Gérard Noiriel reprend, corrige et actualise son discours de la méthode historique, publié il y a quelques années chez Belin. Devenu un classique, cet ouvrage retrace son parcours d’historien, notamment à travers les grandes figures qui ont compté dans sa formation intellectuelle (Bloch, Bourdieu, Elias, Foucault, Rorty, Weber, mais aussi, de façon inattendue, Virginia Woolf). Comment écrit-on l’histoire ? Quelles sont les grandes influences auxquelles un historien est soumis ? Car penser, c’est toujours penser avec d’autres et par rapport à d’autres – que ce soit en s’opposant ou en souscrivant.
Noiriel, G. (2014). Penser avec, penser contre. Itinéraire d’un historien. Paris : Belin. ISBN 978-2701177779
12 years a slave : l'Histoire à coup de trique
Compte-rendu sans complaisance du film «12 years a slave» de Steve McQueen par le site Zéro de conduite.

Adapté au cinéma par Steve McQueen, le roman autobiographique de Solomon Northup, rédigé dans les années 1850 constitue assurément une invitation stimulante pour découvrir la situation complexe des Noirs dans l’Amérique du XIXe siècle. Stupéfiant au pire sens du terme, l’itinéraire de Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor) conduit le spectateur du Nord des Etats-Unis, là où les Noirs peuvent être libres et intégrés socialement, jusque dans les plantations sudistes où le coton et la canne à sucre se chargent de broyer l’âme et la chair de la servile main d’œuvre. Charpentier et musicien, marié et père de famille, reconnu et respecté par les blancs, Solomon Northup est soudainement kidnappé, en 1841, par deux contrebandiers pour être vendu dans un des sordides marchés d’esclaves de la Nouvelle Orléans.
La bande-annonce :
http://youtu.be/0uGjQCg4TlY
Pour Zéro de conduite :
«Descendu dans l’arène des légitimités raciales pour écrire l’histoire des Afro-américains, S. McQueen est bien décidé à lutter, pied à pied, contre les cinéastes blancs coupables désignés d’un vol de l’histoire. Tandis que Spike Lee contestait avec virulence à Q. Tarantino le droit de filmer l’esclavage dans Django unchained, Steve McQueen refuse à Steven Spielberg le monopole de la parole officielle sur l’histoire de ses ancêtres (Amistad, Lincoln). Serviteur autoproclamé d’une communauté qui peine à se remettre de décennies d’oppression et de stigmatisation, S. McQueen s’engouffre non sur le chemin d’une histoire objective et réflexive mais sur la voie d’une mémoire passionnée et combattante.»
L’article : 12 years a slave : l’Histoire à coup de trique : http://www.zerodeconduite.net/blog/index.php?itemid=19085
Digital Sources in Teaching and Learning History
This is my presentation for next week’s conference « Unlocking Sources – the First World War Online & Europeana » in Berlin. The europeana collections 1914-1918 make hundreds of thousands of dig…
Rien que pour la dias sur une salle de classe en 1825, 1956 et aujourd’hui cet article vaut le détour. Larry Cuban ne la renierait pas !
Peindre la guerre – Mission du centenaire
La Première Guerre mondiale éclate alors que la production artistique est en plein renouveau. Face à une peinture traditionnelle et académique, des mouvements comme le cubisme ou le futurisme semblent plus à même d’exprimer la violence des combats. Si la première apporte des vues de la guerre qui seront pour beaucoup reprises dans les revues de l’époque pour informer la population, la seconde, par sa prolifération, impose une autre représentation de la guerre. Par l’usage de couleurs vives, de formes géométriques et angulaires, elle montre la cruauté de cette guerre moderne, l’effacement de l’individu par la machine et la souffrance. Fortes de symboles, ces toiles offrent à voir les expériences de guerre.
Très beau travail de la mission du centenaire.
On ira également faire un tour du côté du site «La couleur des larmes», une exposition virtuelle réalisée à l’occasion du 80e anniversaire de la signature de l’armistice et qui a donc plus de 15 ans : http://www.memorial-caen.fr/10EVENT/EXPO1418/fr/index2.html
See on centenaire.org
Jacques Le Goff et « l’histoire en tranches » | Mediapart
À tous ceux qui, se souvenant de leurs manuels scolaires, pensent encore que le Moyen Âge s’oppose à la Renaissance, ou que l’histoire moderne succède distinctement à l’histoire médiévale, Jacques Le Goff propose de repenser les grands découpages historiques qui scandent nos imaginaires du passé. Entretien avec Mediapart. Extrait :

