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Histoire Lyonel Kaufmann

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Opinions&Réflexions

La « distance sociale » : Les implications de la pandémie de la grippe espagnole en 1918-1919 | Active history

15 mars 2020 by Lyonel Kaufmann

Dans Active History, l’historienne canadienne Esyllt W. Jones propose un intéressant article relativement à la grippe espagnole de 1918-1919 et la met en relation avec notre situation actuelle, liée au COVID-19. Je vous en propose ici sa traduction.

Pour une historienne de la grippe pandémique, ce sont des jours étranges. Le passé entre en collision avec le présent. Comme si un fil conducteur avait émergé, maintenant, nous reliant à ceux qui ont fait face, à leur manière, à une expérience partagée à l’échelle mondiale en 1918-1919.

Un groupe d'infirmières à High River, Alberta, porte des masques faciaux pour tenter de repousser la grippe espagnole, octobre 1919. Archives de Glenbow 3452-2.
Un groupe d’infirmières à High River, Alberta, porte des masques faciaux pour tenter de repousser la grippe espagnole, octobre 1919. Archives de Glenbow 3452-2.

J’ai été honoré d’entendre les récits que les familles ont nourris et maintenus en vie sur la grippe de 1918-1919, les histoires de leur peuple, comment ils ont persisté et comment leur vie a été changée par une épidémie qui a tué plus de 50 000 Canadiens et 50 millions de personnes dans le monde. Pendant une grande partie du XXe siècle, l’histoire ne s’est pas beaucoup souciée des récits de leur vie. À tel point que l’histoire de la grippe n’a pas vraiment perturbé la tendance de la modernité, ni le récit progressif de la médecine moderne. Ceci malgré le fait que les médecins, les infirmières et les agents de santé publique qui ont combattu la grippe ont honnêtement révélé leur agonie et leur sentiment d’échec à l’époque. « Il n’est pas question de garder le loup hors de la bergerie », a déclaré un médecin hygiéniste britannique après la fin de la pandémie. C’était à la fois un cri de ralliement et une déclaration de chagrin.

C’est comme vivre au milieu d’une histoire que vous avez déjà lue, tout en espérant une meilleure fin. Le déroulement est effrayant, mais il n’y a pas de surprises. Qu’est-ce qui vous est familier ? Le courage des prestataires de soins de santé et la capacité à faire passer les besoins des autres en premier. Les exigences énormes qui leur sont imposées et les risques qu’ils prennent chaque jour. Les histoires récentes de familles qui ont passé des journées dans des maisons avec des proches décédés. La suggestion de fosses communes. En 1918-1919, la frontière entre les morts et les vivants était perméable, et pour certains, cette porte ne s’est jamais refermée ; leur vie était peuplée d’esprits et de fantômes.

Mais il ne s’agit pas pour autant que l’histoire se répète. Après tout, il n’est pas trop tard pour que nous puissions éviter 50 millions de morts. L’histoire ne nous détermine pas. Mais la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui pourrait le faire. Les lignes de fractures sociales qui sont apparues lors de la pandémie de 1918-1919 étaient profondes, et largement ignorées dans les discours publics de l’époque. Néanmoins, il n’y a pas eu une seule expérience de la grippe. Il y avait l’image dominante de la grippe comme une maladie démocratique à laquelle tout le monde était également sensible, et puis il y avait un ensemble de réalités divisées qui reflétaient les inégalités sociales sous-jacentes. Le taux de mortalité des autochtones était plusieurs fois supérieur à celui des Canadiens non autochtones, et certaines communautés étaient presque anéanties : un autre événement dans une longue relation entre le colonialisme et la maladie. Les travailleurs urbains qui avaient un accès limité aux soins sont morts non seulement d’une infection, mais aussi de l’inégalité inscrite sur leur corps, en combattant le virus dans des logements surpeuplés et mal ventilés, en choisissant de travailler ou de mourir de faim, sans économies pour faire face à la perte de revenus ou pour enterrer les morts. Jeunes travailleurs célibataires. Des agriculteurs pauvres qui sont tombés malades et n’ont pas pu vaincre les infections secondaires après être retournés trop tôt dans leurs champs et leurs granges.

Bien que la couverture médiatique et les messages de santé publique suggèrent aujourd’hui que nous sommes tous en danger pour le Covid-19, nous ne sommes pas également en danger. Il ne s’agit pas d’une seule pandémie, mais d’une myriade d’histoires qui finiront par montrer que nous ne sommes pas tous dans le même bateau. Une question clé qui façonnera la façon dont l’histoire de Covid-19 est écrite par les historiens est de savoir si, et comment, nos gouvernements et nous-mêmes choisissons d’y répondre.

