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Histoire Lyonel Kaufmann

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Opinions&Réflexions

De l’esclave à la négritude : une histoire du mot « Noir »

10 mai 2018 by Lyonel Kaufmann

Vidéo | En cette journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, voici un retour en vidéo sur l’histoire de la désignation de « Noir » et ses usages depuis l’Antiquité ; un vocale qui forme avec le mot « Blanc » le revers d’une même médaille coloniale.

L’histoire de la désignation de « Noir » et de ses usages depuis l’Antiquité révèle des aléas dont le nœud se situe au paroxysme de la traite négrière, au XVIIe siècle.

Source et lire la suite : De l’esclave à la négritude : une histoire du mot « Noir » | France Culture

Source de l’image : Pantins, couple de Noirs, 1er quart du 20e siècle• Crédits : © Conservation des musées et expositions de sites du Parc naturel régional des Vosges

Classé sous :Histoire savante, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

“Hamon, fractures de campagne”, comment le candidat socialiste a raté le rendez-vous présidentiel | Les Inrocks

25 avril 2018 by Lyonel Kaufmann

La dernière élection présidentielle française est à envisager comme un événement historique majeur en devenir. Elle marque la déroute des partis politiques traditionnels et indique une recomposition du champ politique issu de la Révolution industrielle et de l’Après-Guerre1. Dans cette optique-là, le documentaire sur la campagne de Benoît Hamon est à considérer comme une source pour une histoire future.

De la défaite à la dernière élection présidentielle, le Parti socialiste pâtit encore aujourd’hui. Chute vertigineuse du nombre des militants (moins de 20 000 militants actifs), ligne politique ambiguë, et fuite d’une grande partie des éléphants socialistes vers La République en Marche. L’élection d’Olivier Faure à la tête du parti ne semble pas arranger les affaires du parti à la rose. Trop modéré pour les uns, trop social-libéral pour les autres, le nouveau dirigeant du parti se montre mal placé sur l’échiquier politique pour ressusciter le parti. Autant de retombées politiques de ce funeste épisode électoral.

Quoi qu’il en soit, l’histoire retiendra sans aucun doute le nom de Benoît Hamon, candidat du parti auxdites présidentielles, comme principal responsable de ce désastre. Les responsables sont pourtant multiples, à commencer par les cadres du parti mais surtout les participants à la primaire de la Belle alliance populaire qui l’ont abandonné au cours de la campagne.

C’est le constat qui ressort du documentaire Hamon, fractures de campagne. Celui-ci propose deux récits parallèles. L’un narré par Benoît Hamon quelques mois après les élections présidentielles, l’autre mis en scène par le réalisateur, Hugues Nancy, qui a vécu la campagne de l’intérieur avec le chef opérateur Grégoire de Calignon.

Lire la suite “Hamon, fractures de campagne”, comment le candidat socialiste a raté le rendez-vous présidentiel | Les Inrocks

Crédit photo : Benoit Hamon revient sur sa campagne des élections présidentielles 2017. (Capture d’écran, « Hamon, fractures de campagne »). POLITIQUE

  1. On peut d’ailleurs se demander laquelle entre la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide. Si ce n’est les deux. ↩

Classé sous :Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

« Il n’y a pas d’innovation numérique sans innovation pédagogique » | France culture

16 avril 2018 by Lyonel Kaufmann

Serge Tisseron s’entretient avec Pascal Plantard, anthropologue des usages éducatifs des technologies numériques.

« Ma crainte vis-à-vis des neurosciences serait qu’elles se transforment en ultra-comportementalisme ou en un behaviorisme de base à la Skinner où elles serviraient à décliner des méthodes à appliquer qui feront énormément de dégâts puisque que les situations éducatives sont plurielles. » 

Source : « Il n’y a pas d’innovation numérique sans innovation pédagogique »

Crédit image : Pixabay. CC0 Creative Commons. Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise

Classé sous :Opinions&Réflexions

41% des Américains ne savent pas ce qui s’est passé à Auschwitz

12 avril 2018 by Lyonel Kaufmann

Un sondage réalisé aux Etats-Unis révèle la méconnaissance de la population américaine sur l’horreur de la Shoah.

Malgré le travail de commémoration des musées et des associations, 41% des Américains ne connaîtraient pas le nom d’Auschwitz, selon un sondage dont les résultats ont été publiés par le New-York Times jeudi 12 avril. Un constat qui touche essentiellement les Millénials : Ils sont 66% parmi les plus jeunes sondés à ignorer l’existence du tristement célèbre camp d’extermination.

