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Histoire Lyonel Kaufmann

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Qu’est-ce que l’Histoire publique (Public History) ?

17 août 2017 by Lyonel Kaufmann

Invité à l’occasion de la 4e Conférence annuelle la Fédération internationale pour l’histoire publique (FIHP) à Ravene, Benjamin Brillaud, le Youtubeur de Notabene, nous présente à la fois la conférence, ses intervenants et la démarche de l’histoire publique. La vidéo est une bonne introduction sur le sujet de l’histoire publique.

Sa présentation de la vidéo vous intéressera également :

Fort heureusement, vous vous êtes trompés 🙂

Si l’Histoire, en tant que discipline, peut souffrir d’une image parfois encore poussiéreuse, il y a néanmoins de plus en plus d’acteur du secteur de l’Histoire qui œuvrent collectivement pour transmettre l’Histoire de manière plus efficace au public sans sacrifier la rigueur qui lui est dû.

Dans cet épisode un peu particulier, je tenterai de vous montrer ce qu’est l’Histoire publique et pourquoi c’est important à notre époque. Nous verrons ensemble si elle peut trouver un écho en France et si les historiens français sont prêts pour ça.

Pour en savoir un peu plus sur la Conférence : 4th IFPH Annual Conference Program – Ravenna, Italy, 5-9 June 2017. Vous pouvez en apprendre plus sur la fédération internationale d’Histoire publique à travers son blog : http://ifph.hypotheses.org/.

Concernant une définition de l’Histoire publique, je vous invite à lire ce compte-rendu de Serge Noiret : Définir le champ de l’Histoire Publique Numérique, un atelier à THATCamp Paris 2015.

Je vous invite également à lire le blog Public History Weekly qui publie des contributions de divers horizons et de spécialistes internationaux relativement aux usages publics de l’histoire.

Concernant le premier master en Histoire publique ouvert récemment en France à université Paris-Est Créteil : http://www.u-pec.fr/pratiques/universite/formation/master-histoire-parcours-histoire-publique-644604.kjsp postuler : https://candidatures.u-pec.fr/ecandidat/#!accueilView. Vous pouvez aussi consulter le Carnet du master histoire publique de l’université de Paris-Est Créteil. Ce carnet présente les travaux des étudiants du master « Histoire publique » de l’université de Paris-Est-Créteil et interroge toutes les formes de savoirs historiques nées et diffusées en dehors du monde universitaire.

Source de l’image : http://www.sfasu.edu/publichistory/

Classé sous :Histoire active, sur le web

16 août 1945 – Des conditions de travail précaires – Journal d’Hiroshima

16 août 2017 by Lyonel Kaufmann

Si désormais, le Dr Michihiko Hachiya et le personnel savent à quel type de bombe ils doivent faire face, les moyens matériels élémentaires manquent pour faire leur travail ainsi que le montre l’extrait suivant daté du 16 août. Ils n’en font pas moins leur travail au plus près de leur conscience.

« Je consacrai une partie de la matinée à essayer de mettre à jour les dossiers des patients encore présents dans l’hôpital. Il nous avait été impossible d’y penser auparavant, chacun s’étant efforcé de tout faire pour répondre aux besoins urgents des malades. J’ai déjà mentionné l’immense charge de travail que le docteur Koyama et son équipe endurèrent pour sauver l’hôpital, sans jamais penser à eux-mêmes et avec très peu de répit. À ma demande, le docteur Katsube se chargea de noter avec autant de précision que possible toutes les observations subjectives ou objectives que nous avions pu faire. Les docteurs Hanaoka et Akiyama l’assistèrent dans cette tâche. Nous n’avions ni microscope, ni réactifs chimiques, ni laboratoire, mais on accorderait peut-être un jour une grande importance aux observations cliniques et aux autres données consignées par nos soins. Nulle part ailleurs dans l’histoire du monde une population n’avait été exposée aux effets dévastateurs d’une bombe atomique. »

« Journal d’Hiroshima, 6 Aout – 30 Septembre 1945 » de Michihiko Hachiya, Simon Duran – http://amzn.eu/h4bnzwL

Lire le début du journal : http://www.tallandier.com/pdf/9791021010772.pdf

Classé sous :Nouvelles de l'histoire Balisé avec :39-45, Hiroshima

15 août 1945 – L’annonce et le choc de la capitulation – Journal d’Hiroshima

15 août 2017 by Lyonel Kaufmann

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Tout le Japon est dans l’attente de la déclaration que l’Empereur doit faire le 15 août. Un poste radio est finalement trouvé à l’hopital. L’attente est pesante. L’onde de choc saisira le Dr Hachiya.