Allons-nous considérer Covid-19 comme une menace pour le corps social, et pas seulement pour l’individu ? La « distanciation sociale » a du sens du point de vue de la santé publique, mais aux oreilles d’un historien, elle semble être une métaphore d’un problème plus profond. En 1918, à Winnipeg, la communauté a mobilisé des ressources pour s’assurer que les victimes et leurs familles ne se retrouvent pas sans nourriture, sans vêtements, sans literie propre ou sans accès à des soins de soutien. Des bénévoles, des voisins, des organisations ethniques, des syndicats, des églises – beaucoup (surtout des femmes) ont joué ce rôle, en distribuant de la nourriture, en répondant aux appels à l’aide, en collectant des fonds, en donnant de l’argent aux familles qui en avaient besoin, en les aidant à enterrer leurs morts avec dignité. Les boucs émissaires étaient peu nombreux. Ce n’était pas suffisant pour éviter la souffrance, mais c’était quelque chose.

Comme Rebecca Solnit l’a fait remarquer en évoquant la possibilité d’une solidarité à la suite de catastrophes, les histoires de pandémie sont potentiellement porteuses d’espoir. Ce sont des récits sur l’action et le choix humains, autant que sur les microbes.

Lorsque les échecs des réponses gouvernementales à la pandémie ont été exposés en 1918-1919, une prise de conscience accrue de l’inégalité corporelle, ainsi qu’une confiance mutuelle, ont constitué la base des demandes pour quelque chose de mieux : pour un système de santé qui ne soit pas construit sur l’inégalité. Dans les années 1920, et de plus en plus lors des catastrophes économiques et écologiques des années 1930, les voix en faveur d’une médecine socialisée sont devenues de plus en plus convaincantes. Les premiers programmes de santé socialisés au Canada, promulgués par le CCF de la Saskatchewan en 1944-45, sont nés de l’action d’une génération qui se souvenait de deux guerres mondiales et d’une pandémie mondiale. D’une certaine manière, ils s’imaginaient non pas au bout du monde, seuls sur son bord, mais vivant dans un avenir meilleur.

Esyllt W. Jones est professeure d’histoire et membre à temps partiel du département des sciences de la santé communautaire de la faculté de médecine de l’université du Manitoba, et doyen des études à St John’s. Elle est l’auteure de Influenza 1918: Disease, Death and Struggle in Winnipeg3, et éditrice avec Magda Fahrni de Epidemic Encounters: Influenza, Society and Culture in Canada, 1918-19204. Son ouvrage le plus récent, Radical Medicine 5, se concentre sur l’histoire des soins de santé socialisés au Canada.

Source et article original en anglais : The Distance Between Us: The Implications of Pandemic Influenza in 1918-1919 – Active History

Ce travail est sous licence Creative Commons Attribution-NoDerivatives 4.0 International License.

Classé sous :Histoire savante, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions, Publications

«Thiel le Rouge, un agent si discret» @ Cinema Rex – Vevey vendredi 28 février 2020

26 février 2020 by Lyonel Kaufmann

A l’occasion de la sortie du film de Danielle Jaggi «Thiel le Rouge, un agent si discret», le cinéma Rex à Vevey propose une séance spéciale en présence de Danielle Jaggi, d’Alain Campiotti et de moi-même. A l’issue de la projection, nous aurons notamment l’occasion d’évoquer de la place du communisme et de la Guerre froide en Suisse dans les manuels scolaires vaudois et romands (Une histoire sans histoire? La Suisse et le communisme dans les manuels scolaires). La séance est à 18h30.

Toutes les séances de ce programme spécial
Toutes les séances de ce programme spécial

Concernant le documentaire et la personne de Reynold Thiel, voici quelques éléments issus d’un article du journal Le Temps :

Danielle Jaeggi retrace dans un documentaire à la première personne le destin d’un Neuchâtelois qui, aux côtés de son père, créera en pleine guerre froide une entreprise destinée à contourner l’embargo américain pour faire commerce avec le bloc de l’Est.

Mais qui est le mystérieux «Double-Mètre», ce citoyen suisse évoqué par le résistant et communiste français Jean Jérôme (1906–1990) dans ses Mémoires? Le journaliste Alain Campiotti a voulu le savoir. Après une longue enquête, il publiait dans les colonnes du Temps, en 2008, un feuilleton en 30 épisodes intitulé Thiel le Rouge. Il y retraçait le destin du Neuchâtelois Reynold Thiel, décédé à 53 ans, en 1963, dans le crash d’un avion Swissair au décollage de Kloten. Thiel était très grand, d’où son surnom de «Double-Mètre».

