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Histoire Lyonel Kaufmann

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Résultats de la recherche pour : esclavage

La traite négrière : 315 années, 20.528 voyages et des millions de vies.

27 juin 2015 by Lyonel Kaufmann

Andrew Kahn a conçu une carte interactive à propos de la traite négrière. Cette carte donne une idée de l’échelle de la traite transatlantique des esclaves dans le temps, ainsi que des flux et des éventuelles destinations. Slate.fr nous permet de la consulter : http://www.slate.fr/widgets/esclavage/index.html.

Chacun des points représente un navire négrier. Les points correspondent également à l’ampleur du transport. Plus le point est grand, et plus nombreux étaient les esclaves à bord. Si vous mettez la carte sur pause et que vous cliquez sur un point, vous apprendrez la nationalité du navire –son point de départ, sa destination et son histoire au cours de la traite négrière.

Cette carte couvre plus de 20.000 voyages archivés dans la base de données de la traite transatlantique des esclaves. Le graphique en dessous de la carte interactive synthétise les données accumulées –et encore, celles-ci ne représentent qu’une partie de la traite négrière, environ la moitié du nombre des esclaves africains qui ont été transportés depuis le continent.

À la fin de la traite transatlantique, les Européens avaient asservi et transporté plus de 12,5 millions d’Africains. Au moins 2 millions n’ont pas survécu au voyage, selon des estimations d’historiens. Le graphique suivant tiré de la base de données de slavevoyages.org nous en donne le total ainsi que le nombre d’esclaves par Etats européens (+ les Etats-Unis).

Source : slavevoyage.org

Chaque visiteur du site peut télécharger les données de chacun des tableaux proposés aux visiteurs.

Pour terminer, la frise chronologique proposée par ce site :

Number of Captives Embarked and Disembarked per Yearblank

Source : slavevoyage.org

Slavevoyage.org nous propose ainsi un travail fort précieux et des éléts données exploitables en classe.

Article : La traite négrière transatlantique résumée en une infographie de deux minutes | Slate.fr

 

Classé sous :Histoire active, Médias et technologies, Outils enseignement, sur le web

D-Day : les commémorations, les médias sociaux et l'enseignement de l'histoire

6 juin 2014 by Lyonel Kaufmann

En 2014, les commémorations historiques sont sur les médias sociaux ou ne le sont pas et elles se succèdent à un rythme soutenu. Depuis 2013, les commémorations de la Première Guerre mondiales ont été lancée (Kaufmann, L. (2013). 14-18, le centenaire en phase d’approche serrée . Le Café pédagogique, No 143, mai) et ce mois de juin déboulent le 70e anniversaire des commémorations du Débarquement anglo-américain en Normandie. Je vous propose un panorama suggestif des commémorations proposées sur les réseaux sociaux ainsi qu’une mise en perspective.

L’opération «Overlord» est un puits sans fond notamment pour les cinéphiles comme pour les ludophiles. La débauche des techniques et des moyens employés (6000 navires, les barges de débarquement, plus de 10’000 avions, les tanks, les canons) et le côté dramatique d’un débarquement de quelques 160’000 hommes (fantassins et parachutistes essentiellement) l’explique probablement.

En outre, très rapidement, les Anglos-américains médiatisent ce débarquement. En effet, en 1945 déjà, paraît un documentaire intitulé « The True Glory » (1945). Il s’agit d’une co-production de l’Office américain de l’information de guerre (US Office of War Information) et du ministère britannique de l’Information (British Ministry of Information). Cette réalisation a alors pour but de mettre en évidence la victoire acquise par les troupes anglo-américaines sur le front de l’Ouest et leur rôle dans la chute du Troisième Reich. Il s’agit à ce moment-là de contrebalancer le rôle joué par les troupes soviétiques dans cette chute. La Guerre froide pointe déjà le bout de son nez. ((Kaufmann, L. (2011). L’enquête historique à l’âge d’Apocalypse. Le Café pédagogique, No 127, novembre))

D-Day et cinéma
Du côté de l’Huffington Post, celui-ci nous propose de revivre le 6 juin 1944 étape par étape au moyen du cinéma.. Depuis 1947, une trentaine de films ont retracé, réécrit ou réinterprété la préparation, le déroulement et les conséquences de cette journée du 6 juin 1944. Evidemment c’est le point de vue anglo-saxons qui est développé :

Débarquement de Normandie : le cinéma vous fait revivre le 6 juin 1944 étape par étape | http://www.huffingtonpost.fr/2014/06/05/debarquement-normandie-cinema-revivre-6-juin-1944_n_5443293.html

On pourra également se référer à mon billet suivant : Film & Histoire : Le débarquement de Normandie https://lyonelkaufmann.ch/histoire/2010/07/27/film-histoire-le-debarquement-de-normandie/

D-Day : les jeux de société refont l’opération Overlord

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Les éditeurs ont inventé de nombreux jeux qui ont pour thème le Débarquement du 6 juin 1944.

