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Histoire Lyonel Kaufmann

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Opinions&Réflexions

La salle de classe planétaire | Le Monde

11 août 2012 by Lyonel Kaufmann

Hier à la bibliothèque, au rayon des nouveautés, mon regard a été attiré par le titre d’un ouvrage intitulé «L’intelligence et l’école». Ma première réaction a été de me dire que les deux choses paraissent disjointes. Autrement le titre en aurait été «L’intelligence à l’école», non? Aujourd’hui, je m’arrête devant l’article suivant du journal «Le Monde» et son histoire relativement à Daphne Koller. Et je me dis qu’effectivement l’intelligence à l’école, c’est encore du chemin à parcourir.

Même avec la volonté de fer de Daphne Koller, c’est pas encore gagné par rapport au «conservatisme dynamique» dont je vous entretenais hier. Tout espoir n’est cependant pas perdu puisqu’ici l’initiative vient de professeurs et non de la superstructure.

Daphne Koller. | Wikimedia commons – Creative Commons Attribution 2.0 Generic

Daphne Koller a une dent contre l’école. Enfant, cette Israélienne veut découvrir les équations du troisième degré et la danse, l’histoire de la Grèce antique et la poésie. Comme tous les élèves, elle doit subir le programme, rentrer dans les cases. Sa soif d’apprendre se cogne à l’éducation formatée. Elle abandonne l’école, avec le soutien de ses parents. Elle entre à l’université hébraïque de Jérusalem à 13 ans, obtient sa maîtrise à 18 ans. A 21 ans, elle quitte Israël pour Stanford et un PHD en génie informatique. « Grâce à ma famille, j’ai pu contourner le cursus éducatif traditionnel et devenir moi-même. J’ai eu beaucoup de chance. Depuis, une question m’obsède : comment rendre cela possible pour tous ? »

[…]

Devenue l’une des enseignantes les mieux notées de l’un des campus les plus réputés, l’ennui revient pourtant : « Passer ma vie à aller dans la même salle de classe, faire la même leçon, raconter les mêmes blagues, au même moment…, ce n’est pas une bonne utilisation de mon temps ni de celui des élèves. » Avec d’autres, elle réfléchit à un moyen de rendre le travail en classe plus attractif. Morne plaine.

Pour en savoir plus sur la manière dont Daphne va s’y prendre, lire la suite: La salle de classe planétaire.

Classé sous :Didactique, Histoire active, Opinions&Réflexions Balisé avec :blogcafé, e-learning, Histoire, MOOC, RevuePresse

«Conservatisme dynamique» et stabilité des pratiques enseignantes | Larry Cuban

10 août 2012 by Lyonel Kaufmann

Cet article fondamental de Larry Cuban traite de la grande stabilité des pratiques scolaires malgré les réformes initiées par les autorités pour les faire évoluer.

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L’école avant l’arrivée des ordinateurs portables…

Certes, les choses ont changé dans les classes. Les ordinateurs de bureau et  les ordinateurs portables se sont répandus dans les écoles, les enseignants utilisent l’Internet pour utiliser des vidéos dans leurs cours, les étudiants font des présentations PowerPoint. Les enseignants réalisent des sondages immédiats de réponses des élèves à leurs questionnaires à choix multiples avec cliqueurs; ils utilisent de nouveaux manuels scolaires, dont certains sont en ligne.

Pourtant, malgré ces changements, il ya une banalité dans le déroulement d’une leçon, les activités que les élèves des enseignants directs à faire, et le Question/Réponse reste la norme entre enseignants et élèves.

Comment expliquer que la continuité se perpétue dans l’enseignement familier?

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et après l’arrivée des ordinateurs portables en classe…

Pour Larry Cuban, le concept organisationnel de «conservatisme dynamique» explique  à la fois la continuité et le changement à l’oeuvre à l’école comme dans d’autres institutions qui permet de maintenir un équilibre fragile dans les salles de classe et les écoles. Les institutions doivent souvent se battre et embrasser le changement, afin de rester les mêmes. Les familles, les hôpitaux, les entreprises, les tribunaux, la ville et l’état des bureaucraties, et les militaires répondent souvent à d’importantes réformes en adoptant les parties du changement qui soutiendront la stabilité.