(…)

Un peu plus de dix ans après l’enquête d’Alain Campiotti, Thiel le Rouge est aujourd’hui un documentaire réalisé par… Danielle Jaeggi, la fille de François. Avant de se plonger dans le récit publié par Le Temps, elle n’avait que des connaissances limitées des activités de son père, un homme cultivant l’art du secret. S’il parlait volontiers du communisme de manière idéologique et théorique, pas question d’aborder au grand jour son engagement.

L’article : Cinéma: «Thiel le Rouge», à l’ombre du communisme

La bande-annonce :

A  signaler que le film est produit par une sympathique société veveysanne Louise productions.

Photo en-tête : Reynold Thiel et sa deuxième femme — © Louise Productions

Classé sous :Histoire active, Histoire savante, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

Les « deepfakes », ces fausses vidéos créées pour nous influencer

22 février 2020 by Lyonel Kaufmann

Cet article de Christine Dugoin-Clément complète utilement l’article précédent de Nadia Naffi, Université Laval consacré à l’hypetrucage (L’hypertrucage: une grave menace pour notre sécurité et la démocratie).

Christine Dugoin-Clément, IAE Paris – Sorbonne Business School

Entre l’affaire Cambridge Analytica, les tentatives d’ingérence dans les élections françaises et les opérations d’influence en Ukraine, les méthodes visant à influencer les populations sont maintenant perçues comme une réalité par les opinions publiques occidentales. Or, un nouveau phénomène émerge depuis quelques années avec le développement de l’intelligence artificielle (IA) et ses potentialités de création et d’apprentissage : les deepfakes, ou hypertrucages en français. Quelle est la nature de ces contenus de synthèse ? Comment leur utilisation pourrait influencer les opinions publiques ?

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Image d’une fausse vidéo présentant l’ancien président des États-Unis Barack Obama, avec des éléments de cartographie faciale permettant de réaliser des fausses vidéos.
(AP Photo)

Qu’est-ce qu’un deepfake ?

Les hypertrucages sont des matériaux de synthèse, qui « truquent » avec beaucoup de réalisme des vidéos ou fichiers audio. On parle de deepfakes car ces contenus sont créés avec la technologie d’apprentissage profond (deep learning), qui applique la simulation de réseaux neuronaux à des ensembles de données massives, ici pour créer un faux réaliste. Grâce à ses capacités d’apprentissage, l’IA reconnaît et apprend ce à quoi ressemble un « visage source » sous différents angles, puis le transpose sur une cible (souvent un acteur pornographique). Le visage source apparaît comme un masque au rendu très réaliste. Ces hypertrucages sont aujourd’hui connus notamment grâce à contrefaçons impliquant des acteurs célèbres comme Nicolas Cage. Le niveau de réalisme est tel que le public prendra facilement la fausse vidéo pour la réalité.

Collection de deepfakes présentant Nicolas Cage dans des films dans lesquels il n’a pas joué.

Ce réalisme est à l’origine d’une vidéo d’alerte réalisée par Jordan Peele en 2018. Dans ce film, on voit Barack Obama insulter le président Trump… alors que ce sont en fait les propos de Peele plaqués sur le visage d’Obama. Cette vidéo à visée pédagogique se conclut par une mise en garde suggérant de rester alertes devant les contenus que l’on visionne. Elle reflète la crainte qu’inspirent ces supports quant à leur capacité d’influencer des opinions publiques qui ne seraient pas en mesure de discerner la supercherie, impactant ainsi potentiellement les équilibres internes des États ou les équilibres géopolitiques, notamment dans des contextes de tension.

Des gendarmes et des voleurs pour générer des deepfakes

La technique de fabrication de deepfake la plus populaire est celle des generative adversarial network. Leur fonctionnement repose sur la mise en concurrence de deux réseaux neuronaux sur le modèle du gendarme et du voleur. Alors que le réseau « générateur » (le voleur) produit des contenus artificiels, le « discriminateur » (le gendarme) le compare avec le matériel d’origine afin de trier les vraies images et celles modifiées. En s’appuyant sur ces résultats, le générateur affine sa méthode et crée un nouvel hypertrucage plus difficile à discerner, et ainsi de suite jusqu’à ce que la discrimination soit impossible. Ce niveau de réalisme fait dire à la MIT Technology Review que les deepfakes sont une arme parfaite pour ceux qui voudraient influencer les marchés financiers ou le résultat d’élections. L’apparition de diverses applications permettant de créer de fausses vidéos pourrait facilement permettre à un large public de les exploiter dans des buts différents.

