Je ne sais pas si l’histoire est une science : on peut en tout cas la regarder plus modestement comme un “savoir critique”. Or a-t-on jamais parlé sérieusement de “savoir critique” au collège ? Quand on a évoqué le travail sur document, ce n’était pas tant pour aiguiser le regard critique que pour casser le cours magistral. Il suffit d’ailleurs de regarder les documents qui figurent dans les manuels, ces fragments en miettes, pour constater qu’ils ne se prêtent pas vraiment à cet usage. A côté des événements exceptionnels et des initiatives hors du cadre, le lot commun de la pratique ordinaire des enseignants ne consiste pas à recréer les conditions du travail de l’historien.
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La Boite à Outils des Historiens: Les historiens seront-ils finalement programmeurs ?
Un article qui prend comme point de départ la fameuse phare d’Emmanuel Le Roy Ladurie : « les historiens seront programmeurs ou ils ne seront plus » pour l’actualiser par rapport à aujourd’hui. A lire donc.
«Un spectre hante les réflexions autour du tournant numérique qui affecte le métier d’historien… Il s’agit d’une déclaration, faite par Emmanuel Le Roy Ladurie, à la suite d’une conférence concernant l’usage du quantitatif en histoire qui eut lieu en 1967 à Ann Arbor (voir ici, texte repris en 1974 dans Le territoire de l’historien) :
« les historiens seront programmeurs ou ils ne seront plus »Plus de quarante ans plus tard, alors que les historiens semblent s’interroger collectivement sur le rôle des outils informatiques et des ressources numériques dans les transformations qui affectent leur métier (voir ici,là, ou là), la question de la nécessité d’apprendre à « programmer » se pose sous un angle différent.Sur son site, Frédéric Clavert […] a récemment proposé quelques « pensées éparses » sur « le code et l’historien contemporanéiste« . Prenant pour prétexte les réflexions suscitées par ce texte très stimulant, ce billet se veut une sorte de complément/prolongation à celles que Franziska et moi avons entamées sur le « socle commun » et la nécessité d’une meilleure (in)formation des historiens aux outils numériques, pour un article à paraître en fin d’année dans la Revue d’histoire moderne et contemporaine (et dont nous discuterons bientôt à Blois – cf. pp. 14/15)»
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La mondialisation dans les années 1920 : le regard d’un Européen sur un fait banal, irréversible et «réflexible» | Histoire Globale
«Qu’est-ce qu’un document d’histoire globale ? La question est délicate et n’a guère été posée en France, où l’on s’est peu soucié jusqu’à présent d’éditer des manuels d’histoire globale, alors qu’il en existe en anglais depuis près de vingt ans (par exemple : Andrea & Overfield 1990). Le risque majeur est de prendre tout document et de tomber ainsi dans l’histoire universelle, dont on sait qu’elle est l’ornière de l’histoire globale. Il est donc évident qu’un choix raisonné s’impose, mais sur quels critères ? Car un autre risque surgit alors, celui d’une histoire œcuménique, qui serait une histoire représentative de l’humanité dans sa diversité, mais sans véritable problématique structurante, et qui ne serait ainsi qu’une variation sur le thème du « patrimoine mondial de l’humanité ».
[…] Au regard des difficultés précédemment énumérées, le premier document choisi ne présente pas de risques majeurs. Il s’agit d’un texte extrait d’un ouvrage de Francis Delaisi, Les Contradictions du monde moderne, paru à Paris en 1925. C’est une réflexion sur la « mondialisation ». Certes, le mot n’apparaît pas, même s’il a déjà été utilisé (Otlet, 1916), mais l’idée y est.»
La suite est un très intéressant exemple de démarche de travail, d’études de documents et de problématisation d’un concept.
Geo Histoire accusé de censure pour complaire à des annonceurs | Mediapart

La couverture du numéro Géo Histoire consacré à la France sous l’Occupation
Le dernier numéro de Geo Histoire, consacré à l’Occupation, est paru amputé de 5 pages consacrées à la collaboration des entreprises françaises. La peur de déplaire à des annonceurs comme LVMH, accuse la rédaction; un choix éditorial et juridique, argue la rédactrice en chef déléguée. L’affaire est remontée au comité d’éthique de la maison-mère allemande.
Source : Geo Histoire accusé de censure pour complaire à des annonceurs | Mediapart.
Est-on intoxiqué par l’habitude de noter les élèves?
Ailleurs, est-on intoxiqué par l’habitude de noter les élèves? En revenant de Bolivie où, il conduit depuis 10 ans des stages de formation pour les enseignants, Charles Pepinster s’est demandé si, là-bas les profs étaient aussi « intoxiqués » par la notation que chez lui, en Belgique. L’auteur se livre à une petite expérimentation et constate qu’en Occident, comme aux Amériques, la dispersion de la note rend celle-ci non crédible. Alors, faut-il supprimer la note? La réponse de l’auteur surprendra sans doute les lecteurs : « NON… pas tout de suite ». En effet, selon lui, il s’agit de faire une cure de désintoxication de l’institution car les profs, les parents (voire les experts théoriques et les autorités) n’ont jamais vécu leur scolarité sans jugement chiffré et surtout n’ont jamais conduit eux-mêmes des cohortes d’élèves débarrassées du chantage de la notation. Que faire pour sortir de l’addiction aux notes? Comme tout sevrage, c’est difficile et ça nécessite de l’accompagnement car il faut mêler raison et sentiments. Charles Pepinster propose, en résumé, une philosophie générale ainsi que des mesures concrètes pour quitter, enfin, le mesurage de l’humain.
L’article : Pour une cure de désintoxication des profs et de toute l’institution scolaire. | CEA.
Les 704 bourre-pifs d’Astérix et Obélix | Le Blog de M.Colin
Le très sérieux journal scientifique « Acta Neurochirurgica » (impact factor 1,47) a publié cet article : “Traumatic brain injuries in illustrated literature: experience from a series of over 700 head injuries in the Asterix comic books” Marcel A. Kamp et al. Les auteurs proposent une revue complète des quelques 704 blessures à la tête recensée dans les 34 albums de la célèbre série gauloise de Goscinny et Uderzo : Astérix le gaulois. Ainsi après une lecture attentive, ils livrent leurs conclusions sur les troubles observés, et les causes ou les facteurs corrélés à ces différents troubles… Des résultats marquants assurément !
A lire le compte-rendu de cet article par Le Blog de M.Colin: Les 704 bourre-pifs d’Astérix et Obélix.

