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Histoire Lyonel Kaufmann

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Lyonel Kaufmann

1914-1918 : La Cinématèque du Centenaire

23 juin 2014 by Lyonel Kaufmann

Dans le cadre de la Mission du Centenaire 14-18, Laurent Véray propose un découpage de la production cinématographique consacrée à 14-18.

Dans leur ouvrage consacré à l’historiographie de la Première Guerre mondiale paru en 2003, Jay Winter et Antoine Prost ((Prost, A. & Winter, J. (2003). Penser la Grande Guerre. Un essai d’historiographie. Paris: Seuil. A lire aussi sur ce site : Films & Première guerre mondiale)) identifiaient trois configurations historiographiques majeures du conflit :

  • La première, née au coeur même de la guerre, est surtout d’ordre militaire et diplomatique (politique).

  • Une deuxième étape était perceptible à la fin des années 1950. Après la guerre “vue d’en haut” vient le temps de la guerre “vue d’en bas.

  • La dernière séquence, qui émerge dans la décennie 1980, cherchit à constituer la «culture de guerre» —sur les contraintes et l’encadrement qui pèsent sur les individus ou leur adhésion volontaire— et étudie la “brutalisation” qui résulte de l’expérience de guerre.

Dans le cadre de la mission centenaire, Laurent Véray propose pour sa part un découpage de la production cinématographique consacrée à 14-18. Son découpage comporte quatre périodes :

1. Une phase héroïque et patriotique de 1909 à 1919, destinée à cimenter l’unité nationale en valorisant l’effort de guerre.

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Charlot soldat

2. Une phase commémorative, plus réaliste et intrinsèquement pacifique de 1920 à 1950.

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3. Une période critique après la Deuxième Guerre mondiale de 1951 à 1989 avec une tendance très affirmée à la transgression, voire à l’antimilitarisme.

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Les Sentiers de la Gloire de Kubrick

4. La quatrième phase (1990-…) intervient après la Chute du Mur de Berlin et du communisme, la résurgence des nationalisme et le retour de la guerre en Europe qui aboutit à la patrimonialisation et la mise en mémoire du conflit.

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Pour chacune de ces périodes, la Mission du Centenaire et Laurent Véray ont établi une sélection de films devant permettre de dégager les originalités thématiques et esthétiques des films considérés comme les plus importants de 1910 à nos jours. Bien évidemment, comme la production historiographique, ces films sont révélateurs de préoccupations et des questions du moment de leur réalisation et ils peuvent également prendre des libertés avec le discours historiographique de leur temps.

Le dossier de la Mission du Centenaire 14-18 : http://centenaire.org/fr/autour-de-la-grande-guerre/cinema-audiovisuel/la-cinematheque-du-centenaire

Classé sous :Histoire active, Médias et technologies, Outils enseignement, Publications, sur le web

L’histoire globale au Collège de France ? | Histoire Globale

22 juin 2014 by Lyonel Kaufmann

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Le 28 novembre dernier, Sanjay Subrahmanyam inaugurait une nouvelle chaire au Collège de France (en ligne). Son intitulé, « Histoire globale de la première modernité », ne pouvait que plaire, a priori, aux auteurs de ce blog et à tous ceux, en France, qui appellent de leurs vœux le développement de l’histoire globale, dans la recherche et dans l’enseignement. Ce n’était, cependant, sans provoquer un léger étonnement devant une telle formulation. Jusqu’à présent, en effet, Subrahmanyam ne s’était guère affiché comme un historien du global, tandis qu’il passait, incontestablement, pour le maître de l’« histoire connectée » – notion qu’il a lui-même forgée en 1997.

Dès lors, Vincent Capdepuy s’interroge :

«L’histoire globale ne serait-elle donc qu’une étiquette un peu à la mode ? Ici comme ailleurs, la question est légitime et ne peut être esquivée.»

Décortiquant la leçon inaugurale de Subrahmanyam, Vincent Capdepuy finit par s’interroger sur la réticence in fine de la part de ce dernier à l’égard de l’histoire globale ? Il en avance l’explication suivante :

«Peut-être parce que le concept central est celui de mondialisation.»

