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Histoire Lyonel Kaufmann

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Lyonel Kaufmann

Plateforme 14/18 est en ligne !

26 novembre 2015 by Lyonel Kaufmann

Plateforme 14/18 s’adresse notamment aux enseignants du secondaire à leurs élèves et aux étudiants. Elle a reçu pour objectif de favoriser la compréhension des enjeux historiques de la Grande Guerre à travers le portrait des huit membres d’une famille, les Résal et de deux autres correspondants proches de la famille, portraits rédigés grâce à la correspondance échangée entre eux pendant quatre ans et demi.

Extrait de lettre : http://www.plateforme1418.com/ressources/de-meriem-resal-a-julie-resal-10111914_542#

Le corpus privé est constitué de 3500 lettres et 300 photographies. Il est complété par des ressources issues des fonds de l’ECPAD, de la BDIC, du SHD, de la BNF. Ainsi, Plateforme 14-18 constitue un espace numérique de valorisation d’archives privées et publiques. Cet outil unique propose également des textes de cadrage dont les finalités académique, didactique et pédagogiques sont liées. Les liens sont ainsi établis entre la vie de la famille Résal, en guerre et dans la Grande Guerre, en une approche à la fois microhistorique et macro-historique, du contexte général de la guerre de 1914-1918, sous ses aspects militaires, politiques, sociaux ou bien culturels, en tenant compte des avancées de la recherche, dans leur pluralité historiographique.

Texte de présentation du site Plateforme 14 – 18.

Classé sous :Histoire active, Médias et technologies, Outils enseignement Balisé avec :14-18

Les MOOC gagneraient à adopter des méthodes pédagogiques plus actives | École branchée

21 novembre 2015 by Lyonel Kaufmann

 

Une étude récente a démontré que les cours en ligne, dont les MOOC, devraient faire une place plus grande à l’évaluation des apprentissages et reposer sur des méthodes actives.

Les « cours en ligne ouverts à tous », communément appelés les MOOC, ont connu une hausse de popularité importante dans les dernières années, entre autres en raison de leur accessibilité (disponibles à distance) et de leur gratuité. Malgré leur popularité et leur capacité à attirer des apprenants d’horizons variés, leurs impacts sur les apprentissages demeureraient modestes.

Selon une étude réalisée par des chercheurs de l’université américaine Carnegie Mellon, les MOOC reposeraient trop souvent sur des méthodes pédagogiques passives, comme le visionnement de vidéos, qui ne favoriseraient pas assez les apprentissages des utilisateurs.

Lire la suite : Les MOOC gagneraient à adopter des méthodes pédagogiques plus actives | École branchée

Classé sous :Médias et technologies, Opinions&Réflexions, Outils enseignement

Revue de Presse : Décidément le numérique n’est pas fait pour la pédagogie !

20 novembre 2015 by Lyonel Kaufmann

Larry Cuban l’avait fait (Teachers Taught: Constancy and Change in American Classrooms 1890-1990 (Research on Teaching). A discuter et débattre

«L’équipement massif des élèves, des établissements des classes, les projets pour une véritable prise en compte de la place du numérique dans l’éducation, ne peuvent faire l’économie d’un vrai travail sur l’évolution de la forme scolaire. Regardons simplement la place des tables dans la salle, la gestion des espaces dans l’établissement… On parle de classe inversée, parlons d’établissement inversé, qui mettent au centre la trajectoire de l’élève, entre le social et le scolaire au lieu de mettre en premier des programmes pléthoriques, des enseignants formatés, des espaces temps figés. Cependant cette évolution n’est pas liée au numérique, elle ne peut d’abord que se justifier par l’omniprésence du numérique pour ensuite réfléchir aux modèles pédagogiques pertinents pouvant accompagner cette véritable inversion.»

A suivre et à débattre

A lire : Décidément le numérique n’est pas fait pour la pédagogie ! « Veille et Analyse TICE

Classé sous :Médias et technologies, Opinions&Réflexions

Les réseaux sociaux en classe? Faut il continuer?

