dans le monde actuel, il y a un intérêt et une curiosité croissants pour ce type d’histoire, qui n’est voué pourtant – c’est ma profonde conviction – à remplacer l’histoire faite à une échelle régionale, nationale ou continentale, mais à la compléter. »

A lire : L’histoire globale au Collège de France ? | Histoire Globale : http://blogs.histoireglobale.com/lhistoire-globale-au-college-de-france_3960

Classé sous :Histoire savante, Opinions&Réflexions

Revue de Presse : 14-18 : intellectuels et troupiers

11 juin 2014 by Lyonel Kaufmann

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Résumé du compte-rendu (à lire !) :

«L’idée d’une union construite dans les tranchées, dans le partage d’une souffrance commune, a été diffusée dans l’entre-deux-guerres, rappelle Nicolas Mariot, historien au CNRS. Selon lui, ce mythe est l’effet d’un double écran : la nostalgie, fondée sur l’impossibilité, pour les anciens combattants, de transmettre leur expérience à ceux de l’arrière ; l’effacement du souvenir des distinctions sociales vécues au front, par une commémoration hiérarchisant le mérite des morts par rapport aux survivants.

Ce mythe de la guerre comme creuset patriotique, Nicolas Mariot le revisite à partir d’une enquête analysant le discours des intellectuels sur les autres classes sociales qu’ils eurent à côtoyer dans les tranchées. Ce faisant, il s’oppose à l’idée d’une osmose – même momentanée – des classes sociales. Ainsi prolonge-t-il la démarche engagée par les historiens du CRID 14-18 visant à discuter les concepts proposés par Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker et les chercheurs de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne, pour lesquels les combattants ont partagé une « culture de guerre » fondée, entre autres, sur la haine de l’ennemi, le sacrifice, la banalisation de la mort et un consentement durable à la guerre. Critiquant l’usage courant des récits provenant des élites, Mariot vient discuter sources et concepts sur ce terrain.»

Mon commentaire: Un travail bienvenu dans le contexte actuel des commémorations lénifiantes de 14-18.

Lire le compte-rendu : La Vie des idées http://ift.tt/1piDMI3

Référence de l’ouvrage : Nicolas Mariot. Tous unis dans la tranchée ? 1914-1918, les intellectuels rencontrent le peuple, Paris, Seuil, coll. « L’Univers historique », 2013, 496 p., 24 €.

Classé sous :Histoire savante, Nouvelles de l'histoire, Publications Balisé avec :14-18, Historiographie

Revue de Presse : Le témoignage exceptionnel du seul déporté volontaire à Auschwitz | Libération

9 avril 2014 by Lyonel Kaufmann

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Witold Pilecki témoigne à Varsovie le 3 mars 1948 (Photo PAP. AFP)

Varsovie. 19 septembre 1940. Un officier de réserve polonais, Witold Pilecki, se fait volontairement rafler par les Allemands et interner à Auschwitz pour y tisser un réseau de résistance: «Le Rapport Pilecki», à paraître en avril, livre le témoignage exceptionnel de ce héros hors du commun. C’est la première fois que ce rapport sur l’usine de la mort d’Auschwitz, devenue symbole de l’Holocauste, est publié en français, aux Editions Champ Vallon. Patrick Godfard, agrégé d’histoire, et l’ancienne directrice du bureau de l’AFP à Varsovie, Ursula Hyzy, l’ont traduit du polonais. Deux historiennes, Isabelle Davion et Annette Wieviorka ont été associées à l’ouvrage.

Lire la suite :  http://ift.tt/1lwBe7n

Classé sous :Histoire savante, Publications Balisé avec :39-45, Génocide juif, GénocideJuif, Pologne

Jacques Le Goff (1924-2014) : L'éclaireur du Moyen-Âge

1 avril 2014 by Lyonel Kaufmann

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Jacques Le Goff (1924-2014) AFP/JACQUES SASSIER

Certes, vu l’âge du bonhomme (90 ans), plus le temps avançait et plus l’inéluctable devait arriver, mais bon c’est pas un très chouette poisson d’avril que de lire dans son fil d’actualité que l’historien Jacques Le Goff est décédé ce mardi 1er avril 2014.