Ainsi la demande sociale et les départements scolaires ont introduit les ordinateurs portables dans les classes tout en demandant de former les élèves à la pensée critique et aux compétences du 21e siècle. De leur côté, les enseignants ont alors utilisés ces ordinateurs en classe pour amener leurs élèves à faire des recherches sur Internet, à prendre des notes et pour faire des présentations PowerPoint, seuls ou groupe, en classe. Ces enseignants ont apporté des changements dans la façon dont ils enseignent tout en conservant leur ordre habituel des tâches et des activités dans les cours. Ils ont mixé moyens traditionnels et non traditionnels.

Pour Larry Cuban, le changement se produit tout le temps dans les écoles et les salles de classe, mais ni à la portée, ni dans les conceptions, ni aux rythmes des réformes initiées par les décideurs politiques. Fondamentalement, ces derniers veulent la transformation de l’institution et non pas quelques changements cosmétiques. Dès lors, les obstacles aux réformes scolaires se multiplient rapidement pour les déjouer en les détournant dans la pratique.

Dans cet échec de la compréhension du «conservatisme dynamique» se cachent les nombreuses erreurs que les décideurs font dans leurs efforts répétés pour transformer l’école, l’enseignement et l’apprentissage.

“Dynamic Conservatism” and Stability in Teaching | Larry Cuban on School Reform and Classroom Practice.

Classé sous :Didactique, Opinions&Réflexions

«Conservatisme dynamique» et stabilité des pratiques enseignantes | Larry Cuban

10 août 2012 by Lyonel Kaufmann

Cet article fondamental de Larry Cuban traite de la grande stabilité des pratiques scolaires malgré les réformes initiées par les autorités pour les faire évoluer.

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L’école avant l’arrivée des ordinateurs portables…

Certes, les choses ont changé dans les classes. Les ordinateurs de bureau et  les ordinateurs portables se sont répandus dans les écoles, les enseignants utilisent l’Internet pour utiliser des vidéos dans leurs cours, les étudiants font des présentations PowerPoint. Les enseignants réalisent des sondages immédiats de réponses des élèves à leurs questionnaires à choix multiples avec cliqueurs; ils utilisent de nouveaux manuels scolaires, dont certains sont en ligne.

Pourtant, malgré ces changements, il ya une banalité dans le déroulement d’une leçon, les activités que les élèves des enseignants directs à faire, et le Question/Réponse reste la norme entre enseignants et élèves.

Comment expliquer que la continuité se perpétue dans l’enseignement familier?

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et après l’arrivée des ordinateurs portables en classe…

Pour Larry Cuban, le concept organisationnel de «conservatisme dynamique» explique  à la fois la continuité et le changement à l’oeuvre à l’école comme dans d’autres institutions qui permet de maintenir un équilibre fragile dans les salles de classe et les écoles. Les institutions doivent souvent se battre et embrasser le changement, afin de rester les mêmes. Les familles, les hôpitaux, les entreprises, les tribunaux, la ville et l’état des bureaucraties, et les militaires répondent souvent à d’importantes réformes en adoptant les parties du changement qui soutiendront la stabilité.

Ainsi la demande sociale et les départements scolaires ont introduit les ordinateurs portables dans les classes tout en demandant de former les élèves à la pensée critique et aux compétences du 21e siècle. De leur côté, les enseignants ont alors utilisés ces ordinateurs en classe pour amener leurs élèves à faire des recherches sur Internet, à prendre des notes et pour faire des présentations PowerPoint, seuls ou groupe, en classe. Ces enseignants ont apporté des changements dans la façon dont ils enseignent tout en conservant leur ordre habituel des tâches et des activités dans les cours. Ils ont mixé moyens traditionnels et non traditionnels.

Pour Larry Cuban, le changement se produit tout le temps dans les écoles et les salles de classe, mais ni à la portée, ni dans les conceptions, ni aux rythmes des réformes initiées par les décideurs politiques. Fondamentalement, ces derniers veulent la transformation de l’institution et non pas quelques changements cosmétiques. Dès lors, les obstacles aux réformes scolaires se multiplient rapidement pour les déjouer en les détournant dans la pratique.

Dans cet échec de la compréhension du «conservatisme dynamique» se cachent les nombreuses erreurs que les décideurs font dans leurs efforts répétés pour transformer l’école, l’enseignement et l’apprentissage.

“Dynamic Conservatism” and Stability in Teaching | Larry Cuban on School Reform and Classroom Practice.