Avant la retransmission, l’état d’esprit du docteur :

« C’était le jour de la retransmission.

Malgré ma détermination à éviter les spéculations et les conjectures, j’avais fini par me livrer à un débat intérieur, d’où j’avais tiré la conclusion que l’émission allait annoncer une invasion ennemie sur nos côtes. Certainement le quartier général allait-il nous ordonner de combattre jusqu’au dernier sang. Quelle situation désespérée !

[…]

Tout avait mal tourné, et maintenant l’ennemi allait débarquer au Japon. Rien que d’y penser, j’en étais malade. »

Les conditions de réception de l’émission sont plus que précaires et la capitulation est à peine entendue :

« On nous invita à nous rassembler dans une salle du Bureau des communications. Une radio avait été arrangée, et lorsque je pénétrai dans la salle, il y avait déjà foule. Je m’adossai à l’entrée et attendis. Au bout de quelques minutes, la radio se mit à ronronner et crépiter bruyamment sous l’effet de l’électricité statique. On pouvait entendre une voix indistincte, qui ne se faisait claire que par moments. Je ne parvins à percevoir qu’une seule phrase, qui disait quelque chose comme : « Supportez l’insupportable ». Puis le parasitage cessa ; l’émission était terminée.

M. Okamoto, le chef du Bureau, qui était resté debout près de l’appareil, se tourna vers nous et nous dit : « L’émission a fait entendre la voix même de l’Empereur, et il vient de nous dire que nous avons perdu la guerre. Jusqu’à nouvel ordre, je veux que vous mainteniez vos activités. » 

Une fois la stupeur passée, l’hôpital est en proie au tumulte. Le choc de la capitulation est plus considérable que celui du bombardement pour toutes les personnes présentes :

« Soudain, l’hôpital fut en proie au tumulte, et personne ne pouvait rien y faire. Beaucoup de ceux qui avaient été de fervents partisans de la paix, ou d’autres qui avaient perdu toute inclination pour la guerre à la suite du pika, exigeaient maintenant à grands cris que la guerre continuât. À présent que la capitulation était un fait accompli, irréfutable et définitif, il n’y avait plus moyen de calmer ceux qui venaient d’en être informés. Puisque tout était perdu et qu’on ne pouvait donc craindre de perdre davantage, tout le monde cédait au désespoir. Je commençai à partager le même sentiment –il fallait se battre jusqu’au dernier sang et puis mourir. Pourquoi s’acharner à vivre dans un corps mutilé ? N’était-il pas préférable de mourir pour son pays et de couronner son existence de perfection, plutôt que de vivre dans la honte et le déshonneur ?

Le seul mot de « capitulation » avait produit un choc plus considérable que le bombardement de notre ville. Plus j’y pensais, plus je me sentais affligé et misérable.

Mais l’ordre de capituler avait été donné par l’Empereur, et nous ne pouvions rien objecter à cela. »

« Journal d’Hiroshima, 6 Août – 30 Septembre 1945 » de Michihiko Hachiya, Simon Duran – http://amzn.eu/h4bnzwL

Lire le début du journal : http://www.tallandier.com/pdf/9791021010772.pdf

Classé sous :Nouvelles de l'histoire Balisé avec :39-45, Hiroshima

12 août 1945 : Une bombe atomique ! Journal d’Hiroshima

12 août 2017 by Lyonel Kaufmann

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Le 12 août, soit 6 jours après le bombardement de la ville d’Hiroshima, la visite du capitaine Fujihara à l’hôpital permet au Dr Michihiko Hachiya d’identifier enfin la nature exacte de la bombe utilisée.