Subrahmanyam lui-même avance trois arguments en défaveur de la mondialisation. Premièrement, l’histoire de la mondialisation serait téléologique. Deuxièmement, l’’histoire de la mondialisation serait impérialiste et plus particulièrement vecteur de l’impérialisme états-uniens. Troisièmement, l’histoire de la mondialisation serait présentiste.

Vincent Capdepuy réfute ces deux arguments. Pour le premier, nombreux sont les auteurs à avoir parlé de l’histoire des mondialisations et ne dispense pas un récit unilinéaire d’une histoire globale. Concernant le deuxième argument, Capdepuy relève que la

«peur que suscite la notion de mondialisation/globalization n’est pas propre à Subrahmanyam et l’erreur commise sur l’origine même de ces notions, trop souvent liée à la libéralisation des marchés financiers à partir des années 1970, perdure trop souvent.»

Il poursuit et indique que

«Ce qu’on pourrait peut-être beaucoup plus redouter à propos de l’histoire globale, c’est qu’elle ne débouche sur la production d’un récit mondialiste complètement formaté pour servir de base à l’enseignement du « parfait petit citoyen du Monde ». De fait, le lien entre histoire globale et enseignement est très fort dès les années 1940 au moment de reconstruire le Monde d’après-guerre. Le premier ouvrage de « global history » a été publié en 1945 avant même la fin de la guerre [Close & Burke 1945].»

A propos de l’argument d’une histoire présentiste, Capdepuy considère que cette question est importante, mais qu’elle ne suffit pas à discriminer l’histoire globale d’autant que la périodisation du processus de mondialisation est extrêmement débattue par les historiens eux-mêmes.

Capdepuy conclut son article en avançant que

«L’histoire globale est avant tout l’expression d’un questionnement porté par des sociétés qui s’interrogent face à leur coprésence sur un globe qui risque d’être notre cage pour longtemps encore. La problématique est cruciale, elle n’est pas unique et je me retrouve complètement dans le propos conclusif de Subrahmanyam :

« Il s’avère que dans le monde actuel, il y a un intérêt et une curiosité croissants pour ce type d’histoire, qui n’est voué pourtant – c’est ma profonde conviction – à remplacer l’histoire faite à une échelle régionale, nationale ou continentale, mais à la compléter. »

A lire : L’histoire globale au Collège de France ? | Histoire Globale : http://blogs.histoireglobale.com/lhistoire-globale-au-college-de-france_3960

Classé sous :Histoire savante, Opinions&Réflexions

Revue de presse : Philippe Norel

16 juin 2014 by Lyonel Kaufmann

C’est avec consternation et une profonde tristesse que tous les amis de Philippe Norel ont appris son décès brutal, intervenu dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 juin, à l’âge de 60 ans. Philippe Norel était économiste à l’université de Poitiers, où il était membre du Centre de Recherche sur l’Intégration Économique et Financière (CRIEF), et professeur à Sciences Po-Paris. Son enseignement portait notamment sur l’économie du développement, l’économie monétaire internationale, l’histoire économique globale, l’histoire et la théorie de la mondialisation, et l’histoire de la pensée économique. Avec Laurent Testot et Vincent Capdepuy, Philippe Norel a animé le blog histoire globale.com, qui a vu le jour à son initiative.

Cet article d’histoire globale lui rend hommage et présente ses travaux : Philippe Norel

Classé sous :Nouvelles de l'histoire Balisé avec :Histoire, HistoireGlobale, Historiographie, RevuePresse, WorldHistory

Dans la pose des soldats du D-Day | Libération

12 juin 2014 by Lyonel Kaufmann

La photographe Adeline Keil a suivi des jeunes Normands qui endossent chaque mois l’uniforme américain. Débarquement à Utah Beach.

Sur une photo, les trois jeunes soldats américains posent sans tension, mais avec sérieux et peut-être un peu de fierté. Sur une autre, un soldat est assis sur une marche, à la fois confiant et vaguement distrait. Le sol pavé et la voûte arrondie indiquent qu’on est dans la cave d’une ferme. Les autres images – installation d’une tente ou d’un téléphone de campagne, arrivée d’une patrouille dans un village… – sont celles d’une campagne militaire, ça pourrait être les archives du Débarquement.