La mémoire s’efface

« Le problème n’est pas que les gens nient l’Holocauste; le problème est qu’il s’efface de la mémoire « , explique Greg Schneider, vice-président exécutif de Claims Conference, une organisation d’associations juives à l’origine de l’étude.

L’enquête menée sur 1 350 adultes Américains révèle des lacunes alarmantes sur l’enseignement de la Seconde Guerre Mondiale dans les établissements scolaires. Ils seraient, en effet, 31% à évaluer le nombre de victimes juives à deux millions quand le génocide s’élève en réalité à six millions de morts. Et seulement 39% à savoir que Hitler a été élu démocratiquement.

Commentaire :

S’il s’agirait également de prendre en compte la place de l’histoire générale dans les cursus scolaires américains, nous pouvons légitimement nous interroger sur les résultats d’un tel sondage qui serait organisé auprès de nos élèves.

A noter que, dans le contexte actuel, ce n’est pas seulement la question du niveau connaissances factuelles qui est susceptible de nous inquiéter, mais aussi de la connaissance des mécanismes ayant conduit à une telle horreur.

Dans ce cadre-là, il convient de souligner que le Plan d’étude romand prévoit que le thème de la Shoah soit enseigné tant au cycle 2 (primaire) qu’au cycle 3 (secondaire). Un effort spécifique mérite d’être entrepris pour proposer des séquences d’enseignement et une diversité de matériel permettant aux enseignants d’aborder cette thématique. Cette thématique reste une question sociale vive en Suisse en raison de l’attitude de la Suisse officielle à l’égard des Juifs cherchant refuge dans notre pays.

Concernant la situation de la Suisse relativement à la Shoah, il faut saluer le fait qu’en 2004 la Suisse a rejoint l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA), qui compte aujourd’hui 31 États membres et qui a pour but de promouvoir la mémoire, la recherche et l’éducation à propos de la Shoah. Assumant en 2017 la présidence, la Suisse a notamment organisé par l’entremise de à la Haute école pédagogique du canton de Vaud1 les journées d’étude internationales « Enseignement et apprentissage de la Shoah: pratiques et expériences dans le monde scolaire » du 22 au 23 janvier 2018. Nous en avons largement rendu compte ici2.

La question de l’enseignement et de l’apprentissage relatifs à la Shoah se pose ainsi dans de nombreux contextes nationaux, chaque pays y apportant des réponses différentes en fonction de sa propre histoire et de son rapport au passé. Néanmoins, de cette diversité des approches, il en ressort qu’au cœur généralement des démarches présentées en janvier, le recours, sous divers formes, aux témoignages tend à offrir aux élèves une multiplicité de point de vue (multiperspectivité) à partir desquels ces derniers peuvent accéder à une intelligibilité de la Shoah.

Source du sondage : LesInrocks – 41% des Américains ne savent pas ce qui s’est passé à Auschwitz

  1. En collaboration avec la Haute école pédagogique de Lucerne. ↩
  2. Vous pouvez également consulter le compte-rendu que j’en ai fait dans ma chronique mensuelle du mois de février 2018 dans le Café pédagogique : http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/schumaines/histoire/Pages/2018/180_lachronique.aspx. ↩

Classé sous :Didactique, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

Cours public : Rien n’est vrai, tout est permis – L’histoire avec Assassin’s Creed Origins – UNIL GameLab

30 mars 2018 by Lyonel Kaufmann

Ce cours aura lieu le 18 avril 2018 de 19h à 21h dans l’auditoire 1031 du bâtiment Anthropole, sur le site de l’Université de Lausanne (arrêt du M1 : UNIL-Chamberonne). L’entrée est gratuite, mais l’inscription est fortement recommandée.

Descriptif

Le descriptif officiel de l’événement :

La richesse des rapports des jeux vidéo avec l’histoire ne manque pas d’évoquer des scénarios idéaux où la culture historique s’acquerrait grâce aux médias grand public. Un cas d’école est la franchise Assassin’s Creed, lancée en 2007, où les intrigues se construisent autour de périodes historiques soigneusement reconstituées pour devenir espaces de jeu. Certains enseignants peuvent se prendre à rêver: et si la culture populaire devenait un soutien pour l’enseignement de l’histoire ?