Classé sous :Didactique, Opinions&Réflexions

Histoire «sérieuse» et histoire grand public : la concurrence des histoires ? | Chronique no 134

4 juillet 2012 by Lyonel Kaufmann

A intervalle régulier, l’histoire universitaire renvoie auprès du grand public une image peu flatteuse d’elle-même. Dans son numéro de mars 2012 et sur son site internet, l’American Historical Association (AHA) débattait du «Professionnal Boredom» in History (L’ennui professionnel en histoire) et son président William Cronon plaidait pour une écriture de l’histoire qui soit attrayante et accessible à un large public. 

Dans son article, William Cronon (( Le site professionnel de W. Cronon et ses travaux historiques : http://williamcronon.net)) part du constat suivant:

«L’un des paradoxes de l’histoire, c’est que aucune autre discipline universitaire n’a fait un meilleur travail pour conserver une grande audience publique alors que de nombreux non historiens trouvent l’histoire académique ennuyeuse à l’extrême.» ((Professional Boredom : http://www.historians.org/perspectives/issues/2012/1203/Professional-Boredom.cfm L’article a suscité notamment les réactions suivantes : http://blog.historians.org/articles/1622/debating-professional-boredom-in-history))

W. Cronon met également en évidence l’intérêt du public pour les programmes de la chaîne historique «History Channel», les expositions à succès des musées ou les best-sellers historiques qui recouvrent des sujets très différents, voire à l’opposé, des thèmes et spécialisation que l’on peut trouver dans les départements d’histoire des Facultés universitaires. Ainsi, malgré l’appétit du grand public pour l’histoire, les historiens professionnels produisent rarement des travaux destinés à la consommation publique.

Quelle est alors la meilleure manière de servir les intérêts des historiens professionnels dans ces autres contextes que la production universitaire au moment où la révolution numérique aggrave et accentue cet écart — qui n’est pas nouveau — entre histoire académique et histoire prisée par le public?

Pour Cronon, il s’agit premièrement de garder un œil sur l’ennui et s’interroger dans quelle mesure cet ennui est le résultat de la manière de faire de l’histoire à un niveau académique. Il se réjouit également que l’AHA dispose en son sein d’historiens académiques qui participent à des documentaires historiques ou des expositions, réalisent des sites internet, tiennent des blogs, enseignent à d’autres degrés ou publient des livres grands publics.

Fondamentalement, pour Cronon, les historiens universitaires se doivent de communiquer de manière claire et engageante, de raconter de «bonnes» histoires et surtout de rendre le passé vivant pour les non-professionnels qui autrement le trouverait aride, mort et ennuyeux.

Il est à noter que ce débat et ces constats de W. Crono ne sont pas neufs et reviennent avec constance. Ainsi, le rapport de 1926 du comité de l’AHA s’interrogeait déjà à ce sujet. Le comité de l’AHA lui-même est issu d’une prise de conscience que l’écriture de l’histoire aux États-Unis n’était pas dans un état satisfaisant. A cette même époque, Jean Jules Jusserand, ancien ambassadeur français et président d’alors de l’AHA, remontait même jusqu’au satiriste grec Lucien de Samosate dans le deuxième siècle après JC, à Cicéron en 55 avant notre ère et à Jean Bodin en 1566 pour des discours comparables. ((Jean Jules Jusserand (1926). Historian’s Work. In AHA, The Writing of History: http://www.historians.org/pubs/archives/WritingofHistory/Jusserand_HistoriansWork.cfm))

Ces débats et constats sont également transposables au niveau de l’histoire à l’école que ce soit relativement à la concurrence au cours d’histoire représentée par les usages publics de l’histoire (télévision, histoire grand public, spectacles historiques, musées et l’internet) ou la manière de combattre l’ennui dans nos cours. Aujourd’hui, s’y ajoutent les difficultés à atteindre les objectifs ambitieux des programmes avec un nombre de périodes d’enseignement insuffisant et parfois en diminution de la discipline, voire l’absence d’un accompagnement et d’une formation professionnelle digne de ce nom. ((A l’exemple des programmes de Première : Des programmes ambitieux ou invraisemblables ? In Aggiornamento hist-géo : http://aggiornamento.hypotheses.org/831))

Tout cela concourt à s’interroger sur la place de la discipline et de l’image que celle-ci renvoie. Comment également concilier attractivité de la discipline et rigueur intellectuelle que nécessite notamment l’exigence de développer au moyen de l’histoire l’esprit critique et citoyen chez nos élèves?