En fait, ces photos de soldats portant l’uniforme de la 29e division d’infanterie américaine, la «Blue and Gray», ont été prises il y a quelques mois par Adeline Keil. Et ces jeunes gens ne sont pas des Américains mais des Normands qui vivent dans la région où les Alliés ont débarqué le 6 juin 1944.

La suite : Dans la pose des soldats du D-Day – Libération.

A propos de ces photos et de cet article, on lira avec bénéfice l’analyse d’Adrien Genoudet :

Une fois encore, par coutume, on peut s’interroger sur ce qui émane d’un tel article quant à cette culture visuelle de l’histoire. Il me semble, à grands traits, que beaucoup d’éléments se logent dans le creux d’un tel article : des images troublantes, de la Mémoire, de l’historique, de la commémoration, de la photographie, de la reconstitution, d’une nouvelle génération. Et surtout, dans le fond, une interrogation, certes légère de la part de la journaliste, mais pourtant si juste : d’où vient cette étrangeté, lorsque l’on regarde ces images ? Ce sont des images qui nous disent quelque chose, de la même manière que lorsque l’on se dit que quelqu’un nous dit quelque chose. « Cette personne me dit quelque chose », disons-nous lorsque nous mettons en gage un sentiment qui est de l’ordre de la reconnaissance. Mais parfois nous nous trompons, et cette personne n’était pas la bonne ; et pourtant, sur l’instant, au moment de la reconnaissance, cette personne nous disait quelque chose. Dès lors, en un sens, se joue ici quelque chose de l’ordre du discours, du discursif. Une image, comme une personne, qui me dit quelque chose – et qui produit une forme d’étrangeté – est une image dans laquelle j’ai déjà projeté un ensemble de considérations discursives. Comme pour une personne. Qu’elle soit la bonne ou non.

Source : Habiter l’image pour éprouver l’Histoire | Fovéa.

Classé sous :Médias et technologies, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

Revue de Presse : 14-18 : intellectuels et troupiers

11 juin 2014 by Lyonel Kaufmann

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Résumé du compte-rendu (à lire !) :

«L’idée d’une union construite dans les tranchées, dans le partage d’une souffrance commune, a été diffusée dans l’entre-deux-guerres, rappelle Nicolas Mariot, historien au CNRS. Selon lui, ce mythe est l’effet d’un double écran : la nostalgie, fondée sur l’impossibilité, pour les anciens combattants, de transmettre leur expérience à ceux de l’arrière ; l’effacement du souvenir des distinctions sociales vécues au front, par une commémoration hiérarchisant le mérite des morts par rapport aux survivants.

Ce mythe de la guerre comme creuset patriotique, Nicolas Mariot le revisite à partir d’une enquête analysant le discours des intellectuels sur les autres classes sociales qu’ils eurent à côtoyer dans les tranchées. Ce faisant, il s’oppose à l’idée d’une osmose – même momentanée – des classes sociales. Ainsi prolonge-t-il la démarche engagée par les historiens du CRID 14-18 visant à discuter les concepts proposés par Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker et les chercheurs de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne, pour lesquels les combattants ont partagé une « culture de guerre » fondée, entre autres, sur la haine de l’ennemi, le sacrifice, la banalisation de la mort et un consentement durable à la guerre. Critiquant l’usage courant des récits provenant des élites, Mariot vient discuter sources et concepts sur ce terrain.»

Mon commentaire: Un travail bienvenu dans le contexte actuel des commémorations lénifiantes de 14-18.

Lire le compte-rendu : La Vie des idées http://ift.tt/1piDMI3

Référence de l’ouvrage : Nicolas Mariot. Tous unis dans la tranchée ? 1914-1918, les intellectuels rencontrent le peuple, Paris, Seuil, coll. « L’Univers historique », 2013, 496 p., 24 €.

Classé sous :Histoire savante, Nouvelles de l'histoire, Publications Balisé avec :14-18, Historiographie

D-Day : les commémorations, les médias sociaux et l'enseignement de l'histoire

6 juin 2014 by Lyonel Kaufmann

En 2014, les commémorations historiques sont sur les médias sociaux ou ne le sont pas et elles se succèdent à un rythme soutenu. Depuis 2013, les commémorations de la Première Guerre mondiales ont été lancée (Kaufmann, L. (2013). 14-18, le centenaire en phase d’approche serrée . Le Café pédagogique, No 143, mai) et ce mois de juin déboulent le 70e anniversaire des commémorations du Débarquement anglo-américain en Normandie. Je vous propose un panorama suggestif des commémorations proposées sur les réseaux sociaux ainsi qu’une mise en perspective.

