Ourdi au Mexique en 1565, le complot de Martin Cortés (fils d’Hernan Cortés) s’avère paradigmatique des nombreuses rébellions contre la couronne de Castille. Loin de se réduire à un face-à-face entre Espagnols et Indiens, la conquête brouille tous les clivages et sécrète précocement une conscience politique créole. Pour comprendre ces Espagnols des Indes, le livre révèle l’ampleur des désobéissances coloniales depuis les années 1540.
Il nous fait revivre le déroulement des grands procès politiques conservés dans les archives américaines et péninsulaires. Les personnages extraordinaires et les histoires de vies les plus rocambolesques abondent dans cette radiographie méticuleuse du monde colonial et de ses relations avec la péninsule Ibérique. On y découvre la misère des émigrés, les convergences d’intérêts entre indigènes et colons, la corruption des magistrats, les faiblesses de l’appareil administratif et le mélange détonnant d’une société conservatrice avec des formes innovantes de culture politique et judiciaire.
La Castille parvient péniblement à faire la reconquête des Indes contre les fils de conquistadors. En sorte qu’on ne saurait parler ni de pacification, ni d’enracinement de la colonisation, durant la seconde moitié du XVIe siècle.
Didactique
Histoire : comment les Albanais perçoivent-ils la Première Guerre mondiale ? – Le Courrier des Balkans
L’historien Shkelzen Gashi a analysé les livres d’histoire en Serbie, en Albanie et au Kosovo. Il a ainsi constaté que les textes albanais ne mentionnent pas du tout l’existence, dans l’Albanie du début du vingtième siècle, de différents mouvements politiques aux positions inconciliables. Au contraire, on parle d’un mouvement national homogène, avec des objectifs clairement identifiés. Les auteurs des livres kosovars et albanais ont souvent recours au cliché du « peuple qui résiste à l’unisson contre l’envahisseur ». Cette résistance aurait été conduite par Idriz Seferi dans la zone d’occupation bulgare et par Azem Bejta dans la zone d’occupation autrichienne. On ne trouve nulle part mention des batailles communes menées par Azem Bejta et les Serbes locaux contre les forces austro-hongroises. Shkelzen Gashi note également que, dans ces mêmes livres, on ne fait jamais mention des crimes commis par les Albanais contre les Serbes. Les criminels sont toujours les autres, tandis que « notre peuple » serait toujours la victime.
Source: Histoire : comment les Albanais perçoivent-ils la Première Guerre mondiale ? – Le Courrier des Balkans.
Compte-rendu : 1914-1918: l'écriture de la guerre, une affaire politique
Elle est la première guerre à avoir inspiré autant décrits: d’abord par les nationalistes dont les plaidoyers encouragent l’esprit belliciste, ensuite par les troupes elles-mêmes. Du poilu à l’écrivain, de la correspondance au récit, du témoignage au roman, la littérature s’est engagée.
AFP
Jamais une guerre, la première dite mondiale, n’avait suscité une telle quantité de littérature ! Le premier à la recenser fut, concernant l’édition française et les récits publiés durant les années de guerre, Jean Norton Cru, professeur de lettres franco-américain, dans l’étude fameuse, et controversée, qu’il consacre au sujet (Témoins, 1929, réédition 1993) étudie plus de 300 textes.
Plus récemment, Nicolas Beaupré, qui travaille sur les Ecrits de guerre, 1914-1918 CNRS, Biblis, 2013, a rassemblé un échantillon de 291 ouvrages français et 242 ouvrages allemands. Les auteurs composant l’échantillon devaient répondre à au moins une des caractéristiques suivantes : « avoir écrit sur la guerre, avoir porté l’uniforme et avoir combattu, avoir été tué au combat, avoir été officier, avoir été engagé volontaire, avoir publié entre 1914 et 1920 ».
Lire la suite 1914-1918: lécriture de la guerre, une affaire politique – Le Monde.
La guerre à hauteur d'homme. Les enjeux d'un centenaire
Le hors-série publié par le journal Le Monde poursuit un double objectif : raconter la guerre à hauteur dhomme et faire la plus grande place aux analyses qui permettent de comprendre comment la Grande Guerre a forgé le monde dans lequel nous vivons. Dans le cadre des commémorations du centenaire, Le Monde reprendra dans son édition du lundi 10 mars datée mardi 11 mars la publication du supplément mensuel consacré à la guerre de 14-18.
Dernier Hors-Série du Monde, « 14-18 Les leçons dune guerre. Les enjeux dun centenaire », en vente dans les kiosques le jeudi 27 février 2014 et sur la boutique en ligne du Monde, 7,50 euros.
Compte-rendu : Les visages retrouvés de la terreur soviétique | La vie des idées

De la grande vague de massacres programmés qui a caractérisé les années 1937 et 1938 en URSS, on ne connaissait jusqu’à récemment que la version officielle. Accordant une place importante à la photographie et à l’iconographie, le livre de Tomasz Kizny et Dominique Roynette revient sur le détail de cet épisode longtemps caché du stalinisme.
Recensé : Tomasz Kizny & Dominique Roynette (dir.), La Grande Terreur en URSS, 1937-1938, Editions Noir sur Blanc, Lausanne, 2013, 412 p., 40€.
Le compte-rendu : Les visages retrouvés de la terreur soviétique – La Vie des idées
Vive l’ordinateur en classe : une concurrence terrible pour les profs
Une salle de classe miniature (Cliff/Flickr/CC)
Je partage très largement cet avis de Xavier de La Porte que je vous invite à méditer :
Il y aurait mille autres points à examiner mais il me semble que le principal obstacle à la présence de l’ordinateur en classe n’est pas d’ordre cognitif, mais le fait qu’il est un concurrent terrible pour l’enseignant.
Un concurrent terrible parce que l’écran est terriblement séduisant, mais qu’il est protéiforme, parce que d’une seconde à l’autre, il peut faire battre le cœur de l’élève, le faire rire, lui apprendre quelque chose, qu’il oblige donc l’enseignant à une excellence de tous les instants, ce qui est impossible. Un concurrent terrible parce que, si on n’en fait pas un partenaire, il matérialisera impitoyablement les défaillances inévitables d’un cours.
via Vive l’ordinateur en classe : une concurrence terrible pour les profs – Le nouvel Observateur.