La question est d’autant plus actuelle que le dernier volet de la franchise, Origins, s’accompagne d’un mode de jeu spécifique dédié à l’usage éducatif du monde ouvert construit pour le jeu.

Dans quelle mesure cette extension à visée éducative constitue-t-elle un outil nouveau? Quels sont les arguments de vente de l’éditeur et quels commentaires appellent-ils de la part des chercheurs et des enseignants en histoire ? Que nous disent les pratiques des usagers, en particulier l’utilisation du mode photo comme outil de tourisme virtuel ?

Pour répondre à ces questions, deux chercheurs en sciences de l’Antiquité, Giuseppina Lenzo et Matthieu Pellet, analyseront les mécanismes de cette reconstitution historique vidéoludique. Une table ronde réunira ensuite historiens, enseignants et chercheurs en game studies, qui partiront de ces questions pour réfléchir et dialoguer avec le public sur les différents enjeux de la rencontre entre connaissance historique et jeu vidéo.

Source : Cours public : Rien n’est vrai, tout est permis – L’histoire avec Assassin’s Creed Origins – UNIL GameLab

Classé sous :Médias et technologies, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

Re-Décentralisons le World Wide Web : A Domain of One’s Own

27 mars 2018 by Lyonel Kaufmann

Aux Etats-Unis, renforcé par l’actualité du scandale des données Facebook utilisées par Cambridge Analytica durant les élections présidentielles américaines de 2016, on assiste à un retour d’un questionnement d’une utilisation décentralisée du numérique et par exemple des blogs (Lire aussi : Back to the blog – Dan Cohen). Il y a là matière à réfléchir sur les compétences à développer en la matière auprès de nos élèves.

Dans un article qui vient de paraître, Alan Jacobs (Tending the Digital Commons: A Small Ethics toward the Future) dresse, de manière qu’il qualifie lui-même d’entreprise moins ambitieuse que l’apprentissage du code souhaitée et préconisée en éducation, une première liste d’habilités que chaque jeune utilisant régulièrement un ordinateur devrait apprendre et maîtriser. En voici la liste1:

  • comment choisir un nom de domaine
  • comment acheter ce domaine
  • comment choisir un bon provider de nom de domaine
  • comment choisir un bon hébergeur.
  • comment trouver un bon éditeur de texte gratuit
  • comment transférer des ficher sur et depuis un serveur
  • comment écrire basiquement en html, incluant des liens à des fichiers CSS (Cascading Style Sheet)
  • comment trouver de modèles de CSS gratuits
  • comment bricoler dans ces modèles pour les adapter à mes besoins
  • comment éditer de manière basique des photographies
  • comment citer ses sources et les lier aux documents originaux
  • comment utiliser les médias sociaux pour partager ce que vous avez créé sur votre propre territoire plutôt que de créez au sein d’une usine fortifiée

Pour Jacobs, il s’agit des compétences rudimentaires que doivent posséder toute personne qui veut être un citoyen responsable du Web ouvert (Open WEb) — et pour ne pas être pieds et poings liés aux grandes plate-formes numériques.

Il ne s’agit cependant pas, admet-il lui-même d’une indépendance totale :

A person who possesses and uses the skills on my list will still be dependent on organizations like ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) and its subsidiary IANA (Internet Assigned Numbers Authority), and the W3C (World Wide Web Consortium). But these are nonprofit organizations, and are moving toward less entanglement with government. For instance, IANA worked for eighteen years under contract with the National Telecommunications and Information Administration, a bureau of the US Department of Commerce, but that contract expired in October 2016, and IANA and ICANN are now run completely by an international community of volunteers.2 Similarly, the W3C, which controls the protocols by which computers on the Web communicate with one another and display information to users, is governed by a heterogenous group that included, at the time of writing, not only universities, libraries, and archives from around the world but also Fortune 500 companies—a few of them being among those walled factories I have been warning against.3

Il met en avant les avantages d’un modèle organisationnel décentralisé, coupler avec un important travail de volontaires. Se référant au film WALL•E (2008), il estime qu’une indépendance saine de l’Internet et du Web

est parmi les plus solides pavois contre la montée d’un Buy-n-Large ou les sociétés transnationales gigantesques qui jouent un rôle majeur dans l’avenir imaginé par Kim Stanley Robinson..