L’opération «Overlord» est un puits sans fond notamment pour les cinéphiles comme pour les ludophiles. La débauche des techniques et des moyens employés (6000 navires, les barges de débarquement, plus de 10’000 avions, les tanks, les canons) et le côté dramatique d’un débarquement de quelques 160’000 hommes (fantassins et parachutistes essentiellement) l’explique probablement.

En outre, très rapidement, les Anglos-américains médiatisent ce débarquement. En effet, en 1945 déjà, paraît un documentaire intitulé « The True Glory » (1945). Il s’agit d’une co-production de l’Office américain de l’information de guerre (US Office of War Information) et du ministère britannique de l’Information (British Ministry of Information). Cette réalisation a alors pour but de mettre en évidence la victoire acquise par les troupes anglo-américaines sur le front de l’Ouest et leur rôle dans la chute du Troisième Reich. Il s’agit à ce moment-là de contrebalancer le rôle joué par les troupes soviétiques dans cette chute. La Guerre froide pointe déjà le bout de son nez. ((Kaufmann, L. (2011). L’enquête historique à l’âge d’Apocalypse. Le Café pédagogique, No 127, novembre))

D-Day et cinéma
Du côté de l’Huffington Post, celui-ci nous propose de revivre le 6 juin 1944 étape par étape au moyen du cinéma.. Depuis 1947, une trentaine de films ont retracé, réécrit ou réinterprété la préparation, le déroulement et les conséquences de cette journée du 6 juin 1944. Evidemment c’est le point de vue anglo-saxons qui est développé :

Débarquement de Normandie : le cinéma vous fait revivre le 6 juin 1944 étape par étape | http://www.huffingtonpost.fr/2014/06/05/debarquement-normandie-cinema-revivre-6-juin-1944_n_5443293.html

On pourra également se référer à mon billet suivant : Film & Histoire : Le débarquement de Normandie https://lyonelkaufmann.ch/histoire/2010/07/27/film-histoire-le-debarquement-de-normandie/

D-Day : les jeux de société refont l’opération Overlord

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Les éditeurs ont inventé de nombreux jeux qui ont pour thème le Débarquement du 6 juin 1944.

Le Débarquement est une source inépuisable pour les créateurs de jeux. Le temps d’une partie vous serez dans la peau d’un GI ou d’un tankiste allemand… On peut trouver sur le marché deux types de modèle ludique: les jeux de stratégie à thème historique et les jeux de simulation historique. Les premiers ont des règles simples et sont conçus pour le grand public. Les seconds sont plus pointus et s’adressent essentiellement aux férus d’histoire. À l’occasion du 70e anniversaire du Jour J, Le Figaro vous présente une sélection de six jeux.
D-Day : les jeux de société refont l’opération Overlord | http://www.lefigaro.fr/culture/2014/06/06/03004-20140606ARTFIG00020-d-day-les-jeux-de-societe-refont-l-operation-overlord.php

Le Débarquement anglo-saxon en Normandie sur Twitter ou Facebook

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Après le poilu Léon Vivien et sa page Facebook nous retraçant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, c’est le tour de Louis Castel (https://twitter.com/louiscastel44 et https://www.facebook.com/louiscastel44), un soldat virtuel qui raconte sur les réseaux sociaux le Débarquement de Normandie.

Depuis le 19 décembre 2013, Louis Castel, personnage de fiction, créé à partir des témoignages issus des fonds du Mémorial de Caen, fait revivre jour après jour jour l’approche du débarquement.  Après des mois de préparation, le 6 juin Louis Castel débarque à Omaha Beach. Une aventure à suivre sur Facebook (24 000 amis) et Twitter (5 446 abonnés).