« –Où étiez-vous au moment de l’explosion ? demanda le capitaine Fujihara.
–Le docteur était en train de se reposer dans le hanareya, et moi, je me tenais debout sous une fenêtre vitrée de la cuisine. » « Voyez ce qui m’est arrivé », poursuivit ma femme en lui montrant les cicatrices qu’elle devait à la projection des débris de verre.
Parti d’Okayama, le capitaine Fujihara s’était arrêté pour nous rendre visite la veille de l’explosion, et il nous avait apporté un panier de ces pêches fameuses qui font la réputation de la préfecture d’Okayama. Il passa la nuit chez nous et, pour pouvoir prendre le premier train pour Iwakuni, il était reparti le matin suivant sans même prendre le temps de se laver le visage. Le souvenir des pêches d’Okayama me fit venir l’eau à la bouche.
« La perte de ces pêches est un moindre mal, observa le capitaine Fujihara. C’est un miracle que vous ayez survécu. Après tout, l’explosion d’une bombe atomique est une chose terrible.
–Une bombe atomique ! m’écriai-je en me redressant sur mon lit. N’est-ce pas la bombe dont j’ai entendu dire qu’elle pouvait pulvériser Saipan, et cela avec seulement dix grammes d’hydrogène ?
–C’est bien cela, affirma Ichiro-san. J’ai obtenu cette information à l’hôpital naval d’Iwakuni, où l’on étudie et soigne des victimes d’Hiroshima qui paraissent souffrir d’un mal épouvantable. »

« Journal d’Hiroshima, 6 Août – 30 Septembre 1945 » de Michihiko Hachiya, Simon Duran – http://amzn.eu/h4bnzwL
Lire le début du journal : http://www.tallandier.com/pdf/9791021010772.pdf

Classé sous :Nouvelles de l'histoire Balisé avec :39-45, Hiroshima

9 – 11 août 1945 : Le Pikadon – Journal d’Hiroshima

9 août 2017 by Lyonel Kaufmann

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A partir du 9 août, dans le journal du Dr Michihiko Hachiya, le mot Pikadon fait son apparition pour nommer l’explosion. Pika signifie «étincelle», «lueur» ou «éclat soudain de lumière», à l’image de l’éclaire. Don signifie «boum!» ou déflagration. Accolés l’un à l’autre, ces deux vocables servirent pour les habitant.e.s d’Hiroshima, à désigner un éclaire accompagné d’une explosion. On pourrait traduire littéralement par : «flash-boum!».

9 août 1945 :

« Pour ma part, je pouvais assurer n’avoir entendu aucune explosion l’autre matin. Je n’avais pas non plus le souvenir d’avoir perçu la moindre détonation tandis que je me dirigeais vers l’hôpital et que les maisons s’effondraient autour de moi. J’avais plutôt eu l’impression de marcher comme dans un film lugubre et muet. Ceux que j’avais interrogés à ce sujet m’avaient confié avoir eu le même sentiment.
Quant à ceux qui s’étaient trouvés dans la périphérie de la ville au moment de l’explosion, ils se servaient pour la nommer du mot pikadon. Comment alors pouvait-on expliquer que ni moi ni d’autres n’eussions entendu d’explosion, si ce n’était en la déduisant du fait qu’une variation soudaine de la pression atmosphérique avait rendu temporairement sourds ceux qui s’étaient trouvés dans les parages ? Pouvait-on assigner la même cause aux saignements que nous commencions à observer ? »
Comme d’autres habitants, le Dr Michihiko Hachiya dit aussi simplement pika. Le 11 août, il dresse un portrait poignant de l’état de faiblesse physique et mentale des survivant.e.s :

11 août 1945 :

« Je pensai aux histoires que j’avais entendues le premier jour. Que l’homme est une chose faible et fragile face à une telle puissance de destruction ! Après le pika, la population toute entière avait été réduite à un état général de faiblesse physique et mentale. Ceux qui en étaient capables marchaient en silence vers la banlieue et les collines avoisinantes, totalement brisés et privés de volonté. Quand on leur demandait d’où ils venaient ils tendaient un doigt vers la ville et disaient : « de là » ; et lorsqu’on leur demandait où ils allaient, ils désignaient la direction opposée et disaient : « là-bas ». Ils étaient à ce point brisés et hébétés qu’ils se mouvaient et se comportaient comme des automates.
Leur allure avait étonné les observateurs étrangers. Ils témoignaient avec stupéfaction du spectacle qu’offraient ces longues files de gens avançant imperturbablement sur un chemin étroit et cahoteux, alors qu’une route facile et sans heurts, allant dans la même direction, se trouvait à proximité. Ces étrangers ne pouvaient comprendre qu’ils assistaient à l’exode d’une population se mouvant dans le royaume des songes.»
« Journal d’Hiroshima, 6 Août – 30 Septembre 1945 » de Michihiko Hachiya, Simon Duran – http://amzn.eu/h4bnzwL
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L´étrange défaite | Avoir raison avec Marc Bloch

8 août 2017 by Lyonel Kaufmann

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Ce texte, écrit à chaud dans l’été 1940, est une analyse implacable de la défaite française. Marc Bloch qui, bien que déjà âgé, s’était volontairement engagé dans les combats de la bataille de France, a vécu la débâcle française.