17 novembre 2015 by Lyonel Kaufmann

Originally posted on Ma onzième année et les suivantes…

Twitter en classe ?
J’avoue avoir douté depuis vendredi soir.
Pour être honnête, ça fait quelques mois que je doute.
Continuer à utiliser ce réseau social avec mes élèves ? Continuer à utiliser les Réseaux sociaux en pédagogie ?
Twitter ne ressemble plus à ce qu’on a connu « à nos débuts ». Ca fait un peu vieux nostalgique mais c’est un fait. Je pourrais être hypocrite et annoncer : mais si ! Mon Twitter ressemble toujours à celui de mes débuts et c’est vrai. Parce que je choisis toujours, même 6 ans plus tard, à ne subir personne sur les Réseaux Sociaux. Parce que je me désabonne ou je bloque les comptes qui ne me conviennent pas, qui polluent mon flux. Ca a toujours été pour moi une question de choix. C’est ce que j’enseigne toujours à mes élèves : choisissez, ne subissez pas.

Je pourrais donc occulter et…

Voir l’original 534 mots de plus

Classé sous :Médias et technologies, Opinions&Réflexions, Outils enseignement Balisé avec :Aparté

Hacker l’auteur ?! Auteur et autorité dans la culture digitale | Chronique no 165

16 novembre 2015 by Lyonel Kaufmann

« Hacker l’auteur » est un cycle de formation continue organisé par la HEP Vaud et l’Université de Lausanne consacré à la question d’auteur et de propriété intellectuelle à l’ère du numérique et du partage accéléré de l’information. Intervenant le 19 novembre prochain sur cette question à l’école (« L’école: entre création et reproduction des gestes et des savoirs »), j’esquisse dans cette chronique les contours de cette question des manuels scolaires à la publication d’ebooks par des enseignants.

Au centre de cette formation se pose la question suivante : A l’ère du numérique et du partage accéléré de l’information, qu’advient-il de notions comme celles d’auteur et de propriété intellectuelle ?

Plus largement, je m’intéresse à la nature du discours historique produit par l’institution scolaire, au travers d’un outil comme le manuel scolaire (1), ou par l’enseignant dans ses cours et ses supports de cours ? Qu’est-ce être auteur de manuel ou d’ebook ? De quoi l’enseignant d’histoire est-il l’auteur ?

Pour démarrer l’enquête, j’ai pris mon dictionnaire et j’ai lu les définitions d’auteur. Parmi les multiples fournies par Le Larousse, trois ont retenu mon attention :

A. Personne qui est à l’origine de quelque chose de nouveau, qui en est le créateur, qui l’a conçu, réalisé ; initiateur, inventeur : L’auteur d’une découverte.

B. Créateur d’une œuvre didactique, littéraire, artistique, etc. : L’auteur d’un film.

C. Personne qui fait profession d’écrire, homme ou femme de lettres ; écrivain : Un auteur à succès.

Dans ce cadre-là, la qualité d’auteur de manuel ou de support de cours se rattache essentiellement à la notion de créateur d’une œuvre didactique. Par contre, il n’y a pas de production d’un nouveau discours historique. Celui-ci a été préalablement construit et validé dans d’autres cadres ou productions (thèses, ouvrages édités ou articles de revues scientifique, de magazines). Il peut néanmoins arriver qu’un auteur de manuel puisse s’auto-référencer s’il a préalablement publié dans un cadre scientifique. En outre, comme dans le cas du manuel Malet & Isaac, l’auteur peut en faire sa profession de manière principale ou accessoire.

J’ai poursuivi cette première exploration autour de la notion de droit d’auteur. Concernant l’enseignement, l’article « Droit d’auteur » de Wikipedia m’indique que

Les enseignants et formateurs demeurent titulaires des droits d’auteur sur les cours qu’ils dispensent. Leur rémunération ne couvre que la communication d’un enseignement à un public déterminé. Sauf publication en licence de libre diffusion, toute reproduction des cours doit donc faire l’objet d’une autorisation préalable de leur auteur, ce qui pose des questions complexes dans les exemples de pédagogie active où ce sont les élèves qui parfois produisent eux-mêmes leurs cours avec l’aide du formateur, ou quand plusieurs enseignants ou formateurs participent à un même cours.