70 ans après, les musées et médias racontent le Jour J et la libération en version numérique
http://www.club-innovation-culture.fr/70-ans-apres-les-musees-et-medias-racontent-le-jour-j-et-la-liberation-en-version-numerique/

Cette utilisation des médias sociaux par les musées sont à mettre en perspective, notamment avec l’affiche suivante présentant l’exposition « On a tous 70 ans » du Mémorial de Caen :
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A la suite d’Adrien Genoudet sur Culture visuelle (« On a tous 70 ans » (!) | Fovéa : http://culturevisuelle.org/fovea/archives/723), je partage l’avis que cette personnalisation de la guerre au travers de récits virtuels est une «idée est tout aussi étrange que celle de parrainer un enfant juif disparu à l’école primaire», entreprise que nous avions dénoncée en son temps (Chaque écolier devra connaître une victime de la Shoah (France)
https://lyonelkaufmann.ch/histoire/2008/02/14/chaque-colier-devra-connatre-une-victime-de-la-shoah-france/). A. Genoudet poursuit en soulignant qu’

«En regardant cette affiche qui n’est que l’énième reflet d’une politique mémorielle nationale qui tourne à vide, je commence à me demander ce qu’ils attendent de ces nouvelles générations ? Au regard de cette affiche et de ce joli programme de commémoration il semble que nos générations n’aient le seul choix du spectateur, de celui qui regarde le passé les bras croisés, qui contemple un passé héroïque de milliers de soldats. Nous devons, en somme, envier une position confortable de jeunes dans une société apaisée et pacifique tout en revêtant une posture révérencieuse.»

et que ces affiches seraient symptomatiques

«d’une nouvelle trouille de l’histoire et d’un manque profond de confiance dans les nouvelles générations. Ces adolescents qui regardent le hors champ de l’affiche regardent un avenir à travers une vitre recouverte d’images du passé. Quand permettrons-nous aux nouvelles générations de s’approprier l’avenir en lui laissant toute la force de l’âge ?»

Le D-Day et le tourisme de la mémoire

Depuis quarante ans, le Débarquement anglo-américain en Normandie a pris un grand virage commémoratif et un tourisme de la mémoire s’est développé. Par ailleurs, à ce sujet comme pour d’autres commémorations, on assiste à une saturation commémorative et on ne cesse de nous rabâcher avec la question du devoir de mémoire qu’impliquerait ce type d’événement.

Dans le journal Le Monde, l’historien Claude Quétel
((La bataille de Normandie en neuf points |
http://abonnes.lemonde.fr/archives/article/2014/06/04/la-bataille-de-normandie-en-neuf-points_4432006_1819218.html)) nous rappelle que Le tourisme dit de mémoire a pris une importance considérable en Normandie. Des sites comme la pointe du Hoc et ses trous de bombes ou le cimetière américain de Colleville-sur-Mer et ses 10 000 tombes devant Omaha Beach accueillent plus d’un million et demi de visiteurs par an. ce grand virage commémoratif fut pris par François Mitterrand à l’occasion du quarantième anniversaire. Depuis commémoration et tourisme de la mémoire n’ont cessé de se développer à propos du D-Day.

Pour sa part, Patrick Peccatte ((La commémoration du D-Day et le “devoir de mémoire” rabâché | Déjà vu
http://culturevisuelle.org/dejavu/1656)) s’intéresse à cette saturation commémorative et à ce rabâchage du devoir de mémoire que ce type d’événement génère. Pour Pécatte,

« Galvaudé, réduit à une vague injonction morale, le devoir de mémoire est devenu sous la plume de journalistes peu inspirés un successeur à la mode des “archaïques” souvenir et hommage. Plus généralement d’ailleurs, les formules composées à partir du mot mémoire [devoir de, travail de, transmission de, etc.] sont répétées comme des matras dans les médias. Rabâchée, l’expression devoir de mémoire est considérée sans doute comme étant “dans l’air du temps”, mais sa signification semble parfois mal maîtrisée.»

Peccatte poursuit en nous rappelant ce qu’est le devoir de mémoire, terme si galvaudé,

« Apparu au début des années 1990, le devoir de mémoire désigne une obligation morale à entretenir la mémoire de populations souffrantes, le souvenir de victimes lors de guerres ou d’actes violents passés et la nécessité de préserver la spécificité de ce souvenir (destruction des juifs et des tziganes lors de la Seconde guerre mondiale, déportés, victimes civiles, minorités persécutées, traite négrière et esclavage, colonisation, etc.). Le devoir de mémoire accompagne aussi la reconnaissance de responsabilités de la part d’États, de nations ou de régimes politiques – cf. en France les lois sur la mémoire des Juifs (2000), des Arméniens (2001), des descendants d’esclaves (2001), des harkis et des rapatriés (2005). »

Puis il pose une question fondamentale à propos du D-Day : ce devoir de mémoire s’applique-t-il au souvenir du débarquement et de la bataille de Normandie ?

