«De tout temps, et plus particulièrement à l’école primaire, l’histoire locale ou familiale est un terreau riche pour intéresser les élèves à l’histoire. Internet permettra de leur offrir une situation de communication véritable et de riches interactions avec leur univers proche ou plus lointain. Petit tour d’horizon. »
Didactique
Les styles d'apprentissage, une vaste rigolade ? | Thot Cursus
Depuis 2010, les articles académiques et grand public se multiplient aux Etats-Unis pour dénoncer ce que certains appellent « l’imposture » ou « l’erreur » des styles d’apprentissage. Non que ce concept ne recouvre certaines réalités évidentes : les apprenants n’apprennent pas tous de la même façon, pas la peine d’être diplômé en psychologie ou en neurosciences pour le savoir; mais ce qui est fortement remis en cause aujourd’hui, c’est l’utilisation faite de cette théorie dans la conception et l’animation de formations, en présence ou en ligne. Les éducateurs sont donc les premiers touchés par la remise en cause de l’importance des styles d’apprentissage. Une synthèse élaborée sur la base d’articles essentiellement anglophones.
via Les styles d’apprentissage, une vaste rigolade ? | Thot Cursus.
Histoire et Numérique | Thot Cursus
Un dossier de Thot Cursus de 20 articles en accès libres consacrés à l’histoire à l’ère numérique. La présentation du dossier.

Il existe bel et bien une histoire « populaire », faite de chronologies, de grands hommes et de batailles, et quand les choses vont mal dans le monde, c’est celle-ci que nous voudrions que nos enfants apprennent. Elle rassure et a puissamment contribué à forger l’identité nationale, quitte parfois à s’arranger avec la vérité des faits.
Mais désormais, nos nations comptent bien moins que les mouvements mondiaux qui travaillent la planète. L’histoire est globale.
Aussi la bataille des programmes fait-elle rage, des deux côtés de l’Atlantique. Au Québec comme en France, les tenants du « global » affrontent ceux qui estiment que le « national » a encore droit de cité.
Dans les classes comme dans les laboratoires de recherche, on expérimente les outils numériques pour accéder aux sources, les étudier, les organiser. Des historiens enthousiastes se familiarisent avec les pratiques collectives du web 2.0, sans ignorer le défi que cela pose à leur discipline.
La divulgation de documents secrets subtilisés aux gouvernements par ceux que l’on appelle les lanceurs d’alertes pose justement un défi phénoménal aux historiens : que signifie cette exigence de transparence à tout prix ?
Savoir analyser une information fait partie des compétences numériques essentielles. L’histoire nous apprend à le faire. Alors, tous historiens ? Sans doute pas. Mais tous inspirés par l’histoire, c’est souhaitable.
Illustration : lolloj, Shutterstock.com
Source : Histoire et Numérique | Thot Cursus : http://cursus.edu/dossiers-articles/dossiers/128/histoire-numerique
Penser avec, penser contre – itinéraire d’un historien
Gérard Noiriel reprend, corrige et actualise son discours de la méthode historique, publié il y a quelques années chez Belin. Devenu un classique, cet ouvrage retrace son parcours d’historien, notamment à travers les grandes figures qui ont compté dans sa formation intellectuelle (Bloch, Bourdieu, Elias, Foucault, Rorty, Weber, mais aussi, de façon inattendue, Virginia Woolf). Comment écrit-on l’histoire ? Quelles sont les grandes influences auxquelles un historien est soumis ? Car penser, c’est toujours penser avec d’autres et par rapport à d’autres – que ce soit en s’opposant ou en souscrivant.
Noiriel, G. (2014). Penser avec, penser contre. Itinéraire d’un historien. Paris : Belin. ISBN 978-2701177779
12 years a slave : l'Histoire à coup de trique
Compte-rendu sans complaisance du film «12 years a slave» de Steve McQueen par le site Zéro de conduite.