Le sujet est pris très sérieux à la veille des élections présidentielles américaines. À ce titre, le Media Forensics de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) a été financé à échelle 28 millions de dollars jusqu’en 2020 pour mener des travaux de détection des deepfakes. Quatre techniques sont étudiées : la synchronisation labiale, la détection d’incohérence sonore et de l’espace de la vidéo (taille de la pièce, acoustique) ; l’identification des chutes de cadre et l’insertion de contenu. Facebook, Microsoft et d’autres acteurs privés étudient aussi le sujet. Aujourd’hui, plusieurs structures annoncent pouvoir détecter de 95 à 97 % des deepfakes. Les 3 à 5 % restant représentent néanmoins un grand nombre d’images potentiellement fausses, quand on sait que Facebook reçoit environ 350 millions d’images par jour et que 8 millions de vidéos y sont consultés quotidiennement. Aussi il semble pertinent de comprendre ce qui poussera un spectateur à croire un contenu proposé.

On croit mieux ce que l’on croit… déjà

Les facteurs psychologiques qui favorisent la croyance dans le contenu proposé sont aussi importants que l’authenticité apparente du deepfake présenté. En effet, il est toujours plus facile, tentant, de croire ce qui convient à nos aspirations, croyances et valeurs. Par exemple, peu après l’investiture de Donald Trump, son attaché de presse déclarait que la cérémonie avait réuni plus de spectateurs qu’aucune autre. La vérité était facilement observable en comparant deux photographies. Malgré cela, de nombreux partisans du président Trump continuaient de dire que cette inauguration réunissait plus de monde car ils s’étaient persuadés de l’importance de la foule malgré les éléments objectifs.

Ainsi, si une information met en avant des éléments contredisant les croyances préexistantes d’un individu, il aura tendance à contorsionner les faits pour les aligner sur ses croyances ou à les rejeter immédiatement. Dans ce contexte, un contenu ciblant les facteurs émotionnels ou les valeurs d’un individu sera plus crédible, et cela quasi indépendamment de la qualité du support présenté. En outre, la simple visualisation d’un contenu peut participer à renforcer la croyance du spectateur quand bien même ce dernier saurait qu’il ne s’agit pas d’un support empreint de vérité.

Un autre facteur déterminant la confiance donnée a un contenu est lié à la personne transmettant l’information : 51 % des personnes sondées affirment croire en l’information délivrée par l’entremise d’une connaissance contre 34 % dans le cas où le contenu n’aurait pas été transmis par une personne connue. Connaître le transmetteur de l’information abaisse le seuil de vigilance, limitant notamment la vérification des sources, un des premiers pas pour débusquer les fausses nouvelles. Selon cette même étude, la même tendance se retrouve dans la diffusion du message, s’il vient d’une personne connu 34 % des sondés le retransmettront contre 24 % dans le cas contraire. On peut supposer que la tendance à repartager un contenu accroîtra avec le réalisme du contenu proposé. Or la crédibilité de tout faux augmente avec sa popularité, avec le nombre de personnes à l’avoir lu, vu et partagé : avec sa viralité.

La viralité sur les réseaux, un facteur déterminant ?

Le modèle des réseaux sociaux interdit le contrôle institutionnel de la véracité de contenus pouvant devenir viraux, ce qui renforce la crainte que les fausses vidéos deviennent des outils d’influence. Or, si les réseaux sociaux ont explosé, plusieurs points laissent penser que les deepfakes ne seront pas une révolution si massive. Le premier est en lien direct avec un des effets pervers des réseaux : l’effet bulle. En choisissant leurs centres d’intérêt, les internautes donnent des informations personnelles rendant ainsi possible la création d’un profil, ce qui permet aux algorithmes de proposer prioritairement des contenus adaptés aux préférences du « client », majoritairement des éléments confirmatoires. Ceci crée une sorte d’enfermement. Cet effet d’enfermement pourrait limiter la viralité permettant à un hypertrucage de devenir un acteur d’influence idéologique de premier plan.

En pratique, une large part de l’auditoire touché par le deepfake serait alors déjà convaincue du message véhiculé, ce qui renforcerait des croyances mais ne créerait pas de basculement idéologique. Grâce aux effets bulles, les fausses vidéos seraient cantonnées à un auditoire restreint, souvent déjà conquis par l’idée véhiculée. Néanmoins, ces effets bulles pourraient être outrepassés par le développement de divers deepfakes servant la même finalité mais visant diverses valeurs et croyances, donc différents profils sociologiques, touchant ainsi plusieurs strates de population qui partageraient l’hypertrucage dans leurs propres cercles et en accroîtraient ainsi à la viralité.

Le nombre de fausses vidéos augmente, et il pourrait devenir fréquent pour un internaute d’en visualiser alors que leur détection resterait problématique. L’influence des deepfakes résiderait donc aussi dans l’incapacité des individus à les discriminer de la réalité, les poussant à tout croire ou, par réaction, à ne plus rien croire – ce qui serait également dommageable pur la société civile.