Il tente de démêler les responsabilités militaires et politiques de cet échec mais en profite aussi pour présenter, à la première personne, le témoin qu’il est. Ce texte ne sera publié que de manière posthume, après son exécution en 1944 par les allemands, en 1946 au éditions « Franc-Tireur ». Il est devenu, depuis quelques années, le texte de référence des historiens de l’histoire du temps présent. Peter Schottler, cofondateur des « Cahiers Marc Bloch » et longtemps chercheur à l’Institut d’Histoire du Temps Présent, et Christian Ingrao, spécialiste de l’histoire du nazisme, qui a dirigé l’IHTP, nous disent combien cet ouvrage est essentiel pour la discipline historique.

Présentation du témoin dans « L’étrange défaite »

Je suis Juif, sinon par la religion, que je ne pratique point, non plus que nulle autre, du moins par la naissance. Je n’en tire ni orgueil ni honte, étant, je l’espère, assez bon historien pour n’ignorer point que les prédispositions raciales sont un mythe et la notion même de race pure une absurdité particulièrement flagrante, lorsqu’elle prétend s’appliquer, comme ici, à ce qui fut, en réalité, un groupe de croyants, recrutés, jadis, dans tout le monde méditerranéen, turco-khazar et slave. Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas : en face d’un antisémite.Mais peut-être les personnes qui s’opposeront à mon témoignage chercheront-elles à le ruiner en me traitant de « métèque ». Je leur répondrai, sans plus, que mon arrière-grand-père fut soldat, en 1793; que mon père en 1870, servit dans Strasbourg assiégé ; que mes deux oncles et lui quittèrent volontairement leur Alsace natale, après son annexion au IIeme Reich; que j’ai été élevé dans le culte de ces traditions patriotiques, dont les Israélites de l’exode alsacien furent toujours les plus fervents mainteneurs; que la France, enfin, dont certains conspireraient volontiers à m’expulser aujourd’hui et peut-être (qui sait?) y réussiront, demeurera, quoi qu’il arrive, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur . J’y suis né, j’ ai bu aux sources de sa culture, j’ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel, et je me suis efforcé, à mon tour, de la défendre de mon mieux. Marc Bloch

A écouter : L’étrange défaite | Avoir raison avec Marc Bloch par Emmanuel Laurentin

Source de l’image : Soldats français en janvier 1940 • Crédits : BERLINER VERLAG / ARCHIV / DPA-ZENTRALBILD / DPA – AFP

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7 août 1945 – Journal d’Hiroshima de Michihiko Hachiya

7 août 2017 by Lyonel Kaufmann

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Dans ce livre publié en 1955 qui fit grand bruit alors, réédité en 2011 en France, un médecin japonais, Michihiko Hachiya, raconte les différentes étapes de l’après Hiroshima: les douleurs après l’explosion, l’incompréhension, la sidération, et l’entrée dans l’ère atomique. Plus de cinquante ans après, ce journal garde tout son intérêt sur la manière dont l’événement fut vécu par les habitant.e.s, les équipes médicales sur place et un témoignage également sur la manière dont la capitulation a été vécue.

« Quelle sorte de bombe avait détruit Hiroshima ? Que m’avaient dit mes visiteurs au cours de la journée ? De toute façon, cela n’avait pas de sens.

Il ne pouvait y avoir eu qu’un petit nombre d’avions. Même ma propre mémoire en convenait. Avant l’alarme aérienne, on avait entendu le son métallique d’un seul avion, pas plus. Sinon, pourquoi l’alarme se serait-elle interrompue ? Pourquoi n’avait-elle plus retenti au cours des cinq ou six minutes précédant l’explosion ?