Le Débarquement est une source inépuisable pour les créateurs de jeux. Le temps d’une partie vous serez dans la peau d’un GI ou d’un tankiste allemand… On peut trouver sur le marché deux types de modèle ludique: les jeux de stratégie à thème historique et les jeux de simulation historique. Les premiers ont des règles simples et sont conçus pour le grand public. Les seconds sont plus pointus et s’adressent essentiellement aux férus d’histoire. À l’occasion du 70e anniversaire du Jour J, Le Figaro vous présente une sélection de six jeux.
D-Day : les jeux de société refont l’opération Overlord | http://www.lefigaro.fr/culture/2014/06/06/03004-20140606ARTFIG00020-d-day-les-jeux-de-societe-refont-l-operation-overlord.php

Le Débarquement anglo-saxon en Normandie sur Twitter ou Facebook

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Après le poilu Léon Vivien et sa page Facebook nous retraçant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, c’est le tour de Louis Castel (https://twitter.com/louiscastel44 et https://www.facebook.com/louiscastel44), un soldat virtuel qui raconte sur les réseaux sociaux le Débarquement de Normandie.

Depuis le 19 décembre 2013, Louis Castel, personnage de fiction, créé à partir des témoignages issus des fonds du Mémorial de Caen, fait revivre jour après jour jour l’approche du débarquement.  Après des mois de préparation, le 6 juin Louis Castel débarque à Omaha Beach. Une aventure à suivre sur Facebook (24 000 amis) et Twitter (5 446 abonnés).

70 ans après, les musées et médias racontent le Jour J et la libération en version numérique
http://www.club-innovation-culture.fr/70-ans-apres-les-musees-et-medias-racontent-le-jour-j-et-la-liberation-en-version-numerique/

Cette utilisation des médias sociaux par les musées sont à mettre en perspective, notamment avec l’affiche suivante présentant l’exposition « On a tous 70 ans » du Mémorial de Caen :
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A la suite d’Adrien Genoudet sur Culture visuelle (« On a tous 70 ans » (!) | Fovéa : http://culturevisuelle.org/fovea/archives/723), je partage l’avis que cette personnalisation de la guerre au travers de récits virtuels est une «idée est tout aussi étrange que celle de parrainer un enfant juif disparu à l’école primaire», entreprise que nous avions dénoncée en son temps (Chaque écolier devra connaître une victime de la Shoah (France)
https://lyonelkaufmann.ch/histoire/2008/02/14/chaque-colier-devra-connatre-une-victime-de-la-shoah-france/). A. Genoudet poursuit en soulignant qu’

«En regardant cette affiche qui n’est que l’énième reflet d’une politique mémorielle nationale qui tourne à vide, je commence à me demander ce qu’ils attendent de ces nouvelles générations ? Au regard de cette affiche et de ce joli programme de commémoration il semble que nos générations n’aient le seul choix du spectateur, de celui qui regarde le passé les bras croisés, qui contemple un passé héroïque de milliers de soldats. Nous devons, en somme, envier une position confortable de jeunes dans une société apaisée et pacifique tout en revêtant une posture révérencieuse.»

et que ces affiches seraient symptomatiques

«d’une nouvelle trouille de l’histoire et d’un manque profond de confiance dans les nouvelles générations. Ces adolescents qui regardent le hors champ de l’affiche regardent un avenir à travers une vitre recouverte d’images du passé. Quand permettrons-nous aux nouvelles générations de s’approprier l’avenir en lui laissant toute la force de l’âge ?»

Le D-Day et le tourisme de la mémoire

Depuis quarante ans, le Débarquement anglo-américain en Normandie a pris un grand virage commémoratif et un tourisme de la mémoire s’est développé. Par ailleurs, à ce sujet comme pour d’autres commémorations, on assiste à une saturation commémorative et on ne cesse de nous rabâcher avec la question du devoir de mémoire qu’impliquerait ce type d’événement.

Dans le journal Le Monde, l’historien Claude Quétel
((La bataille de Normandie en neuf points |
http://abonnes.lemonde.fr/archives/article/2014/06/04/la-bataille-de-normandie-en-neuf-points_4432006_1819218.html)) nous rappelle que Le tourisme dit de mémoire a pris une importance considérable en Normandie. Des sites comme la pointe du Hoc et ses trous de bombes ou le cimetière américain de Colleville-sur-Mer et ses 10 000 tombes devant Omaha Beach accueillent plus d’un million et demi de visiteurs par an. ce grand virage commémoratif fut pris par François Mitterrand à l’occasion du quarantième anniversaire. Depuis commémoration et tourisme de la mémoire n’ont cessé de se développer à propos du D-Day.

Pour sa part, Patrick Peccatte ((La commémoration du D-Day et le “devoir de mémoire” rabâché | Déjà vu
http://culturevisuelle.org/dejavu/1656)) s’intéresse à cette saturation commémorative et à ce rabâchage du devoir de mémoire que ce type d’événement génère. Pour Pécatte,

« Galvaudé, réduit à une vague injonction morale, le devoir de mémoire est devenu sous la plume de journalistes peu inspirés un successeur à la mode des “archaïques” souvenir et hommage. Plus généralement d’ailleurs, les formules composées à partir du mot mémoire [devoir de, travail de, transmission de, etc.] sont répétées comme des matras dans les médias. Rabâchée, l’expression devoir de mémoire est considérée sans doute comme étant “dans l’air du temps”, mais sa signification semble parfois mal maîtrisée.»