Cependant, certains points peuvent modérer l’angoisse engendrée par l’essor des deepfakes. Tout d’abord leur apparente authenticité n’est pas le seul facteur de croyance. Les fausses vidéos s’approchent en cela des faux plus classiques et il est possible qu’il y ait une adaptation sociétale, comme lors de l’apparition de la photographie où de nombreux montages pullulèrent. Quand la technologie était encore peu connue, les clichés étaient considérés comme une preuve absolue. Cependant, avec le temps, la société a appris à prendre une certaine distance face à ce média. Enfin, si la fréquence des hypertrucages augmente dans la sphère politique, 96 % d’entre eux restent des contenus pornographiques.

Quelles que soient les évolutions à venir, les deepfakes constituent une arme supplémentaire dans l’arsenal des outils mobilisables lors de campagnes d’influence. Leur apparente authenticité et leur potentielle viralité doivent être prises en compte car le public sera de plus en plus confrontés à ce type de contenus.The Conversation

Christine Dugoin-Clément, Analyste en géopolitique, chercheuse à Paris 1-la Sorbonne ( IAE) et à Saint Cyr Coëtquidan., IAE Paris – Sorbonne Business School

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Classé sous :Humanités Digitales, Médias et technologies, Opinions&Réflexions

L’hypertrucage: une grave menace pour notre sécurité et la démocratie

21 février 2020 by Lyonel Kaufmann

Grâce aux techniques d’hypertrucage, Loto-Québec a réussi à transformer un comédien en Bernard Derome des années 70 pour une publicité. Loto-Québec Nadia Naffi, Université Laval

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L’utilisation de l’hypertrucage peut parfois nous enchanter ou nous étourdir par le biais de ses représentations expertes dans les industries du divertissement et des jeux et dans les campagnes de marketing comme celle de la récente publicité de Loto-Québec.

Mais le sinistre visage de cet hypertrucage, ou deepfakes, une forme de désinformation qui utilise des algorithmes d’apprentissage automatique pour créer des enregistrements audio et vidéo de personnes réelles prononçant et exécutant des choses qu’elles n’ont jamais dites ou faites, est une menace sérieuse pour la sécurité des personnes et la démocratie.

Aujourd’hui, tout le monde peut créer ses propres fausses nouvelles et les diffuser. La propagande en ligne est plus trompeuse et plus manipulatrice que jamais.

Les deepfakes sont en train de devenir rapidement impossibles à distinguer de la réalité.

Il est plus urgent que jamais de détecter la désinformation alimentée par des utilisations non éthiques des médias numériques, des données massives et de l’intelligence artificielle, et leur diffusion par les médias sociaux.

Les pays doivent éduquer et équiper leurs citoyens. Les éducateurs doivent également relever de réels défis pour aider les jeunes à développer leur discernement face aux deepfakes. Pire, si les jeunes manquent de confiance pour trouver et évaluer des informations publiques fiables, leur motivation à participer à notre société démocratique ou à s’y fier sera de plus en plus menacée.

Saper la démocratie

Il est maintenant possible de générer une vidéo d’une personne qui parle et fait des expressions faciales à partir de quelques images ou même d’une seule image du visage de cette personne. Les applications « face swap » qui consistent à permuter des visages telles que FaceApp ou Zao et les applications de synchronisation labiale telles que Dubsmash sont des exemples d’outils de base accessibles et conviviaux que les gens peuvent utiliser sans aucune connaissance en matière de programmation ou de codage.

Le potentiel d’utilisation des deepfakes comme arme augmente de manière alarmante et des dommages importants peuvent être anticipés puisque n’importe qui peut créer des contenus explicites sans le consentement d’autrui.

On s’attend à ce que les gens utilisent les deepfakes pour faire du cyberharcèlement, détruire des réputations, faire du chantage, diffuser des discours de haine, inciter à la violence, perturber les processus démocratiques, diffuser des désinformations à des publics ciblés et commettre des cybercrimes et des fraudes.

Danielle Citron, professeur à la Faculté de Droit de l’Université de Boston, explique comment les deepfakes sapent la vérité et menacent la démocratie.

Détection des deepfakes

Il y a plus de dix ans, l’analyste Internet et spécialiste des nouveaux médias Clay Shirky a déclaré que « La seule véritable façon de mettre fin au spam est d’arrêter la communication par e-mail ». La fermeture d’Internet serait-t-elle le seul moyen de mettre fin à la propagande des deepfakes en 2020 ?

Les principaux acteurs se sont aventurés à trouver une réponse aux menaces des hypertrucages.