Cet article est la reprise de ma chronique mensuelle du Café pédagogique. (No 134, Juin)

Classé sous :Histoire savante, Opinions&Réflexions, Publications

14-18 : obéir est-ce adhérer ? | Chronique no 133

4 juin 2012 by Lyonel Kaufmann

Après le maelström en 2008 des commémorations du quatre-vingt-dixième anniversaire de la signature de l’armistice de Rethondes et de la disparition la même année du dernier poilu, le temps de la recherche historique est peut-être revenu. Renouvellera-t-il notre enseignement de 14-18, voire notre enseignement de l’histoire tout court à l’ère du numérique ?

Dans le champ éditorial, il faut relever la parution à fin 2011 de l’ouvrage d’Emmanuel Saint-Fuscien, À vos ordres ? La relation d’autorité dans l’armée française de la Grande Guerre ((Emmanuel Saint-Fuscien, À vos ordres ? La relation d’autorité dans l’armée française de la Grande Guerre, Paris, Éditions de l’EHESS, 2011, 310 p.)) qui apporte une nouvelle pierre à notre compréhension des liens entre les soldats du rang et leur hiérarchie au long de la Grande Guerre. Dans cet ouvrage, note La Vie des idées

«[Emmanuel Saint-Fuscien] prend le problème à bras-le-corps en cherchant à décrire et à expliquer les mécanismes par lesquels l’autorité militaire a pu s’exercer, apparemment sans trop de heurts, quatre années durant.» ((Nicolas Mariot, « Obéir en 1914-1918 », La Vie des idées, 3 mai 2012. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Obeir-en-1914-1918.html))

Saintfuscien avosordres

Ce compte-rendu met en évidence la qualité du travail réalisé sur les archives par l’auteur sur quatre grands massifs documentaires soit environ 150 écrits militaires consacrés à l’autorité et à l’obéissance avant et dans l’immédiat après-guerre confrontés à 140 témoignages de guerre visant à saisir ce qu’a été, sur le terrain, l’exercice effectif de l’autorité auxquels s’ajoutent encore les archives du contrôle postal et finalement les archives judiciaires du tribunal du conseil de guerre de la 3e division d’infanterie (DI).

Un tel ouvrage sera utile à l’enseignant dans l’appréhension d’une dimension importante dans le champ historiographique français comme il pourrait permettre à l’élève d’appréhender le métier de l’historien et la distance qui sépare le travail scolaire sur un corpus limité, formalisé et généralement convenu de sources et documents du travail de bénédictin réalisé ici pour un travail de thèse désormais publié.

Par ailleurs, avec la lecture du compte-rendu, l’enseignant dispose même de deux problématiques à proposer à ses élèves.

La première se poserait de la manière suivante : «obéir est-ce adhérer à la guerre?»

Une deuxième problématique envisageable prend corps alors que l’analyse des archives judiciaires mettent en évidence que

«la justice militaire vise quasi exclusivement (97% des 1 078 individus incriminés) les hommes du rang, […], issus presque exclusivement des classes populaires et marginalement, de la petite bourgeoisie.»

Cela amène Nicolas Mariot, auteur du compte-rendu, à poser la question : «une justice de classe?»

Ainsi donc deux questionnements issus d’un travail d’historien deviennent un matériau pour la compréhension historique de nos élèves et peuvent s’inscrire dans l’espace de la classe. ((D’autres matériaux sont disponibles en la matière. Concernant les travaux d’Emmanuel Saint-Fuscien, signalons le dossier du CNDP sur les fusillés de la Grande Guerre qui comprend notamment un interview de l’auteur [http://www.cndp.fr/pour-memoire/les-fusilles-de-la-grande-guerre/les-fusilles-de-la-grande-guerre-essai-de-definition/crimes-et-delits-que-juge-t-on-dapres-emmanuel-saint-fuscien.html] et des documents issus de son travail ainsi qu’une émission du «Bien commun» sur France culture (20 mai 2010) sur les Conseils de Guerre [http://www.franceculture.fr/emission-le-bien-commun-les-conseils-de-guerre-en-14-18-2010-11-13.html]))

Ceci doit nous amener à réfléchir aux conséquences de l’enseignement à l’ère numérique en rapport avec nos pratiques habituelles, car  l’enseignant qui complète sa connaissance d’une problématique historique côtoiera peut-être l’élève qui cherche de l’information sur le même sujet. A moins qu’ils n’abordent cette histoire côte à côte dans un enseignement renouvelé de l’histoire ? ((A ce titre je vous invite à méditer sur les propos d’Eric Sanchez

«Il faut arrêter de se dire on va transposer des pratiques usuelles avec le numérique et on va faire moins bien finalement parce qu’on va forcer les choses, mais plutôt on va se dire « ok » ça nous offre des possibilités de faire des choses qu’on ne pouvait pas faire avant.»