Peccatte poursuit en nous rappelant ce qu’est le devoir de mémoire, terme si galvaudé,

« Apparu au début des années 1990, le devoir de mémoire désigne une obligation morale à entretenir la mémoire de populations souffrantes, le souvenir de victimes lors de guerres ou d’actes violents passés et la nécessité de préserver la spécificité de ce souvenir (destruction des juifs et des tziganes lors de la Seconde guerre mondiale, déportés, victimes civiles, minorités persécutées, traite négrière et esclavage, colonisation, etc.). Le devoir de mémoire accompagne aussi la reconnaissance de responsabilités de la part d’États, de nations ou de régimes politiques – cf. en France les lois sur la mémoire des Juifs (2000), des Arméniens (2001), des descendants d’esclaves (2001), des harkis et des rapatriés (2005). »

Puis il pose une question fondamentale à propos du D-Day : ce devoir de mémoire s’applique-t-il au souvenir du débarquement et de la bataille de Normandie ?

Il se réfère ensuite au travaux de Sébastien Ledoux qui a fait l’objet d’une de nos chroniques pour le Café pédagogique et d’un interview avec cet auteur (Kaufmann, L. (2013). Histoire du devoir de mémoire et enseignement de l’histoire, une interview de Sébastien Ledoux. Le Café pédagogique, No 142, avril)

Au final, pour Pécatte et pour la France, les commémorations du D-Day contribuent, à partir des années 1990,

«à forger un récit national du débarquement, de plus en plus éloigné de l’interprétation strictement militaire (l’ouverture d’un nouveau front à l’ouest) et politique (ne pas laisser les Soviétiques gagner seuls la guerre sur le continent) qui prévalait auparavant. […] Dans le contexte de la commémoration en question, ce concept imprécis et discutable ne semble pas réellement pertinent.»

Et pendant ce temps-là à l’Est…
Après avoir parcouru ces quelques ressources dénichées sur les médias sociaux en lien avec le Débarquement anglo-américain en Normandie et ses commémorations du 70e anniversaire, replaçons-le par rapport au conflit lui-même et mettons-le en parallèle avec l’effort soviétique et plus particulièrement la bataille de Stalingrad (« D-Day » : sans le sacrifice des soldats soviétiques, pas de victoire : http://rue89.nouvelobs.com/2014/06/06/d-day-sans-sacrifice-soldats-sovietiques-victoire-252742) :

« le sacrifice des soldats soviétiques, pas de victoire finale. Sans Stalingrad, le débarquement anglo-américain aurait été impossible. Pourquoi, alors, ne l’enseigne-t-on pas ainsi aux petits Français ?
Parce que l’Histoire est fabriquée par les contingences du moment. Parce qu’il était impossible, pendant la guerre froide, de reconnaître que la France devait sa liberté à l’URSS, analysait sur France Inter, ce matin, l’historien Denis Peschanski (http://www.franceinter.fr/emission-linvite-de-7h50-denis-peschanski-0), président du conseil scientifique du Mémorial de Caen. Et de rappeler aussi comment l’appréciation, par les Français, du rôle de l’URSS dans la seconde guerre mondiale avait varié après-guerre, en fonction des vicissitudes politiques.»

Dans le journal Le Monde, Claude Quétel, historien, directeur de recherche au CNRS et auteur du «Dictionnaire du Débarquement (2011) et du Débarquement pour les Nuls (2014), met également en évidence que l’armée allemande est déjà à bout de souffle quand commence le Débarquement :

«En fait, le IIIe Reich a pratiquement perdu toute chance de victoire en échouant devant Moscou, à l’hiver 1941. A cette date, sur le papier, les Allemands ont perdu la guerre. Ils n’ont pas le souffle pour durer. Ils pensaient participer à une course de vitesse pour conquérir l’Europe. En fait, le 100 mètres s’est transformé en un marathon.
Les Français et surtout les Normands ne parlent que de la bataille de Normandie. C’est normal, sans doute. Mais, c’est oublier l’opération Bagration sur le front de l’Est. Il ne faut jamais perdre de vue que les Allemands ont dû se battre sur deux fronts, à l’ouest et à l’est, deux marathons en fait ! Le 22 juin 1944, un peu plus de quinze jours après le Débarquement en Normandie – et trois ans jour pour jour après l’invasion de l’Union soviétique par les armées nazies -, Staline attaque, de son côté, les troupes hitlériennes. Objectif : maintenir un maximum de divisions allemandes à l’Est afin de faciliter la progression des Alliés à l’Ouest. Staline met le paquet. Pour cette opération, pas moins de 166 divisions, 1 300 000 hommes, 5 000 avions, 2 700 chars… sont mobilisés. Le front principal n’est pas celui qu’on croit en Normandie : il est à l’Est. Cette offensive soviétique, la plus grande depuis le début de la guerre, a été souvent occultée dans le monde occidental pour cause de guerre froide et de réécriture de l’Histoire.»

La bataille de Normandie en neuf points |
http://abonnes.lemonde.fr/archives/article/2014/06/04/la-bataille-de-normandie-en-neuf-points_4432006_1819218.html

Au terme de ce parcours, il m’apparaît fondamental pour un enseignement en classe d’histoire de replacer le Débarquement anglo-saxon en Normandie dans le contexte global du conflit et plus particulièrement en lien avec le front de l’Est. Il s’agit aussi de le mettre en perspective avec la suite, soit la Guerre froide, de telle sorte à comprendre et suivre le fil du récit déployé dès 1945 par les Anglos-saxons depuis le Débarquement, en passant par la bataille des Ardennes, jusqu’à la libération des camps de concentration.

