- “PowerPoint makes us stupid,” (Gén. James N. Mattis)
“It’s dangerous because it can create the illusion of understanding and the illusion of control,” General McMaster said in a telephone interview afterward. “Some problems in the world are not bullet-izable.” - Cette bande-dessinée raconte la vie des déportés dans le camp d’extermination pendant la 2ème guerre mondiale (39-45).
La bande-dessinée s’appelle Auschwitz, elle a été écrite et dessinée par Pascal Croci. Il est français et est né en 1961.
Le livre est sorti en mars 2005.
La BD fait 84 pages (lexique, informations et explications sur l’écriture et le dessin du livre). - «En niant toute possibilité d’appliquer l’exception de citation aux oeuvres graphiques, y compris quand celles-ci ne portent pas de tort financier à l’auteur et à ses ayants-droits, l’intransigeance de Moulinsart menace le travail de tous les chercheurs en études visuelles. C’est pourquoi je propose que les chercheurs suspendent leurs travaux sur l’oeuvre d’Hergé jusqu’au retour de celle-ci dans le domaine public (en 2053).» (André Gunthert)
- Alexandre Hervaud pour Ecrans de Libération fait la présentation de Spartacus Blood and Sand, la nouvelle série de la chaîne Starz aux Etats-Unis. Une série bien loin du Spartacus réalisé par Kubrick en 1960 et basé sur le livre de Koestler:
«Si le postulat initial rappelle beaucoup le Gladiator de Riddley Scott, dont la réplique « dans cette vie ou la prochaine, j’aurai ma vengeance » ressort presque telle quelle dans le show, c’est surtout la série Rome qui s’impose comme maître étalon, orgie téléviso-romaine oblige.»
Cette série n’est pas encore diffusée en France et est bien éloignée de ce qu’il est possible de montrer à des élèves du CYT! - Le quatrième numéro de la revue Argumentation et Analyse du Discours Les droits de l’homme en discours a été mis en ligne. Dirigé par Emmanuelle Danblon et Emmanuel de Jonge, ce volume interroge la forme politique “Déclaration” du point de vue argumentatif :
«La pensée des droits de l’homme a fait l’objet de plusieurs déclarations : la Déclaration d’Indépendance américaine (1776), la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789) et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (8 décembre 1948), qui est au centre de ce numéro. Dans quelle mesure peuvent-elles être analysées d’un point de vue rhétorique ? Par ailleurs, comment les débats de société font-ils référence à l’esprit ou à la lettre de ces textes ?»
Numéro précieux donc s’il en est. - 30 années se sont écoulées depuis le premier colloque international consacré aux liens entre bande dessinée et enseignement. Celui-ci s’était tenu en 1979 à La Roque d’Anthéron et avait donné lieu aux Actes Histoire et bande dessinée publiés la même année. De fait c’est principalement dans le champ disciplinaire de l’histoire que la réflexion pédagogique s’est poursuivie, à travers l’ouvrage collectif dirigé par Pascal Ory, Histoire par la bande, bande dessinée, histoire et pédagogie publié chez Syros en 1993. Les liens entre bande dessinée, pédagogie et littérature n’ont quant à eux jamais fait l’objet d’un colloque spécifique. Les deux dernières décennies ont pourtant vu un renouvellement complet des problématiques littéraires liées à l’usage scolaire du médium. Point de la situation et programme du colloque organisé du 18 au 20 mai à l’Université Stendhal de Grenoble 3.
- «L’urgent n’est pas de former les enseignants aux nouvelles technologies, il est d’abord de les former à la pédagogie.» Pour Pierre Frackowiak le numérique ne résoudra la crise de l’Ecole que s’il est au service du pédagogique. En conclusion, il reprend la formule de François Jarraud « L’école sera pédagogique et numérique ou elle s’épuisera » et la complète en disant que
«Comme elle est déjà épuisée, on pourrait rêver que le numérique réveille le pédagogique. Sinon on continuera comme avant, à compléter ou à enjoliver le traditionnel, avec l’illusion de la modernité.»
Je compléterais en disant que cet enjolivement a été jusqu’à présent la norme de l’intégration des tice à l’école et que donc le résultat final n’est encore ni gagné, ni connu… - On a longtemps interprété les mutineries de 1917 comme l’expression du mécontentement, réel mais passager, de soldats fatigués par la guerre. Dans son étude, André Loez les présente au contraire comme un véritable mouvement social, dont le pacifisme n’est que la forme la plus élaborée. Compte-rendu de l’ouvrage par la vie des idées
- Allons-nous assister à l’extinction progressive du professeur en chaire et en os ? On ne sait ce qu’il serait advenu de cette tendance si le podcasting ne l’avait stimulé. Pierre Assouline présente le succès de La Fabrique de l’Histoire, de 2000 histoire et des conférences du Collège de France. Pour lui,
«La bibliothèque virtuelle du Collège de France a son avenir devant elle. Le facteur humain y perdra à mesure que la diffusion d’un cours s’élargira jusqu’à un public aussi lointain qu’insoupçonné. De quoi faire réfléchir le derniers professeurs récalcitrants à s’y prêter, en raison des problèmes de droits des images qu’ils diffusent sur l’écran, du caractère encore inachevé de certains de leurs exposés et de leur volonté de ne pas livrer ainsi au public la matière de leur prochain livre…»
Médias et technologies
Youtube, la chute du “broadcast yourself” | L'Atelier des icônes
- Lundi 19 avril, le site TechCrunch révélait que la plus célèbre des sources de parodies en ligne, l’accès de rage d’Adolf Hitler dans La Chute d’Oliver Hirschbiegel, faisait l’objet d’une demande de retrait systématique de la part du distributeur Constantin Film. Pour André Gunthert: «Mise en parallèle avec d’autres symptômes, comme l’effacement des bandes-son des vidéos exigé par Warner Music Group dès qu’un extrait copyrighté y est détecté, la disparition programmée des parodies de La Chute constitue un signal inquiétant, symbole d’une inéluctable inversion de tendance.»