Facebook a annoncé le 6 janvier qu’elle « renforcera sa politique à l’égard des vidéos manipulées trompeuses qui ont été identifiées comme des deepfakes ». L’entreprise affirme qu’elle supprimera les médias manipulés qui ont été « édités ou synthétisés – au-delà des ajustements pour la clarté ou la qualité – d’une manière qui n’est pas apparente pour le public » et si les médias sont « le produit de l’intelligence artificielle ou de l’apprentissage automatique qui fusionne, remplace ou superpose le contenu d’une vidéo, le faisant apparaître comme authentique ».

blank Facebook a annoncé le 6 janvier qu’il supprimera les vidéos montées pour induire en erreur de manière « non apparente pour une personne moyenne » et qui sont le produit de l’IA ou de l’apprentissage machine. Ici, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, témoigne lors d’une audition à la commission des services financiers de la Chambre des représentants des États-Unis au Capitole à Washington, en octobre 2019. AP Photo/Andrew Harnik

La nouvelle fait suite au deepfake challenge de Facebook, qui vise à concevoir de nouveaux outils pour détecter les contenus médiatiques manipulés. Ce défi est soutenu par Microsoft, un consortium sur l’intelligence artificielle et un fonds de 10 millions de dollars.

À la fin octobre, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a témoigné lors d’une audition de la commission des services financiers de la Chambre des représentants des États-Unis à Washington sur les plans de cryptomonnaie de la société, où M. Zuckerberg a été confronté à des questions sur ce que la société fait pour empêcher les deepfakes.

L’Agence des projets de recherche avancée de la Défense (DARPA) du Département Américain de la Défense travaille sur l’utilisation de types d’algorithmes spécifiques pour évaluer l’intégrité des médias visuels numériques.

Certains chercheurs discutent de l’utilisation des réseaux neuronaux convolutionnels – un ensemble d’algorithmes qui reproduit approximativement le cerveau humain, conçu pour analyser l’imagerie visuelle et reconnaître les modèles – pour détecter les incohérences entre les multiples trames dans les deepfakes. D’autres proposent des algorithmes pour détecter les visages entièrement générés par la machine.

Hani Farid, expert en informatique légale et judiciaire et l’une des principales autorités en matière de détection de fausses photos, et son étudiante Shruti Agarwal de l’Université de Californie à Berkeley développent un logiciel qui utilise les caractéristiques subtiles de la façon dont une personne parle pour distinguer cette personne de la version contrefaite.

Farid collabore également très étroitement avec Hao Li, pionnier d’ hypertrucage, pour faire face au problème croissant de l’hypertrucage à la portée de la main.

La communauté juridique canadienne a publié des articles qui détaillaient des motifs d’action pour contrer la menace de de l’hypertrucage

La nation de YouTube

Et si nous nous réveillions demain matin avec un faux-semblant de Greta Thunberg, la personnalité de l’année 2019 du magazine Time, accusant une organisation spécifique d’être le principal catalyseur du changement climatique ? Est-ce que les jeunes seraient sceptiques face à cette information ?

Nous vivons dans une ère numérique où beaucoup de gens s’attendent à ce que chaque réponse soit trouvée par une recherche sur Google, une vidéo sur YouTube ou Vimeo ou un discours sur TED. À peu près tous les jeunes Canadiens âgés de 15 à 24 ans utilisent l’internet quotidiennement. La plupart suivent les nouvelles par le biais des médias sociaux comme Facebook, Twitter et Instagram.

En 2017, 90 pour cent des Canadiens âgés de 18 à 24 ans étaient des utilisateurs actifs de YouTube.

Selon Statista, une société qui fournit des données sur le marché et les consommateurs, « en mai 2019, plus de 500 heures de vidéo étaient téléversées sur YouTube chaque minute », ce qui équivaut à « environ 30 000 heures de contenu nouvellement téléchargé par heure ». La société rapporte qu’entre 2014 et 2019, « le nombre d’heures de contenu vidéo téléversé toutes les 60 secondes a augmenté d’environ 40 pour cent ».

De nombreux utilisateurs des médias sociaux âgés de 18 à 24 ans reconnaissent aujourd’hui les agendas et les algorithmes qui se cachent derrière les messages qui s’affichent sur leurs murs. Dans le cadre de ma thèse de doctorat, j’ai étudié comment 42 participants de ce groupe d’âge comprenaient les réfugiés dans un contexte où leur image était profondément influencée par la propagande des médias sociaux, les fausses nouvelles et la désinformation. J’ai découvert que beaucoup d’entre eux avaient envie de devenir des influenceurs et de perturber les commentaires publics et les messages générés par les médias, ce qui est fait écho aux campagnes de sensibilisation ou d’activisme menées aujourd’hui par les jeunes.

Le phénomène des fausses nouvelles est un nouveau défi critique auquel les jeunes et tous les participants à notre démocratie sont confrontés.