Doit-on encore vous considérer comme un historien médiéviste, si le Moyen Âge doit changer de définition ?
C’est une question que je me suis souvent posée. Je me définis aujourd’hui comme un historien du Moyen Âge traditionnel, celui qui s’achève au XVe siècle, parce que je ne suis pas un savant de la dernière partie du long Moyen Âge. Il ne me paraît pas impossible que l’on trouve une autre terminologie pour désigner les historiens qui, comme moi, s’occupent du Moyen Âge traditionnel. Je pense que l’on conservera l’idée d’une période intermédiaire entre Antiquité et Temps modernes mais que le concept de “médiéviste” connaîtra une évolution, et qu’il y aura bientôt des médiévistes du XVIe, du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle. Mais il peut y avoir d’autres solutions.
Jacques Le Goff et « l’histoire en tranches » | Mediapart
http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/190114/jacques-le-goff-et-l-histoire-en-tranches?
Mise à jour du 28.01.2014 :
Le compte-rendu de l’ouvrage par le site Histoire globale : Comment et à quelle échelle périodiser l’histoire ?
Extrait de ce compte-rendu à propos de la Renaissance :
«Ainsi, pour Jacques Le Goff, « le pessimisme de Michelet a englouti son Moyen Âge ». Mais dans un contexte différent, Jacob Burckhardt va lui aussi donner ses lettres de noblesse à cette Renaissance, l’opposant de fait à la période obscure qui l’a précédée, au plan de la politique, du développement de l’individu et de la culture. Sur ces bases, Jacques Le Goff procède à une remise en cause impressionnante, montrant notamment combien le Moyen Âge avait entamé des « réformes » que l’on attribue plus volontiers à la Renaissance : retour au système antique des arts libéraux, extension de l’usage « du latin comme langue des clercs et de l’élite laïque », référence déjà forte à la rationalité, invention de la beauté et de l’artiste. A l’inverse, il montre à loisir combien la Renaissance a aggravé les pratiques du Moyen Âge en matière de lutte contre la sorcellerie et en quoi l’inquisition est tout sauf un progrès des droits humains individuels. On ne peut retracer ici tous les arguments utilisés dans le chapitre principal du livre, long de cinquante pages et intitulé « un long Moyen Âge » (reprenant du reste des travaux antérieurs de l’auteur – 2010). Mais la démonstration de l’auteur est clairement des plus convaincantes.»
Revue de Presse : 14-18 à donner le vertige
La commémoration de 14-18 tourne déjà à plein régime et les matériaux mis à disposition sur le net prolifèrent. Petite sélection dans la production éditoriale issue du web.

Soldats allemands quittant Munich en 1914. | Gallica/BnF
1. 14-18 : les 5 sites qu’il faut avoir consulté selon Télérama
Téléréma a sélectionné 5 sites pour son hors-série spécial 14-18. Parmi ces cinq, citons plus particulièrement Europeana. Europeana 1914-1918 a organisé à l’automne dernier La Grande Collecte de documents privés pour le côté français. Une collecte qui continue aujourd’hui en ligne et qui constitue un panorama historique inédit de la Grande Guerre puisqu’il est tracé du point de vue des civils et des mobilisés. A chacun donc d’arpenter les archives personnelles déjà disponibles. A chacun, aussi, d’y glisser son histoire de famille : les documents seront examinés par l’équipe du projet avant d’être diffusés. Indispensable tribune interactive, qui ouvre, en plus, un champ mémoriel à tous les pays belligérants. Le site : http://www.europeana1914-1918.eu/fr
L’article de Télérama : 14-18 : les 5 sites qu’il faut avoir consulté http://www.telerama.fr/medias/14-18-les-5-sites-qu-il-faut-avoir-consulte,107479.php#xtor=RSS-18
2. Enseigner la Première guerre mondiale

Ce DVD du CNDP aborde l’ensemble des grandes problématiques soulevées par la Première Guerre mondiale, dans toutes ses dimensions, militaires, politiques, économiques, sociales et culturelles, avec une attention particulière accordée aux représentations. 32 films de 2 à 18 min : Cartes animées, archives, visites de lieux de mémoire, reconstitutions, analyses d’images, portraits d’acteurs connus ou anonymes, études de cas, récits d’anciens combattants et de témoins, éclairage des historiens. Antoine Prost et Stéphane Audoin-Rouzeau… Une organisation en 5 rubriques : Chronologie ; Lieux de guerre ; Acteurs ; Des sociétés bouleversées ? ; Représentations et analyses.
Pour commander : Enseigner l’histoire de la première guerre mondiale http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_librairie/?p=716
3. Les nouvelles thèses sur les causes de la Grande Guerre passionnent l’Allemagne
Voilà que cent ans après le déclenchement de la guerre, une nouvelle génération d’historien vient secouer l’ancienne image de cette guerre et de ses responsables, notamment l’Australien Christopher Clark, avec le livre Les Somnambules (Flammarion, 2013), et le professeur de sciences politiques berlinois Herfried Münkler. Comme d’autres auteurs, ils apportent beaucoup de nuances à la question de la faute et se placent au-delà des simples modèles d’explication. A lire leurs travaux, tous les participants portent une part de responsabilité dans l’explosion meurtrière de ce mélange fait de politique classique, d’oppositions intérieures, de prises de décision opaques, par exemple au sein des appareils diplomatiques, que fut le déclenchement de la guerre en 1914. Pour l’Allemagne, cela ne signifie pas u’elle n’en ait pas eu aucune restonsabilité dans le déclenchement du conflit, contrairement à ce qu’affirmaient les apologistes conservateurs jusque dans les années 1970.
L’article du Monde : Les nouvelles thèses sur les causes de la Grande Guerre passionnent l’Allemagne : http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2014/01/15/les-nouvelles-theses-sur-les-causes-de-la-grande-guerre-passionnent-l-allemagne_4348422_3208.html
4. 14-18 : les 10 films qu’il faut avoir vu | Télérama.fr
De Chaplin à Tavernier, la Grande Guerre a laissé des traces dans le septième art. La sélection sans surprise de “Télérama” pour son hors-série.
http://youtu.be/v3hTxSCEZYM
Shoulder Armes, de Chaplin (1918)
La sélection et l’article : 14-18 : les 10 films qu’il faut avoir vu : http://www.telerama.fr/cinema/14-18-les-10-films-qu-il-faut-avoir-vu,107258.php

