Plus je passe du temps ici, plus je me dis : qui décrit Auschwitz comme quelque chose qui ne peut pas être expliqué cherche à fuir la réalité. Auschwitz est beaucoup plus proche de nous qu’il n’y paraît. Songez à tout ce qui se passe dans le monde, les massacres absurdes, les guerres ou les génocides. Regardez le Moyen-Orient, l’Ukraine ou la Corée du Nord. Ou les Ouïgours en Chine. Ce n’est pas si différent d’Auschwitz. La différence, c’est qu’à Auschwitz, l’extermination était industrielle. Et Auschwitz le montre : c’est possible, on peut le faire, on peut anéantir à l’échelle industrielle, on peut mettre en place une telle machine. — À lire sur www.courrierinternational.com/article/shoah-piotr-cywinski-directeur-du-musee-d-auschwitz-il-est-temps-de-veiller-nous-memes-sur-cette-histoire_226441
Au XIXe siècle, une abondance de castors errait en Amérique du Nord, si nombreuses que la demande de chapeaux de forme pour hommes a entraîné une vaste entreprise de piégeage pendant des décennies, jusqu’à ce que les castors soient presque éteints. Ensuite, les fabricants de chapeaux ont compris comment travailler avec de la soie à la place, ce qu’ils auraient pu faire depuis le début.
“J’obtiens une ambiance de chapeau de fourrure de castor dans certaines des conversations sur l’IA maintenant”, a déclaré O’Mara à la journaliste technologique Caitlin Dewey. “Ces entreprises ont tellement de ressources : tant d’argent, tant de talent, tous ces centres de données massifs, la capacité de créer des modèles incroyablement puissants. Et c’est ainsi qu’ils créent ces modèles, et le marché se développe pour les rencontrer.”
“Mais il n’est pas toujours évident si nous avons vraiment besoin de cette technologie, dans tous les cas, ou si quelqu’un pose ces questions.”
L’avant-dernier billet de mille francs arborait le portrait d’Auguste Forel, éminent chercheur considéré comme une icône de la science et un symbole national. Cette figure de héros stylisée n’a toutefois pas résisté à une enquête plus approfondie. Le blog du Musée national suisse consacre un très intéressant article à la figure et à la place d’Auguste Forel.
Le portrait d’Auguste Forel figurait au recto du billet de mille francs mis en circulation en 1978.Musée national suisse
Le portrait d’Auguste Forel, une figure scientifique suisse, ornait le billet de mille francs, symbolisant son statut d’icône nationale. Cependant, une enquête approfondie révéla des aspects problématiques de sa personnalité. Forel, célèbre pour ses contributions à la psychiatrie et à l’entomologie, fut un adepte du darwinisme social, considérant que les processus sociaux étaient influencés par des facteurs biologiques. Ses idées comprenaient des notions d’hygiène raciale, d’eugénisme et même d’euthanasie. Malgré ces aspects controversés, Forel était célébré et honoré, mais au fil du temps, des voix se levèrent pour remettre en question son héritage. En 1986, son buste fut volé puis retrouvé sur un marché aux puces, symbolisant un rejet croissant de son admiration. Des débats éclatèrent à l’université sur la manière de reconnaître son passé tout en critiquant ses idées. Finalement, le buste fut retiré et placé dans un entrepôt, marquant la fin de son adulation inconditionnelle. Ce débat stimula une réflexion profonde sur l’histoire de la psychiatrie en Suisse et la reconnaissance des injustices passées.
En Colombie-Britannique, les enseignants jouissent d’une liberté importante sur la matière enseignée, ayant la possibilité de sélectionner parmi une liste de sujets recommandés pour enseigner des enjeux comme la discrimination ou les droits de la personne.
Un groupe de réfugiés arabes marchent sur la route vers le Liban, portant avec eux leurs possessions, le 9 novembre 1948. Les réfugiés ont dû quitter leurs maisons après des attaques en Galilée. Les Palestiniens décrivent cet exode comme la Nakba, ou catastrophe. PHOTO : AP / JIM PRINGLE
Se jugeant peu outillé pour parler du conflit israélo-palestinien à l’école, un groupe d’enseignants de la Colombie-Britannique milite pour ajouter l’histoire des réfugiés palestiniens, dont l’exode de Palestiniens (ou Nakba), au programme scolaire. L’opposition qu’ils ont rencontrée illustre toutefois la polarisation qui entoure cette question historique.