Comme nous l’apprend donc le journal Le Monde :

«Le plus grand médiéviste français, Jacques Le Goff, est mort, mardi 1er avril, à l’âge de 90 ans à l’hôpital Saint-Louis. Né le 1er janvier 1924 à Toulon, il a forgé une œuvre de renommée internationale dont témoignent notamment Les Intellectuels au Moyen Age (Seuil, 1957), La Naissance du purgatoire (Gallimard, 1981) ou son anti-biographie de Saint Louis, Saint Louis (Gallimard, 1996), qui fut un grand succès de librairie.»

L’article que lui consacre le Huffington Post montre bien à quel point Jacques Le Goff a écrit jusqu’à hier ou presque une oeuvre considérable :

«Historien de renommée internationale, héritier de l’école des Annales, il fut l’auteur d’une oeuvre monumentale et très dense. Parmi ses plus récentes publications: « Le Moyen Age et l’Argent » (2010), « Le Moyen Age expliqué en images (2013) ou encore, paru en janvier 2014, « Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches? » aux éditions du Seuil.»

En parcourant les articles qui lui sont consacré, j’ai même découvert, grâce à la revue L’Histoire, le lien extrêmement fort qui le liait à sa femme Hanka et l’ouvrage poignant qui lui a consacré après sa mort :

«L’auteur retrace sa rencontre « le coup de foudre » avec Hanka, le mariage, son arrivée en France. Il évoque son enfance, sa jeunesse elle est issue de deux familles de la petite noblesse polonaise. Se dévoile l’histoire d’une famille d’universitaires dans le dernier tiers du XXe siècle, d’un couple franco-polonais lié profondément aux deux pays au temps de la guerre froide puis de l’indépendance retrouvée de la Pologne après la chute du régime soviétique. […].
Ce livre, écrit dans la douleur, est un hommage bouleversant rendu à
« une femme de coeur, d’une distinction au plus fort sens du mot extraordinaire ». Et les derniers mots du livre n’en sont que plus tragiques : « Comment continuer à vivre sans Hanka ? »»

Mais avant tout, j’aime cet intertitre de l’article nécrologique du Nouvel Observateur : l’éclaireur du Moyen-Âge. Quel bel hommage à cet historien qui décrit le Moyen-Âge comme une période « lumineuse » et « pleine de rires », loin des stéréotypes qui courent sur cette période. Eclaireur du Moyen-Âge, il l’aura été lors de mon parcours universitaire et plus particulièrement avec son ouvrage sur La Civilisation de l’Occident médiéval (Arthaud, 1964) ou, plus tard, sa manière de découper le temps (Jacques Le Goff et « l’histoire en tranches »). Son nom est associé également à ma découverte universitaire de l’Ecole des Annales et de la Nouvelle histoire. Découvertes lumineuses et fécondes…

Merci à lui d’avoir été un éclaireur dans ma formation d’historien.

Quelques articles parus suite à son décès :
Jacques Le Goff, mort d’un « ogre historien » | Le Monde
« Jacques Le Goff, ce grand historien que le monde nous enviait » | Le Nouvel Observateur
Jacques Le Goff rattrape le temps perdu | Le Nouvel Observateur
Avec Hanka | L’Histoire
Jacques Le Goff, monument historique | Libération
Mort de Jacques Le Goff: le grand historien spécialiste du Moyen Âge est décédé à 90 ans | Huffington Post

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Pour débuter avec Jacques Le Goff, je vous suggère la lecture d’un recueil de textes intitulé Un Autre Moyen-Âge (1999) et qui contient :

  • Pour un autre Moyen Âge, 1977 ;
  • L’Occident médiéval et le temps ;
  • L’Imaginaire médiéval, 1985 ;
  • La Naissance du Purgatoire, 1981 ;
  • Les Limbes;
  • La Bourse et la vie, 1986 ;
  • Le Rire dans la société médiévale.