J’avais beau raisonner, je ne parvenais pas à concilier ces faits avec l’anéantissement qui s’en était suivi. Peut-être s’était-on effectivement servi d’une arme nouvelle ! Plus d’un de mes visiteurs avait vaguement parlé d’une « nouvelle bombe », d’une « arme secrète » ou d’une « bombe spéciale ». Quelqu’un avait même dit que cette bombe se trouvait suspendue à deux parachutes au moment où elle avait éclaté ! Quoi qu’il en soit, cela dépassait ma capacité de compréhension. À des dégâts d’une telle ampleur, on ne pouvait donner aucune explication. Nous n’avions à notre disposition que des histoires aussi peu substantielles que les nuages insaisissables.

Une chose était certaine : Hiroshima était détruite, et avec elle l’armée qui y tenait garnison. »

Un jour après le bombardement, le journal du docteur Michihiko Hachiya indique l’incompréhension par rapport à l’événement qui s’est passé et son caractère entièrement nouveau.

Document précieux et authentique, le Journal d’Hiroshima propose une plongée inédite dans l’enfer que fut cette ville martyre, la découverte des effets de la bombe et la manière dont sera vécue la capitulation du Japon.

« Journal d’Hiroshima, 6 Aout – 30 Septembre 1945 » de Michihiko Hachiya, Simon Duran – http://amzn.eu/h4bnzwL

Lire le début du journal : http://www.tallandier.com/pdf/9791021010772.pdf

Classé sous :Publications Balisé avec :39-45, Hiroshima

6 août 1945 – Journal d’Hiroshima de Michihiko Hachiya

6 août 2017 by Lyonel Kaufmann

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Dans ce livre publié en 1955 qui fit grand bruit alors, réédité en 2011 en France, un médecin japonais, Michihiko Hachiya, raconte les différentes étapes de l’après Hiroshima: les douleurs après l’explosion, l’incompréhension, la sidération, et l’entrée dans l’ère atomique. Plus de cinquante ans après, ce journal garde tout son intérêt sur la manière dont l’événement fut vécu par les habitant.e.s, les équipes médicales sur place et un témoignage également sur la manière dont la capitulation a été vécue.

« Il était tôt. La matinée était calme, chaude et belle. Tandis que je regardais pensivement vers le sud à travers les portes grandes ouvertes de la maison, des feuillages scintillants, reflétant la luminosité d’un ciel sans nuage, formaient un ravissant contraste avec les ombres du jardin. 


Vêtu d’un caleçon et d’un maillot de corps, j’étais étendu sur le sol du séjour, épuisé au sortir d’une nuit sans sommeil à l’hôpital, où j’avais été de garde pour parer à l’éventualité d’un raid aérien. 


Soudain, un puissant éclair de lumière me fit tressaillir, puis un second. On garde en mémoire de tels détails : je me souviens parfaitement d’une lanterne en pierre qui se mit à scintiller vivement dans le jardin, et je me demandais si cette lumière provenait d’un éclair de magnésium ou des étincelles causées par le passage d’un tramway. 


Les ombres du jardin disparurent. Le paysage, si brillant et ensoleillé un instant auparavant, devint sombre et brumeux. Au travers d’une poussière virevoltante, je pouvais à peine distinguer le pilier en bois qui soutenait un angle de ma maison. Il penchait excessivement et le toit vacillait dangereusement. 


Instinctivement, je tentai de fuir, mais des gravats et des poutres tombées au sol me barraient le passage. En me faufilant à tâtons, je réussis à atteindre le couloir, puis à sortir dans le jardin. Submergé par un immense sentiment de faiblesse, je m’immobilisai pour regagner mes forces. À ma grande stupeur, je découvris alors que j’étais complètement nu. Chose étrange ! Où étaient passés mon caleçon et mon maillot de corps ? 


Que s’était-il passé ? 


Tout le flanc droit de mon corps était lacéré et saignait. Un grand éclat de quelque chose saillait d’une plaie ouverte à ma cuisse, et quelque chose de chaud s’écoulait dans ma bouche. En la touchant délicatement, je m’aperçus que ma joue était déchirée et que ma lèvre inférieure pendait, béante. Un gros morceau de verre était fiché dans mon cou ; sans y penser, je l’en délogeai, et, avec le détachement d’un homme sidéré et en état de choc, je l’étudiai ainsi que ma main ensanglantée. »

Ainsi commence le journal du docteur Michihiko Hachiya. Ayant survécu à l’explosion, il se rend immédiatement à l’hôpital, dont il est le directeur. Il découvre une ville dévastée, jonchée de cadavres, d’hommes et de femmes brûlés au dernier degré agonisant lentement au milieu des décombres.