L'école sera numérique ou s'épuisera | Café pédagogique (19.04.2010)
- Le titre de l’éditorial de ce jour de François Jarraud dans le Café pédagogique a le mérite d’être explicite. Il a été écrit à la sortie des Assises de l’éducation et de la formation numériques. Ces propos et les constats tirés sont destinées plus particulièrement au cas de la France, mais ils peuvent très largement être élargis à la Suisse romande et à d’autres systèmes scolaires. Il est nécessaire de les lire. Si de tels discours en relation avec les technologies ne sont pas nouveaux, il y a, me semble-t-il, après 25 ans d’intégration du numérique à l’école plus qu’un discours convenu. Comme un signal pour l’institution scolaire qu’il est temps de cesser de tergiverser pour changer d’ère. Si tout le 19e siècle a été nécessaire pour mettre en place le modèle de l’école publique que nous connaissons, ces 25 dernières années ont fourni les prémices du modèle de cette école numérique qui s’annonce.
Ces propos de F. Jarraud peuvent être mis en parallèle avec les propos de Clay Shirk concernant l’effondrement des modèles économiques complexes et remplacer dans la présentation ci-dessous « décideurs de la télévision » par « décideurs scolaires » et « modèle économique » par « institution scolaire ».
- Clay Shirk, journaliste, écrivain et enseignant américain très écouté aux Etats-Unis, il s’intéresse particulièrement aux interactions entre réseaux et culture. Son dernier texte s’intitule “L’effondrement des modèles économiques complexes”. Il y raconte avoir donné il y a un an une conférence devant un parterre de décideurs de la télévision. Pour tous ces gens, la question n’était pas de savoir si internet allait porter atteinte à leur modèle économique, mais quand et comment. En fait, leur problème était simple : quand la vidéo en ligne générera-t-elle assez d’argent pour couvrir ses coûts? Clay Shirk prédit lui l’effondrement prévisible de ces entreprises pour lesquelles revenir à plus de simplicité est impossible: celles de la musique, de la production audiovisuelle, pourquoi pas du livre, des télécommunications… Toutes ces industries sont aujourd’hui en concurrence directe avec le web, où les modes de production et les attentes obéissent à des lois tout autres.
- Le site du Café pédagogique offre un premier compte-rendu des Assises Nationales de l’éducation et de la formation numérique, qui se sont tenues les 15 et 16 avril à la Cité des Sciences de Paris. Le site du Café propose un résumé de deux ateliers auxquels ses journalistes ont assisté : le premier centré sur la question des ressources numériques disponibles, le second sur l’évaluation et les usages du numériques en classe. De nombreuses questions y ont été soulevées, telles que l’adaptation du contenu des manuels scolaires aux nouveaux supports utilisés dans les collèges (TNI, outils nomades), la formation des enseignants et des élèves aux usages de ces supports, l’amélioration de la communication entre parents et professeurs via les Environnements Numériques de Travail (ENT).
Lien du jour: Le numérique va-t-il bouleverser les pratiques pédagogiques ?
- Le Forum Retz-Sciences Humaines accueillait le 10 mars à l’ENSAM (Paris), des conférences sur l’impact du numérique en éducation. Les vidéos des conférences et du débat sont maintenant en ligne.
Les liens du jour: Des dinosaures à un iPad par élève
- Suite de la décision de l’université de Seton HIll (Pensylvanie) de fournir un iPad et un MacBook à chaque élève, le site du manuel numérique s’interroge sur les chances de l’iPad à s’imposer sur les campus face à son principal concurrent en matière de livre électronique, le Kindle d’Amazon. D’autant plus que les premières expériences d’utilisation du Kindle en classe se sont révélées peu concluantes. Par rapport aux autres solutions actuelles, l’iPad présenterait des avantages importants liés aux nombreuses applications disponibles (lecture audio et vidéo, cartes interactives du campus, agendas électroniques, etc.) et à davantage de fonctions interactives. Avec l’iPad, le livre électronique devient une véritable « plateforme » scolaire pour l’étudiant. Mais le succès-même de l’initiative dépendra surtout de l’adaptabilité de l’iPad aux activités éducatives et des contrats passés avec les éditeurs scolaires.