L’éducation pour la résilience

Au Canada, Journalistes pour le droits humains (JDH) a annoncé un nouveau programme, financé par Héritage Canada, pour former les journalistes et « lutter contre la désinformation par le renforcement des médias et l’état de préparation des citoyens au Canada ».

Les éducateurs peuvent jouer un rôle clé dans la lutte contre la fausse nouvelle. L’un de leurs défis consiste à s’assurer que les jeunes développent des compétences critiques en matière d’éducation aux médias tout en continuant à explorer des ressources crédibles en ligne et à renforcer leurs capacités et leurs connaissances pour participer aux structures démocratiques.

Les éducateurs peuvent suivre les étapes que j’ai identifiées dans le modèle « Get Ready to Act Against Social Media Propaganda ». En commençant par expliquer les positions sur un sujet controversé ciblé par la propagande des médias sociaux, les éducateurs peuvent aider les jeunes à discuter de la façon dont ils perçoivent et reconnaissent les deepfakes. Ils peuvent explorer les origines du contenu, les personnes ciblées, la réaction que ce contenu suscite et les personnes qui le soutiennent.

Les éducateurs peuvent également discuter du rôle et de la responsabilité des jeunes pour répondre et s’opposer à la désinformation. Ils peuvent identifier des stratégies numériques potentielles à poursuivre dans ce processus. Une génération de citoyens numériques bien équipée pourrait être notre meilleure chance.The Conversation

Nadia Naffi, Assistant Professor, Educational Technology, Holds the Chair in Educational Leadership in the Sustainable Transformation of Pedagogical Practices in Digital Contexts, Université Laval

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Classé sous :Didactique, Humanités Digitales, Médias et technologies, Nouvelles de l'histoire, Opinions&Réflexions

Education Maker : Éloge du carburateur de Matthew B. Crawford

18 février 2020 by Lyonel Kaufmann

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Dans « Eloge du Carburateur. Essai sur le sens et la valeur du travail », Matthew B. Crawford restitue l’expérience de ceux qui, comme lui, s’emploient à fabriquer ou à réparer des objets. Cet ouvrage entre en écho avec les tenants du Maker en éducation. Il remet aussi en perspective les origines de la dichotomie entre travail manuel et travail intellectuel. A ce titre, outre le fait que c’est un passionné de moto, sa lecture est intéressante pour replacer philosophiquement le mouvement Maker éducatif. Je vous en propose quelques extraits.

Extrait 1 : origine de la dichotomie entre travail manuel et travail intellectuel

« L’émergence de la dichotomie entre travail manuel et travail intellectuel n’a rien de spontané. On peut au contraire estimer que le XXe siècle s’est caractérisé par des efforts délibérés pour séparer le faire du penser. Ces efforts ont largement été couronnés de succès dans le domaine de la vie économique, et c’est sans doute ce succès qui explique la plausibilité de cette distinction. Mais dans ce cas, la notion même de « succès » est profondément perverse, car partout où cette séparation de la pensée et de la pratique a été mise en œuvre, il s’en est suivi une dégradation du travail. »

— Éloge du carburateur (POCHES ESSAIS t. 440) de Matthew B. CRAWFORD

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Extrait 2 : fondements d’une nouvelle anthropologie sur l’agir humain

« Ce qui revient à poser les fondements d’une nouvelle anthropologie, susceptible d’éclairer notre expérience de l’agir humain. Son objectif serait d’analyser l’attrait du travail manuel sans tomber dans la nostalgie ou l’idéalisation romantique, mais en étant simplement capable de reconnaître les mérites des pratiques qui consistent à construire, à réparer et à entretenir les objets matériels en tant que facteurs d’épanouissement humain. »

— Éloge du carburateur (POCHES ESSAIS t. 440) de Matthew B. CRAWFORD

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Extrait 3 : pensée et action

« Si la pensée est intimement liée à l’action, alors la tâche de saisir adéquatement le monde sur le plan intellectuel dépend de notre capacité d’intervenir sur ce monde. Et c’est bien le cas : pour vraiment connaître une paire de lacets, il vous faut faire l’expérience de les attacher. »

— Éloge du carburateur (POCHES ESSAIS t. 440) de Matthew B. CRAWFORD

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Extrait 4 : ordinateur et esprit humain

« Aussi, lorsqu’un prophète de la société postindustrielle part de l’idée que les systèmes complexes se caractérisent par « l’interaction d’un nombre de variables trop élevé pour que l’esprit puisse les appréhender simultanément et dans un ordre adéquat » et en tire la conclusion qu’« on doit avoir recours à des algorithmes plutôt qu’à des jugements intuitifs dans le processus de décision », il juge indûment le fait que l’esprit humain ne fonctionne pas de la même façon qu’un ordinateur comme une preuve de déficience. C’est là une forme de raisonnement qui semble trahir un préjugé irrationnel à l’encontre des êtres humains. Car en réalité, un esprit humain bien entraîné peut être particulièrement doué pour capter les indices émis par un édifice en feu, jouer aux échecs, déparasiter les circuits électriques d’un véhicule ou Dieu sait quoi encore. »