Il soutient les entreprises open-source tels que Mozilla, Automattic (WordPress) et Github nous permettant cette indépendance. Et il adhère aux objectifs du mouvement Domain of One’s Own (DoOO) dont Audrey Watters est l’une des avocates les plus brillantes qu’il lui ait été donné d’observer et qu’il cite :

By providing students and staff with a domain, I think we can start to address this [effort to achieve digital independence]. Students and staff can start to see how digital technologies work—those that underpin the Web and elsewhere. They can think about how these technologies shape the formation of their understanding of the world—how knowledge is formed and shared; how identity is formed and expressed. They can engage with that original purpose of the Web—sharing information and collaborating on knowledge-building endeavors—by doing meaningful work online, in the public, with other scholars. [The goal is that] they have a space of their own online, along with the support and the tools to think about what that can look like.4

Domain of One’s Down permet ainsi aux étudiants et aux professeurs d’enregistrer un sous-domaine (ou acheter un domaine distinct) et de l’associer à espace web hébergé offert gratuitement par leurs universités. Après avoir quitté l’Université, les utilisateurs ont le choix de télécharger une sauvegarde de leurs fichiers et de leurs données qui peuvent être restaurées en utilisant les services de la plupart des hébergeurs.

Le but de tel projet est d’habiliter les étudiants diplômés à cultiver activement une présence en ligne savante, à développer leurs compétences techniques et à choisir un ensemble d’outils et de solutions pour créer leur propre présence numérique et de maîtriser leur identité en ligne. La démarche est partie des Etats-Unis et de l’initiative de Jim Groom et Tim Owens de l’Université Mary Washington5. Le début du projet remonte à 2012, cependant des initiatives ont eu lieu dès 2004 et les premiers blogs ont démarré en 2007. En 2016 l’Université Mary Washington comptait 2’422 domaines actifs en la matière6.

Les axes privilégiés par l’Université Mary Washington sont les suivants :

  • l’identité digitale
  • la compréhension du Web
  • qu’est-ce qu’un domaine
  • citoyenneté digitale
  • Copyright, Fair Use, Creative Commons
  • données propriétaires et usages
  • représentation (genre, race, culture, orientation sexuelles)

Pour Jacobs et Watters, ce mouvement va bien au-delà de la simple acquisition de compétences, il est plus radical et porte au-delà de la seule assurance que les étudiants en littérature ou en histoire ou en médecine « apprennent le code ». Il s’agit de reconnaître que le World Wide Web est un lieu, un espace de et pour l’activité savante. Il s’agit de responsabiliser les étudiants devant l’avenir7.

Ces démarches sont complémentaires, enrichiront ou s’enrichissent des démarches militantes et existantes autour de la culture du remix8. Il s’agit également de réfléchir à la manière de décliner ce concept plus largement qu’au niveau de l’enseignement universitaire pour responsabiliser également nos élèves de l’enseignement primaire et secondaire.

Référence : Tending the Digital Commons: A Small Ethics toward the Future | Alan Jacobs

  1. Ca tombe bien pour moi, ce sont des habiletés que je maîtrise. Et vous ? ↩
  2. “Stewardship of IANA Functions Transitions to Global Internet Community as Contract with U.S. Government Ends,” Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, October 1, 2016, https://www.icann.org/news/announcement-2016-10-01-en. ↩
  3. World Wide Web Consortium (WC3), “Current Members,” retrieved November 6, 2017, https://www.w3.org/Consortium/Member/List. ↩
  4. Audrey Watters, “Why ‘a Domain of One’s Own’ Matters (for the Future of Knowledge),” Hack Education: The Future of Education Technology (blog), April 4, 2017, http://hackeducation.com/2017/04/04/domains. ↩
  5. Le premier projet de ce type en Europe a été initié par l’Université de Coventry. La liste complète des institutions : https://reclaimhosting.com/institutions/ ↩
  6. Source : http://umwdtlt.com/a-brief-history-of-domain-of-ones-own-part-two-the-12-days-of-domains/ ↩
  7. In “Their Lonely Betters,” W.H. Auden writes of the plants and animals in his garden: “Not one of them was capable of lying, / There was not one which knew that it was dying, / Or could have, with a rhythm or a rhyme, / Assumed responsibility for time.” Collected Poems, ed. Edward Mendelson (New York, NY: Modern Library, 2007), 581. Poem first published 1951. ↩
  8. A voir également : De la culture du remix à une histoire digitale. ↩

Classé sous :Humanités Digitales, Médias et technologies, Opinions&Réflexions

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