Eric Sanchez. Être enseignant à l’ère du numérique, défis et opportunités. URL : http://www.canal-u.tv/))

Cet article est la reprise de ma chronique mensuelle du Café pédagogique. (No 133, Mai)

Classé sous :Histoire active, Histoire savante, Médias et technologies, Opinions&Réflexions

Être enseignant à l’ère du numérique, défis et opportunités

19 mai 2012 by Lyonel Kaufmann

Généralement, je décroche très rapidement lorsque je visionne une conférence mise en ligne. Tel n’est pas le cas avec cette intervention d’Eric Sanchez sur l’enseignant et l’enseignement à l’ère du numérique. S’il part de son expérience dans l’enseignement supérieur, sa conférence interpelle tout enseignant et futur enseignant sur l’évolution de l’enseignement à l’ère numérique.

Eric Sanchez a le grand mérite de ne pas tomber dans l’idolâtrie béate devant le numérique, mais de jalonner et de documenter intelligemment le paysage de l’enseignement à l’ère du numérique.

See on Scoop.it – Médias sociaux et enseignement

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Présentation de son intervention :

L’éducation est aujourd’hui soumise à un changement de référentiel ((cf  Serres, M. (2011). Petite poucette. Séance inaugurale de l’Académie des sciences.)). Ce changement porte plus particulièrement sur les rapports qu’un apprenant entretient avec le savoir, sur les temps et les espaces éducatifs et sur l’importance du collectif dans l’apprentissage. Ainsi, les mutations en cours viennent interroger le rôle et la formation des enseignants qui d’une part bénéficient de nouvelles opportunités en terme de développement de pédagogies centré sur l’élève mais, d’autre part, doivent aussi affronter de nouveaux défis. En effet, les enseignants sont concurrencés, en tant que détenteurs du savoir, par un fantastique vivier de ressources largement ouvert et libre qui permet d’accéder à des connaissances sur un nombre incroyable de sujets. Leurs méthodes sont remises en question par la possibilité, pour tout-un-chacun, d’apprendre et d’exercer son imagination et sa créativité en utilisant des environnements numériques qui autorisent des expérimentations selon un nombre illimité de combinaisons. De plus, toujours connectés, ils sont sollicités partout et tout le temps et sommés de répondre sans délais. Dans un tel contexte, une réflexion sur ce que signifie être enseignant, aujourd’hui, et pour les trente prochaines années, apparait cruciale. Quels rôles les enseignants doivent et devront-il assumer ? De quelle formation devront-t-il bénéficier ?

Au final, je vous propose la citation suivante issue de son intervention ((intervention faite après avoir présenté une situation d’écriture collaborative fort intéressante en elle-même réalisée par ses étudiants à l’aide d’Etherpad. Cette production collective réalisée en direct à 20 étudiant-e-s ne serait, comme l’indique Eric Sanchez, impossible à réaliser de manière traditionnelle.))

«Il faut arrêter de se dire on va transposer des pratiques usuelles avec le numérique et on va faire moins bien finalement parce qu’on va forcer les choses, mais plutôt on va se dire « ok » ça nous offre des possibilités de faire des choses qu’on ne pouvait pas faire avant.»

Il n’en demeure pas moins que le défi reste entier et important lorsque l’on prend connaissance des résultats du mini-sondage réalisé par Eric Sanchez auprès de ses étudiant-e-s et futurs enseignant-e-s:

Ecole futur etudiant

Capture d’un slide de la conférence d’Eric Sanchez

Mais l’institution scolaire a-t-elle un avenir si elle se déconnecte durablement de la société ? Deux mondes s’affrontent, mais le monde scolaire issu du 19e siècle prenait son sens en reproduisant le monde du bureau, de l’atelier et de l’usine que les élèves allaient rencontrer ensuite dans leur vie d’adulte. Ce monde a profondément changé de même que la culture de nos élèves et étudiants. Ce monde-là a aussi connu deux guerres industrielles mondiales…

2mondes

Capture d’un slide de la conférence d’Eric Sanchez

A voir sur www.canal-u.tv

Le blog portfolio d’Eric Sanchez : http://comenius.blogspirit.com/

Classé sous :Médias et technologies, Opinions&Réflexions, sur le web

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