Classé sous :Didactique, Médias et technologies, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions, Outils enseignement, sur le web

12 years a slave : l'Histoire à coup de trique

25 janvier 2014 by Lyonel Kaufmann

Compte-rendu sans complaisance du film «12 years a slave» de Steve McQueen par le site Zéro de conduite.

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Adapté au cinéma par Steve McQueen, le roman autobiographique de Solomon Northup, rédigé dans les années 1850 constitue assurément une invitation stimulante pour découvrir la situation complexe des Noirs dans l’Amérique du XIXe siècle. Stupéfiant au pire sens du terme, l’itinéraire de Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor) conduit le spectateur du Nord des Etats-Unis, là où les Noirs peuvent être libres et intégrés socialement, jusque dans les plantations sudistes où le coton et la canne à sucre se chargent de broyer l’âme et la chair de la servile main d’œuvre. Charpentier et musicien, marié et père de famille, reconnu et respecté par les blancs, Solomon Northup est soudainement kidnappé, en 1841, par deux contrebandiers pour être vendu dans un des sordides marchés d’esclaves de la Nouvelle Orléans.

La bande-annonce :

http://youtu.be/0uGjQCg4TlY

Pour Zéro de conduite :

«Descendu dans l’arène des légitimités raciales pour écrire l’histoire des Afro-américains, S. McQueen est bien décidé à lutter, pied à pied, contre les cinéastes blancs coupables désignés d’un vol de l’histoire. Tandis que Spike Lee contestait avec virulence à Q. Tarantino le droit de filmer l’esclavage dans Django unchained, Steve McQueen refuse à Steven Spielberg le monopole de la parole officielle sur l’histoire de ses ancêtres (Amistad, Lincoln). Serviteur autoproclamé d’une communauté qui peine à se remettre de décennies d’oppression et de stigmatisation, S. McQueen s’engouffre non sur le chemin d’une histoire objective et réflexive mais sur la voie d’une mémoire passionnée et combattante.»

L’article : 12 years a slave : l’Histoire à coup de trique : http://www.zerodeconduite.net/blog/index.php?itemid=19085

Classé sous :Médias et technologies, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

Chronique de l'été : Histoire du devoir de mémoire et enseignement de l’histoire, une interview de Sébastien Ledoux

13 août 2013 by Lyonel Kaufmann

Je mets à profit la pause estivale pour publier en ce mois d’août mes chroniques mensuelles du Café pédagogique. En avril, à la suite d’un article de Sébastien Ledoux [1] paru sur le site du Comité de Vigilance face aux Usages Publics de l’Histoire (CVUHV), j’interrogeais ce dernier sur quelques questions concernant les aspects scolaires de l’écriture du devoir de mémoire. Bonne lecture.

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Affiche de la FNDIRP, signée Jicap, 1945, 80 x 58,5. Un slogan qui sera souvent répété

Le travail de Sébastien Ledoux ne peut qu’intéresser les enseignants d’histoire. En effet, la demande du devoir de mémoire sature l’espace scolaire ou les attentes du politique à l’égard de cet enseignement. Je remercie Sébastien Ledoux d’éclairer ainsi la Fabrique de l’enseignement de l’histoire.

1° Quelle place prend et quel rôle joue, dans votre travail sur l’écriture du «devoir de mémoire», les programmes et l’enseignement de l’histoire à l’école ?

Une place très importante. Ma recherche sur l’histoire du « devoir de mémoire » avait d’ailleurs commencé par ce biais-là, il y a 6 ans, en analysant l’évolution des programmes, et en menant une enquête auprès d’enseignants du primaire et du secondaire. L’institution scolaire a joué un rôle essentiel dans l’adhésion au devoir de mémoire dans les années 1980-1990, comme dans les  controverses que la notion a pu susciter dans les années 2000. L’école a donc été à la fois un miroir et un acteur de l’évolution des pratiques et des représentations sociales concernant notre rapport au passé. J’ai ainsi pu évoquer à travers ce prisme la construction d’un nouveau roman national autour des valeurs des Droits de l’homme et de la notion de justice restauratrice face aux crimes du passé, à partir des années 1980 et dont l’enseignement de la Shoah, comme on le sait, a constitué une sorte de paradigme. En promouvant l’adhésion à des valeurs communes par l’intermédiaire d’un devoir de mémoire censé pacifier et/ou construire le corps social et national, l’enseignement de l’histoire n’a fait que jouer le rôle qui lui est assigné depuis la IIIe République. Ce n’est donc pas tant dans la fonction sociale de l’enseignement de l’histoire que dans le contenu des savoirs et des représentations du passé que l’irruption du devoir de mémoire a reflété un changement.

2° Dans quelle mesure, «devoir de mémoire» et histoire entrent-ils en confrontation, s’opposent-ils dans les programmes et l’enseignement de l’histoire à l’école? Y a-t-il à l’œuvre des exemples de mémoires opposées? Quelles questions et problèmes cela pose-t-il à l’enseignement de l’histoire ?