Cette incise indique, à mon avis, le caractère fort limitatif de l’auteur qu’est l’enseignant relativement à l’enseignement dispensé. En arrière-plan, se profile l’institution scolaire dont l’enseignant fait partie et, quel que soit son rapport à cette dernière, est l’agent. L’auteur tend fortement à disparaître derrière l’agent institutionnel et le discours produit.

Il est est de même des manuels scolaires, y compris lorsque ceux-ci sont produits par des éditeurs privés. Je note ainsi que lorsqu’un manuel acquiert une grande notoriété, c’est l’objet (le manuel) plus que l’auteur qui l’acquiert. Je m’explique. On parle du Malet & Isaac ou du Lavisse, mais on parle de « La Méditerranée » de Fernand Braudel. L’auteur Fernand Braudel ne saurait être confondu entièrement avec son ouvrage. L’auteur est plus que sa production. En outre, dans le cas du Malet & Isaac, d’autres auteurs que MM. Malet & Isaac ont poursuivi la rédaction et l’actualisation du manuel. L’objet et son discours prennent le dessus sur les auteurs.

Aujourd’hui, on parle du Nathan ou du Hatier. Parfois néanmoins on personnalise une collection. Dans ce cadre-là, ce ne sont pas les auteurs à-proprement dit qui sont nommés, mais le directeur de collection. Dans le cas de la collection Jacques Marseille chez Nathan, c’est son aura universitaire et de ses autres travaux qui expliquent grandement cette personnification. Cette dernière donne de la valeur à la collection par rapport à d’autres. A nouveau, les auteurs disparaissent totalement derrière l’objet. Par ailleurs, les manuels scolaires sont, suivant les pays ou régions, soit produits directement sous l’égide de l’institution scolaire qui en choisit les auteurs, soit encadrés, comme en France, par les prescriptions issues des programmes scolaires institutionnels.

Revenons maintenant à l’enseignant producteur de support de cours. Une première constatation peut être faite à la lumière de ce qui précède. La réalisation d’un support de cours, voire d’un manuel à titre d’auteur, de la part d’un enseignant peut relever de la contestation du discours produit par l’institution scolaire ou de l’approche pédagogique inférée.

Ainsi, dans la mouvance de la contestation des institutions apparues dans les années soixante, puis après 1968, on a assisté à une contestation très importante de l’objet manuel scolaire ainsi que de l’enseignement magistral. A ce titre, je pense plus particulièrement aux travaux et la personne de Suzanne Citron (2) et au travail entrepris par le CRAP et les « Cahiers pédagogiques ». Fondamentalement, les années 1970 et les suivantes sont marquées par la réaffirmation du primat de l’enseignant sur le manuel et les critiques du manuel. Ce dernier est accusé de se substituer au professeur au lieu de se borner à lui apporter un outil pédagogique flexible et polyphonique. C’est une rupture forte puisque pendant longtemps, et plus particulièrement au primaire, on attendait des manuels qu’ils présentent une progression rigoureuse, un ensemble de savoirs classés et ordonnés, dispensés ensuite en classe par l’enseignant.

Cependant, après avoir été largement brocardé, le manuel reste un outil incontournable pour une écrasante majorité d’enseignants. Si en 1975, les Cahiers pédagogiques titrait, « Manuels : dangers ! »(no 132), ces mêmes Cahiers opéraient dans leur édito une sorte d’aggiornamento en publiant en 1998 un numéro intitulé « Du bon usage des manuels » (no 369). Néanmoins, à intervalles réguliers, des critiques sont émises à son égard. Ainsi en septembre 2013, un dossier du Monde diplomatique titrait « Manuels scolaires, le soupçon » (3).

A l’ère du numérique et du partage accéléré de l’information, qu’est-il alors advenu ? Un glissement s’est-il opéré de l’enseignant, agent de l’institution, vers l’individu-enseignant ?

Quelques expériences individuelles, voire collective à l’exemple des Clionautes ou de Cliotexte (4), ne sauraient masquer que le paysage reste relativement le même par rapport à la situation ante. Les initiatives individuelles ou collectives de production d’autres manuels restent ainsi marginales même si certains, tel Yann Houry en français (5), publient leurs manuels sur l’iBook Store d’Apple ou si un nouvel éditeur de manuels numériques joue sur l’OpenSource et la collaboration d’enseignants pour diminuer ses frais éditoriaux (http://www.lelivrescolaire.fr). Pour l’institution scolaire, il y a certainement plus à craindre d’entreprises telle que Coursera (http://www.coursera.org/) ou de géants comme Google, Microsoft ou Apple.