Il se réfère ensuite au travaux de Sébastien Ledoux qui a fait l’objet d’une de nos chroniques pour le Café pédagogique et d’un interview avec cet auteur (Kaufmann, L. (2013). Histoire du devoir de mémoire et enseignement de l’histoire, une interview de Sébastien Ledoux. Le Café pédagogique, No 142, avril)

Au final, pour Pécatte et pour la France, les commémorations du D-Day contribuent, à partir des années 1990,

«à forger un récit national du débarquement, de plus en plus éloigné de l’interprétation strictement militaire (l’ouverture d’un nouveau front à l’ouest) et politique (ne pas laisser les Soviétiques gagner seuls la guerre sur le continent) qui prévalait auparavant. […] Dans le contexte de la commémoration en question, ce concept imprécis et discutable ne semble pas réellement pertinent.»

Et pendant ce temps-là à l’Est…
Après avoir parcouru ces quelques ressources dénichées sur les médias sociaux en lien avec le Débarquement anglo-américain en Normandie et ses commémorations du 70e anniversaire, replaçons-le par rapport au conflit lui-même et mettons-le en parallèle avec l’effort soviétique et plus particulièrement la bataille de Stalingrad (« D-Day » : sans le sacrifice des soldats soviétiques, pas de victoire : http://rue89.nouvelobs.com/2014/06/06/d-day-sans-sacrifice-soldats-sovietiques-victoire-252742) :

« le sacrifice des soldats soviétiques, pas de victoire finale. Sans Stalingrad, le débarquement anglo-américain aurait été impossible. Pourquoi, alors, ne l’enseigne-t-on pas ainsi aux petits Français ?
Parce que l’Histoire est fabriquée par les contingences du moment. Parce qu’il était impossible, pendant la guerre froide, de reconnaître que la France devait sa liberté à l’URSS, analysait sur France Inter, ce matin, l’historien Denis Peschanski (http://www.franceinter.fr/emission-linvite-de-7h50-denis-peschanski-0), président du conseil scientifique du Mémorial de Caen. Et de rappeler aussi comment l’appréciation, par les Français, du rôle de l’URSS dans la seconde guerre mondiale avait varié après-guerre, en fonction des vicissitudes politiques.»

Dans le journal Le Monde, Claude Quétel, historien, directeur de recherche au CNRS et auteur du «Dictionnaire du Débarquement (2011) et du Débarquement pour les Nuls (2014), met également en évidence que l’armée allemande est déjà à bout de souffle quand commence le Débarquement :

«En fait, le IIIe Reich a pratiquement perdu toute chance de victoire en échouant devant Moscou, à l’hiver 1941. A cette date, sur le papier, les Allemands ont perdu la guerre. Ils n’ont pas le souffle pour durer. Ils pensaient participer à une course de vitesse pour conquérir l’Europe. En fait, le 100 mètres s’est transformé en un marathon.
Les Français et surtout les Normands ne parlent que de la bataille de Normandie. C’est normal, sans doute. Mais, c’est oublier l’opération Bagration sur le front de l’Est. Il ne faut jamais perdre de vue que les Allemands ont dû se battre sur deux fronts, à l’ouest et à l’est, deux marathons en fait ! Le 22 juin 1944, un peu plus de quinze jours après le Débarquement en Normandie – et trois ans jour pour jour après l’invasion de l’Union soviétique par les armées nazies -, Staline attaque, de son côté, les troupes hitlériennes. Objectif : maintenir un maximum de divisions allemandes à l’Est afin de faciliter la progression des Alliés à l’Ouest. Staline met le paquet. Pour cette opération, pas moins de 166 divisions, 1 300 000 hommes, 5 000 avions, 2 700 chars… sont mobilisés. Le front principal n’est pas celui qu’on croit en Normandie : il est à l’Est. Cette offensive soviétique, la plus grande depuis le début de la guerre, a été souvent occultée dans le monde occidental pour cause de guerre froide et de réécriture de l’Histoire.»