De son côté, la ministre de l’Éducation, Rachna Singh, a refusé de se prononcer sur l’inclusion de la Nakba dans le programme scolaire.
Je laisse cela aux enseignants, a-t-elle dit. Je m’attends à ce qu’ils utilisent leur jugement professionnel pour enseigner ces questions complexes et sensibles.
La ministre a ajouté que, selon elle, les enseignants sont correctement outillés à l’heure actuelle.
Les guerres culturelles se trament aussi dans le secteur des jeux vidéo, et le studio Sweet Baby de Montréal se retrouve dorénavant au front, victime d’une campagne mondiale de cyberharcèlement de la part de suprémacistes blancs, des réactionnaires et de racistes jusqu’aux adeptes des théories du complot criant au wokisme.
La compagnie spécialisée en consultation sur la narration et les dialogues est la cible d’un mouvement réactionnaire en ligne, souvent très agressif, qui l’accuse de « wokiser » les jeux sur lesquels elle travaille. Les critiques dérapent par moment vers des théories du complot ainsi que des propos racistes et sexistes. Y compris de la part du milliardaire Elon Musk, fondateur de Tesla, s’en est mêlé sur sa plateforme X.
Image: SIE Santa Monica Studio Sweet Baby a notamment participé à la scénarisation du jeu «God of War Ragnarök», sorti en 2022.
Tout cela en dit long sur l’industrie du jeu vidéo elle-même et des valeurs et des idéologies développées pendant des dizaines d’années qui ont vu des jeux composés systématiquement de protagonistes masculins hypervirils et blancs. Dès lors que cette industrie, ou une partie d’entre elle, opère un virage pour offrir des modèles alternatifs telle des femmes racisées entre autre, elle se retrouve la cible de campagnes de harcèlement ciblées. Ainsi, depuis maintenant près de six mois, les employés et les dirigeants de Sweet Baby ont reçu des milliers de courriels d’injures et de menaces (parfois de mort), en provenance de la planète entière.
Cela en dit long également sur la toile tissée et les actions des milieux réactionnaires et racistes mondialisés sur les réseaux sociaux. Ainsi, les premières salves ont été lancées en octobre dernier sur le forum de discussion Kiwi Farms, connu pour ses campagnes de harcèlement et son rôle dans la diffusion du manifeste raciste du tireur de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, en 2019. Les tirs ont continué sur les forums 4chan et Reddit, puis sur la plateforme d’achat Steamer et sur Discord pour traquer les oeuvres où serait intervenue Sweet Baby et pour recommander aux joueurs de les éviter.
La compagnie Sweet Baby a été prise comme bouc émissaire de l’ouverture des jeux vidéos à la diversité. Cette compagnie offre aux compagnies de production des services d’aide à la scénarisation pour un jeu complet ou à l’écriture de scènes ou de dialogues, notamment pour rendre les jeux plus respectueux des normes de diversité, d’équité et d’inclusio. La firme a participé à la création du personnage noir d’Angrboda dans l’univers de la mythologie nordique de God of War Ragnarök (2022). Elle a aussi accompagné les scénarisations de productions majeures comme Assassin’s Creed Valhalla (2020), Dungeons and Dragons: Dark Alliance (2021) ou Suicide Squad: Kill the Justice League (2024).
Intéressante réponse de Justin Favrod (Revue Passé simple) à la question du journal 24 Heures.
Question : L’un est-il plus héroïque que l’autre?
Justin Favrod:
Tout dépend de la définition que l’on se fait de l’héroïsme. Si on prend la mesure du héros suisse tel que fantasmé, Davel est beaucoup plus un héros suisse que la Mère Royaume.
Parce que les héros suisses sont souvent des victimes, des gens qui se sacrifient, comme Winkelried. Et les moments héroïques sont souvent des défaites, telles les batailles de Saint-Jacques sur la Birse à Bâle et, surtout, Marignan, où les Suisses défaits ont davantage montré leur courage que lors d’une victoire.
Davel, lui, affronte la torture avec beaucoup de courage, plus que quiconque. La Mère Royaume, c’est plutôt du spontané, du sauvage. Et puis elle est active. C’est une héroïne plus traditionnelle, mais moins suisse.