Quand un enseignant publie son support de cours ou réalise une forme de manuel pour le diffuser en ligne, ce sont peut-être d’autres questions que celle de l’auteur et de droit d’auteur qu’il s’agirait de poser. Ne s’agit-il pas plutôt d’une manière, pour celui-ci, d’être reconnu, non comme auteur, mais comme un bon professionnel de l’enseignement ? Ne construit-il pas sa légitimité à produire un discours historique en classe ? N’assied-il pas son discours magistral ?

Dans un mémoire professionnel présenté en juin 2014, une de mes étudiantes s’est intéressée aux recueils de documents produits dans le canton de Vaud et au lycée (6). Dans son introduction, celle-ci observait que

« le recueil de documents constitué par un enseignant, tel qu’il nous intéresse ici, agit souvent comme substitut d’un manuel scolaire. En ce sens, même s’il est l’ouvrage d’un ou de plusieurs auteurs, les marques d’énonciation sont absentes, le «je» disparaît. Ceci donne lieu à un sentiment de dépersonnalisation et d’objectivité qui va donner du poids au discours du maître. » (p. 4)

De quoi méditer, me semble-t-il, sur ces différentes pratiques et leurs enjeux.

Notes

(1) C’est l’objet de ma thèse de doctorat, soutenue en 2013, intitulée « Autorité du discours – discours d’autorité. Les manuels scolaires vaudois (1938-1998) ». Voir http://manuelshistoire.ch.

(2) Concernant le parcours et les engagements de Suzanne Citron, je vous encourage à lire Mes lignes de démarcation—croyances, utopies, engagements. Syllepse, paru en 2003. Concernant ses ouvrages, je signale plus particulièrement :

• 1971 : L’École bloquée. Bordas.

• 1984 : Enseigner l’histoire aujourd’hui. La mémoire perdue et retrouvée. Les Éditions ouvrières.

• 1987 : Le Mythe national. L’Histoire de France en question. Les Éditions Ouvrières.

(3) « Manuels scolaires, le soupçon » : http://www.monde-diplomatique.fr/2013/09/LEDER/49606

(4) A noter que les clionautes (http://www.clionautes.org/index.php) hébergent désormais cliotexte (http://clio-texte.clionautes.org).

(5) Yann Houry est un enseignant fort prolixe sur a toîle puisqu’il dispose notamment d’une chaîne iTunes U, d’un site/blog (http://www.ralentirtravaux.com) et de sa chaîne youtube(https://www.youtube.com/user/smuuurff/videos).

(6) Anderegg, A. (2014). Le corpus de documents en classe d’histoire : usage, enjeux et études de cas. Lausanne : Mémoire de Master of Advanced Studies (secondaire II) en didactique de l’histoire.

Ce texte est ma chronique du mois de novembre pour le mensuel du Café pédagogique : Kaufmann, L. (2015). Hacker l’auteur ?! Auteur et autorité dans la culture digitale. Le Café pédagogique, No 165, novembre.

Classé sous :Didactique, Opinions&Réflexions, Publications

#JeSuisParis : comment en parler avec les élèves ?

15 novembre 2015 by Lyonel Kaufmann

Depuis vendredi soir, nous sommes saisis par l’effroi de ces actes terroristes, par nature ignobles, qui ont frappé Paris et la France. Demain, les enseignants accueilleront en classe leurs élèves. Doit-on en parler, comment en parler en classe ? Quelques outils pour aborder de tels événements en classe avec les élèves. Préalablement, vous trouverez un récit des événement.

A. Le récit des événements

Les lieux des attaques de la nuit du 13 novembre 2015

Avec «A Paris, la nuit la plus longue», Mediapart propose à ses abonnés un compte-rendu chronologique des événements de la nuit.