Je dirai au préalable que les oppositions « mémoire/histoire » ou plus récemment « devoir de mémoire/devoir d’histoire » sont devenues aujourd’hui des formules assez commodes qui ont imprégné le champ scolaire, des cabinets ministériels aux enseignants, en passant par les inspecteurs, et qui occultent une réalité souvent plus complexe et ambivalente. Ces formules ont avant tout servi à nous donner une intelligibilité des situations afin de répondre à des enjeux sociaux et didactiques. Le devoir de mémoire a ainsi été perçu comme une libération salutaire de l’inconscient collectif national (complicité de Vichy dans le génocide des Juifs)), puis comme une intrusion du politique dans les programmes et les manifestations commémoratives (loi du 23 février 2005, lettre de Guy Môquet, parrainage des enfants juifs exterminés par les élèves de CM2).

En fait, les usages du devoir de mémoire à l’école révèle l’ambivalence constitutive du métier de professeur d’histoire, identique à « l’ambivalence constitutive » du métier d’historien (Jacques Revel) : celui-ci doit à la fois transmettre des connaissances du passé tout en instituant avec ses élèves un rapport spécifique au passé à partir de notre présent et de notre futur. On peut donc, me semble-t-il, faire un très bon cours d’histoire en étant animé par un devoir de mémoire. Il peut y avoir opposition entre les deux quand l’injonction de la transmission d’un passé, ainsi formulée, s’élabore dans un acte plus ou moins conscient de bons sentiments ou de bonne conscience venant soulager pour l’enseignant une culpabilité collective diffuse, qui n’est d’ailleurs pas forcément ressenti par les élèves au départ. En revanche, l’approche de l’histoire par les lieux de mémoire, les mémoriaux, les témoins, n’est pas à bannir en tant que tel bien évidemment. Cette approche nécessite cependant une méthodologie rigoureuse de la part du professeur d’histoire qui a parfois tendance à se dessaisir de sa fonction face à des autorités narratives jugées plus opérantes pour les élèves. Or, un témoin en classe, un lieu de mémoire, reste des sources à confronter, contextualiser et mettre en perspective pour les élèves, ce qui ne retire en rien leur efficacité pédagogique, au contraire. Ces sources ne peuvent donc tenir lieu de cours d’histoire.

L’enseignement des questions d’histoire corrélée au devoir de mémoire (Shoah, fait colonial/décolonisation, esclavage) implique ainsi, de la part de l’enseignant, de s’adosser à un savoir disciplinaire solide ainsi qu’à une méthodologie des sources. Le nouveau programme d’histoire de collège, concernant l’étude des sociétés africaines et des traites et de l’esclavage est actuellement le lieu de conflits de mémoires. Ce nouveau programme qui contextualise pourtant les traites transatlantiques dans une histoire globale et pas seulement dans une histoire de reconnaissance (voir l’article 2 de la loi Taubira de 1998), est devenu le symbole pour certains de la fin de l’histoire de France et donc de l’abandon de tout récit national censé créer un sentiment d’appartenance à la Nation. Les pressions et même les intimidations auprès d’acteurs du ministère de l’Éducation nationale démontrent que ces conflits mémoriels font surgir des enjeux identitaires s’exprimant parfois violemment.

3° Comment articulez-vous la démarche des Lieux de mémoire de Pierre Nora, la construction d’un récit national et le devoir de mémoire? Dans le champ scientifique et à l’école.

Les historiens sont des acteurs sociaux qui s’appliquent à faire de l’histoire, mais qui vivent toujours dans le désir plus ou moins secret de « faire l’histoire ». La démarche des Lieux de mémoire de Pierre Nora est née de la préoccupation d’un homme qui devient hanté par le morcellement, voire le délitement d’une mémoire nationale au cours des années 1970 et du besoin de la voir se reconstituer à travers un projet scientifique.  Au vu du succès de l’entreprise et de la formule éponyme, force est de constater que ce sentiment était partagé par bien d’autres que lui. Il y a donc bien là une question liée à un devoir de mémoire s’articulant tant au niveau individuel et collectif: ne pas perdre la trace d’un passé qui ferait notre identité narrative. Ce souci nait dans le même temps d’un changement de régime d’historicité au cours de ses années qui fait de l’avenir non plus la promesse d’un progrès irrémédiable mais la protection d’un monde soumis au règne temporel du « durable ». Face à cette évolution, le passé est devenu un lieu de conservation, voire parfois un lieu-refuge de l’entre-soi validant une autochtonie à protéger des « menaces extérieures » et qui peut prendre des formes inquiétantes, comme on l’observe actuellement avec Casali, Deutsch et autres.

4° Selon vous, quel est l’impact de la montée du primat du compassionnel et des traumas de l’histoire dans notre société, à l’exemple de la Première Guerre mondiale, sur les programmes et l’enseignement de l’histoire ?