Pour une initiation à son Moyen-Âge, vous pouvez également visionner l’émission de la série Têtes chercheuses du CNRS, datant de 1991 et intitulée Jacques Le Goff historien. De l’an mil à l’an 2000… : http://videotheque.cnrs.fr/doc=931 (durée 16 minutes).

Enfin, je lui laisse la parole avec cette vidéo datant de 2008 et réalisée à l’occasion de la création par l’Université de Bologne d’un prix portant son nom et intitulé Premio internazionale « Il portico d’oro – Jacques Le Goff »

Classé sous :Histoire savante, Nouvelles de l'histoire

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Piéger les élèves ou les former avec les médias sociaux? | Chronique no 132

5 mai 2012 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Pendant que certains préfèrent pourrir le web et piéger leurs élèves, il reste des allumeurs de réverbères qui cherchent heureusement à élever leur élèves à la culture et au savoir historique en se saisissant des médias sociaux. L’affaire de l’enseignant pourrisseur du web ((on trouvera ici une série d’articles critiques concernant ce «pourrissage» : L’affaire […]

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14-18 : La Grande Guerre des Canadiens

2 mai 2014 Par Lyonel Kaufmann 1 commentaire

Découvrez la série radio et le site web sur la guerre de 1914-1918 vécue par les Canadiens français. Regardez les photos et écoutez les récits inédits fournis par les familles et des collectionneurs qui ont répondu à un appel au public d’ICI Radio-Canada. L’histoire officielle côtoie les histoires personnelles d’hommes et de femmes qui ont […]

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Revue de presse : Bibliographie – sitographie – Les Cahiers pédagogiques

23 juin 2013 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Bibliographie consacrée à la Bande dessinnée, avec un chapitre spécifique en relation avec l’histoire et la géographie. Bibliographie – sitographie – Les Cahiers pédagogiques

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Sophie Garcia Montero : transmettre l’histoire pour mieux appréhender le monde

28 janvier 2026 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Dans la série In… We Trust (en français : « Nous croyons en”), Les Grenades vont à la rencontre de femmes arrivées là où personne ne les attendait. Aujourd’hui, place à Sophie Garcia Montero. Professeure d’histoire et assistante en didactique à l’Université de Liège, en classe comme en dehors, elle encourage les jeunes (et les moins jeunes) […]

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Ecrire pour le Web en 2010 | Crise dans les médias

15 décembre 2009 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Ecrire pour le Web en 2010 View more documents from Legay Luc. Cette excellente présentation des enjeux de l’écriture web est destinée en premier lieu aux journalistes et aux médias. Cependant, il y a une foule d’éléments intéressants pour une pratique en classe des médias électroniques et du web 2.0 en particulier. A lire donc. […]

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Pour en finir avec la théorie d'un Adolf Hitler à une seule couille | Rue89

1 décembre 2008 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Pour en finir avec la théorie d’un Adolf Hitler à une seule couille | Rue89 Comme il serait plus agréable de penser qu’Hitler était un «anormal» souffrant de troubles sexuels, physiques ou moraux, le peuple allemand et une bonne partie de la société européenne seraient ainsi absous du «pêché» antisémite ayant conduit à l’extermination du […]

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Institut d’Histoire de la Révolution française – Pierre Serna sur la Tunisie

3 février 2011 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Non la Tunisie n’est pas en 1789 ! Par pitié que l’on cesse d’instrumentaliser l’Histoire en mesurant l’histoire du monde à l’aune de l’histoire de France. […] C’est nous qui devons apprendre des Tunisiens et non le contraire. Nous sommes restés dans un 1789 mental, mythifié et figé. Les Tunisiens eux sont bien en 2011 !

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