«Ce devait être un soir de paix. Un soir de braillements pour de faux, sous les assauts des guitares canailles et sexy des Eagles of death metal, dans la salle pleine comme un œuf du Bataclan, dans le XIe arrondissement de Paris. Un soir d’affrontement sportif bon enfant, le ballon de foot filant dans les filets sous les acclamations du public français et les huées des supporteurs allemands, au stade de France (à Saint-Denis), devant François Hollande. Mais c’est l’horreur qui s’est invitée en cette soirée du vendredi 13 novembre. Des hommes ont ouvert le feu au Bataclan pendant de très longues minutes, massacrant au moins 80 personnes. Des attaques ont eu lieu dans cinq autres lieux parisiens. Et trois kamikazes se sont fait sauter au stade de France. Les autorités dénombrent au moins 120 morts, ce qui fait de ces actions simultanées les plus graves attentats jamais survenus en France depuis la Deuxième Guerre mondiale.»

Cette chronologie morbide démarre néanmoins peu avant 21h30 devant le restaurant «Le Petit Cambodge» :

«L’embardée funèbre démarre peu avant 21 h 30, devant le restaurant Le Petit Cambodge, restaurant à la mode chez les trentenaires, rue Alibert, non loin du canal Saint-Martin dans le 10e arrondissement. C’est une série de preiers tweets, comme ce message faussement rigolard qui annonce vers 21 h 30 la fusillade qui vient d’avoir lieu. Deux assaillants en voiture ont ouvert le feu sur la terrasse. Le bilan, on le saura au bout de la nuit, est déjà très lourd : 14 morts.»

Au même moment, à 21h40, une explosion se fait entendre tout près du Stade de France. Elle a été précédée d’une première explosion à 21h20. Comme le 11 septembre 2001,

«les terroristes n’ont pas frappé au hasard. Ils ont agi sous le nez des caméras de TF1 qui retransmettaient un match de l’équipe de France, qui reste un des derniers vecteurs de ferveur collective et populaire ; et au cœur de l’Est parisien, repaire d’une bonne partie de la jeunesse parisienne, et lieu de vie d’innombrables journalistes. Certains étaient au Bataclan, d’autres, nombreux, dans les bars, restaurants et appartements tout proches qu’ils ont l’habitude de fréquenter. La nuit la plus longue du XXIe siècle parisien a donc laissé des dizaines de milliers de traces numériques sur les écrans mobiles d’une population hyperconnectée, qui a vécu les attaques en quasi-direct.»

Dès 21h50, Benoît Tabaca, un des responsables de la communication de Google Europe, est devant le Bataclan et témoigne de très nombreux tirs ainsi que de la panique à la sortie de secours de la salle. A l’intérieur du Bataclan, mille cinq cents spectateurs assistent au concert du groupe américain Eagles of Death Metal, un groupe décrit musicalement comme peace and love (Eagles of Death Metal, un groupe peace and love dans l’enfer du Bataclan | Slate).

https://farm1.staticflickr.com/586/22628746599_f651264a89_c.jpg

«Pour résumer la philosophie des Eagles of Death Metal qui se produisaient ce vendredi 13 novembre 2015 au Bataclan à Paris lors de l’attaque la plus meurtrière de la soirée, leur premier album sorti en 2004 s’intitule Peace, Love, Death Metal. Ce supergroupe rock formé autour de Josh Homme, subtil leader et songwriter des Queens of The Stone Age, et Jesse Hughes, personnalité plus extravertie et flamboyante, se démarquait plus par son humour volontairement grivois ainsi que ses poses et riffs sexys que par une quelconque agressivité.»

Ainsi, à partir de 22h00, les témoignages d’autres attaques commencent à affluer sur les réseaux sociaux principalement sur Twitter.

«On se retrouve avec une fusillade au nord de République au Petit Cambodge, une fusillade au sud de République au Bataclan, et une explosion à Saint-Denis», résume un internaute sidéré.

Ce n’est cependant pas tout, car un scène smilaire se déroule devant le café «La Belle Equipe», 90 rue de Charonne tout près de l’ancienne rédaction de Charlie Hebdo. D’autres fusillades suivront encore dans le Xe ou dans le XIe, rue de la Fontaine-au-Roi (5 morts, selon le bilan de la Préfecture de police samedi à l’aube) et le long du boulevard Voltaire (un mort), ou encore à proximité de la place de la République. Paris est une zone de guerre.