- La pratique du copier-coller dans les activités de recherche d’information d’élèves du secondaire reste généralement étudiée à partir des thèmes de la prise de notes ou du plagiat. A partir d’observations directes et d’entretiens auprès de collégiens et de lycéens, l’article décrit les caractéristiques formelles et conceptuelles de cette collecte d’extraits de documents primaires ainsi que les fonctions attribuées aux copiés-collés par les élèves. Pour l’auteur, ce processus de recherche par copier/coller est nécessaire aux élèves pour définir leur besoin d’information et contrôler leur activité. Le contenu des documents produits est régulièrement consulté dans le cours de l’activité. Il conviendrait donc de ne pas les interdire lors des activités informationnelles. Par contre, l’auteur estime primordial de distinguer deux tâches, rechercher de l’information et produire un document de synthèse, afin de dissocier plus fortement les consignes données pour chacune d’entre elles.
- Si les technologies de l’information et de la communication utilisées en et hors contexte scolaire sont grosso modo les mêmes, il existe un hiatus entre les pratiques personnelles et les pratiques scolaires des élèves. Les premières sont marquées par une nécessité d’immédiateté et sont caractérisées par un rapport de consommation à la technologie. Les secondes, sauf quand elles cantonnent les technologies dans des rôles mineurs de production, conduisent à la prise de distance et impliquent souvent la gestion d’une certaine frustration (tout n’est pas censé marcher tout de suite). Dans les deux cas, le rapport au temps est très différent. Il y a ainsi une opposition forte, entre les pratiques personnelles adolescentes et les pratiques scolaires, même si les technologies utilisées sont presque les mêmes. En définitive, les transferts des connaissances techniques des univers personnels aux univers scolaires restent limités.
- Dans le contexte d’une évaluation de la qualité de l’enseignement à l’université de Bucknell (Pennsylvanie, USA) et suite à une forte incitation à renforcer la présence d’outils de pédagogie numériques dans les cours universitaires en général, le professeur David Del Testa et Mme Abby Clobridge ont développé en collaboration un module d’enseignement intégré dans un cours d’histoire de premier cycle. Cet enseignement propose une initiation aux méthodes de recherche de l’historien à travers l’exemple de la Deuxième Guerre Mondiale. Le travail des étudiants consistait à rechercher, analyser, décrire et disséquer des affiches originales de propagande de 39-45 et ensuite de créer une banque de données digitales de ces posters comprenant le résultat de leurs recherches. Le croisement des expertises entre un historien et une spécialiste en pédagogie numérique ont, pour les auteurs, été un facteur clé dans la réussite de ce séminaire.
- L’expérience menée par un professeur de Français québécois, David Martel, avec eClicker, une application sur iPhone, préfigure-t-elle ce qu’il pourrait advenir en classe dans un proche avenir avec un outil tel l’iPad? Dans sa classe de secondaire, via l’application eClicker, David Martel a ainsi pu concevoir un exercice de grammaire et demander à ses élèves de répondre aux différentes questions en temps réel via leur iPhone. Environ un tiers de ses élèves possédait un iPhone, il a pu consititué des équipes de trois et créer de l’émulation entre les élèves. L’outil eClicker lui a permis de suivre les performances des différentes équipes, de constater les pourcentages de bonnes et de mauvaises réponses, et d’adapter la difficulté de ses exercices en fonction. Les élèves avaient eux-mêmes accès au rang de leur équipe en temps réel.
- Le fils d’un soldat allemand souhaite qu’une plaque commémorative soit installée dans un petit village du Poitou où 17 soldats allemands ont été fusillés en 1944. Une demande qui ne va pas de soi : plus de 65 ans après cet épisode qu’on taisait jusque-là, les blessures sont encore vives à Coussay-les-Bois. Fils d’un père qu’il a à peine connu, Rudolph Greuel (67 ans) a enquêté pour connaître les circonstances de la mort de ce sous-officier de la Wehrmacht en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Une histoire étonnante révélée par la Nouvelle République du Centre-Ouest et reprise par Rue89.
- En introduction à sa séance de séminaire, André Gunthert mentionne pour mémoire la part de l’analyse de Tom Mitchell qui décrit la dinomania comme un phénomène en grande partie américain. Cependant, le coeur de l’intervention d’A. Gunther consiste répondre à al question: pourquoi le dinosaure est-il un bon “produit” pour la culture visuelle? et d’interroger alors l’histoire de la vulgarisation scientifique? Au final pour A. Gunthert, le récit exemplaire que sous-tend la figure du dinosaure, c’est celui de la toute-puissance de la science qui vient se substituer à la religion. La foi chrétienne nous faisait assister à la résurrection d’un homme, la science est capable, par l’image, de faire revivre des espèces disparues de la surface de la terre depuis des millions d’années. Numérique ou non, ce qui fait la puissance de l’image, c’est la croyance que nous lui accordons.