La bataille de Normandie en neuf points |
http://abonnes.lemonde.fr/archives/article/2014/06/04/la-bataille-de-normandie-en-neuf-points_4432006_1819218.html

Au terme de ce parcours, il m’apparaît fondamental pour un enseignement en classe d’histoire de replacer le Débarquement anglo-saxon en Normandie dans le contexte global du conflit et plus particulièrement en lien avec le front de l’Est. Il s’agit aussi de le mettre en perspective avec la suite, soit la Guerre froide, de telle sorte à comprendre et suivre le fil du récit déployé dès 1945 par les Anglos-saxons depuis le Débarquement, en passant par la bataille des Ardennes, jusqu’à la libération des camps de concentration.

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Historiciser notre époque : Histoires des migrations et du climat dans l’espace numérique [Appel à contributions]

Ce projet concerne toute personne intéressée à explorer les liens entre changements environnementaux et mouvements de population au Canada, de 1850 à nos jours. Nous recherchons des contributions ...

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Revue de presse : Pédagogie inversée avec Youtube : une vraie émulation en classe

13 février 2013 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Quel est l’intérêt pour les élèves ? Est-ce que la péda­go­gie inver­sée amé­liore leur réussite ? «J’enseigne en 7e année depuis 16 ans et je constate tous les jours que les élèves ont besoin de répé­ti­tion pour bien assi­mi­ler les notions. Avec la vidéo, ils n’hésitent plus à m’interrompre : dès qu’ils n’ont pas com­pris, […]

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Eduquer dans son temps : Nouveaux médias, nouveaux enseignements | La Fabrique de l’histoire

30 janvier 2019 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Comment le cinéma, la télévision puis aujourd’hui le jeu vidéo sont-ils intégrés en tant qu’auxiliaires pédagogiques par le système scolaire depuis les années 1950 ? Viviane Glikman, maîtresse de conférences à l’Institut National de Recherche Pédagogique (INRP), Frédéric Marty, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paul Valéry-Montpellier 3, et Laurent Tremel, chargé de mission […]

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M157 – Film & Histoire (7.11.2006)

7 novembre 2006 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Consignes Votre tâche consiste à réaliser une activité pour les élèves autour d’une séquence du film choisi. Cette activité s’attachera à travailler autour de l’image et du son (univers sonore) en priorité. Les consignes de l’activité sont à rédiger de telle manière à en faire des énoncés opérationnalisables permettant de développer des compétences c/o les […]

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L'évasion de Louis XVI suscite la polémique

23 février 2009 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Mardi 24 février , France 2 diffuse à 20h35 un téléfilm historique consacré à la fuite du roi Louis XVI à Varennes ; « L’évasion de Louis XVI » est le deuxième volet de la collection « Ce jour là, tout a changé » consacrée aux grandes journées de l’Histoire de France. “la famille des cochons ramenée à l’étable”, anonyme, […]

La Grande Guerre et le heavy metal par la BCU

11 juillet 2014 Par Lyonel Kaufmann 1 commentaire

Une entrée originale consacrée à la Première Guerre mondiale. La guerre est l’un des thèmes privilégiés dans le heavy metal et dans l’univers metal en général, et plus particulièrement les deux guerres mondiales qui ont influencé beaucoup de groupes dans le choix de leurs noms, dans l’écriture des textes, le choix des pochettes d’albums, du […]

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La BNF, son blog et ses futurs blogs

5 novembre 2008 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

Buzzeum » La BNF, son blog et ses futurs blogs Buzzeum nous apprend que la BNF se met à l’internet social et participatif. D’abord en ouvrant une plate-forme de blog dont le premier est consacré aux expositions de l’institution. Ensuite, elle ouvre également sa page Facebook. (tags: Histoire MédiaTIC Musées BNF)

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Marie Antoinette en ado lassante (Zéro de conduite)

24 mai 2006 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

L’excellent site Zéro de conduite (L’actualité éducative au cinéma) propose son compte-rendu du film, attendu sur la Croisette, de Sofia Coppola consacré à Marie Antoinette. Le titre donne immédiatement le ton de l’article: Marie Antoinette en ado lassante Sur le plan historique, Zéro de conduite s’appuie justement sur l’analyse des films tournés par des Américains […]

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