— Éloge du carburateur (POCHES ESSAIS t. 440) de Matthew B. CRAWFORD

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Concernant Matthew B. Crawford

Matthew B. Crawford est philosophe et réparateur de motos (ou réparateur de motos et philosophe). Il vit à Richmond et enseigne à l’université de Virginie. Matthew B. Crawford était un brillant universitaire, bien payé pour travailler dans un think-tank à Washington. Au bout de quelques mois, déprimé, il démissionne pour ouvrir… un atelier de réparation de motos. À partir du récit de son étonnante reconversion professionnelle, il livre dans cet ouvrage intelligent et drôle l’une des réflexions les plus fines sur le sens et la valeur du travail dans les sociétés occidentales. 

Présentation d’Eloge du carburateur par son éditeur

Mêlant anecdotes, récit, et réflexions philosophiques et sociologiques, Matthew B. Crawford montre que ce « travail intellectuel », dont on nous rebat les oreilles depuis que nous sommes entrés dans l’« économie du savoir », se révèle pauvre et déresponsabilisant. De manière très fine, à l’inverse, il restitue l’expérience de ceux qui, comme lui, s’emploient à fabriquer ou à réparer des objets – ce qu’on ne fait plus guère dans un monde où l’on ne sait plus rien faire d’autre qu’acheter, jeter et remplacer. Il montre que le travail manuel peut même se révéler beaucoup plus captivant d’un point de vue intellectuel que tous les nouveaux emplois de l’« économie du savoir ».

Pour acheter l’ouvrage : https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-__loge_du_carburateur-9782707181978.html

Classé sous :Didactique, Opinions&Réflexions, Publications

Public History : Désinformation, banalisation et plagiat

6 février 2020 by Lyonel Kaufmann

Résumé : Cette article de Public History Weekly traite des avantages et des inconvénients de la pratique de l’histoire publique, en particulier en ligne. Le thème sous-jacent est que les avantages de la culture numérique qui prévaut dans l’histoire publique peuvent finir par aller à l’encontre du « bien commun ». Une autre dimension est que les processus participatifs – qui prévalent également dans l’environnement Internet – limitent la paternité exclusive et facilitent le plagiat. Les chercheurs tentent d’historiser ces derniers phénomènes et d’évaluer si l’utilisation des médias numériques signifie une transition vers un nouveau paradigme de la propriété intellectuelle.

To conclude, we attempt to offer an account of the opportunities and the constraints provided by the relatively recent prevalence of public history. We think that because of the digital mass media and the internet the public role of historians has been augmented as compared with past periods. More people can therefore participate in sense-making processes as regards the past, and in public too. (…) People are having increased access to digital material – the question he asks is how many have real access to their meaning too? In the end, history is not about the sources but about making sense of them.

Référence : Apostolidou, Eleni: Misinformation, Trivialization, and Plagiarism. In: Public History Weekly 8 (2020) 2, DOI: dx.doi.org/10.1515/phw-2020-14894.

-À lire (abonnés) Misinformation, Trivialization, and Plagiais | Public History Weekly

Classé sous :Histoire savante, Opinions&Réflexions

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Ludovia#CH (21-22-04.2026) : deux jours pour repenser l’apprentissage à l’ère de l’IA et de l’innovation

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4 février 2020 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

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22 août 2017 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

En recoupant le niveau de globules blancs avec la localisation des personnes par rapport à l’épicentre de l’explosion, l’équipe médicale sont en mesure d’établir un premier lien entre les deux. « Après le dîner, les docteurs Katsube et Hanaoka me communiquèrent les résultats des premiers examens sanguins effectués sur nos patients. Comme nous n’avions pas […]

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Benoît Panozzo (Château Guillaume-le-Conquérant): « Depuis le lancement de la visite sur tablettes, nous sommes passés de 40 000 à 70 000 visiteurs »

17 mars 2016 Par Lyonel Kaufmann Laisser un commentaire

En avril 2013, le Château Guillaume-le-Conquérant (Falaise, Normandie) a réouvert avec une nouvelle scénographie s’appuyant notamment sur un parcours en réalité augmentée sur tablettes, conçu par Histovery.  Trois ans après ce lancement, quel est le bilan de l’application ? Réponses par Benoît Panozzo, médiateur au Château Guillaume-le-Conquérant. L’interview : http://ift.tt/1VgYhUa

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