Adapté au cinéma par Steve McQueen, le roman autobiographique de Solomon Northup, rédigé dans les années 1850 constitue assurément une invitation stimulante pour découvrir la situation complexe des Noirs dans l’Amérique du XIXe siècle. Stupéfiant au pire sens du terme, l’itinéraire de Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor) conduit le spectateur du Nord des Etats-Unis, là où les Noirs peuvent être libres et intégrés socialement, jusque dans les plantations sudistes où le coton et la canne à sucre se chargent de broyer l’âme et la chair de la servile main d’œuvre. Charpentier et musicien, marié et père de famille, reconnu et respecté par les blancs, Solomon Northup est soudainement kidnappé, en 1841, par deux contrebandiers pour être vendu dans un des sordides marchés d’esclaves de la Nouvelle Orléans.
La bande-annonce :
http://youtu.be/0uGjQCg4TlY
Pour Zéro de conduite :
«Descendu dans l’arène des légitimités raciales pour écrire l’histoire des Afro-américains, S. McQueen est bien décidé à lutter, pied à pied, contre les cinéastes blancs coupables désignés d’un vol de l’histoire. Tandis que Spike Lee contestait avec virulence à Q. Tarantino le droit de filmer l’esclavage dans Django unchained, Steve McQueen refuse à Steven Spielberg le monopole de la parole officielle sur l’histoire de ses ancêtres (Amistad, Lincoln). Serviteur autoproclamé d’une communauté qui peine à se remettre de décennies d’oppression et de stigmatisation, S. McQueen s’engouffre non sur le chemin d’une histoire objective et réflexive mais sur la voie d’une mémoire passionnée et combattante.»
L’article : 12 years a slave : l’Histoire à coup de trique : http://www.zerodeconduite.net/blog/index.php?itemid=19085
Jacques Le Goff et « l’histoire en tranches » | Mediapart
À tous ceux qui, se souvenant de leurs manuels scolaires, pensent encore que le Moyen Âge s’oppose à la Renaissance, ou que l’histoire moderne succède distinctement à l’histoire médiévale, Jacques Le Goff propose de repenser les grands découpages historiques qui scandent nos imaginaires du passé. Entretien avec Mediapart. Extrait :

Doit-on encore vous considérer comme un historien médiéviste, si le Moyen Âge doit changer de définition ?
C’est une question que je me suis souvent posée. Je me définis aujourd’hui comme un historien du Moyen Âge traditionnel, celui qui s’achève au XVe siècle, parce que je ne suis pas un savant de la dernière partie du long Moyen Âge. Il ne me paraît pas impossible que l’on trouve une autre terminologie pour désigner les historiens qui, comme moi, s’occupent du Moyen Âge traditionnel. Je pense que l’on conservera l’idée d’une période intermédiaire entre Antiquité et Temps modernes mais que le concept de “médiéviste” connaîtra une évolution, et qu’il y aura bientôt des médiévistes du XVIe, du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle. Mais il peut y avoir d’autres solutions.
Jacques Le Goff et « l’histoire en tranches » | Mediapart
http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/190114/jacques-le-goff-et-l-histoire-en-tranches?
Mise à jour du 28.01.2014 :
Le compte-rendu de l’ouvrage par le site Histoire globale : Comment et à quelle échelle périodiser l’histoire ?
Extrait de ce compte-rendu à propos de la Renaissance :
«Ainsi, pour Jacques Le Goff, « le pessimisme de Michelet a englouti son Moyen Âge ». Mais dans un contexte différent, Jacob Burckhardt va lui aussi donner ses lettres de noblesse à cette Renaissance, l’opposant de fait à la période obscure qui l’a précédée, au plan de la politique, du développement de l’individu et de la culture. Sur ces bases, Jacques Le Goff procède à une remise en cause impressionnante, montrant notamment combien le Moyen Âge avait entamé des « réformes » que l’on attribue plus volontiers à la Renaissance : retour au système antique des arts libéraux, extension de l’usage « du latin comme langue des clercs et de l’élite laïque », référence déjà forte à la rationalité, invention de la beauté et de l’artiste. A l’inverse, il montre à loisir combien la Renaissance a aggravé les pratiques du Moyen Âge en matière de lutte contre la sorcellerie et en quoi l’inquisition est tout sauf un progrès des droits humains individuels. On ne peut retracer ici tous les arguments utilisés dans le chapitre principal du livre, long de cinquante pages et intitulé « un long Moyen Âge » (reprenant du reste des travaux antérieurs de l’auteur – 2010). Mais la démonstration de l’auteur est clairement des plus convaincantes.»