C’est une tendance lourde de notre société et dont le regard porté vers tel ou tel évènement du passé n’est que le produit. La question du passé est devenue une question d’ordre individuel relié à des qualifications morales et curatives concernant la dignité humaine et le traumatisme. Dans les années 1980, un statut social de la victime s’élabore à travers une qualification officielle et une réparation. Cette qualification passe par la reconnaissance du trauma passé. De fait, l’enseignement de l’histoire a constitué un dispositif validant rétroactivement ce nouveau statut social pour les victimes des crimes du passé. Au-delà de ce vocabulaire de la santé sur fond d’éthique morale, il me semble fondamental dans l’enseignement de l’histoire de ne pas éluder pour autant les mobilisations collectives et les conflictualités sociales et politiques qui sont bien souvent au cœur des processus historiques. Il y a, par exemple, bien eu des Justes en France qui ont, à titre individuel, sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, mais une partie notable d’entre eux l’ont fait au sein des mouvements collectifs de la Résistance sans lesquels leurs actions de sauvetage auraient été vaines.

5° Concernant la Première guerre mondiale, les commémorations du centenaire démarrent. Vont-elles accentuer ce primat du compassionnel ou une inflexion est-elle, selon vous, perceptible? Que peut-on espérer ou craindre de ces commémorations relativement au «devoir de mémoire» ? Que conseilleriez-vous à l’enseignant d’histoire devant enseigner la Première Guerre mondiale dans ce contexte des commémorations du centenaire ?

Les commémorations sont des temps de remémoration collective. La Première Guerre mondiale connait depuis une vingtaine d’années un regain d’intérêt en constituant à la fois un nouveau patrimoine national à conserver et un événement qui suscite un sentiment d’injustice et de compassion à l’égard de la souffrance vécue par les combattants.  On peut donc penser que ce centenaire va cristalliser cette évolution. Dans le même temps, les acteurs des politiques du passé veulent imprimer leur trace sur l’histoire. La commémoration est devenue un événement incontournable de l’agenda du politique, et la communication, comme on le sait, est fondée sur l’annonce d’une nouveauté. La controverse actuelle autour du choix du 14 juillet comme date commémorative en est l’écho direct. Il restera à l’enseignant d’histoire la charge d’exercer son métier en assumant sereinement son ambivalence en toute liberté pédagogique: transmettre un événement du passé à partir des questions du présent.

Dans le prolongement de cet interview, la prochaine chronique s’intéressera aux matériaux que l’on peut trouver sur le web et dédiés aux commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale.

Lyonel Kaufmann, Professeur formateur,

Didactique de l’Histoire, Haute école pédagogique du canton de Vaud, Lausanne (Suisse)

 Référence du Café pédagogique : Kaufmann, L. (2013). Histoire du devoir de mémoire et enseignement de l’histoire, une interview de Sébastien Ledoux. Le Café pédagogique, No 142, avril

Notes

[1] Enjeux d’une écriture historienne du devoir de mémoire (1) par Sébastien Ledoux :

http://cvuh.blogspot.ca/2013/04/enjeux-dune-ecriture-historienne-du.html

Sébastien Ledoux termine actuellement une thèse sur L’histoire du “devoir de mémoire? à Paris 1 (Centre d’histoire sociale du XXe siècle). Il a déjà publié Le « devoir de mémoire » à l’école. Essai d’écriture d’un nouveau roman national, Sarrebruck, Études universitaires européennes, 2011, et de nombreux articles sur le sujet :

http://histoire-sociale.univ-paris1.fr/spip.php?article265

Classé sous :Didactique, Histoire savante, Opinions&Réflexions, Outils enseignement, Publications

Chronique de l'été : Obama, Lincoln & Django unchained : « notre voyage n’est pas terminé ».

6 août 2013 by Lyonel Kaufmann

Je mets à profit la pause estivale pour publier en ce mois d’août mes chroniques mensuelles du Café pédagogique. En janvier 2013, Obama, Lincoln et Django Unchained interrogaient le rapport de  la société américaine à son histoire et à son présent. Bonne lecture.

Dans la relecture de l’histoire américaine des 19e et 20e siècles, il ne fait aucun doute que l’élection de Barack Obama en 2008 et sa réélection en 2012 jouent un rôle important, plus particulièrement concernant les rapports raciaux :

« Mon beau-père enseigne l’histoire des Noirs en Amérique, je connais ces sujets. Parlez à une personne noire de plus de 60 ans et elle vous dira que le mot nègre n’avait rien de rare en Amérique il n’y a pas si longtemps. L’esclavage est un sujet très sensible, on en a peur. Autant Inglourious Basterds pouvait donner l’impression aux Américains de se dérouler dans une terre lointaine, autant Django Unchained nous met le nez dans le problème. L’arrivée au pouvoir de Barack Obama a montré que ce pays pouvait avancer, mais n’a pas effacé le racisme d’un coup. Dans le Sud, certains journaux n’ont pas mis la photo du Président en une lors de sa première élection en 2008. » [1]

Cette situation est encore renforcée par deux autres éléments importants. En premier lieu, la comparaison faite dès 2008 entre Barack Obama et Abraham Lincoln. En effet, dans ses différents discours, Lincoln figure en première ligne avec Marin Luther King, Kennedy et Roosevelt [2]. En second lieu, il y a les différentes commémorations autour de décisions prises par ce même Lincoln en 1862-1863. C’est ainsi que le 21 janvier dernier, on commémorait les 150 ans de la proclamation de Lincoln abolissant l’esclavage [3] alors que, le 16 avril 2012, il s’agissait de la signature par ce même Lincoln de la loi d’émancipation.[4]

Avec les sorties rapprochées des films de Spielberg (Lincoln) et de Tarantino (Django Unchained), c’est deux manières différentes, mais traditionnelles de traiter de l’histoire américaine au cinéma, qui nous sont proposées. Elles se complètent plutôt qu’elles ne s’affrontent. Par ailleurs, l’histoire au cinéma nous rappelle que l’histoire est la réactualisation du passé avec les lunettes et les questionnements du présent. Toute histoire est contemporaine.