Peu avant minuit, Hollande s’exprime en direct à la télévision et annonce les mesures d’urgence qu’il va prendre quelques instants plus tard, au cours d’un conseil des ministres extraordinaire.

https://www.youtube.com/watch?v=cekbNbzPTEw

Peu avant son intervention, il été précédé par Barack Obama parlant lui d’une attaque contre l’Humanité et apportant son soutien à la France (VIDEO. Obama s’exprime en français après les fusillades à Paris | Huffington Post).

Entre 0h30 et 1 heure du matin, l’assaut est donné au Bataclan. Avant l’assaut, le bilan provisoire des victimes au Bataclan est d’une quarantaine de tués et de plusieurs dizaines de blessés. Après l’assaut, on comprend qu’il y aura en tout plus de cent victimes… Alors qu’au stade de St-Denis, le bilan est de six morts, dont 3 kamikazes.

Plus tard, sur Reddit, on pourra lire le témoignage bouleversant d’Afrofagne :

«Le jeu de l’attente.
Un silence plus que pesant dans la salle interrompu ponctuellement par des coups de feu. Pas de timer, de logique, rien. Juste, de temps en temps, un coup de feu. Et on se demande si le prochain coup est pour soi-même.
Attendre que la police arrive, sans aucune notion du temps (pas de montre, portable inaccessible). Sentir des gens se lever pour se faire abattre aussitôt. Et encore. Et encore…»

A 1h30, le conseil des ministres prend fin et l’état d’urgence est décrété. Monte alors des réseaux sociaux, la litanie des appels à témoignages pour connaître le sort d’un proche… Pour le journal suisse Le Temps, la proclamation de l’état d’urgence sur tout le territoire «transforme l’Hexagone en champs de bataille contre le terrorisme» (Analyse: la France est en guerre | Le Temps).

«Paris en état de siège. Une nuit d’horreur. Un pays entier face à l’effroi du terrorisme. Plus qu’une crise, une guerre. François Hollande n’a pas parlé, ce soir, en chef d’Etat soucieux d’éviter l’escalade et de rassurer ses concitoyens. C’est une déclaration martiale, nouée par l’émotion, que le président français a prononcé alors que le bilan de plus de 120 morts tétanise la population.»

A ce moment-là, les chiffres avancés parlent d’environ 140 morts. Dimanche soir, le bilan s’élevait à 132 morts et près de 350 blessés.

A huit heures du matin, Slate (Attentats du 13 novembre: le 11-Septembre français) explique en quoi l’analogie de ces attentats avec ceux du 11 septembre 20101 est cette fois-ci valable :

«Comme le 11 septembre 2001 à New York (pas à Washington), les terroristes ne visaient pas des objectifs militaires, des ennemis religieux désignés par une fatwa, à l’image de Charlie Hebdo, ou même des juifs devenus avec une banalité insupportable les cibles répétées du terrorisme islamiste et arabe depuis quarante ans. Il s’agissait de faire un carnage pour instaurer la crainte, pour montrer sa capacité à frapper fort, pour galvaniser son camp. L’objectif est bien politique: traumatiser les sociétés frappées et leurs dirigeants, affaiblir leur détermination et infléchir leur politique.
Autant la comparaison avec le 11 septembre 2001 n’avait pas de sens après les attentats de janvier contre Charlie Hebdo, Porte de Montrouge et l’Hyper Cacher, autant cette fois elle est incontestable. Il s’agit d’une déclaration de guerre à la France et à ses dirigeants.»

Slate relie également ces attentats à d’autres attentats aussi meurtriers : 2.973 morts à New York et Washington, 191 morts à Madrid (2004), 56 morts à Londres (2005), 173 morts à Bombay (2008).

Pour leur part, le Huffington Post et Le Monde (Attaques à Paris : les spécialistes du terrorisme s’attendaient à un nouvel attentat) parlent d’un scénario-cauchemar attendu et craint de la part des services antiterroristes : des attaques simultanées, une prise d’otages, menées par plusieurs tireurs et au moins un kamikaze. Pour Le Monde,

«Depuis les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, à Paris, les 7 et 9 janvier, le dispositif antiterroriste a été largement remodelé : loi renseignement en juin, état-major opérationnel de prévention du terrorisme (EMOPT) placé directement auprès du ministre de l’intérieur en juillet. Mais, face à la détermination de l’Etat islamique et à l’imprévisibilité de certains islamistes radicalisés, aucun policier ni responsable du ministère de l’intérieur n’a jamais cru au « risque zéro ».