Dans une langue à la fois épurée et précise qui, malgré l’horreur, ne perd rien de son élégance et de sa pudeur, il raconte, jour après jour, les deux mois qui suivirent la catastrophe. Les morts bien sûr, mais aussi l’apparition de ces étranges symptômes que personne ne reconnaît et qui annoncent toujours une fin certaine et douloureuse. Face à la pénurie de nourriture et de matériel médical, à la souffrance des blessés, aux conditions de vie sordides, les médecins, les infirmières et ceux qui en sont capables font tout ce qu’ils peuvent pour soulager les très nombreux blessés et découvrir, avec les moyens du bord, l’origine de ce mal inconnu. Outre cet hommage à la formidable solidarité qui se tisse alors, le récit du docteur Hachiya est un témoignage historique incomparable sur les événements qui suivent l’explosion de la bombe – la capitulation du Japon, l’arrivée de l’armée d’occupation américaine… – et sur la façon dont la population japonaise les perçoit.

Document précieux et authentique, le Journal d’Hiroshima propose une plongée inédite dans l’enfer que fut cette ville martyre.

« Journal d’Hiroshima, 6 Aout – 30 Septembre 1945 » de Michihiko Hachiya, Simon Duran – http://amzn.eu/h4bnzwL

Lire le début du journal : http://www.tallandier.com/pdf/9791021010772.pdf

Classé sous :Publications Balisé avec :39-45, Hiroshima

L’Histoire peut-elle être neutre ? – VVS, la suite #2 – YouTube

20 juillet 2017 by Lyonel Kaufmann

Voilà une vidéo qui passe bien en cette période estivale entre un bon polar et la préparation de la rentrée.

Que l’été soit avec vous !

Classé sous :Opinions&Réflexions

Et si les voies romaines étaient des lignes de métro…

19 juillet 2017 by Lyonel Kaufmann

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Si les voies romaines étaient des lignes de métro, Roma serait la station la mieux desservie, comme le démontre cette carte façon “plan de métro”.

Repris par plusieurs médias, dont le site Co. Design de Fast Company, ce plan permet en un coup d’œil de se faire une idée de l’étendue de l’Empire romain à travers l’Europe et le nord de l’Afrique, à son apogée, au IIe siècle après Jésus-Christ. L’empire compte alors entre 50 et 80 millions d’habitants.

L’auteur est Sasha Trubetskoy. Cet étudiant en géographie à l’université de Chicago a rassemblé des informations du modèle Orbis de l’université de Stanford, du projet Pelagios et du guide de voyage de la Rome antique Itinéraire d’Antonin pour concevoir cette carte à la façon d’un plan de métro. Il s’est même amusé à créer un logo spécifique.

Sur le plan, toutes les informations sont en latin, noms des stations-villes et des lignes-voies pavées compris. Trois stations de métro couvrent la Suisse pour cette époque : Aventicum (Avenches), Augusta Raurica (Augst) et de Genava (Genève).

Source : Courrier international

Classé sous :Médias et technologies, Nouvelles de l'histoire

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En complément à un précédent billet Publications, un extrait de l’interview accordé par Enzo Traverso à la revue Politis du 22 mars 2007. Cet interview fait suite à la publication de son ouvrage À FEU ET À SANG. De la guerre civile européenne (1914-1945) Stock, « Un ordre d’idées », 370 p. Dans cet extrait, Enzo Traverso […]

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Créer des licences Creative Commons en classe d’histoire

7 avril 2019 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

En histoire-géographie, de nombreuses activités donnent lieu à des productions médiatiques numériques publiées sur des supports de diffusions divers : site internet, blog, chaîne youtube, réseaux sociaux. Ainsi, vidéos, livres numériques, podcasts…réalisés par les élèves sont un moment privilégié pour entamer une réflexion sur les droits et notamment le droit d’auteur et les enjeux de la […]

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Revue de presse : Histoire et géographie : libérons les élèves du programme | Journal d’un prof d’histoire | Rue89 Les blogs

27 juin 2013 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

«Davantage peut-être que les sujets d’examen en eux-mêmes, c’est la lourdeur des programmes qui focalise le mécontentement, renforcé par le refus obstiné de l’Education nationale de prendre en considération ce que les enseignants sont quasi unanimes – chose rare – à lui signifier : en classe d’examen, est-il vraiment pertinent que la préoccupation majeure des […]

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