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Lincoln est une figure présente dans plus de 25 films hollywoodiens. Paradoxalement, avant Spielberg, aucun film n’avait osé le montrer dans son travail de Président des États-Unis. Sans flash-back, le film de Spielberg se concentre sur une époque-clé, en 1865, soit la lutte du président américain pour faire voter à la Chambre des représentants le 13e amendement de la Constitution autorisant l’abolition de l’esclavage. En se concentrant sur un court laps de temps, le film plonge profondément dans la personnalité de Lincoln, ses tactiques politiques et sa relation avec son cabinet et avec sa famille.

Sur son exactitude historique, le film a fait débat aux États-Unis. [5] Cependant, pour James McPherson, spécialiste de la Guerre de Sécession, les précédents films sur Lincoln avaient tendance à le présenter sous les traits d’un personnage romantique ou ceux d’un personnage mythique. Spielberg nous le présente maigre et épuisé  au plus près de la réalité. Le film présente aussi son discours, voire la manière dont il construit ce qu’aujourd’hui on appellerait son « storytelling ». En conséquence, McPherson déclare qu’il considère le « Lincoln » de Spielberg comme étant la représentation de ce personnage la plus exacte à l’écran, qui lui a été donné de voir. [6] Pour sa part, Ronald White, auteur de A. Lincoln : A Biography, résume le sentiment général des historiens[7] :

« Le noyau dramatique de ces quatre mois remarquables sur les démarches pour faire adopter le 13e amendement est vrai. Est-ce que chaque mot est vrai ? Non Est-ce que Lincoln a dit : « And to unborn generations .. .» ? Non, mais ce n’est pas un documentaire. Je pense donc que l’équilibre délicat entre l’histoire et l’art dramatique fonctionne bien. »

Mais, avec ce film, c’est toute la récente campagne électorale, où Barack Obama a dû faire face à l’opposition la plus raciste et réactionnaire depuis très longtemps, qu’on retrouve dans le film et sa perspective historique. On songe aussi au chemin parcouru depuis l’abolition de l’esclavage, avec un président noir à la Maison-Blanche. En outre, assassiné comme John F. Kennedy, Abraham Lincoln préfigure, par son destin, les tensions entre progressistes-réactionnaires. Ces tensions sont toujours vivaces au sein de la société américaine.  [8] 

Sous cet angle, le «Lincoln» de Spielberg est un film politique et, pour David Thomson, dans The New Republic

«Lincoln est un film particulièrement important afin que la deuxième administration Obama se rende compte qu’il n’y a pas de paix pour les élus.» [9]

Au final, le film de Spielberg participe à une meilleure compréhension historique pour le passé et politique pour le présent des États-Unis.

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Pour sa part, « Django Unchained » de Tarantino rend homage au western-spaghetti et à la culture populaire. Or, comme l’indique Hendrik Hertberg, dans The New Yorker [10]

« La grande majorité des évocations hollywoodiennes du passé américain ont été des Westerns soit des films d’aventures et d’évasion fixés à une époque vague plus ou moins identifiable entre les années 1870 et 1880, dans une région vague semi-désertique ou montagneuse, située quelque part entre le Mississippi et les Rocheuses, et d’une économie basée sur l’élevage, les salons et le banditisme. »

Pour lui, les Westerns manquent de contexte politique, social et historique. Pour Cobb, professeur d’histoire et également dans The New Yorker,  «Django ne s’attaque pas à l’histoire» mais «à cette mythologie que nous prenons pour l’histoire». [11]

En même temps, après « Inglourious Basterds », qui racontait la lutte sanglante de soldats et résistants juifs contre l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, Quentin Tarantino s’attaque maintenant au Sud esclavagiste. Avec son esthétisme kitsch postmoderne et son éloge de la culture populaire, Django Unchained, comme  Inglourious Basterds, a toutes les chances de séduire le public jeune. Et d’effrayer les enseignants d’histoire.

Pourtant, situé en 1858, le film nous propose un épisode d’anthologie et décalé sur le Ku Klux Klan, fondé lui en 1865. Qu’importe ce qui, à première vue, ressemble à une erreur historique, car le film de Tarantino lui aussi réactualise le passé avec les lunettes du présent. Et le côté petits-blancs de la scène, où des citoyens partis chasser Django et son protecteur, King Schultz, débattent de l’utilité de porter une cagoule blanche lors de leur attaque, nous offre un raccourci entre 1858 et le mouvement raciste et réactionnaire du Tea Party de 2012. Par cette uchronie, tant le Ku Klux Klan que le Tea Party ne trouvent ainsi pas leur place dans l’histoire. Ils sont dynamités — et donc emportés par le souffle de l’histoire — comme le seront, à la fin du film, l’Américain moyen particulièrement stupide interprété par Tarantino lui-même, puis, avec ses propriétaires, le domaine esclavagiste de Calvin Candie.