« Chaque jour, nous procédons à la mise hors d’état de nuire d’individus désireux de frapper notre pays. La fragilité psychologique, voire psychiatrique, de certains d’entre eux facilite le passage à l’acte. Et il peut y avoir des gens qui passent à travers les mailles du filet. C’est pourquoi nous les resserrons davantage en confortant nos services », assurait le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, dans L’Express, le 1er juillet.

Depuis janvier, dans cinq dossiers terroristes, les mis en examen ont reconnu un projet de frapper la France, dont des salles de concert. Dernier cas en date, à Toulon, il y a quelques jours.»

B. Comment en parler en classe ?

Le site « Les Outils Tice » propose un ensemble de ressources, publiées au moment des attentats contre Charlie Hebdo en janvier de cette année (Dire l’indicible. Comment parler des attentats avec vos élèves).

Les principes de base ont été édictés par Eduscol, le Portail national des professionnels de l’éducation (Liberté de conscience, liberté d’expression : outils pédagogiques pour réfléchir et débattre avec les élèves)

  • Moduler son attitude pédagogique selon l’âge des élèves : à l’école maternelle, du début à la fin de l’école élémentaire, au collège…
  • Accueillir l’expression de l’émotion des élèves, sans sous-estimer, y compris chez les très jeunes enfants, leur capacité à saisir la gravité des situations ;
  • Rassurer les élèves : l’école est un espace protégé ; l’évènement s’est déroulé dans un lieu et un temps circonscrit, même si les média en parlent et diffusent plusieurs fois les images ;
  • Etre attentif au « niveau de connaissance » que les élèves ont de l’évènement : certains élèves peuvent n’en avoir aucune connaissance ; d’autres ne disposer que d’éléments partiels, voire erronés, provenant de sources variées. Il faut aider à clarifier les termes entendus et répétés, pour que les enfants ne restent pas enfermés dans un présent dominé par la peur.
  • Respecter la sensibilité des élèves (le sentiment de peur, d’incompréhension, d’injustice, de révolte…) ;
  • Respecter l’émotion de la communauté éducative et s’appliquer à la mettre à distance ;
  • Construire une réflexion problématisée, par-delà le seul évènement, qui s’inscrive dans le cadre des programmes d’enseignement (enseignement moral et civique, littérature, histoire, arts…) ; définir en équipe pédagogique les actions envisagées, en prenant appui sur tous les acteurs de la communauté éducative.
  • Informer les responsables légaux, pour les élèves les plus jeunes, des actions pédagogiques entreprises.

A signaler également, le dossier de Géoconfluences (Pour contribuer à la réflexion après les attentats du 13 novembre 2015) qui intéressera tout particulièrement les professeurs d’histoire-géographie. Il s’agit d’une sélection de ressources universitaires publiées par des spécialistes de géographie et de géopolitique pour contribuer à l’analyse. Sont privilégiées les ressources en ligne, en accès libre ou via le portail cairn.info. Si les auteurs sont majoritairement des géographes et des géopoliticiens, ils peuvent être aussi des politistes, anthropologues, sociologues, historiens. Les liens sont valides au 14 novembre 2015. Ce dossier vise à être enrichi.

https://farm1.staticflickr.com/610/22994957566_04c36e1462_c.jpg

« Liberté, égalité, fraternité »… plus que jamais les valeurs de la République devront être à l’honneur dans les établissements scolaires en France comme ailleurs dans le monde.

Classé sous :Didactique, Outils enseignement Balisé avec :#JeSuisParis, attentats, terrorisme

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Conférence : Racisme et haute école : continuités historiques et stratégies antiracistes. Berne (27.03.2026)

Perspectives antiracistes sur la production de savoir Le 27 mars 2026 de 9h00 à 19h00, l’Université de Berne accueillera en ses murs la conférence Racisme et haute école : continuités historiques ...

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Laténium : Exposition L’île de sable (04.10.2025-10.01.2027)

L’exposition L’île de Sable au Laténium de Neuchâtel plonge au cœur de la période coloniale et présente de quelle manière l’archéologie permet d’étudier la thématique de la traite des esclaves et le ...

