L’usage des TICE, et finalement l’usage de toute innovation pédagogique, de toute sortie du cadre classique du cours sont sans cesse décriés. Parce qu’on sort de ce cadre, aussitôt le système d’alarme semble s’actionner.
Blog
Ma dixième année – Twitter/ education aux médias: bloquer n’est pas jouer ? | frompennylane.blogspace.fr
Toute génération adolescente a vu ses pratiques identitaires diabolisées. Ce que l’éducation nationale n’a jamais su faire c’est les intégrer sur l’instant T. Difficile avec Internet quand nos élèves sont le plus souvent mieux formés et informés que leurs parents et leurs enseignants. Avoir 18 ans en 2010, c’est être né avec ces technologies informatiques quand certains de leurs profs fustigent le cahier de texte électronique ou ne savent pas se servir d’un vidéoprojecteur.
Guide 2010: l'année de la maîtrise de sa vie numérique
En ce début 2010, plutôt que de bonnes résolutions, je me propose de m’attarder sur quelques tendances, opinions, réflexions relatives à l’emploi des média et technologies en milieu scolaire. A vous ensuite de trier, de vous faire un avis et/ou de prolonger.
Tristan Nitot (Google et Facebook dans le collimateur du public – Standblog) fait écho ce jour à divers articles parus ces derniers jours:
- ReadWriteWeb : Facebook se fout de la gueule du monde (dont nous avait fait écho ici);
- NetEco : Chez Google ou Facebook, la vie privée, c’est du passé ;
- Pingdom : Comment Google récolte des données sur vous et Internet ;
- 01Net : Google devient un « monopole géant », selon une ministre allemande ;
- LeMonde.fr : Pour le fondateur de Facebook, la protection de la vie privée n’est plus la norme ;
On peut encore y ajouter cette histoire troublante survenue juste avant Noël ():
«Tout débuta un soir de décembre 2009, pour être précis le mardi 15 décembre. Je finissais de rien faire devant un épisode « legendary » de How I Met Your Mother quand mon nouveau téléphone, un HTC Magic powored Android, m’interrompu avec un message d’erreur. Ce dernier me signifiait la perte de connexion avec le compte Google.»
C’est le début d’un piratage peu commun aux conséquences redoutables.
Pour en revenir au billet de Tristan Nitot, celui-ci en tire trois constats
- «les utilisateurs de ces services commencent à comprendre comment sont financés services d’apparence gratuite, à savoir grâce au profilage de chacun et à sa monétisation par publicité ciblée» ;
- «la question essentielle du respect la vie privée commence (enfin) à percoler dans les esprits»;
- «les deux géants sont pris le pantalon sur les chevilles, inventant des histoires à dormir debout.»
Enfin, pour Nitot, la prédiction de John Battelle qu’en 2010, un scandale lié au non respect de la vie privée n’est pas loin de se produire amplifiée par les âneries racontées aux journalistes et au grand public par les deux géants.
Toujours est-il que ces éléments mettent en évidence l’importance
- de la maîtrise de sa vie numérique (lifestream) ;
- de la sauvegarde régulière de ses données numériques ;
- et de disposer de ses propres espaces de publication et de stockages.
Il n’y a de grand méchant loup que parce que les chaperons rouges sont naïfs, crédules ou inconscients.
Facebook et la vie privée | Néanderthal sort sa trousse de maquillage
- Extraits:«Les différents bobards de Facebook.Dans un premier temps, Facebook gardait les données de ses utilisateurs au sein de son site, arguant du fait qu’un niveau de confidentialité élevé rendrait les utilisateurs plus à l’aise et les inciteraient à parta ger plus d’informations au sein d’un environnement social qu’ils contrôlaient. Maintenant que plus de 350 millions de personnes ont ouvert un compte et y ont tissé leur réseau social personnel, Facebook décide que le contrat initial avec ses utilisateurs, basé sur le respect de leur vie privée, est dépassé. Désormais, selon Facebook, les utilisateurs veulent tout partager publiquement, et – curieuse coïncidence – que le temps est venu d’augmenter le nombre de pages vues et les revenus publicitaires.»
- Des scientifiques affirment avoir la preuve que les Néandertaliens se peignaient le corps, se maquillaient et utilisaient des cosmétiques il y a 50’000 ans.
La force de l’utopie
L’utopie de cette « nation-réseau », comme l’appellent certains, s’inspire du fonctionnement du champ scientifique et se fonde sur quatre principes. Tout d’abord, l’échange et la coopération se font entre spécialistes, pouvant être distants physiquement mais ayant les mêmes intérêts, participant aux mêmes revues, aux mêmes colloques. C’est ensuite une communauté d’égaux où le statut de chacun repose essentiellement sur le mérite, évalué par les pairs qui vont tester, commenter, améliorer vos propositions. Le débat est donc largement ouvert et ne peut être clos par un argument d’autorité. L’information circule librement. La coopération est donc une valeur centrale au sein de cette utopie, car elle permet de réaliser des tâches inaccessibles à un individu isolé, comme la création d’un logiciel. Grâce à Internet, la rapide circulation de l’information permet une grande transparence qui facilite la coopération. Mais la transparence permet aussi d’identifier la compétition entre les équipes. Cette nation-réseau est enfin un monde à part, clos, réservé aux usages académiques, où le commerce n’a pas sa place. Coopération, gratuité, absence de hiérarchie, libre accès à l’information : les pionniers d’Internet sont porteurs d’une utopie forte, qu’ils mettent en pratique. Au cours des années 1980, d’autres acteurs tels que les hackers, inspirés par la contre-culture hippie, défendront le Net comme outil communautaire et écologique.
Guide 2010: Facebook doit entrer à l'école | Slate
En ce début 2010, plutôt que de bonnes résolutions, je me propose de m’attarder sur quelques tendances, opinions, réflexions relatives à l’emploi des média et technologies en milieu scolaire. A vous ensuite de trier, de vous faire un avis et/ou de prolonger.
Il y a 100 ans déjà, John Dewey avait prévenu que quand les enseignants supprimaient les sujets naturels d’intérêt des enfants dans la salle de classe, ils «remplaçaient l’enfant par l’adulte, et ainsi affaiblissaient la curiosité et la vivacité intellectuelles, supprimant l’initiative et tuant l’intérêt». En interdisant les réseaux sociaux à l’école, les enseignants et les directeurs font exactement la même erreur. Ils devraient plutôt s’attacher à rencontrer les jeunes là où ils vivent: sur le web.
Dès lors,
- 1° pourquoi l’école devrait ignorer ces nouvelles technologies et se couper de la réalité des enfants et adolescents d’aujourd’hui?
- 2° Mais est-ce que l’école est vraiment là pour s’approprier les tendances et s’en servir pour passer son message et transmettre le savoir?
Ce débat n’est pas nouveau et cet article de Slate le réactive en relation avec l’emploi actuel des médias sociaux par les jeunes. Cet article est à lire autant pour lui-même que pour les commentaires qu’il a suscité.
Personnellement, j’opte pour la solution 1°. Je partage totalement à ce sujet l’avis de Mario Asselin et ses 5 mythes du Web 2.0 à l’école en réponse à 2° (voir aussi la version abrégée par l’Infobourg). Et vous?
Pour aller plus loin relativement à l’emploi des médias sociaux dans un cadre scolaire, l’Atelier IIL sur les médias sociaux: liens et ressources de Stephanie Booth est peut-être pour vous… (et merci à elle pour la référence à l’article de Facebook).
L’article : Education: Facebook doit entrer à l’école | slate.
Image: Flickr Quang Minh