De plus, sans ambiguïté, le film dénonce l’horreur qu’a été l’esclavagisme et montre crûment le traitement infligé aux noirs : combat de “mandingos”, esclave donné au chien comme repas ou encore Django contraint de maltraiter ses semblables pour se rapprocher de Calvin Candie. Comme l’indique Jamie Foxx [12] :

« C’est toujours important de rafraîchir la mémoire des uns et des autres. Pas mal de jeunes Noirs n’ont pas conscience de l’importance de l’esclavage et de ses conséquences encore aujourd’hui. Ces événements horribles qui se sont déroulés durant plus de deux siècles ont laissé des traces. J’appelle cela les résidus de l’esclavage. »

Et, dans son discours, aux forts accents progressistes, prononcé lors de sa deuxième cérémonie d’investiture, Barack Obama [13] en conclut que « Notre voyage n’est pas terminé. ».

Lyonel Kaufmann, Professeur formateur,

Didactique de l’Histoire, Haute école pédagogique du canton de Vaud, Lausanne (Suisse)

Référence au Café pédagogique : Kaufmann, L. (2013). La Chronique : Obama, Lincoln & Django unchained : « notre voyage n’est pas terminé ». Le Café pédagogique, No 139, janvier

Notes

[1] Interview de Jamie Foxx, acteur principal de « Django Unchained » :

http://www.lesinrocks.com/2013/01/17/cinema/jamie-foxx-laffranchi-11341391/

[2] « An American Dream » : Obama et l’histoire : https://lyonelkaufmann.ch/histoire/2008/11/05/an-american-dream-obama-et-lhistoire/

[3] 1er janvier 2013 : 150 ans de la proclamation de Lincoln abolissant l’esclavage :

https://lyonelkaufmann.ch/histoire/2013/01/01/1er-janvier-2013-150-ans-de-la-proclamation-de-lincoln-abolissant-lesclavage/

[4] 16 avril 1862 : Lincoln signe la loi d’émancipation :

https://lyonelkaufmann.ch/histoire/2012/04/16/16-avril-1862-lincoln-signe-la-loi-demancipation/

[5] Pour une liste d’articles sur le sujet, on consultera la sélection d’articles proposée par History News network : Is « Lincoln » the Movie Historically Accurate? http://hnn.us/articles/lincoln-movie-historically-accurate

[6] Is « Lincoln » the real deal? Los Angeles Times :http://www.latimes.com/entertainment/movies/moviesnow/la-et-mn-1128-lincoln-history-20121128,0,5620831.story

[7] We Ask A Historian: Just How Accurate Is ‘Lincoln’? http://www.wbur.org/npr/165671751/we-ask-a-historian-just-how-accurate-is-lincoln

[8] Lincoln enfermé dans son histoire | Le Devoir :http://www.ledevoir.com/culture/cinema/364055/lincoln-enferme-dans-son-histoire

[9] http://www.tnr.com/article/books-and-arts/110113/spielbergs-lincoln-film-our-political-moment#

[10] http://www.newyorker.com/online/blogs/hendrikhertzberg/2012/12/what-steven-spielbergs-lincoln-got-wrong-and-what-it-got-right.html

[11] http://www.newyorker.com/online/blogs/culture/2013/01/how-accurate-is-quentin-tarantinos-portrayal-of-slavery-in-django-unchained.html?mobify=0

[12] Jamie Foxx : http://www.lesinrocks.com/2013/01/17/cinema/jamie-foxx-laffranchi-11341391/

[13] La vidéo de l’événement : http://blogues.lapresse.ca/hetu/2013/01/21/obama-«notre-voyage-nest-pas-termine»/

Classé sous :Histoire savante, Médias et technologies, Opinions&Réflexions, Outils enseignement

Tout objet historiographique relève-t-il d’un traitement global ? « Histoire Globale

29 mars 2013 by Lyonel Kaufmann

See on Scoop.it – histoire

C’est en définitive la question fondamentale que pose le recueil intitulé « Essais d’histoire globale », dirigé par Chloé Maurel et publié en février dernier aux éditions L’Harmattan. Il s’agit là d’un ouvrage a priori disparate, reprenant des interventions en séminaire, et portant sur des objets aussi divers que les mineurs de charbon et les imprimés en langues étrangères, les gares de chemin de fer, la lutte pour l’abolition de l’esclavage, le livre, les imprimés politiques de forme brève, les liens entre ethnologie et situations coloniales, la politique du livre de l’UNESCO, l’OIT ou encore le G7. Sur chacune des ces thématiques, les auteurs tentent d’apporter un regard nouveau, global, international ou transnational, qui parfois s’impose et colle au sujet, parfois surprend davantage. C’est sans doute tout le mérite de l’ouvrage que de tenir le pari d’une application large de ce regard neuf, même si la réussite est inévitablement inégale.

 

Lyonel Kaufmann‘s insight:

Un ouvrage intéressant pour aborder les questions et travaux réalisées dans le domaine de l’histoire globale. 

See on blogs.histoireglobale.com

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