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Table ronde : S’appuyer sur le passé pour former les professionnel·l·es de demain – Hôtel de ville de Lausanne (12.03.2026)

Plus jamais ça! C'est ce que clament les victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance. Cette table ronde réunit 4 professeures de Hautes écoles du canton de Vaud autour de 2 ...

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Ludovia#CH (21-22-04.2026) : deux jours pour repenser l’apprentissage à l’ère de l’IA et de l’innovation

16 mars 2026 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Les 21et 22 avril 2026, la sixième édition de LUDOVIA#CH revient à Yverdon-les-Bains. Organisé conjointement par la Haute école pédagogique du canton de Vaud et de la Haute école d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud et le soutien du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle, l’événement proposera conférences, ateliers, colloque scientifique et dispositifs collaboratifs […]

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Héroïnes de la Révolution : une anthologie – Littérature et Révolution

4 décembre 2017 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Une très chouette initiative de ce carnet de recherche de nous présenter des ouvrages au sein desquels l’histoire des femmes pendant la Révolution occupent une place significative.  1. Les femmes du 14 juillet Et si le temps a gardé trace de centaines d’hommes, des femmes, en revanche, il ne nous reste que quelques noms: Marie […]

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Le site mégalithique de Rego Grande: le Stonehenge d’Amazonie | Les Découvertes Archéologiques

15 juin 2017 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

En tant que contremaître d’un éleveur de bétail dans les limites de l’Amazonie brésilienne, Lailson Camelo da Silva arrachait des arbres pour transformer la forêt tropicale en pâturage lorsqu’il trébucha sur un étrange arrangement de blocs de granites imposants. Après avoir mené des analyses au radiocarbone et effectué des mesures pendant le solstice d’hiver, des […]

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Des manuels scolaires au service du Sonderfall helvétique (1911-2011) | Revue des sciences de l’éducation de McGill

11 avril 2016 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Dans le cadre de mon travail de thèse, j’ai eu l’occasion en 2012 de participer à un colloque à l’Université de Laval consacré aux didactiques de l’histoire et de la géographie. Ce colloque a ensuite donné lieu à un appel à contribution auquel j’ai répondu (en 2014 si ma mémoire est bonne). L’article soumis a […]

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Wiki prof de raison | OWNI

30 octobre 2012 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Illustration par Loguy pour Owni. Wikipédia effraie les enseignants. Qui l’accusent de se tromper et de ne pas stimuler l’esprit critique. Comme si Wikipédia était une encyclopédie ! C’est d’abord un réseau social dédié au doute, pas aussi ouvert qu’il le prétend. Ainsi que l’expérimente dans sa classe le chercheur Antonio Casilli, chroniqueur ès-cultures numériques d’OWNI. J’aime […]

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L'Analyse de documents – l'Univers social

11 octobre 2006 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Dans le cadre de la préparation de son Congrès 2007 des 26,27 et 28 octobre 2006 Québec —intitulé Concepts et compétences, un pont à construire—, le Congrès de l’Univers social propose un certain nombre d’articles et de dossiers à l’intention de ses participants. Le troisième article concerne L’analyse des documents et la pensée critique. Dans […]

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Faire le point : Apprendre avec les serious games en classe d’histoire ?

15 août 2016 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Les jeux sérieux ont-ils leur place dans la classe ? Et si oui à quelles conditions et pour quoi faire ? Le petit livre de Julian Alvarez, Damien Djaouti et Olivier Rampnoux, vous dit tout, ou presque, sur les jeux sérieux. C’est à dire qu’il parle des apports mais aussi des limites des jeux sérieux […]

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« Assassin’s Creed », toute une histoire à la Gaîté lyrique – LesInrocks

4 janvier 2019 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

La célèbre saga d’Ubisoft est prétexte à une exposition immersive et éducative à sur la création des jeux vidéo. Centrée sur les deux derniers volets de la saga, le plus récent Odyssey (qui se déroule dans la Grèce antique) et Origins (dans l’Antiquité égyptienne), l’exposition fait écho au mode éducatif “Discovery Tour”, une extension active […]

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Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Lyonel Kaufmann 2004-2026

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